Pendant qu’elle dort
[Passage rapide, pas le temps, pas l'envie, pas encore, de revenir gloser ici. Faut que je passe un cap, que je pousse un peu plus loin encore le désir de raccrocher à une réalité trop belle peut-être pour qu'elle ne me fasse pas peur.]
Il est 20h39, ce soir c’est teuf.
Il est 20h39, j’ai rien foutu de mon vendredi
Il est 20h40 et je reçois son SMS. A 20h41, je réponds.
Il est 20h41, elle fait une sieste pour offrir un répit à ses 39°C de fièvre pas chômés.
Il est 20h41, je pense à elle en réécoutant Au revoir Simone.
Il est 20h42 et je pense à moi. Et je me dis qu’il faudrait arrêter d’agripper le rideau, arrêter de tenir la corde, arrêter de regarder en bas. Qu’il faudrait ouvrir les doigts, un à un ou d’un coup, et laisser filer. Et lâcher prise, enfin. Et plonger vers cet inconnu, vers cette inconnue, qui m’ouvre les bras et le reste, tout ce reste si vaste.
Il est 20h45 et moi et ma gueule de déterré, on boit une Heineken.
Il est 20h45 et il faudrait que j’aille faire un tour sous la douche, sauver ce qui peut l’être.
Il est 20h47 et tout ce que j’ai en tête, c’est ce signe de geeks : <3
Il est 20h47 et mon appart sent la pisse de chat.
Il est 20h47 et il y a comme une bulle de bonheur coinçée dans mon estomac, qui ne demanderait qu’à grossir et s’épanouir et noyer sous le rose l’autre bulle qui sommeille, la métastase d’angoisse qui m’a poussé dans le plexus et se réveille parfois le temps de lancer trois putain de salves corrosives qui empoisonnent le reste. Qui demanderait que ça, mais putain, qu’est-ce que j’attends ? Le déluge, peut-être.
Il est 20h49, je rebois une gorgée et je me dis pour la énième fois que je suis quand même le mec le plus chanceux de la Terre et que j’en profite pas assez.
Il est 20h51 et j’écoute Elvis Perkins : while you were sleeping. Un truc qu’elle m’a fait découvrir, entre quelques centaines d’autres :
Il est 20h52 et j’en ai marre de cette propension malsaine à la mélancolie comme expédient ludique et je me dis que je peux pas éternellement faire la planche entre deux eaux de rejet, que je peux pas éternellement me filer des croche-pieds vicelards en pleine course juste pour le plaisir du flash de douleur quand mes dents cognent le bitume.
Il est 20h58 et je me roule une clope.
Il est 20h59 et je pense à ma petite punkesse blottie dans sa couette, je pense à la frange sur le haut de son front,à sa bouche, à sa fièvre, à ses mains, à ses seins.
Il est 21h01 et j’ai envie de la soigner, de la protéger, de m’occuper d’elle. Et j’ai envie de la voir sourire. De l’emmener à Berlin. De lui faire à manger. De la regarder bouger.
Il est 21h04 et je me demande à quoi elle rêve.
Episode 245 |Par Sam | le 24 oct 2008 @ 21:07 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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Meet : Mister Nice Guy
[Tu noteras l'effort pour faire passer un texte beaucoup trop long à l'aide d'une composition visuelle de pointe]
Mr Nice Guy est, comme son nom l’indique, un gentil garçon. Honnête et à peu près bien élevé. De temps à autres, il grille un feu en Vélib’, se prend une cuite ou consomme des substances prohibées par la loi, mais à part ça, rien à signaler.
Mister Nice Guy [on va l'appeler MNG, maintenant qu'on le connaît mieux] est un garçon souriant, d’une conversation plutôt agréable. Rigolo, souvent, presque brillant, quand il s’applique. Sous une certaine lumière, il peut même apparaître charmant, voire mignon, à en croire les témoignages.

Seulement voilà : MNG a un problème. Un problème avec les filles. Récurrent : il sait pas être un Connard©.
[Avant de hurler, tu lis le truc après le guillemet géant, en bas de la note]
Déjà, il est plutôt d’un naturel romantique, ce con. Affectueux, sincère, et même attentif. Voire angoissé. A en devenir un poil lourd. Et transi, avec ça. Infoutu de respecter, par exemple, les soixante-douze heures de délai réglementaire entre première nuit et reprise de contact. Ca l’emmerde. Lui, il aurait juste envie de repiquer au truc dès le lendemain, tu vois ? De câliner jusqu’à plus soif. Un genre de poulpe bisounours.
