Mes nuits sont plus belles que mes jours
Trois heures de sommeil dans la vue, tout seul au boulot, avec une seule envie : poser ma tête sur mon bureau et ronfler cinq minutes, juste cinq minutes.
Sept heures à tenir encore avant de pouvoir le faire.
Et tu sais quoi ? Je m’en fous. Ca ne m’empêche pas de sourire.
Avec une vieille chanson dans la tête. D’Alexis HK. Qui n’est pas sur Deezer, tu m’excuseras. Je te laisse tout de même les paroles, tu comprendras tout seul.
[Edit : comme me le souffle une souris en commentaire, elle est bien sur Deezer. Clique donc]
Vu d’ici, je pourrais gloser des heures sur ma soirée. Sur le pique-nique à la vodka, planqués sur le canal. Sur ces proximités trop fortes pour qu’on ne les remarque pas. Sur ces ambiguïtés avec lesquelles on s’amusait, en sachant pertinemment où ça allait nous mener, tout cela. Sur ce couple de quadras un poil bobos avec lequel on a discuté quelques instants avant de rentrer chez moi.
Pour se tomber dans les bras à peine vautrés dans le canapé. Avant de se coucher tard, trop tard, mais pas assez longtemps à mon goût, pas assez en tous cas pour faire totalement disparaître certain manque affectif à la douceur de sa peau, à l’odeur de ses cheveux et au goût de ses baisers. Pas faute de m’en être délecté, tu noteras.
Quelques courtes heures plus tard, le réveil fut difficile. La laisser devant le métro aussi. Et là, je blogue au travail, explosé, cuit, encore dans les brumes de ces délices adultères et hélas trop courts.
Avec une seule envie : récidiver.
Episode 180 |Par Sam | le 31 mai 2008 @ 9:13 | dans Quotidiennes
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Je suis venu te dire….
[Les transports amoureux sont en grève. A tous points de vue, d'ailleurs. Panne d'inspiration temporaire, on reprendra quand ça reviendra. Mais réjouis-toi : c'est l'heure du bêtisier]
Il y a deux ans jour pour jour et presque heure pour heure, je débarquais d’un TGV, Gare de Lyon avec une valise moche et super lourde, un sac à dos bourré ras la gueule, un stage qui commençait le lendemain et l’adresse d’un canapé d’accueil pour quelques semaines le temps de me retourner.
Ce que j’ai fait depuis, un peu dans tous les sens. A l’endroit, à l’envers, disait l’autre.
[Pour achever de te faire pleurer, j'avais tellement pas de sous que les distributeurs ne voulaient plus m'en donner, un appartement à trouver pour deux et un prêt étudiant à commencer de rembourser, le tout dans les trois mois. J'aime entretenir ma mythologie personnelle. C'est du storytelling, coco]
Deux ans. 730 jours. ça en fait, des trucs à raconter, si on voulait faire un bilan.
[Et là, tu te dis : "oh, merde, il va faire un bilan."]
Deux ans après, le même ? Pas tout à fait. Un peu moins jeune, un peu plus large d’épaules,professionnellement au moins.
J’ai un taf qui le fait quand même pas mal. Et que j’ai fini par assumer . Ce qui me permet de m’y ébattre avec un plaisir relativement certain.
Personnellement… comme disait l’un de mes vieux professeurs chenus, “c’est un peu plus compliqué que ça”.
Point de vue sentiments, j’aurai pas mal tenté, pas mal raté aussi. L’éternelle histoire nietzschéenne de la baffe dans ta gueule qui te rend fort, quand elle a fini de te tuer.
Suis-je plus fort ? J’en suis pas certain. Et en fait je m’en fous un peu, au final. C’est pas ça qui m’excite.
Point de vue comportement, du coup, je vais pas t’écrire “j’ai changé”, on a vu ce que ça donnait. Je préfère me dire que je me comprends mieux. Je préfére me dire que je sais un peu mieux ce que je veux changer.
Et que je commence à le faire, imperceptiblement.
C’est long. Mais c’est bon.
[Par contre, ça nuit gravement à ce blog, qui ressemble de plus en plus à Fréquenstar, à force de flashbacks mièvres. Mais t'inquiète : demain, je pars à la cambrousse voir du soleil jaune et du ciel bleu et des arbres verts et profiter du tout. Ce qui, je crois, va faire du bien à tout le monde, toi compris.]
Episode 13 |Par Sam | le 1 mai 2008 @ 0:39 | dans Pensées parasites
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La falaise
Panne de réveil. Ca faisait longtemps.
