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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Pendant qu’elle dort

Silhouette

[Passage rapide, pas le temps, pas l'envie, pas encore, de revenir gloser ici. Faut que je passe un cap, que je pousse un peu plus loin encore le désir de raccrocher à une réalité trop belle peut-être pour qu'elle ne me fasse pas peur.]

Il est 20h39, ce soir c’est teuf.

Il est 20h39, j’ai rien foutu de mon vendredi

Il est 20h40 et je reçois son SMS. A 20h41, je réponds.

Il est 20h41, elle fait une sieste pour offrir un répit à ses 39°C de fièvre pas chômés.

Il est 20h41, je pense à elle en réécoutant Au revoir Simone.

Il est 20h42 et je pense à moi. Et je me dis qu’il faudrait arrêter d’agripper le rideau, arrêter de tenir la corde, arrêter de regarder en bas. Qu’il faudrait ouvrir les doigts, un à un ou d’un coup, et laisser filer. Et lâcher prise, enfin. Et plonger vers cet inconnu, vers cette inconnue, qui m’ouvre les bras et le reste, tout ce reste si vaste.

Il est 20h45 et moi et ma gueule de déterré, on boit une Heineken.

Il est 20h45 et il faudrait que j’aille faire un tour sous la douche, sauver ce qui peut l’être.

Il est 20h47 et tout ce que j’ai en tête, c’est ce signe de geeks :  <3

Il est 20h47 et mon appart sent la pisse de chat.

Il est 20h47 et il y a comme une bulle de bonheur coinçée dans mon estomac, qui ne demanderait qu’à grossir et s’épanouir et noyer sous le rose l’autre bulle qui sommeille, la métastase d’angoisse qui m’a poussé dans le plexus et se réveille parfois le temps de lancer trois putain de salves corrosives qui empoisonnent le reste. Qui demanderait que ça, mais putain, qu’est-ce que j’attends ? Le déluge, peut-être.

Il est 20h49, je rebois une gorgée et je me dis pour la énième fois que je suis quand même le mec le plus chanceux de la Terre et que j’en profite pas assez.

Il est 20h51 et j’écoute Elvis Perkins : while you were sleeping. Un truc qu’elle m’a fait découvrir, entre quelques centaines d’autres :

Il est 20h52 et j’en ai marre de cette propension malsaine à la mélancolie comme expédient ludique et je me dis que je peux pas éternellement faire la planche entre deux eaux de rejet, que je peux pas éternellement me filer des croche-pieds vicelards en pleine course juste pour le plaisir du flash de douleur quand mes dents cognent le bitume.

Il est 20h58 et je me roule une clope.

Il est 20h59 et je pense à ma petite punkesse blottie dans sa couette, je pense à la frange sur le haut de son front,à sa bouche, à sa fièvre, à ses mains, à ses seins.

Il est 21h01 et j’ai envie de la soigner, de la protéger, de m’occuper d’elle. Et j’ai envie de la voir sourire. De l’emmener à Berlin. De lui faire à manger. De la regarder bouger.

Il est 21h04 et je me demande à quoi elle rêve.

Episode 245 |Par Sam | le 24 oct 2008 @ 21:07 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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Mon oeil

Et même les deux, tiens :

zoeils3

Y a des soirs, comme ça, d’énervement un peu injustifié, mais d’énervement tout de même. Des soirs qui foirent, des soirs où je sors trop tard du boulot, où j’ai pas envie de rentrer chez moi, mais où j’y finis quand même, un peu sans le vouloir. Devant le PC, évidemment.

Des soirs où pourtant j’ai qu’une envie, c’est de poser des trucs, de faire des choses, de sortir un peu de ce quotidien qu’on emprunte comme un chariot fou dans la mine d’Indiana Jones et le Temple Maudit et qui nous conduit à toute blinde vers la fin, là-bas, tout au bout. Trop vite.

Et où ça veut pas.

Des soirs où je trouve rien de mieux à faire pour tempérer ma frustration que d’aller acheter quelques bières chez le rebeu du bas de la rue pour les savourer à pleines gorgées, en tirant frénétiquement sur des sucettes à cancer entre deux séances de martelage de clavier rageur.

Un peu futile, je sais bien. Mais que veux-tu ? J’ai rien trouvé de mieux.

Des soirs où je me dis que j’aurais mieux fait de suivre cette fille qui me regardait en sortant de l’épicerie, qu’en retrant du taf j’aurais mieux fait de prendre le premier carrefour qui se présentait pour aller paumer mon vélib’ quelque part dans Paname à la recherche de quelque chose d’un peu plus intéressant, d’un peu plus enrichissant, d’un peu plus fun qu’un samedi soir à la con avachi sur ma chaise devant mon écran à brailler même pas fort Perfect Day de Lou Reed sans y croire une seconde parce que c’était pas le cas.