Bref, quand MNG rencontre une fille qui lui plaît, c’est un peu comme si s’allumait sur sa tête un genre de panneau en néon marqué “cherche âme soeur pour bonheur et félicité mutuelle”, avec des coeurs roses qui clignoteraient autour. Un peu comme si se faisait entendre le tintement diffus de chaînes fantomatiques prêtes à s’enrouler autour des poignets de la belle. Qui, généralement, s’enfuit en courant.
***

Pourtant, il essaye d’arrêter, MNG. De toute ses forces, il se réfrène. Il a bien compris, depuis le temps, que ça foutait la trouille, son truc. D’ailleurs, quand on lui fait la même chose, il agit comme tout le monde, il pique un sprint.
Il sait, MNG, qu’il faut se transformer un minimum en Connard© : être un poil distant, limite méprisant, éviter de se dévoiler, éviter de demander, laisser venir, maintenir la tension, garder ses cartes. Prendre le temps. Jouer le jeu. Il a envie de jouer, même.

Mais c’est plus fort que lui. Il a beau tenter de faire tout ça, le panneau finit par s’allumer en gros tandis qu’un orchestre de baluche en uniformes de marins tous droits sortis de La croisière s’amuse entonne « My first, my last, my everything ». Et la fille, qui sent comme une énorme porte rose se refermer sur elle dans une écoeurante odeur sucrée, court très très loin et très très vite.
***

Le pire, c’est que lorsque d’aventure MNG se dit “bordel, c’est pas possible, j’ai un bug, ou quoi ?” Et va sur les applis de rencontre Fessebouc se déguiser en Connard©, s’essayer à la drague pour la drague, ça marche.
En un rien de temps, il se retrouve à chatter avec une donzelle, mignonne, qui certes, ne l’emballe pas plus que ça, mais qui lui tend des perches grosses comme des travées de voie de chemin de fer pour lui faire comprendre qu’elle serait tout à fait partante pour une nuit coquine et plus si affinités.
La différence entre MNG et le Connard©, c’est que là, MNG part en courant.

Paniqué à l’idée qu’il se fout de cette fille à l’autre bout du chat et qu’elle pas, culpabilisé à l’idée que ça va finir par faire mal à quelqu’un, il court, il court, MNG.
Et plus il court, plus il fait le Connard©, plus il est distant, plus il laisse ses mails en attente, plus elle lui file après, plus elle est à fond. Jusqu’à ce qu’il finisse, de guerre lasse, par mettre un point final à l’affaire.
***
Morale de l’histoire :
1/ Les plans cul, c’est comme les jeans slim : y a des gens à qui ça va, d’autres qui sont ridicules dedans.
2/ Si Mister Nice Guy savait être un Connard© avec les filles qui lui plaisent, sa vie sentimentale s’en porterait nettement mieux.
[Séquence culture spécial filles, je viens d'apprendre là que : Les patronymes « Conne », « Connard », « Connart » et variantes n'ont aucun rapport étymologique avec le mot « con » : en Europe continentale, ils proviennent du germanique con(hardt) signifiant « brave et dur » (à rapprocher du néerlandais koen, « courageux » et de l'anglais hard, « dur ») Ce qui me donne envie de conclure: "Darwin, enculé"]
Episode 235 |Par Sam | le 6 sept 2008 @ 0:59 | dans Pensées parasites, Transports amoureux
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Presque pas triste
[Le pire, c'est qu'à 24 heures près, tu avais un post tout bisounours et tout joyeux. A quoi ça tient, hein...]
Il était dit que le parc des Buttes-Chaumont servirait d’écrin de décharge à mes tristesses. Et de terminus à mes marches un peu au hasard dans le XIXe à la recherche d’une illumination, de quelque chose pour m’aider à piger.
J’aurais dû prendre option psychologie féminine, à la fac. Ou alors je sais pas, j’ai un truc, une maladie rare, un virus niché quelque part, un défaut génétique.
Ou alors je suis juste un narvalo beaucoup trop sincère, infoutu de jouer plus de cinq minutes et demi dès qu’on cause sentiments et beaucoup trop gentil pour être vraiment désirable.
