Soirée diapos, épisode 2 : Chartreuse
J’ai pas acheté un appareil photo pour rien, donc on y retourne. Ressers-toi un pastis, j’amène le sifflard et les apéricubes et je fais chauffer le projecteur pour la suite. T’es prêt. T’es bien calé ? C’est parti.
[...] de Berlin, on a lâché la soeurette pour enchaîner directement, avec LuK, sur nos 10 jours de vacances à la coule. Le dernier membre du trio nous a donc récupéré, un matin tôt, sur le parvis de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, fatigués et encore en Allemagne, pour nous catapulter dans la baraque de ses parents absents, que nous squattions sans vergogne.
Baraque pas dégoûtante, comme tu peux le voir. Et sise, donc, au cœur du calcaire urgonien de Chartreuse, massif montagneux appartenant aux préalpes, c’est à dire un peu haut, mais pas trop non plus.
Après Berlin, ce fut un genre de contraste rythmique et paysager certain. Mais c’était bien aussi.

Thème du séjour: farniente geek à base de siestes, de lever à 13 heures, de barbecues, de parties de drunken ping pong où la chorégraphie kung-fu compte autant que les points, de baignade au lac voisin (une seule, oui je sais), et, de manière générale, de glandouille repos.
Verdure, soleil, montagnes et champs à vache, donc. Avec l’apéro en plus, et plutôt deux fois par jour. Au pastis, what else ? Et sans même refaire le monde, pour le coup. Enfin moi, je pouvais plus. Je me contentais de profiter du soleil et de penser à rien.
J’avais pris option orgie de BD et j’ai torpillé toute la bibliothèque, bien fournie en vieux classiques chenus.
[on va faire dans le web participatif : tu vas aller chercher tout seul sur Google quand tu connais pas les titres, parce que là j'ai la rame de me taper tous les liens]
J’ai donc enquillé tous les Blueberry, tous les XIII, le Cycle de Cyann, les Passagers du Vent, Les Compagnons du Crépuscule, le cycle d’Edena de Moebius, Aldébaran et Bételgeuse de Leo, plus une vingtaine d’autres machins divers.
Evidemment, c’était geek-land : Rusticité et ruralité certes, mais avec un PC, une connexion internet et un rétroprojecteur pour s’envoyer du film à la pelle et surtout jouer à la PS3 en version écran géant. Et donc finir Devil May Cry 4 et se coller des peignées à Soul Calibur (4 aussi). Jusqu’à l’indigestion et même au-delà, pour ma part du moins. Je suis définitivement pas hardcore-gamer.
Entre deux parties et un apéro, évidemment aussi, on se laissait pas trop dépérir et on rentabilisait le barbecue. J’ai même pu me faire plaisir à cuisiner deux trois machins.
Histoire de dire, on a quand même été marcher un peu. Un jour. Evidemment, la veille, on avait invité des potes pour un barbecue orgiesque à la côte de boeuf et au cubi de rouge, qui ne s’était fini que tard, très tard. Et le lendemain, on était était un peu tout niqués. Mais c’était bien quand même.
Les cinq premiers jours, c’était juste bien. Mais dix, c’était juste trop. Trop de glande, trop de bouffe, trop d’alcool, trop de huis clos à trois couillons. Mais ça fait partie des vacances, ce luxe-là, de te dire que tiens, tu retournerais bien bosser, finalement.

Je m’imaginais un truc plus méditatif, genre faisons le point dans l’herbe jolie. En fait j’ai fait le vide, un certain temps. Le point m’est revenu dans la gueule le dernier soir, en forme de coup de stress et de spleen et d’envie que ça bouge, un peu.
En forme d’envie de rentrer.
D’envie de rentrée.
Episode 221 |Par Sam | le 14 août 2008 @ 20:52 | dans Photos
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Carte postale
Hey !
[Le contexte et ma récente germanophilie voudraient que je te salue d'un sympathique "Halo", voire "Guten morgen", mais bon, j'aime bien "hey". C'est simple, sobre et efficace à la fois]
Hey, donc. Ca roule, toi ?
“‘Tain, il est pas mort, lui ?” te demandes-tu. Et bien non, ami, point encore. En revanche, il est toujours en vacances. Et présentement, il t’écrit d’une sympathique bâtisse XVIIIe genre ferme de moyenne montagne, sise au coeur du massif de la Chartreuse, et dans laquelle il enchaîne barbecues, parties de ping-pong, siestes et baignades dans le lac tout proche tout en se soutenant moralement à coups de petits apéritifs salvateurs sur la terrasse. Un vrai calvaire, en sommme.