[Ca, coco, c'est ce qu'Hubert, toujours aussi raffiné, appelait "une phrase longue comme ma bite"]

Tu sais quoi ? Heureusement que j’ai une âme de midinette. Un coup de ça :

, une demi-cannette, et ça repart.

Pff. J’ai vraiment besoin de loin, moi.

[Bon, ben j'exclus pas de repasser pour une deuxième couche dans la nuit, du coup]

Episode 207 |Par Sam | le 6 juil 2008 @ 0:34 | dans Quotidiennes, musique
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On dormira quand on sera morts

Une écluse la nuit

Je suis tellement fatigué que je le sens même plus. Un genre de transcendance corporelle.

Hier, j’ai donné dans le pince-fesses mondain, ambiance costard, talons, petits fours et cadres dirigeants sur gazon anglais et décors XVIIIe.

Et au milieu des puissants, quatre journaleux décalés, dont ton serviteur, qui enquillaient du champe au litre en regardant vaguement l’équipe de France de football se ridiculiser sur écran géant.

On a bien dû tomber six bouteilles.

Hubert serait fier : les traditions restent, les journalistes boivent. Trop. De coupettes en coupettes, d’anecdotes du chef en discussions sur Wordpress, je suis resté bien trop tard pour mes horaires matinaux de la semaine.

En finissant par rentrer, avec déjà un potentiel sommeil réduit à six petites heures, je suis tombé sur ma soeurette, qui savait pas où dormir, pour changer. Et comme on s’était pas vu depuis genre deux semaines, c’était reparti pour quelques bières et autre  discussions qui nous ont emmené au galop vers les deux heures du matin avant que je ne me décide à arrêter les frais.

Autant te dire que quatre heures plus tard, quand le bipbip de l’alarme m’a tirée du coma, j’étais même plus la moitié de moi-même, plutôt le quart, voire moins. J’ai quand même réussi à me traîner à la rédac pour enquiller les papiers. C’est beau, parfois, la dévotion. Surtout à 7 heures du matin.

Et c’était pas fini. Quand j’ai réussi à m’échapper, vers 16h30, c’était pour aller à un rendez-vous presque pro. Et tu sais quoi ? On dirait que certains projets en sommeil reviennent à la vie. Et ça fait plaisir.

Tel que tu me vois, j’en reviens. Plutôt content. Et totalement décalqué de fatigue, aussi, au point que ça en devient presque grisant. J’irais bien m’effondrer, mais je dormirais pas.

D’autant que ça fait trois jours que j’ai un post en tête, genre Psychologies - Nos fiches pratiques, que je procrastine pour diverses raisons, dont quelques bonnes.

Du coup, je vais m’atteler à ça derechef. En attendant que mon petit corps cesse de m’envoyer des pleines giclées d’adrénaline dans le cortex et me laisse dormir.

Episode 196 |Par Sam | le 10 juin 2008 @ 21:02 | dans J'ai testé pour vous, Quotidiennes
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Mes nuits sont plus belles que mes jours

Trois heures de sommeil dans la vue, tout seul au boulot, avec une seule envie : poser ma tête sur mon bureau et ronfler cinq minutes, juste cinq minutes.

Sept heures à tenir encore avant de pouvoir le faire.

Et tu sais quoi ? Je m’en fous. Ca ne m’empêche pas de sourire.

Avec une vieille chanson dans la tête. D’Alexis HK. Qui n’est pas sur Deezer, tu m’excuseras. Je te laisse tout de même les paroles, tu comprendras tout seul.

[Edit : comme me le souffle une souris en commentaire, elle est bien sur Deezer. Clique donc]

Vu d’ici, je pourrais gloser des heures sur ma soirée. Sur le pique-nique à la vodka, planqués sur le canal. Sur ces proximités trop fortes pour qu’on ne les remarque pas. Sur ces ambiguïtés avec lesquelles on s’amusait, en sachant pertinemment où ça allait nous mener, tout cela. Sur ce couple de quadras un poil bobos avec lequel on a discuté quelques instants avant de rentrer chez moi.

Pour se tomber dans les bras à peine vautrés dans le canapé. Avant de se coucher tard, trop tard, mais pas assez longtemps à mon goût, pas assez en tous cas pour faire totalement disparaître certain manque affectif à la douceur de sa peau, à l’odeur de ses cheveux et au goût de ses baisers. Pas faute de m’en être délecté, tu noteras.