Ou alors, à force de me complaire dans cette posture de célibataire romantique et enrhumé de se balader écorché tout vivant au vent mauvais d’un destin adepte d’un genre d’humour noir particulier, je finis par créer ce genre de situations tout seul comme un gland grand.
Ou alors c’est juste une année sans.
Ou alors j’ai pas tout compris, juste trébuché en tentant d’enfoncer à grands coups d’épaule une porte qui restait entrouverte. Qui reste entrouverte ? Va savoir.
Va comprendre, toi. Moi je comprends jamais. Ou alors de travers. Ou alors après, quand ça sert plus à rien.
Bref. On va pas en faire un micro-drame de plus.
On va se contenter de repenser à certaine nuit magique et à certain piano-bar peuplé de pianistes plus ou moins virtuoses, d’actrices plus ou moins psychotiques et de touristes roumains plus ou moins bourrés.
On va retenir certains regards qui avaient l’air d’en dire beaucoup, certaines répliques qui en disaient pas mal, ou du moins je le pensais, sur le moment. On va se repasser le film d’une fin de soirée juste parfaite et d’un réveil en forme de doux rêve un peu lubrique, mais nom de Dieu que c’était bon.
En se disant que peut-être on tournera la suite. Un jour. Mais que ça dépend plus tellement de moi.
Moi, je vais me contenter de boire des verres avec un pote ce soir, d’aller grimper des murs d’escalade demain et d’aller voir la mer ce weekend.
Et la vie est belle. Quand même. Peut-être un peu parce qu’elle est comme elle.
Episode 230 |Par Sam | le 27 août 2008 @ 20:30 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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Deuxième sexe, wins (Girls 1 - Boys 0)
[Fais gaffe, c'est long. Et un poil pompier, voire pompeux. Je dois être dans une période néo-stendhalienne, ou crypto-Julien Clair, un truc comme ça]
Hier soir, terrasse d’un resto du Xe. Après mes abus de bières et de barbecues estivaux, j’avais minaudé sur les poissons jusqu’à ce qu’elle me traite à moitié de gonzesse et que je finisse au tartare-salade. Elle, elle attaquait sans vergogne une entrecôte de 180 grammes accompagnée de purée maison.
On causait couplitude. Enfin, surtout la sienne, moi je faisais plutôt dans l’archéologie, les réminiscences. Et puis elle m’a lancé :
- “Les mecs d’aujourd’hui, ils se prennent trop la tête”.
Ca m’a laissé songeur. Au moins une seconde et demie. Avant que je lui dise qu’elle avait raison.
A Berlin, à Paris, la plupart de mes dernières discussions de fin de soirées entre poilus tournaient autour de nos récits de ruptures plus ou moins douloureuses, de nos dépendances affectives, autour de nos envies d’histoires qui brillent un minimum, de montages de familles plus ou moins nombreuses, de nos questionnements existentiels.
[Tu vas me dire que je traîne qu'avec des types aussi atteints que moi ce qui n'est pas totalement faux, mais il y en a aussi des presque normaux dans le tas.]
Du coup, j’ai une théorie :
Comme plein de gens plus intelligents que moi l’ont dit en parodiant grossièrement Malraux, qui n’en demandait pas tant, “le XXIe siècle sera féminin ou ne sera pas”. Et c’est le cas. Il l’est.
Et c’est pour ça que les mecs se prennent la tête : parce qu’ils ont perdu. Parce qu’ils maîtrisent plus. Parce que les patrons du bac à sable, c’est plus eux.
Discute avec elles, écoute-les, lis leurs blogs, leurs forums, leurs bouquins, leurs bédés, et rends-toi à l’évidence, ami mâle: La vingtenaire urbaine de 2008 est bel et bien l’individu alpha, el jefe, der übermensch, the new man in town. Le monde lui appartient.
[C'est long, non ? On va faire un interlude musical à thème, tiens :]
Regarde-les passer, frère à poils, regarde-les occuper la rue de toute leur beauté, arpenter le bitume de toutes leurs jambes, l’air décidé, le regard vers le prochain objectif à conquérir, loin, très loin au-dessus de tes tentatives raz de terre pour l’accrocher. Et ose me dire que la ville, que la vie, leur appartient pas.