Et puis quand il pleut, on branche la PlayStation3 sur le rétroprojecteur et on joue à Devil May Cry 4 version écran géant.
Bref, beaucoup de stress pour ton serviteur. Qui en viendrait presque à ne plus passer sur le ternet qu’une fois tous les deux jours pour relever ses mails, c’est te dire à quel point c’est pas facile.
Bon. Ce propos liminaire effectué, il faudrait que je te raconte Berlin, car je sais que tu n’attends que ça, avoue.
Seulement voilà : j’ai pris au moins 200 photos là-bas. Mais je n’ai pas songé à emmener avec moi dans les montagnes le câble qui m’eusse permis de les uploader sur l’ordinateur et de t’en faire profiter.
Avoue que c’est dommage. Et que donc je te raconterai Berlin quand je serai revenu sur Paname et que je pourrai le faire avec des images, c’est à dire à la fin de la semaine qui vient.
En attendant, il faut aussi que je réponde au sympathique questionnaire que cette coquine de Kmille m’a collé dans les pattes. Ca devrait te plaire, puisque ça parle de fesses.
Donc :
Si j’étais un slip, je prierais très fort pour être celui d’une jeune fille et pas d’un vieux dégoûtant.
Si j’étais un sextoy, je serais un plug anal, juste pour pouvoir, à la question “t’es où ?”, enfin répondre sincérement “dans ton cul”.
Si j’étais un fantasme, je me dirais qu’il faut quand même être bien tordu pour avoir ce genre de fantasme.
Si je devais faire l’amour avec un animal, je choisirais une femelle bonobo en me disant qu’au moins eux, ils s’y connaissent.
Si je devais te dire quelque chose à l’oreille pendant qu’on fait l’amour, ce serait beaucoup trop torride pour être écrit ici. Tu insiste, petit(e) coquin(e). Bon d’accord. Garde tes mains sur le clavier, c’est parti : “Die Lebensmittelsicherheit steht in Europa ganz oben auf der Prioritätenliste. Seit dem Jahr 2000 werden die strengen Vorschriften der EU noch weiter verschärft, um sicherzustellen, dass die Lebensmittel der Europäer so sicher wie möglich sind. Das neue Konzept verknüpft alle Herstellungsstufen miteinander: Lebens- und Futtermittel werden vom Erzeuger bis zum Verbraucher sorgfältig verfolgt”. Alors, heureux(se)?.
Si j’étais Clara Morgane mais avec mon cerveau actuel, j’aurais plein de facilités dans mon travail, déjà. Surtout niveau interviews. Et sinon, je m’achèterais plein de miroirs pour partir à l’exploration de mon petit corps, aussi.
Si j’étais une zone érogène, je serais un cou. Oui, je sais, y a plus excitant, mais j’aime bien les bisous dans le cou.
Si j’étais un détail absolument irrésistible… ma, ié souis déjà oune détail absolumentamente irrésistible.
Si j’avais une morale sexuelle… euh, le truc, c’est plutôt que si j’avais moins de morale sexuelle, je choperais beaucoup plus.
Si je me réveillais sans pénis ni vagin, je me renseignerais sur les tarifs pour me refaire poser les pièces, parce que cinquante ans sans seske, c’est long, tout de même. Déjà, un mois…
Bon, sur ce il est temps pour moi de replonger dans mes vacances et d’aller acheter de quoi préparer le barbecue de ce soir. Pff, tout ce stress, je sais pas combien de temps je vais tenir.
Allez, console-toi : je boirai un pastis à ta santé.
Episode 217 |Par Sam | le 2 août 2008 @ 14:14 | dans Messages à caractère informatif, Quotidiennes
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Les anges vagabonds (j'ai testé pour vous : le tourisme)
Je t’ai dit, que j’avais un projet secret de ouf malade ? Tiens-toi bien : cette année, il se pourrait que je parte en voyage. Si.
Genre à l’étranger. Loin et tout.
[La dernière fois que je suis parti à l'étranger, les riants paysages du canton de Vaud exceptés, c'était... oh putain. J'ose même pas l'écrire. C'était en décembre 2004, trois jours à Barcelone.]
A la base, c’est un pari d’ivrognes voilà quelques semaines avec mes deux geeks préférés. Genre “tiens, vous faites quoi cet été ? Rien ? Si on allait à l’autre bout du monde ?”.
On a attrapé nos bières, filé devant le PC, installé Google Earth, et commencé à rêver. Chili ? Alaska ? Israël ? Afrique du Sud ? Vietnam ? Australie ?