Arrivé à la bourre au boulot, pas lavé, pas coiffé, pas réveillé et pas de bonne humeur, me voilà parti pour une longue journée de veille et de présence. Ou de semblant de présence.
Je ne suis pas vraiment là. Pas vraiment ailleurs non plus. Je flotte un tantinet. Je m’éthérise un poil. Je plane en plein milieu d’une turbulence. J’attends, sans vraiment l’attendre, un truc indéfinissable. Un événement, un rebondissement, un coup de tonnerre, quelque chose. N’importe quoi.
Je vois des signes, des indices. J’essaye de ne pas leur accorder d’attention. Trop pris de gamelles déjà, à suivre des pistes qui ne menaient qu’à mes propres frustrations. J’ai des nouveaux mantras : La vie, c’est pas un film. Le pays des Bisounours, il n’existe que dans ma tête.
Sauf qu’évidemment, ça tient pas deux secondes.
Parce que le gène du Bisounours, je l’ai là, chevillé au corps, comme disait l’autre. Et qu’il me titille la sinistrose sans discontinuer. Et m’empêche de tomber de la falaise et de m’écraser en bas une bonne fois pour toutes pour mieux me relever ensuite. Du coup, je suis coinçé au bord, à moitié dans le vide, avec ma petite papatte agrippée fermement à trois petits signes ténus et une interrogation.
Posture inconfortable, s’il en est. Mais c’est en partie de ma faute, aussi. Je me freine. Je m’empêche de remonter sur ma vieille carne pour un ultime assaut glorieux, sabre au clair, poitrine ouverte et ventricules en avant sous la mitraille de l’indifférence ennemie. A tort, peut-être.
Trop fier ? Même pas. Trop peu confiant, surtout. Ou trop fataliste. Ou trop couturé de cicatrices pour continuer à en faire collection. Et pas assez téméraire pour aller au bout de l’honnêteté, quitte à confiner au ridicule.
Du coup je me condamne à cette attente un peu vaine. A cette boule dans la gorge, cette arythmie cardiaque et ces réminiscences, ces regrets en volutes, qui montent et affleurent dans ma tête avant de disparaître à chaque fois que je fais un effort pour tenter de dédramatiser et déromantiser [j'invente des mots si je veux] un tantinet tout cela.
Effort vain, évidemment. J’ai beau tenter de me persuader que c’était juste une histoire comme ça, juste cinq semaines sympathiques pour en finir avec ce putain d’hiver parisien interminable, j’y arrive pas. Parce que c’est pas vrai. Suffit de voir mon état (senti)mental. Et j’ai beau tenter de passer à autre chose, j’y arrive pas non plus. Et pourtant, j’essaye.
Ce qui, tu t’en doutes, ne fait rien pour améliorer ma couverture de l’info, ce matin. Coco.
En même temps, y a rien à couvrir. Ca aide.
Episode 50 |Par Sam | le 29 mar 2008 @ 12:13 | dans Quotidiennes
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Le petit chat est mort
Le petit chat est mort. Finalement, la probabilité aura été plus forte que lui.
Le wagon s’est détaché au sommet de la montagne russe. Et j’ai plus la foi ni le souffle pour courir le rattraper une fois encore.
C’est le problème des sens uniques, des jeux à somme nulle. A un moment, tu as tout donné, balancé toutes tes cartes. A un moment, tu ne peux rien sortir de plus. Pas si l’autre ne joue plus. Les miracles, ça marche une fois. Deux, c’est classe. Cinq, c’était juste pas possible.
Alors tu récupères le coeur que tu avais posé sur la table, tu lui enlève les échardes qu’il a ramassé au passage, tu le remets dans ta poitrine, tu payes l’addition et tu vas marcher dans Paris. La tête vide. Triste, évidemment, aussi. Triste à crever. Mais demain, ça ira mieux.
Déçu, surtout. Pas le bon moment, pas le bon endroit. Pas le temps. Pas la place. Pas l’envie. Pas les bonnes excuses, à mon avis. Mais mon avis ne comptait plus tellement.
Reste une sale amertume. Comme une impression tenace d’être passé à côté de quelque chose d’important. De quelque chose qui aurait pu être beau, juste. Si j’avais su le faire exister.
Same player, shoot again.
Episode 52 |Par Sam | le 27 mar 2008 @ 22:45 | dans Quotidiennes
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Easter aigre (doux)
[J'espère que tu apprécies le jeu de mot]
Back dans les bacs, comme disait le poète. Note, j’étais plutôt parisien, ce weekend pascal. Que j’eusse souhaité reposant, à la base.