Quelques courtes heures plus tard, le réveil fut difficile. La laisser devant le métro aussi. Et là, je blogue au travail, explosé, cuit, encore dans les brumes de ces délices adultères et hélas trop courts.

Avec une seule envie : récidiver.

Episode 180 |Par Sam | le 31 mai 2008 @ 9:13 | dans Quotidiennes
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Angles

Fin de soirée.

Tu as échappé au streetwalk-post façon Pigalle-Jaurès by night. Et pourtant, entre l’hôtesse qui m’a sifflé depuis la porte grillagée d’un club privé, les ricains en goguette vers la gare du Nord et le tox à qui j’ai lâché de la thune au bout de dix minutes de laïus, il y eut eu matière.

Tu as également esquivé le post introspectif façon mon Dieu où vais-je, qui suis-je vraiment, que veux-je finalement, moi si frêle et si éphémère passager de ce bout de caillou si petit qui tourne par miracle dans un vide incommentsurable tout ça. Et pourtant là aussi, j’eusse pu te taper des lignes et des lignes d’auto-rectoscopie au microscope électronique à balayage. Sans même te parler de la séquence sentiments. Une demi-heure de marche, quand tu as oublié tes écouteurs, ça laisse le temps de penser, de regretter et de projeter un tas de choses.

En bonus, je t’épargnerai aussi le récit d’apéro avec un vieux pote. Ou plutôt je vais te le faire basique :  politique - bière -  sport- bière - ciné - bière - ah la la quand on était étudiants - bière - devenir des uns et des autres - bière - carrières - bière - musique - bière - internet - bière - jeux vidéo - bière - bon je vais me rentrer, là, il se fait minuit.

Même si le fait notable de la soirée est sans doute que je ne parle jamais de sport, sauf avec lui. Et que là, je me suis fait une culture de base qui risque de me servir dans les prochaines semaines. Genre  la composition de l’équipe de France de foot. Qui a, à ma grande surprise changé depuis 2006. Mais là, c’est bon, je connais les noms et les postes d’au moins 9 joueurs. Je peux gérer.

Et puis, soyons fous un peu, je te dispense également du rapport d’étape professionnel et de citation d’Hubert Beuve-Méry. Et je rajoute un truc, exceptionnellement et juste pour toi, parce que je t’aime bien : pas non plus d’humour désabusé de clown triste.

En fait, ce soir, ça va plutôt bien. Point. Et je te la souhaite bonne. La nuit.

Episode 178 |Par Sam | le 29 mai 2008 @ 1:34 | dans Quotidiennes
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Chemises à fleurs et mojitos

Tu as vu ? On arrive en mai. Les feuilles poussent, la nature reprend ses droits et les blogueurs mettent le nez dehors, raréfiant de ce fait drastiquement la production globale de contenus. C’est saisonnier. Et peut-être pas plus mal.

Par exemple, tel que tu me vois, j’ai reçu, ce week-end. Des geeks, même. Mais des beaux. Des vrais. Des sauvages, pas abîmés par le compromis ni la couplitude.

Des qui ont des cals à la paume à force de tripoter des souris [cesse immédiatement de penser à autre chose, pervers] et des problèmes d’index à force de cliquer comme des fous. Et qui sentent pas très bon, parce qu’avec tout ça, ils oublient souvent de se laver ou de s’alimenter.

Des no-life, on appelle ça. Et des très vieux potes, aussi. Des que j’ai vécu avec, même, du temps d’avant où l’herbe était plus verte et les jeux vidéos moins beaux qu’aujourd’hui.

Vendredi soir, on l’a faite sudiste, à base de pastis et de vieux souvenirs. Samedi, on a crapahuté dans Paris jusqu’à ce que mon entorse se rappelle à moi. Avant d’aller à une soirée barbecue indoor chez des potes qui vont devoir refaire la peinture de leur salon. Avec chemises à fleur, chapeaux de paille et mojitos.

J’ai appris pas mal de choses, à cette soirée. Par exemple, je sais désormais faire des mojitos. Et aussi que le mojito, c’est traitre.

Et puis j’ai aussi eu des nouvelles. Des que j’aurais pas forcément dû écouter, d’ailleurs. Ou alors pas en ce moment. Des regrets rapportés et incertains, trop tardifs pour être des remords, mais qui me remettent en bouche ce goût d’inachevé dont j’avais fini par me débarrasser en croyant être le seul à l’avoir. Ce qui n’était pas le cas, apparemment. Même si ça ne change pas grand-chose au final.

