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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Soirée diapos, épisode 1 : Berlin

[Tu sais quoi ? Ca fait presque du bien de retrouver Paname, le travail et les marches nocturnes en revenant d'icelui. Et tu sais quoi d'autre ? Une Duvel bien fraîche après la marche, c'est carrément le bonheur aussi]

Me voilà rentré, donc. Et, chose promise, chose due, te voilà bien dans la mouise.

Tu sais, ces soirées auxquelles tu as tout fait pour échapper, mais pas moyen. T’as eu beau te débattre, tenter mille excuses différentes, tu finis quand même un verre de kir tiède à la main, le cul posé délicatement au bord du canapé, en essayant de garder un sourire pas trop fabriqué tandis que ton hôte met en route le projecteur et enquille les premières diapositives et que tu plonge dans les affres de ses souvenirs de vacances ?

Et bien tu vas y avoir droit. Puisque je vais te montrer Berlin.

Tu te sers en cahuètes et en olives, hein, t’hésites pas. C’est parti.

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Je te passe le voyage avec départ au milieu de la nuit, trajet pittoresque jusqu’à Orly avec les paumés des Noctambus, ma soeurette toute excitée de prendre l’avion pour la 2e fois, Easyjet et sa désacralisation absolue du voyage aérien, l’arrivée à l’aérogare minuscule de Shonenfeld, les retrouvailles avec le pote LuK qui arrivait de Lyon, etc. Passons directement au vif du sujet : Berlin.


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A Berlin, il y a de l’espace. Plein. Ca fait six fois la superficie de Paris et ça se sent. Tu passes d’un quartier à un autre sans te rendre compte de la transition, les rues sont larges, la ville est infinissable, il y a des parcs partout et dix fois moins de monde au mètre carré qu’à Paname et c’est presque reposant, tout ces vides.

Même si il faut les arpenter. Ce qu’on a fait, à  bouffer du trottoir en grandes enjambées goulues, et à en réveiller le spectre de ma vieille entorse finalement pas si guérie que ça.


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Berlin, un immeuble

A Berlin, aussi, il y a une architecture à part. T’as l’impression qu’on a piqué des rues dans une vingtaine de villes du monde entier et qu’on a shaké le tout avant de répandre ça au hasard. Ca va du nazi plein ceintre au postmoderne vitré en passant par le soviétoïde 60’s orthodoxe, le tout parfois dans la même rue.

Et le pire c’est que ça devrait pourtant pas, mais que ça en est carrément beau.

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A Berlin, tout est en travaux, tout le temps. La photo, à gauche, c’est à deux pas de PostdamerPlatz, le gros business-center, le quartier des affaires et des centres commerciaux. Tu fais cent mètres et tu tombes sur un buste de Shumann ou Mendelson, je sais plus, paumé au milieu d’un genre de chantier en friche à moitié envahi par les herbes.

En face du Bundesrat, le Sénat allemand, il y a un terrain vague avec trois tags et peut-être un squat. Rien n’est figé, mis sous cloche pour servir d’écomusée à touristes comme à Paris, tout bouge, ou presque. La ville vit sa vie de ville, grandit, change, pousse, pour le meilleur ou le pire. Berlin, c’est une grande bringue dégingandée qui aurait subi une série d’opérations de chirurgie reconstructive après un grave accident de bagnole.

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A Berlin, c’est l’ex-zone est qui concentre le centre historique ou ce qu’il en reste et la plupart des quartiers branchouilles et arty. A Berlin, tout le monde a l’air d’être artiste, y a plus de galeries d’art que de magasins de fringues.

Et puis y a des squatts partout, aussi. Avec des artistes dedans, évidemment.Celui-là, c’est Tacheles, le plus connu, le plus touristique aussi. Mais boire une bière dans un décor destroy en plein milieu du quartier historique, c’est cool quand même.

Berlin, PostdamerPlatz, stèle

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A Berlin, y a de l’histoire contemporaine à tous les carrefours, ou presque.

Comme cette stèle érigée à la mémoire de Karl Liebknecht, le compagnon de Rosa Luxemburg, par l’ex-RDA, et laissée là, à deux pas du quartier ultra-moderne de PostdamerPlatz, le long de l’ex-tracé du mur, qu’on ne devine que parce qu’il est indiqué au sol. La coupure architecturale s’est fondue dans la ville, invisible ou presque.