Cotoie-les dans ton travail, qu’elles font aussi bien, sinon mieux que toi, le charme en plus, l’audace en mieux, observe-les enchaîner leurs carrières par la face nord, mon pote à bistouquette. Et jure-moi que tu es tranquille quant à la tienne ( de carrière, pas de bistouquette. Encore que…).
Admire-les en furtif, le soir, dude, lorsqu’elles sortent à quelques copines foutre le feu à un bar en trois éclats de rire et deux œillades juste pour dire, juste pour maintenir leur domination symbolique sur l’espace. Mate-les descendre plus d’alcool que tu le pourrais et rester belles et alertes, plus que tu ne le serais. Et réponds-moi les yeux dans les yeux que tu t’éclates autant qu’elles.
Écoute-les causer, compagnon de prostate, lis leur prose délurée, la manière dont elles commentent les performances de leurs amants ou de leurs sextoys comme toi tu causerais football, Quake Arena ou bagnoles, entends-les désacraliser sexe et sentiments à grands sourires carnassiers. Et dis-moi que ça te fous pas quelques complexes aux entournures.
Note, toi qui pisse debout, la vitesse avec laquelle elles se remettent de leurs emmerdes amoureuses, familiales, professionnelles, sens la la rage tranquille avec laquelle elles tracent leur route au milieu de l’entropie, avec laquelle elles construisent leur histoire, brique à brique, avec lesquelles elles tranchent, choisissent, assument. Et fais-moi croire que tu es aussi assuré qu’elles.
Observe-les séduire à pleines dents, sûres de leur charme, mon gars. Vois comme elles jouent, vois comme elles consomment sans complexes du mâle subjugué, auxquelles elles ne voient même plus de raison de s’attacher, y en a plein partout, y a littéralement qu’à se baisser. Et assure-moi que tu les tombes toutes quand tu veux.
Révère-les, fasciné, limite en transe, quand elles se déshabillent pour toi, mec, quand elles s’offrent à toi pour mieux te subjuguer, quand elles te sautent dessus ou se laissent entraîner. Et, pour ce moment où tu te retrouves en sueur, hors d’haleine, à voir des étoiles dans leurs yeux qui brillent et du bonheur dans leurs cheveux décoiffés, leurs joues rougies, leurs sourires ravis, jures-moi que tu ne serais pas prêt à n’importe quoi .
Réveille-toi un matin avec elles dans un pieu, petit homme, et dis-moi que quand elles partent, ou te poussent gentiment dehors, toi tu n’aurais pas rêvé d’y rester avec elles, sinon toute ta vie, du moins quelques heures de plus.
Mais c’est pas toi qui décide. Du début à la fin, toi tu joues ton rôle. Et ce n’est plus que le second. Si elles ont envie, tu seras peut-être la guest star de leur épopée, quelques saisons et plus si affinités, mais c’est plus toi le héros du film. Et c’est pour ça que les mecs se prennent la tête
Faut se rendre à l’évidence, camarade couillu : on a perdu la guerre. Et on ferait mieux de se rendre et de collaborer. Après tout, c’est quand même plutôt agréable.
Episode 226 |Par Sam | le 22 août 2008 @ 0:27 | dans Pensées parasites, Transports amoureux
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xxx porn (du célibat et de ses effets sur le seske. Ou pas)
[Oui, je bosse mon référencement. Et cherche pas le lien image/texte, y en a pas.]
Tiens, et si je te causais fesses, un peu ? Après tout, c’est l’été joli, il fait beau [si, si, il paraîtrait qu'ailleurs qu'à Paris, dans ce no man's land appelé "Province" qui va jusqu'à la mer, il ferait beau] et c’est typiquement un sujet été, non ?
Donc, pour reprendre une maxime qui m’est chère, même si, pour une fois, elle n’est pas d’Hubert, “du cul du cul du cul”.
Je te sens fébrile, là. Voire impatient. Alors déjà tu vas laisser tes deux mains bien en vue sur ton clavier. Et puis ensuite tu vas te calmer. Parce que je vais pas non plus te faire du récit érotique, hein.
[Lascivement allongée au bord de la piscine, Priscilla sentait une chaleur moite monter de son bas-ventre, sous le mini-bikini, alors qu'elle regardait le torse luisant de sueur de John, le beau jardinier scandinave, qui passait la tondeuse dans le jardin]
Ben non. Sérieux et objectivité, toujours.