[Et là, tu n'as rien compris à ce que je viens d'écrire. Ce qui n'est pas grave, puisque moi-même je suis pas certain de tout piger]

En attendant, c’est lundi, il pleut, je viens de nettoyer les traces des geeks chez moi et tout ça continue de me laisser assez perplexe.

Jeudi, je pars dans le sud une semaine et ça va me faire du bien. Fin juillet, je pars vraisemblablement bien plus à l’est, et ça va aussi me faire du bien. Et puis il n’est pas exclu que j’apprenne une très bonne nouvelle dans les huit jours, du genre qui me procurerait de quoi m’occuper l’esprit pour quelques mois.

En attendant, je m’interroge. Et te laisse, parce que j’ai du linge à pendre haut et court.

Episode 18 |Par Sam | le 28 avr 2008 @ 19:51 | dans Quotidiennes
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Alcool

Hey !

C’est mercredi. Enfin jeudi.

Excuse-moi, je suis un poil excité.

Faut dire que pour ton serviteur, c’est la semaine de l’alcoolisme.

Hier, j’ai fait dans l’apéro urban fashion du côté de Bastille, avant de me finir au téléphone, à discuter couples avec un vieux pote jusqu’à trois plombes du mat. En tisant des bières, tant qu’à y être.

Ce matin, du coup, j’avais une tête d’épave, le crâne ensablé et l’impression d’avoir bouffé un cendrier. Mais j’étais bien. Obstinément.C’est mon crédo du moment, faut croire.

Et ce soir,pour continuer dans la thématique, j’ai bu au travail. En même temps, comme disait Hubert Beuve-Méry, l’alcool est au journaliste ce que le cheval est à l’homme : son meilleur ami.

J’ai donc enchaîné, dès 19 heures, les petits verres de pinard en l’honneur d’un confrère qui part vers d’autres cieux. Avant de finir dans un bar à cadres, avec el gran jefe tout bourré qui nous a payé des grands crus en nous racontant ses malheurs.

Moment d’anthologie. Hélas éphémère. Vers onze heures, tout le monde est rentré se coucher. Ce métier perd de son sens, je me disais en rentrant, pensant aux mânes offensées d’Hubert.

Quand j’ai commencé, en presse régionale, on croisait encore des vieux fait-diversiers tellement authentiques qu’ils confinaient à la caricature, bourrés à 17 heures, avec la bouteille de whisky planquée dans le tiroir. J’en ai même rencontré un, particulièrement gratiné, qui prenait des cuites avec les flics de la BAC, tout en faisant le conseiller juridique pour ses vieilles copines putes. Et des tours de magie. C’était pittoresque.

Hélas,tout cela est bel est bien fini. Le journaleux moderne va se coucher à onze heures, mange bio, fait du sport et n’aspire qu’à vivre vieux et écrire des bouquins. Tout se perd, ma bonne dame.

D’après un type que j’ai croisé en allant acheter des bières au rebeu d’en bas, ce qui manque, de nos jours, c’est la tendresse. Je suis pas loin d’être de son avis.

Du coup, je vais te causer tendresse. Dans un autre post, parce qu’il faut bien faire du chiffre.

Coco.

Episode 42 |Par Sam | le 2 avr 2008 @ 23:46 | dans Quotidiennes
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Douze jours (V). Paris est magique

Pour continuer dans le parisianisme à deux balles, je viens de comprendre comment il fallait vivre dans cette ville pour l’apprécier.

Ca fait douze jours que j’enchaîne les brunchs, les taxis, les restos, les soirées, les gens, les milieux, les arrondissements, en repassant chez moi un jour sur deux pour changer de slip. Et c’est classe. La Ville est à moi, quoi. Je me la donne grave. Je sais pas si ma banque va apprécier, mais on s’en tape, on est jeunes, on est fous.

Oui, je sais, je craque un peu de partout, en ce moment. C’est le stress. Ou l’exaltation.

Episode 77 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 21:35 | dans Quotidiennes
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Gris plombé

ciel_gris[Sérial posteur, un peu.  Mais c'est repos, aujourd'hui.]

Mon deux pièces sent bon. La vaisselle est faite, les plaques sont propres, y a plus l’ombre d’une miette par terre. Les bouquins qui traînaient partout sont alignés sur les étagères.

Les cadavres de bouteille sont partis à la poubelle. Celle à verre, avec le trou dans le couvercle, qui te fais honte à chaque fois que tu y balance une cannette, provoquant une déflagration dans toute la cour intérieure.

La salle de bains brille, y a plus un poil pour venir contraster le blanc éclatant de la baignoire. Les fringues, lavées, sont gentiment empilées sur le séchoir. Mon frigo est plein de légumes.