Y a des musées aussi, tout plein partout. Et des expos d’art contemporain bien, comme la rétrospective Wolfgang Tillmans qu’on a vu au Hamburger Banhof un jour de canicule.

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A Berlin, y a de la bonne bière à pas cher du tout, et des soirées à en boire des litres en refaisant le monde et la couplitude couplifante sur la petite terrasse de l’immense et magnifique appart qu’on nous avait prêté, ou dans ce rade vaguement métal de Friedrichain, qu’on avait rallié pour reposer nos jambes après quatre bornes à descendre la très soviétoïde Karl-MarxAllee, avant de faire marrer tout un wagon du U-Bahn nocturne au retour, en faisant les französiche de base.


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compil

A Berlin, y a des statues d’ours qui lèvent les bras, cachés partout dans la ville.Et forcément, à passer nos journées à déambuler en trio dans la ville, on avait rapidement développé nos délires à nous.

En l’occurence, il y eut la nouvelle gare de Berlin, que nous sacrâmes plus grande et plus magnifique de l’univers, et les ours-lol. C’était notre jeu de la semaine, notre safari-photo. L’enjeu était de les traquer impitoyablement pour les prendre tous.

A la fin, on en a déniché une bonne douzaine, ça distrayait mon mal à la jambe quand on enfilait les kilomètres comme des hamsters perles  dans cette ville interminable.

Berlin, U-Bahn

Berlin, un squat

A Berlin, y a aussi des Berlinoises vachement jolies et des Allemands plutôt tranquilles aux terrasses des cafés, des caissières de supermarché compréhensives envers les braves touristes que nous étions, des tas de gars une bière à la main à onze heures du matin par 30°C, des tatouages tout les cent épaules, des anciennes usines reconfigurées en complexe de loisirs avec quatre boîtes et une vingtaine de fast-foods pas chers dans des cabanes plantées entre les bâtiments, un métro sans portillons pour valider ton ticket ni contrôleurs, bref, des gens.

Dont je ne parlais pas la langue, hélas.J’ai vainement essayé d’apprendre à dire autre chose que “Eine beer bitte”, en ayant déjà du mal à prononcer correctement le nom des stra?e et des boulevards. AlexanderPlatz, Unter der Linde, ZoolozischerGarten et notre préférée toute catégorie, Alt-Moabit, au doux nom martien.


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A Berlin, je regardais les petits couples de touristes avec une vieille nostalgie qui pointait le nez. Je devais y venir avec the ex, Allemande de maman, un jour. J’aurai fini par y aller tout seul. Et pourtant j’aurais aimé partager ça.

Mais c’était bien quand même. Que Berlin, ich liebe dich. Et que un jour, oh oui, un jour, j’y retournerai. Accompagné, même, qui sait ?

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Berlin, PrenzlauerAllee

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[Edit : j'espère que t'as une résolution d'écran potable, sinon tout ce post a dû ressembler à un amas épars de texte et de photos. Je m'en excuse, mais, vois-tu, au bout d'une heure à me battre en vain pour faire de la mise en page, j'ai fini par laisser l'entropie l'emporter en me disant que ça faisait concept]

Episode 218 |Par Sam | le 11 août 2008 @ 23:48 | dans Photos
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Congés payés

Caïpirinas y Mojitos con cigaretas

Je t’ai un peu délaissé cette semaine. Des histoires de boulot à répétition, essentiellement. Qui m’ont bien monopolisé la tête, le temps et le foie aussi mais ça c’est parce qu’on a passé la semaine à boire des coups au travail (notre photo), il est beau l’avenir du journalisme, tiens.

[En même temps, Hubert Beuve-Méry avait coutume de dire : "le seul vrai talent d'un journaliste se résume souvent à sa capacité à tenir l'alcool"]

Excuse-moi pour cette absence, donc. Ou pas. Car ce n’est qu’un début, camarade.

En fait, encore une fois, je suis venu te dire que je m’en vais.

Et que tes sanglots longs tu les prends, tu les roule et tu t’en fais un chapeau pour la pluie qui continue à baigner Paris [tout ça c'est la faute à ce gouvernement de Jean-foutres pas foutu de nous pondre autre chose que des étés pourris, qu'est-ce que vous voulez ma bonne dame].