Ce qui s’est en partie produit: j’ai pioncé comme jamais. A coups de douze heures d’affilée, plus une sieste par gourmandise. Et je baillais encore le reste de la journée. Et c’était bon. Et j’en avais besoin.
Mais dormir, ça fait pas tout, dans la vie. Par exemple, tu peux aimer, aussi. Ce que j’ai tenté lorsque je ne ronflais pas.
Et sur ce point, le weekend fut plutôt guerrier. Voire sauvage. Ma vie amoureuse est une guerre de positions. Je joue au blitz en aveugle contre un miroir inversé. Bisounours versus Mme de Merteuil, round 6, fight.
Je dévale les pentes d’une montagne russe. A finir au fond d’un métro samedi soir, triste comme une pierre tombale tchétchène et furieux comme un gamin de cinq ans qui s’est pris une tarte sans raison, et vivre un rêve éveillé 24 heures plus tard, lorsque je me suis endormi et qu’elle me réveille en me couvrant de bisous et en s’excusant.
Pour faire dans le recyclage, cette histoire est comme le chat de Shrödinger, enfermé dans sa boîte, à la merci d’un dispositif aléatoire qui peut le tuer à tout instant.
La physique quantique postule que tant qu’on ouvre pas la boîte, on ne peut pas savoir si le chat est mort ou vivant. Et qu’il est donc les deux à la fois.
Ce à quoi les physiciens quantiques n’ont pas réfléchi, à mon avis, ce sont les sentiments du chat.
Moi je peux te les donner : Le chat, il savoure chaque instant. Chaque seconde qui passe. Le chat, il y croit.
Le chat, il se sent méchamment vivant.
Episode 54 |Par Sam | le 25 mar 2008 @ 21:00 | dans Quotidiennes
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Jour de colère
[Note passablement bileuse. Reste à espérer que le verre de Buzet qui l'accompagne saura égayer un peu tout ça parce que vu d'ici, tu vas prendre cher. Je suis un bisounours. Et la vie est belle. A me demander pourquoi je publie ce truc.]
Paris by night, once again. A 23 heures, je suis parti du taf sous une bruine fine, froide et finalement libératrice. Qui allait parfaitement avec mon humeur du jour. L’avantage de cette ville, c’est que si, comme moi, tu es prompt à recréer Hollywood dans ta tête, tu n’es jamais déçu par les décors.
Extérieur, nuit, donc. Un type sort d’une porte dérobée, dans une petite rue qui jouxte un boulevard parisien. Il ajuste ses écouteurs, sort une fin de paquet de tabac de la poche de son jean tout neuf, roule une cigarette (eh oui) Et marche à la parigote, donc en courant à moitié. Lorsqu’il passe sous un réverbère et qu’on aperçoit son visage, on peut rapidement deviner, à sa mine pour le moins renfrognée, qu’il n’a pas l’air super content. Il jette d’ailleurs des coups d’oeil vengeur vers le ciel, comme s’il l’insultait mentalement.
En fait, en marchant sous la pluie, ce qui me faisait un bien fou après huit heures le cul sur une chaise dans un open-space vide, j’avais l’image mentale d’un joli petit oiseau volant dans un ciel bleu azur, qui se faisait soudain dégommer la tronche par un obus de 120. Boulet, je me disais. Je devrais demander à changer de nom. Samuel Boulet, ce serait classe, ça sonnerait bien. Ce serait plus fidèle, toujours.
J’ai chopé un vélib’, et commencé à pédaler en maudissant piétons, taxis et autres gros cons de bus RATP. Et pédalé de plus en plus vite, sous la pluie qui tombait de plus en plus fort, juste dans l’espoir de me calmer un peu. Peine perdue.
J’ai remonté cette putain de rue Lafayette en explosant au passage mon record personnel. Accéléré vers la gare du Nord. Dévalé l’autre côté. Dérapé en freinant (tout de même) aux feux. Avec du Radiohead dans les oreilles et une bonne dose de colère dans les tripes.
Contre les dimanches, contre le web, contre les journalistes, contre ce boulot, contre les open spaces, les machines à café, les néons et les badges magnétiques qui font tut. Et puis aussi contre les connards dans leurs bagnoles, contre la pluie, contre la nuit, contre Paris.