Alcool aidant, on était directement dans le road movie sauvage et initiatique. On se voyait déjà [enfin moi, en tous cas, mais je suis incurable], sac au dos, cheminant loin des voies touristiques, dans le pays profond, au moyen de trains, bateaux et animaux de bât divers. Dans des paysages idéaux, évidemment, et surtout en un périple initiatique autant qu’enrichissant fait de rencontres , de découvertes et d’apprentissages qui nous ramèneraient plus forts au pays, tels les Hobbits à la fin du Seigneur des Anneaux.
Après, on a été sur govoyages, et on a moins ri. Et commencé à budgéter l’opération. Et donc à réduire nos prétentions à tout point sur Terre accessible fin juillet-début août à un coût inférieur où égal à 600 euros.
Ce qui te réduit d’entrée la mappemonde.
Pour ce tarif, tu as, genre exotique, l’Inde.
[Merveilleuse Inde de tous les mystères et de toutes les beautés, palais, maharadjas, jungles profondes et plages tropicales, le tout baignant dans une atmosphère de spiritualité profonde et ancestrale....]
Perso, j’y étais. A fond. Je nous voyais déjà, embarqués dans un vieux train à vapeur, de villes en ville, à bouffer des chapàti.
Mais mes geeks sont aventureux. Voire excessifs. Surtout au-delà de la dixième binouze. Et les voilà partis à me dire : “attends, si on va en Inde, autant aller au… Népal”.
[Le Népal, ses paysages de montagnes si immenses que tu ne peux que te sentir intrus et minuscule et plein de respect pour cette massive splendeur, ses temples, ses moulins à prière bouddhistes oscillant au gré du vent qui souffle en permanence sur un décor austère et beau de maisonnettes accrochées aux pentes du plus haut massif du monde...]
Bon, j’admets : à peine on avait évoqué le Népal que j’étais déjà parti.
Le lendemain, à jeun, déjà moins. D’une part parce que mon neurone de journaleux s’était enfin réveillé et me titillait que c’était quand même un peu tendu, géopolitiquement parlant. Et puis surtout parce qu’en voyant mes deux geeks émerger péniblement, je m’inquiétais un peu de la viabilité du plan trek à 5.000 mètres [pardon, les gars].
Du coup, retour à l’Inde, [ses jardins, ses saddhûs, ses crémations en plein air, ce festival permanent d'odeurs et de couleurs...]
Sauf que.
Sauf que fin-juillet début août, seules dates communes possibles, en Inde, c’est la mousson. Et que donc il pleut. Fort. Tout le temps. Enfin, sur le nord du Sous-continent. Au sud, c’est la période chaude. Et donc il fait 45°C. Et 80% d’humidité. Toute la journée.
La partie logistique de l’opération semblant me revenir de fait, j’ai donc commencé à chercher un plan médian. Au sens propre : mi-mousson, mi-canicule. Pondichéry ? Ca l’aurait fait pas mal. Sauf que je n’avais pas compté sur un élément: l’entropie inhérente à toute chose, surtout moi et mes geeks, qui avait commencé son long travail de sape.
Aux dernières nouvelles, il y en a un qui ne peut plus acheter de billet d’ici un bon mois, parce qu’il a trop fait grève et qu’il n’a plus de sous. L’autre est parti, en Sicile, je crois, pour une semaine ou deux. Quant à ton serviteur, il faudrait sérieusement qu’il songe à prendre rendez-vous avec sa charmante banquière. Et à refaire un passeport.
Je viens de regarder : le billet a pris 100 euros en quinze jours. Si on les prend en juin, on sera dans les 700 €. Bref, le coucher de soleil sur le Gange dans la cité sacrée de Bénarès, ça semble compromis.
Mais je suis un homme de ressources. J’ai étudié la philosophie asiatique. Je sais, tel le bambou, me plier au gré du vent mauvais d’un univers hostile pour mieux rebondir et lui niquer sa gueule en poussant un “kiaïiii” vicieux.
Donc, je cherche un itinéraire bis. Là, je suis sur une piste : le bon vieux pass Interrail. Pour 359 euros, tu prends le train gratos dans 30 pays, 10 jours maximum sur 22 au total. Soit de quoi te faire plaisir.
Reste à vendre le truc à mes petits camarades.
Je songe à la côte Dalmate, ses monastères, son histoire déchirée au carrefour des mondes Romain et Orthodoxe, puis des invasions Turques, tout ça.
[Ecrit-il avec Google Earth en fond d'écran, en bavant copieusement]
Ou alors la Mer Noire, carrefour de tous les carrefours. Les côtes de Bulgarie, de Roumanie. Et un détour par Istamboul. Genre.