Car ils n’y pourront rien changer. Mais alors, rien : je pars. En vacances.

[Rien que de l'écrire, ça me fait des choses tout partout]

Trois semaines, même.

[Oui, je sais, pays de feignants, tout ça].

A moi l’aventure du voyage, de la route. A moi l’exotisme des paysages lointains, les grands espaces, ces cultures, ces civilisations si authentiques à découvrir…

Non, n’insiste pas. Ne me parle pas des danger qui règnent là-bas, des coupeurs de route, des animaux sauvages, des guerres tribales qu’on rencontre à chaque carrefour passé Juvisy.

Je sais qu’en cherchant à me protéger, tu veux mon bien, ami. Mais je suis décidé. Je pars.

A Berlin. Une semaine.

Qui n’a pas vu Alexanderplatz au soleil couchant n’a rien compris à la beauté du monde, disait le poète.

Puis en montagne les deux qui suivent. En Chartreuse, même. Avec mes deux geeks d’amûûûr.

[Oui, ceux avec qui je devais aller au Népal, au départ. C'est toute l'histoire de nos trips loose, ça. On part pour Katmandou, on se retrouve à Saint-Sulpice des Rivoires, 38 en force. Ca fait partie du charme.]

Qui n’a pas passé une nuit à boire des bières dans un champ de montagne en matant les étoiles et en racontant des conneries qui paraissent profondes sur le moment n’a rien compris à la vie tout court, je dis.

Donc voilà. Je pars.

Je suis parti.

Je ne suis plus là. Un courant d’air. Un souffle furtif.

Attends pas de nouvelles avant une dizaine de jours : évidemment, dans la magnifique ferme alpine qu’on va squatter indûment, entre deux moutons, y a le ternet, sinon mes geeks auraient jamais dit oui.

Donc peut-être que, le cul calé dans une chaise en plastique sur la terrasse devant les montagnes, à boire frais à ta santé, je te raconterai mes aventures teutonnes.

Wünderbar, non ?

Episode 216 |Par Sam | le 18 juil 2008 @ 18:34 | dans Quotidiennes
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Cure de sommeil

Retour au post. Je repique au truc, graphomane intermittent, au sortir d’une balade post-labeur trop moite et trop sucrée, la tête pleine de ces petits riens qui, accumulés, font les grandes prises d’icelle.

[T'attends pas trop à du cohérent, sur celui-là. Je lâche la bride à mes papattes sur mon clavier sale, on verra bien où ça nous mènera]

Trop écouté Noir Désir, récemment. Je reviens à la bonne vieille randomisation géante des familles. Et Shivaree sussurre goodnight, moon. Sirupeux, encore. Zappons plutôt vers un vieux Darkshines de Muse, parce qu’on est pas métrosexuel par hasard.

Et je m’aperçois que je t’ai pas conté mes vacances, ce qui est tout de même malheureux. Et me donne l’occasion d’un sujet sur lequel dégoiser un brin.

Mes vacances, donc.

Acte 1 :
le Sudeu-congue. Trois jours de repos. Total. Violent. Mais bio, attention : chez ma maman, c’est kinoa quinoa, bouddhisme et produits du jardin. Et siestes. Siestes, siestes, et encore siestes. Au soleil, sur l’herbe, dans une chaise longue, sur un canapé ou sur un lit, j’ai ronqué comme un ouf malade, pas moyen de m’arrêter.
Toutes les deux heures, un monumental coup de bambou derrière la nuque, paupières qui s’affaissent toutes seules, jambes coupées. A m’écrouler vers le premier truc horizontal qui se pointait là, les bras en croix, pour aller rouler des pelles à Morphée.

Rien foutu, donc. Ou si peu. J’ai bien cuisiné quelques tajines (bio), installé MSN à ma petite soeur [qui a 12 ans et un skyblog. Elle a fait deux posts. Elle a 30 commentaires pour chaque. Je suis mort de rire], joué avec le chien, le chat, les ânes et les autres pensionnaires de la baraque et même soulevé trois caillous et donné deux coups de pioche, histoire de m’occuper entre deux roupillons. C’était bon. Pour meubler les siestes, je me suis relu deux Bête et Méchant et Les yeux plus gros que le ventre de Cavanna, l’idole de mes 12 ans [lis, tu comprendras].