Contre moi-même, surtout. Contre ma flemme chronique, mes élans autocensurés, mes transports fusionnels soudains et ridicules, ma maturité émotionnelle et affective d’adolescent de 13 ans, mes peurs indigentes et tout ce qui de manière générale me pousse à le raconter dans un blog.
***
Epilogue : Evidemment, deux heures, un coup de fil et un sourire niais vissé à la tronche plus tard, tout cela paraît bien loin. Evidemment, je suis retourné dans le monde des Bisounours.
Et évidemment, la pluie fine qui tombe ajoute désormais une certaine poésie brumeuse à une nuit plutôt belle et plutôt douce. Et évidemment, j’aime cette ville et cette vie. Et cette fille. Et évidemment, demain sera une belle, une très belle journée. Un jour, tu verras, j’apprendrai à avoir confiance en moi. A laisser faire les choses. A calmer mes pulsions. A prendre des initiatives.
Un jour, j’arrêterai de jouer aux montagnes russes émotionnelles, de tout prendre en pleine face, le bon comme le mauvais en vrac. Je laisserai tomber le transport amoureux à grande vitesse. Je prendrai le temps. Un jour, tu verras, je cesserai de perpétuer sans le vouloir la grande tradition du romantisme échevelé au vent mauvais d’un destin cruel qui finit mal. J’apprendrai à profiter de ce que j’ai, juste.
[Imagine : j'aurai une épouse charmante et des enfants brillants, une carrière en pleine ascension dans un métier-passion (coco), un peu d'argent de côté et un abonnement à la salle de sport. Je serai propriétaire de mon appartement, meublé avec goût au rythme bi-annuel des voyages chez Ikea et autres brocantes vintage. Je dirigerai des gens, je passerai sur les chaînes d'info en continu, j'aurai une vie de couple, une dizaine de cravate et des problèmes d'impôt. J'aurai écrit quelques bouquins, je suivrai une thérapie, je ferai du taï-chi, je serai attentif à mon alimentation. Et après, à 50 piges, je ferai péter la fameuse crise qui va bien. Je me ferai (re)percer l'oreille. Ou tatouer. Je divorcerai, dans la douleur sinon c'est pas fun, pour me mettre avec ma maîtresse, une fille formidable, de 20 ans plus jeune que moi. Je passerai le permis moto et je plaquerai tout pour aller ouvrir un bed & breakfeast bio dans le Lubéron avec ma jeune amante. Tout en écrivant des romans cynico-romantiques à base de ruralité poétisée et de crise existentielle.
Ouais.
En fait, ça me déprime. ]
Mais visiblement, c’est pas pour tout de suite.
En même temps, des fois je me demande si finalement, c’est pas mieux. En fait.
Episode 67 |Par Sam | le 3 mar 2008 @ 2:22 | dans Quotidiennes
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Saturday night fever
Le monde est mal fait. C’est ce que je me dis, là, tout de suite, devant mes écrans d’ordinateur.
Il est 18h30. J’ai profité de ce beau temps printanier en allant bosser comme un crevard de permanencier, évidemment. Alors que je rêve depuis trois jours de passer un weekend sous une couette avec une certaine jeune fille.
Je suis tout frustré de partout, j’ai sommeil, mal à la tête, envie de partir en courant de ce bureau vide et glauque. J’ai dû m’arracher en catastrophe ce matin, mes fringues puent la clope que j’ai l’impression d’avoir nagé dans un cendrier de la taille d’une piscine et je tuerais pour une douche.
L’informatique est à moitié en rade. Au rythme ou ça va, je vais être obligé de pédaler pour faire marcher le truc d’ici une heure ou deux.
En plus, il ne se passe rien ou presque, dans le vaste monde. Et me voilà parti pour encore 5 heures à ce régime…
Bref, c’est la joie.
Episode 69 |Par Sam | le 1 mar 2008 @ 19:30 | dans Quotidiennes
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Douze jours (VI). Eloge de la lenteur
Dans notre série “Sam découvre la vie”, je comprends aussi mieux depuis douze jours (enfin, pour être exact, depuis avant-hier) la signification de “maturité sentimentale”.
De là à l’appliquer, il y a une marge, mais c’est un début.
A 28 ans, on débarque avec ses cadavres dans les placards, son caractère et ses buts personnels. On ne se jette plus directement dans le monde des bisounours à se faire des serments éternels à durée déterminée par la longueur de la relation. On prend le temps.
Enfin, c’est ce qu’on m’a dit. Du coup, suite à certains argumentaires persuasifs, j’essaye. Et c’est pas désagréable, en fait.