Et pourquoi pas la mer Baltique ? L’ex-empire Hanséatique du moyen âge, tout ca ?
Mouais.
Faut que je me décide. Vite.
Sinon, nous connaissant, ça va finir à Arcachon, cette affaire.
Episode 8 |Par Sam | le 15 mai 2008 @ 1:43 | dans J'ai testé pour vous
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Cure de sommeil
Retour au post. Je repique au truc, graphomane intermittent, au sortir d’une balade post-labeur trop moite et trop sucrée, la tête pleine de ces petits riens qui, accumulés, font les grandes prises d’icelle.
[T'attends pas trop à du cohérent, sur celui-là. Je lâche la bride à mes papattes sur mon clavier sale, on verra bien où ça nous mènera]
Trop écouté Noir Désir, récemment. Je reviens à la bonne vieille randomisation géante des familles. Et Shivaree sussurre goodnight, moon. Sirupeux, encore. Zappons plutôt vers un vieux Darkshines de Muse, parce qu’on est pas métrosexuel par hasard.
Et je m’aperçois que je t’ai pas conté mes vacances, ce qui est tout de même malheureux. Et me donne l’occasion d’un sujet sur lequel dégoiser un brin.
Mes vacances, donc.
Acte 1 : le Sudeu-congue. Trois jours de repos. Total. Violent. Mais bio, attention : chez ma maman, c’est kinoa quinoa, bouddhisme et produits du jardin. Et siestes. Siestes, siestes, et encore siestes. Au soleil, sur l’herbe, dans une chaise longue, sur un canapé ou sur un lit, j’ai ronqué comme un ouf malade, pas moyen de m’arrêter.
Toutes les deux heures, un monumental coup de bambou derrière la nuque, paupières qui s’affaissent toutes seules, jambes coupées. A m’écrouler vers le premier truc horizontal qui se pointait là, les bras en croix, pour aller rouler des pelles à Morphée.
Rien foutu, donc. Ou si peu. J’ai bien cuisiné quelques tajines (bio), installé MSN à ma petite soeur [qui a 12 ans et un skyblog. Elle a fait deux posts. Elle a 30 commentaires pour chaque. Je suis mort de rire], joué avec le chien, le chat, les ânes et les autres pensionnaires de la baraque et même soulevé trois caillous et donné deux coups de pioche, histoire de m’occuper entre deux roupillons. C’était bon. Pour meubler les siestes, je me suis relu deux Bête et Méchant et Les yeux plus gros que le ventre de Cavanna, l’idole de mes 12 ans [lis, tu comprendras].
Et puis j’ai commencé à me faire un peu chier, tout de même.
Acte 2 : Lyon. Après la maman, le papa. Et surtout les vieux potes de promo. Après le bio et l’eau claire, une soirée mojitos en forme de baffe dans ta gueule. Le rhum, c’est le mal.
Evidemment, on a disserté des malheurs de la Profession à en dégoûter n’importe quel non-membre de la confrérie des Tintins. Ca tombait bien, y avait que ça.
Le lendemain, j’ai enchaîné sur une expo de Keith Haring. Si je faisais mon snob, je disserterais de cette période particulière du New-York début 80, entre new-wave et rap, SIDA et Live Aid, Warhol et Basquiat, pop art et street art. Comme je suis pas snob, ou du moins pas à ce point, je vais me contenter d’étaler mon peu de science de la chose et enchaîner discrètement avant que tu t’en aperçoive.
Après ça, donc, j’ai rejoint mes petits camarades pour un second service à base de bouchon lyonnais. Ce qui me pose généralement un problème, puisque je peux pas blairer la gastronomie lyonnaise. Faire frire des tripes de cochon panées, je trouve pas ça naturel. Bref, on s’en est sorti avec un boudin aux pommes qui a continué son existence dans mon estomac durant deux jours, mais c’est ça aussi, l’aventure du voyage.
Et puis le lendemain, retour sur Paris. Qui avait entretemps décidé de quitter l’ère glaciaire pour passer sans transition à un vieux 25°C à l’ombre de bon aloi.
Inutile de te dire que tout cela m’avait, commme on dit, puissemment ressourcé.
Comme j’étais un peu the new man in town, j’ai collé mon vieux matos d’escalade qui traînait chez mon père dans le panier avant d’un Vélib’ et moi et mon sac à dos, on a pédalé jusque là haut dans notre XIXe, en remontant un canal Saint-Martin plus bondé que les plages de Côte d’Azur fin juillet.
Et, arrivé chez moi, je me suis dit : “en route pour de nouvelles aventures”.
Ce fut le cas.