Et puis j’ai commencé à me faire un peu chier, tout de même.

Acte 2 : Lyon. Après la maman, le papa. Et surtout les vieux potes de promo. Après le bio et l’eau claire, une soirée mojitos en forme de baffe dans ta gueule. Le rhum, c’est le mal.

Evidemment, on a disserté des malheurs de la Profession à en dégoûter n’importe quel non-membre de la confrérie des Tintins. Ca tombait bien, y avait que ça.

Le lendemain, j’ai enchaîné sur une expo de Keith Haring. Si je faisais mon snob, je disserterais de cette période particulière du New-York début 80, entre new-wave et rap, SIDA et Live Aid, Warhol et Basquiat, pop art et street art. Comme je suis pas snob, ou du moins pas à ce point, je vais me contenter d’étaler mon peu de science de la chose et enchaîner discrètement avant que tu t’en aperçoive.

Après ça, donc, j’ai rejoint mes petits camarades pour un second service à base de bouchon lyonnais. Ce qui me pose généralement un problème, puisque je peux pas blairer la gastronomie lyonnaise. Faire frire des tripes de cochon panées, je trouve pas ça naturel. Bref, on s’en est sorti avec un boudin aux pommes qui a continué son existence dans mon estomac durant deux jours, mais c’est ça aussi, l’aventure du voyage.

Et puis le lendemain, retour sur Paris. Qui avait entretemps décidé de quitter l’ère glaciaire pour passer sans transition à un vieux 25°C à l’ombre de bon aloi.

Inutile de te dire que tout cela m’avait, commme on dit, puissemment ressourcé.

Comme j’étais un peu the new man in town, j’ai collé mon vieux matos d’escalade qui traînait chez mon père dans le panier avant d’un Vélib’ et moi et mon sac à dos, on a pédalé jusque là haut dans notre XIXe, en remontant un canal Saint-Martin plus bondé que les plages de Côte d’Azur fin juillet.

Et, arrivé chez moi, je me suis dit : “en route pour de nouvelles aventures”.

Ce fut le cas.

Episode 9 |Par Sam | le 14 mai 2008 @ 0:12 | dans Quotidiennes
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Retour au bercail

Et voilà. Fin de la parenthèse grand reporter, retour du jeune cadre dynamique parisien.

Enfin, dynamique… En bientôt deux ans de carrière, y a au moins un truc que j’aurai appris, c’est à manquer de sommeil en permanence et à faire avec. Donc ce soir, dodo. On va tenter de gratter quelques heures à Morphée.

Voyager, ça ouvre des perspectives, ceci dit. Le Sud me manquait, que j’en avais même plus conscience. La lumière, l’accent, les gens…. A force de jouer au geek parisien, j’avais presque oublié qu’il y avait des choses ailleurs, qu’il y avait des endroits avec des mouettes à la place des pigeons, des églises romanes à la place des cathédrales gothiques, et du ciel bleu à la place du béton gris.

Ca m’a frappé comme une évidence, dans le train, au retour : il faut se casser de cette ville, de temps à autres. Pour ne pas devenir fou. Ou totalement parigot. Cette ville t’aspire, te bouffe lentement, te colore la tête en gris béton et te fait oublier qu’ailleurs aussi, il se passe des choses.

En six mois, j’ai franchi trois fois le périphérique. A chaque fois pour moins de trois jours d’affilée. Maintenant, j’ai envie de nature. De vert. D’arbres. Et de montagnes. D’une bonne vieille prairie alpine avec les trous de marmottes, le sol gorgé de l’eau du dégel, l’air froid, le soleil qui réchauffe et la vue sur du loin et du beau.

Et le silence. Combien de temps ça fait, que j’ai pas entendu de silence ? Depuis combien de temps est-ce que je vis immergé dans un océan de bruit de bagnoles, de sirènes, de cris dans la rue, de conversations étouffées de voisins, de ronflement de ventilateur de PC ?

Je sais même plus.

