Blog veut viiivre !
Putain, il est pas mort, lui, te demande-tu ?
Et ben non, même pas. Juste pas in the mood for blog, ces temps. Dommage, ou pas. C’est pas la matière qui manquerait, note. Mais c’est une matière un peu trop intime pour être partagée, même par moi, des fois.
Bref, je passe faire la poussière ici. Et profite d’une nocturnale journaleuse pour te saluer un brin. Te dire de pas t’en faire, que je vais, que je vis, que tout ça.
Beaucoup de travail, beaucoup d’amours. Pas mal de cogitations, d’agitations, de questions. Un zeste de complexité, aussi, parce que bon. Peut-être eu la main lourde, moi, là-dessus, d’ailleurs.
Et des reportages pas très loin et des nuits d’hôtel sans sommeil ou presque et des heures d’attente et des interviews et des montages vidéo et des horaires de merde et des dimanches au travail et des lundis zombies et des couloirs de métro et la ligne 2 en long et en large et les doutes qui jouent une putain de ritournelle lancinante et les regrets qui montent d’être aussi merdique et des huîtres et du champagne à volonté et des problèmes de fric et des kilos de bonbons et des pleurs et des bains et des bougies et des concerts et des séries et des malheurs qui n’en sont pas et des câlins qui en sont et la fatigue qui part pas.
Et ce putain de froid de novembre à la con dans cette ville à la con.
Et ma putain de mélancolie à la con, aussi.
Toi, ça va, sinon ?
Episode 247 |Par Sam | le 26 nov 2008 @ 2:40 | dans Quotidiennes
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Presque pas triste
[Le pire, c'est qu'à 24 heures près, tu avais un post tout bisounours et tout joyeux. A quoi ça tient, hein...]
Il était dit que le parc des Buttes-Chaumont servirait d’écrin de décharge à mes tristesses. Et de terminus à mes marches un peu au hasard dans le XIXe à la recherche d’une illumination, de quelque chose pour m’aider à piger.
J’aurais dû prendre option psychologie féminine, à la fac. Ou alors je sais pas, j’ai un truc, une maladie rare, un virus niché quelque part, un défaut génétique.
Ou alors je suis juste un narvalo beaucoup trop sincère, infoutu de jouer plus de cinq minutes et demi dès qu’on cause sentiments et beaucoup trop gentil pour être vraiment désirable.
Ou alors, à force de me complaire dans cette posture de célibataire romantique et enrhumé de se balader écorché tout vivant au vent mauvais d’un destin adepte d’un genre d’humour noir particulier, je finis par créer ce genre de situations tout seul comme un gland grand.
Ou alors c’est juste une année sans.
Ou alors j’ai pas tout compris, juste trébuché en tentant d’enfoncer à grands coups d’épaule une porte qui restait entrouverte. Qui reste entrouverte ? Va savoir.
Va comprendre, toi. Moi je comprends jamais. Ou alors de travers. Ou alors après, quand ça sert plus à rien.
Bref. On va pas en faire un micro-drame de plus.
On va se contenter de repenser à certaine nuit magique et à certain piano-bar peuplé de pianistes plus ou moins virtuoses, d’actrices plus ou moins psychotiques et de touristes roumains plus ou moins bourrés.
On va retenir certains regards qui avaient l’air d’en dire beaucoup, certaines répliques qui en disaient pas mal, ou du moins je le pensais, sur le moment. On va se repasser le film d’une fin de soirée juste parfaite et d’un réveil en forme de doux rêve un peu lubrique, mais nom de Dieu que c’était bon.
En se disant que peut-être on tournera la suite. Un jour. Mais que ça dépend plus tellement de moi.
Moi, je vais me contenter de boire des verres avec un pote ce soir, d’aller grimper des murs d’escalade demain et d’aller voir la mer ce weekend.
Et la vie est belle. Quand même. Peut-être un peu parce qu’elle est comme elle.
Episode 230 |Par Sam | le 27 août 2008 @ 20:30 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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J’ai testé pour vous : être bien
Coup de chaud dans la poitrine. Sourire qui vient tout seul. Envies, envies, envies.
Amours copains. Nuits sans lendemains, flirts virtuels, jeux de séduction partagés et autres moments volés au temps.
Rencontres d’autant plus belles, discussions d’autant plus sincères qu’elles sont sans enjeux. Sentiments qui filent enfin vers le haut sans se brûler les ailes au soleil d’une perfection inatteignable.
Plaisir, plaisirs, moments de bonheur sans conséquences, sans bilan, sans enjeux autre que ceux de l’instant et de son partage. Lendemains furtifs et fatigués, mais heureux, une fois passée cette vague rémanence de regret de pas plus, vite balayée par le putain de tourbillon de la vie.
A déterrer de vieux projets des cartons et à les pousser au cul, juste parce que j’en ai envie et plus pour qu’ils me sauvent la vie. Et à voir qu’ils sont bons, vraiment bons, et qu’ils n’attendent que d’aboutir. Et à avoir envie de faire en sorte qu’ils aboutissent, cette fois.
A passer de très bons moments avec tous ces gens que j’aime et à qui je le dis pas assez. A apprécier de les voir, de les écouter, de prendre du temps avec eux plutôt que de le cramer en riens misanthropes et plus ou moins autodestructeurs.
A tenter d’être un peu bon dans mon métier, parce que je peux l’être, quand je veux. A m’entendre dire que je le suis, ce qui fait toujours plaisir, surtout quand comme moi tu souffres à fond du syndrome de l’imposteur - j’ai rien à faire là et quelqu’un va finir par s’en apercevoir. A avoir envie d’en faire encore plus, du coup.