J’ai envoyé la thune que je devais à mon ex. Coupant l’un des derniers liens entre nous, au prix d’un gros trous dans mon compte en banque. Qui devrait normalement en boucher un autre dans ma poitrine. J’ai même prévenu la CAF qu’elle n’habitait plus ici, et qu’ils pouvaient arrêter de me filer des sous pour les donner à d’autres, qui en ont plus besoin que moi.

J’ai commandé le cadeau d’anniversaire de ma soeurette, un Holga 120 GFN.

En attendant que ma deuxième lessive sèche, j’ai été me balader. Alors que j’exècre ce temps gris plombé dans cette ville gris plombée, surtout en janvier, surtout avec ce froid humide et même pas franc, surtout avec cette brume qui ternit la vue du parc de Belleville, en principe la plus belle de Paris.

[...]

Ca y est, me voilà devenu un genre de prototype de célibataire idéal. Me manque plus qu’un pul à col roulé et un labrador pour l’emmener courir aux Buttes-Chaumont.

D’ailleurs, devine ce que je bois, là ? Non, pas  un café. Ni une vodka. Ni de la bière. Ni un verre de bordeaux.

Du thé. [oui, je sais, moi aussi ça me défrise].Du earl grey, même.

[Avant que tu demandes, non, je ne suis pas en train d'écouter Vincent Delerm. Ca va bien, maintenant]

En gravant des DVD pour la copine chez qui je vais dîner ce soir, qui a besoin d’occuper ses nuits.

Car oui, je dîne. En société. Entre amis.

Et ça va être sympa, en plus. A tous les coups.

Des fois, je me sens vieux.

Episode 104 |Par Sam | le 29 jan 2008 @ 19:13 | dans Messages à caractère informatif
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Paris by night

Par_Pl_1er_08_07_015_2_[Je poste tard, et dans un état d'ébriété assez avancé, mais je poste joyeux. Alors profite, jusqu'ici, c'est rare.]

Enorme soirée.

Pas en volume, en inensité.

A la base, c’était un simple afterwork de jeudi soir entre jeunes actifs paumés, dans un bar plus ou moins branchouille, quai de Valmy pour les connaisseurs. Au final, ce fut une étape.

Déjà, il y avait ça : mon quart d’heure de gloire bloguesque. Passer de 98 visites à 1255, ça vous déstabilise un Sam, même bien entraîné. Et en y ajoutant les retrouvailles avec d’anciennes connaissances bloguiennes du temps d’avant ou c’était le temps, on tombe carrément dans l’intense. Voire le troublant.

Autant te dire que, sortant du boulot, j’avais un peu envie d’immortaliser ce petit instant, carrément geek et carrément futile sur le plan karmique, mais qui me procurait, j’avoue, un sentiment d’exceptionnalité agréablement rafraichissant après quelques mois de mornitude  morne.

Chargé comme j’étais d’émotions diverses, il fallait que je me vide.

D’où ma joie à l’idée de ne pas me taper une soirée seul devant un clavier, pour une fois. Pour tout te dire, j’avais improvisé un genre d’apéro sans prétentions, et surtout l’avant-veille. Ce qui, pour tout parisien qui se respecte, est assimilable à une insulte, puisqu’on insinue sournoisement qu’il pourrait ne rien avoir de prévu à cette date.

Mais ça avait fonctionné, et j’avais quelques volontaires.

Et me voilà à 20h15, quai de Jemmapes, devant l’eau cradingue du canal, au téléphone avec un vieux et grand pote breton, en attendant les autres. Qui sont déjà à l’intérieur, ce dont je m’apercevrais une fois à l’intérieur.

Je les retouve. Et là, je benne. Mon trop plein d’émotions.

Et là, je tombe amoureux. D’une jolie petite brune. Qui s’en va, hélas, très vite. Mais à qui je file mon numéro. Ce qui est déjà un pas énorme, je ne sais pas si tu te rend bien compte. Même si je  me contente de mettre la balle dans son camp, comme on dit chez les journalistes sportifs.

Tant pis. Il me reste de l’énergie. Du coup, je finis la soirée avec classe. A discuter musique, DRM et propriété artistique. En buvant des bières. En déconnant. Et dans la joie.

[Même si j'ai appris que The Tellers était Belge, et que le chanteur était un homme. Moi qui m'imaginait une jeune songwrtieuse newyorkaise sexy, j'étais tout dégoûté.]

Bref, plus d’intensité en quatre heures qu’en six mois.

Episode 110 |Par Sam | le 25 jan 2008 @ 2:35 | dans Journal d'une rupture
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