Episode 58 |Par Sam | le 18 mar 2008 @ 21:20 | dans Quotidiennes
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Les héros sont fatigués

[Note que je ne m'excuse même pas pour la rareté proprement fossile de mes notes ces derniers temps. J'étais, je suis, très occupé à faire de vrais trucs dans le vrai monde. Mais sache tout de même que j'ai écrit un truc avant-hier. Tout pourri. Tellement que j'ai laissé tomber. Note aussi que ce soir, en revanche, j'ai des trucs à te dire. D'où le fameux proverbe : "il faut vivre pour bloguer et pas bloguer pour vivre"].

De notre envoyé spécial à [...]

Il est 1h30 du matin. Je viens d’envoyer mon dernier papier de la journée.

Il est 1h30 du matin, et ça fait 18 heures que je suis debout. Et quand je dis debout, je parle au sens propre. J’ai exploré cette ville d’est en ouest, du nord au sud. En métro, pas mal, en bus, un peu. A pied, surtout. En bouffant du bureau de vote, du candidat, du militant, de la salle de presse.

J’ai déchiffré un plan de ville toute la journée, à m’en coller mal à la tronche. J’ai enfilé des rues, des boulevards, des places, des stations de métro. J’ai exploré, j’ai erré, je me suis paumé, j’ai fait et refait les mêmes endroits pour suivre le truc. J’ai mangé deux fois en deux jours, essentiellement du fast-food. J’ai tapé mes papiers le portable sur les genoux, sur les marches d’un escalier et en plein vent [mais en plein soleil aussi, ami Parisien. Et, définitivement, j'aime le Sud]. J’ai acquis en 24 heures une culture encyclopédique de la vie politique de cette ville où j’avais foutu les pieds trois fois auparavant. J’ai paumé le chargeur du PC portable dans la bataille. J’ai filé des infos à la correspondante locale. J’ai galéré deux heures avec des wifi qui marchaient pas et une caméra qui déchargeait sa batterie toute seule.

C’est le charme du ouaibe. Là où les autres bossent en équipe, là où le canard national qui va bien balalance deux envoyés spéciaux en plus de ses correspondants, toi tu es tout seul. Et en plus, les autres journaleux te regardent généralement avec un air sceptique. Limite ils te jetteraient des trucs à la tronche. Heureusement, sur la plupart des gens, le “je suis journaliste, je fais un reportage”, ça impressionne encore un peu.

Bref.

Il est des fois, trop rares hélas, où je suis fier de mon boulot. Et de mes petites bafouilles numériques. Où je me dis que je fais pas seulement le plus vieux métier du monde. Mais aussi l’un des plus beaux. Ou en tous cas des plus intéressants. Hein, coco ? [Demanderait Hubert Beuve-Méry avec un air salace]

Il est des fois, trop rare aussi, où je suis content de moi.

Ce soir, je le suis deux fois, à deux titres différents, dont un que cherche pas, tu peux juste pas savoir ce que c’est.

Je fêterais bien l’événement, mais demain, faut que je me lêve tôt, j’ai un chargeur de PC portable à récupérer une interview à faire.

[Et en plus faut que je te laisse, il me reste 30% de batterie]

Episode 59 |Par Sam | le 17 mar 2008 @ 2:59 | dans Quotidiennes
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Ordre de mission

[Un autre, un autre, réclamait la foule en délire.

Soit.]

Je me plains, je me plains. Mais j’ai quand même de la chance.

Déjà, je fais le plus 1)vieux 1)beau métier du monde. Disons un sacerdoce grandiose au service de la démocratie d’opinion et du débat. Qui permet en plus de lever les serveuses en sortant ta carte de presse l’air de rien, comme disait Hubert Beuve-Méry, ça faisait longtemps que je l’avais plus cité.

Et en plus, comme on gagne des sous, on nous offre même le droit de quitter Paris. Pour aller en reportage. Loin et tout.

Et là, tu comprends pourquoi Hubert avait raison.

Parce que quand tu pars en reportage, c’est la classe.

Déjà, tu signe un ordre de mission.

Un ordre de mission. Rien que le nom, tu peux sentir l’odeur chaude, iodée et moite du Lointain, le souffle de l’Aventure. Quand on m’a dit ça, j’ai failli filer m’acheter une paire de Ray-Ban et un gilet sans manches, tu sais, le kaki, avec plein de poches, qu’arborent fiérement les mecs en duplex de loin à la télé.