A courir beaucoup, à faire beaucoup et à découvrir que c’est bon aussi.
A être bien, bien et encore bien d’être enfin égocentrique. A me dire que même bancal, on est entier.
Et surtout, surtout, à m’amuser. Et à apprendre avec surprise que je suis doué pour.
Depuis que je me suis foutu en quarantaine volontaire de transports amoureux, je profite à fond du reste. De tout ce reste que je ne voyais plus, aveuglé par la queste éternelle de la complétude romantique.
Je projette et j’espère et je rêve et je crois et je fais et j’envisage et je planifie.
Sourire plein la gueule.
Et ça dure, en plus.
[Enfin, depuis dimanche, quoi]
Tu sais quoi ?
La vie, en fait, c’est pas grave.
[Et en plus, il paraîtrait que bientôt, c'est l'été]
Episode 198 |Par Sam | le 12 juin 2008 @ 22:00 | dans J'ai testé pour vous
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A nos lecteurs
Bien.
Effectivement, j’admets que j’en fais un peu trop. Et que visiblement, ça t’inquiète un tantinet. Alors qu’il n’y a pas de quoi.
Il est donc temps de nous rappeler tout ensemble que ce que je bave ici reste essentiellement de la littérature. Certes documentaire, certes autobiographique, mais pas non plus aussi implacablement réaliste que ça. Je crois que le terme correct est “autofiction“. En gros, ce que j’écris, c’est un instant et une impression glosées en 4.000 signes de défoulement parfois nécessaire. Un genre de crise de graphomanie soudaine et purgative.
Je t’accorde que, depuis quelques temps, instants comme impressions se concentrent sur du glauque. Ce qui pourrait laisser penser que je suis au bout du bout, on the verge, voire limite nervous breakdown. Or, non.
Rassérène-toi.
Dans la vraie vie, je ne passe pas mon temps à errer au vent mauvais d’une mélancolie trop grande pour moi qui m’étouffe et me tue, écharpe et cheveux pris dans la bise glaciale d’un éternel novembre romantique, rythmé par les grincements du vélib’ rouillé sur lequel je tangue, exsangue, avec une chanson glauque dans le casque et un gouffre béant à la place du coeur, ô Béatrix ma Béatrix, pourquoi cette dévastation tout ça.
Dans la vraie vie, j’aime plutôt bien mon job, et ma vie, et la vie. Je rigole avec mes collègues, fais la fête avec mes amis, cherche où partir en vacances, trouve les filles jolies, tout pareil comme toi (pour les filles tu fais comme tu veux). Dans la vraie vie, je suis plutôt un garçon sympathique, voire jovial. Et même porté sur la blagounette et la gaudriole, imagine-toi. Je sais profiter des bons moments, peut-être même mieux qu’un autre, parce que plus intensément.
Certes, j’ai connu des jours meilleurs. J’en ai aussi connu des pires. J’en connais régulièrement des très, très bons et c’est ça qui compte. Je ne te les raconte pas tous. Ou pas dans leur globalité.
En nalisme, on apprend à choisir un angle. A expliquer un événement sous une facette, parce qu’on a pas la place ni la connaissance pour tout dire [Comme disait Hubert Beuve-Méry, "coco, plus tu élargis, plus tu prends le risque qu'on s'aperçoive que tu es un gros imposteur qui ne connait rien au sujet sur lequel il écrit"]. Ici, c’est un peu pareil. Mais j’admets choisir des angles bien glauques, ces temps-ci.
Après, je suis d’accord : si je glauque, c’est aussi car tout cela n’avance guère. Voire tendrait à stagner un brin. J’admets que ça manque de dynamique. Que les aventures de notre héros mériteraient un bon vieux rebondissement.
Le truc, vois-tu, c’est que j’ai tendance à délayer. A faire durer le plaisir en attendant l’impulsion. L’instant décisif. Le coup de théâtre soudain du Destin farceur. Ce qu’on nomme, en termes techniques, le bon vieux deus ex machina des familles.
Jusqu’ici, ça fonctionnait pas mal. Là, il commence à être un peu sévèrement à la bourre, le con.
En fait, il fait pire : il pointe le bout de son nez sans se montrer plus avant. Il est là, pas loin, je le sais, je le sens. Tapi dans la broussaille. Par nuit dégagée, à la pleine lune, tu peux voir ses yeux chafouins refléter la lumière des étoiles. Mais il se fait désirer.
Du coup, pour l’attendre, je procrastine à longs jets continus. Je te fais pas la triviale checklist des bidules en attente d’un bougeage de fondement de ma part, elle est trop longue.
Et dans l’intervalle, je meuble ce bloug à coups de posts tristounets comme celui qui figure ci-dessous. Parce que j’étais dans ce mood là en rentrant et que j’ai eu envie de l’écrire pour m’en débarasser. Ce qui a fonctionné, au demeurant.
Et là, accroche-toi, car je vais te citer Shakespeare.
Carrément.
Je suis un fou, j’ai peur de rien.
Le brave William écrivait, donc [Comme il vous plaira, acte II, scène 7, la traduction est de ton serviteur qui ne la trouve pas sur Google]
All the world’s a stage,
And all the men and women merely players;
They have their exits and their entrances,
And one man in his time plays many parts,
Ce qu’on pourrait traduire par quelque chose comme :
Le monde entier est une scène de théâtre,
Et homme et femmes n’en sont que les acteurs
Qui entrent et sortent
Et notre vie durant, nous y jouons plusieurs rôles
Et là, tu es mort de rire. Et tu n’as pas tort.
Mais il faut bien comprendre que depuis des années, je rêvais de citer Shakespeare dans une note.
Grâce à toi, c’est chose faite.
Tu vois, les choses avancent…