[Oui, je sais. Là tu te dis "mais ce qu'il nous décrit c'est juste le truc normal, comment il faisait, avant, alors ? Tu ne veux pas savoir, juste.]
Episode 76 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 21:37 | dans Quotidiennes
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Les posts auxquels vous avez échappé
J’ai posé ma journée, au fait. Tu t’en tamponnes, je le sais bien, mais c’est quand même pas mal.
Je me suis réveillé à midi, collé devant West Wing, rendormi jusqu’à trois heures de l’aprèm’, et c’était bon. Après j’ai vaguement bu un café avec un pote.
Et là, je redécouvre les joies de la misanthropie du vendredi soir. Tranquille, tout seul, à me remettre un peu de ces douze jours.Les pieds sur le bureau, affalé dans ma chaise en skaï, en écoutant du Noir Désir et en dégustant une 1664 blanche (what else ? Me demandait Georges hier au Monop’), parce que désormais, j’assume mon côté poète maudit alcoolique.
Ce qui pourrait m’inspirer des phrases profondes. Mais c’est pas gagné. Par contre, ça faisait douze jours que j’avais pas écrit, et ça m’avait manqué, en fait.
Du coup, comme je suis un grand malade, mais ça tu le savais déjà, je me suis dit que j’allais te faire douze posts, un par jour d’absence.
Episode 83 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 20:57 | dans Messages à caractère informatif
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Douze jours
[Hey, tu sais quoi ? Je suis pas mort. C'est pas la peine de te faire monter la tension comme ça. Bon, sérieusement, merci, pour tous ces commentaires, ces mails, ces appels, ces fax, sans parler de celui qui m'a envoyé un pigeon voyageur qui chie partout chez moi, c'était pas la peine, hein...]
Je sais, ça fait douze jours que j’ai rien écrit ici. Par manque de temps, d’envie, pas mal. D’inspiration, surtout.
J’aurais pu intituler ce post “j’ai testé pour vous : la vraie vie”, en fait. Parce que depuis douze jours, c’est un peu ce que je fais. Et c’est vachement bien, aussi, la vraie vie.
En douze jours, donc, j’ai vécu un tas de choses, tu n’imagines même pas.
J’ai cuisiné un risotto même pas raté, pour une fois. J’ai découvert le XIVe arrondissement. J’ai interviewé des politiques en vidéo dans des endroits où j’aurais jamais pensé aller un jour. J’ai changé de téléphone. J’ai acheté un jean chez Gap et deux t-shirts sur lafraise.com, histoire d’être un peu hype. J’ai sauté sur une fille qui me plaisait, juste parce que ça me semblait naturel de le faire. J’ai commencé à regarder Twin Peaks, sans trouver le temps de finir. J’ai commencé un bouquin de Romain Gary, sans trouver le temps non plus. J’ai fini Battlestar Galactica, en revanche. J’ai lu des tas de magazines. J’ai pas assez dormi, mais passé des nuits assez merveilleuses dans l’ensemble. J’ai écrit des tas d’articles traitant de droit constitutionnel. J’ai été augmenté. J’ai reçu la visite de ma maman.
Et puis aussi j’ai redécouvert les joies de la conquête, de la rupture, de la reconquête, des élans et des transports (en commun, oui, aussi), des frustrations, des moments uniques et des moments juste bons, des rebuffades, des sentiments, et bien entendu du seske (parents, éloignez vos enfants de l’écran, parce que oh mon Dieu, pour une redécouverte, ce fut une redécouverte… ).
J’ai fait le coach, un peu, le malin, un peu aussi, enchaîné les restos, écrit des textos. Trop. J’ai tenté, sans toujours y parvenir, de freiner mes tendances naturelles au romantisme transi, ambiance “allons au vent mauvais de novembre crever de pleurésie en nous sussurant des serments d’amour sur une barque de bois noir perdue au milieu d’un lac brumeux”. Compris que le trop tuait le bien, souvent.
Et que l’important, c’était quand même essentiellement de s’amuser un peu, sans se sentir obligé de rejouer 37,2 le matin ou la Chartreuse de Parme.
Et c’est plutôt carrément cool, dans l’ensemble.
Et puis, enfin, j’ai découvert que mon idée de bouquin que je trimballe depuis six mois était une bonne idée, et que je savais quoi écrire, comment l’écrire, et avec qui. Et même comment le faire éditer. Et qu’il serait temps de m’y mettre avant que quelqu’un d’autre n’y pense aussi.
Autant te dire que tout cela m’a ôté tout loisir de t’écrire des conneries.