Et donc, tu dis où tu vas, combien de temps, comment tu veux t’y rendre, si tu veux une voiture, un hôtel, une call-girl, de la coke, tout ça.

Après, tu file ton truc, et dans les deux heures, y a un mec qui te rappelle pour un ou deux détails, genre la couleur de la pute de la Ferrari, tout ça.

Entretemps, tu t’es calé les pieds sur le bureau avec un énorme cigare pour lire l‘International Herald Tribune, en buvant du whisky d’un air blasé.

Après, tu es bourré, vu qu’il est 10h du mat. Mais c’est classe aussi, ça fait Hemingway.

Et là, tu as qu’à attendre de recevoir un récapitulatif avec tes codes pour le billet, le palace, la ferrari et le reste. Et à filer, les mains dans les poches, vers le sud de la France et l’aventure.

Genre.

Prochaine étape : la note de frais.

Episode 61 |Par Sam | le 13 mar 2008 @ 0:25 | dans Quotidiennes
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Douze jours (IX). Prison Break

On sort de l’hiver, et c’est bien [Et voilà le post météo, spéciale dédicace, tout ça].

Les jours rallongent, il fait moins froid le matin en Vélib. On voit même parfois le soleil, ce qui est tout de même relativement exceptionnel dans cette ville de merde qui est décidément bien trop au nord.

Et j’ai besoin de vacances. Ou d’évasion, au minimum.

En mai, ça fera deux ans que je suis arrivé à Paris pour un stage. Depuis deux ans, mon plus long séjour hors de Paris a duré dix jours. Qui furent également mes seules vacances.

Au total, j’ai dû sortir de cette ville quelque chose comme dix fois maximum. Avec pour destinations Lyon, La Souterraine (Creuse), Lussas (Ardèche), Lausanne (Suisse) et c’est tout.

Je crois que j’ai besoin de voir autre chose, d’urgence. La dernière fois que j’ai vu une forêt, j’ai bloqué trois minutes entières. Et je pense que si je vois une montagne, je risque de me mettre à pleurer, juste.

Episode 73 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 21:40 | dans Quotidiennes
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Montagnes

[T'alarmes pas outre mesure de ce qui suit, c'est juste un pauvre moment de nostalgie paysagère, genre je me cherchais un fond d'écran. ]

Lundi soir (suite)

Pas envie de me coucher.

Pas grand chose à faire, en même temps.

Vautré dans mon fauteuil, squatté devant mon PC, je flotte. Je dérive. Je lis du blog, j’écoute de la musique. Je m’enfourne des tomates cerises dans le gosier, l’air distrait.

Ailleurs.

Mais où ?

Tel que tu me vois, je me rêve posé sur l’herbe en pente d’une prairie de montagne, n’importe où dans le monde pour peu que le ciel soit un peu nuageux, la vue un peu  dégagée, le soir un peu tiède et le vent un peu coulis.

‘Tain, ça me manque, des fois, la montagne. C’est les gènes.

Grenoble [Où j'ai vécu avant, du temps où c'était le temps où j'étais jeune, tu n'as pas lu ma super présentation ?], je sais pas si tu situes, mais ça donne ça (que tu peux même cliquer pour voir en grand) :

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Et lorsque tu aperçois, comme disait la gloire locale, Stendhal, qui ne supportait pas cette ville, mais passons, “au bout de chaque rue, une montagne”, ben ça te fait du bien.

Enfin, à moi, ça faisait du bien. Un bien fou.

Paris… C’est autre chose, c’est beau aussi (que tu peux cliquer pour avoir les crédits) :

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Une poésie à base  de carrières et d’ambitions, parce que c’est pour ça qu’on y vient.

Et de gris.

Et de gens, et d’Histoire. Et d’histoires, même quand ça se passe bien [enfin, il paraît].

Mais il manque un truc.

Il manque ça :

chartreuse

Et, l’air de rien, pour un grand nostalgique comme moi, qui continue à passer ses weekends en pompes de trekking même sur les quais de Seine, ben c’est beaucoup.

Episode 116 |Par Sam | le 22 jan 2008 @ 0:08 | dans Pensées parasites
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