En fait, ce long propos liminaire pour te dire qu’en ce moment, je fais un constat : la couplitude est bonne pour le cul [pour le seske, je veux dire. Pour le fessier, hélas, c'est souvent pas terrible, rapport aux petits plats tout ça]. Le célibat, moins [par contre ça fait maigrir].
Je m’explique : célibataire, c’est sympa, tu fais des rencontres d’un soir, tu conquiers (ou pas), tu séduis (ou pas). La nouveauté, la découverte, sont pour toi. Toutes ces femmes [ou ces hommes, ou ces pingouins, tu fais comme tu sens moi je m'en fous] à envoûter, c’est merveilleux.
Certes.
Sauf que c’est pas tous les jours déjà. Enfin pas pour moi, hélas. Mais plutôt tous les mois [et encore... oui, bon ben on fait ce qu'on peut, hein]. Et qu’ensuite, ben c’est souvent pas pour longtemps. Hélas aussi.
Célibataire, tu fais essentiellement dans le premier soir. Merveilleux premier soir. Merveilleux premier bisou, merveilleuses premières caresses, coeur qui bat dans l’escalier, pelotage sur le canapé, etc.
Oui, mais. Mais souvent, lorsque ce moment arrive, il est tard. Parce qu’avant, tu as été boire un verre avec le/la conquête putative. Puis deux verres. Puis encore un ou deux autres pour te donner le courage de te jeter sur l’objet de ton désir. Et que donc non seulement tu es fatigué, mais en plus tu as bu.
Et l’alcool n’est pas ce qu’on fait de mieux en matière d’aphrodisiaque. Surtout chez l’homme, dont le Bambou de Jade a tendance à ne pas demeurer longtemps de Jade. Bref.
Le fait est que le premier soir, faut pas déconner, c’est rarement au top. En plus, tu ne connais quand même pas bien cette personne avec qui tu te retrouves à poil dans un lit, finalement. Donc tu y vas en douceur. Tu explore, tu cherche à savoir ce qui plaît ou pas, tout ça.
Tenter le Torchon Clermontois ou la Brouette de Melun avec un(e) partenaire dont tu ne sais pas orthographier le nom de famille, c’est réservé à une élite de chopeurs désinhibés. Donc tu en restes la plupart du temps à un bon vieux missionnaire de bon aloi, voire une ou deux variantes, mais sans plus.
Ce qui s’avère souvent un peu décevant, finalement.
A mon avis (humble, évidemment), donc, le bon seske demande de la pratique, de l’assiduité et de la régularité. Avec le/la même partenaire, du coup. Parce qu’il faut pas déconner, tu commences à t’amuser au bout de la 2e nuit et à vraiment rigoler au premier dimanche passé sous la couette. Avant d’atteindre les vrais sommets au bout de quelques semaines ou quelques mois.
Conclusion : le célibat, c’est sympa, mais niveau seske, c’est pas top.
Surtout quand tu fais dans l’abstinence comme ton serviteur en ce moment, mais ça c’est une autre affaire.
Et sur ce, je ne résiste pas, après ce billet qui a normalement dû te laisser tout moite comme Priscilla, à te proposer cette petite balade raffinée qui résume un peu le tout.
Chiensecrases, c’est le blog du bon goût.
Episode 214 |Par Sam | le 14 juil 2008 @ 17:38 | dans Pensées parasites, Transports amoureux
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Grève sauvage
Petite absence dont je ne m’excuse même pas. Pas envie, juste. Ou rien à dire que tu n’aies déjà lu ici à un moment où à un autre.
Overdose de virtuel, de communications, d’introspections. Facteurs externes qui font leur come-back et pèsent dans ce rien qui vient comme un recours, voire un soulagement.
J’ai juste pas envie de t’agonir encore des mêmes questions, des mêmes angoisses. Pas d’inspiration pour les écrire. Et pas le goût de raconter des conneries non plus.
J’ai juste plus envie de réfléchir ni de gloser. J’ai juste envie de faire, à la place.
Alors je fais. Des trucs et des machins. Plutôt professionnels. Plutôt intéressants, dans l’ensemble. Je m’amuse, je papillonne, je pose des jalons, je prospecte, je réfléchis, je résume, je concocte.
Et en plus, j’aime bien. Et du coup, je vais bien. Sur la plupart des fronts au moins. Pour tout te dire, j’ai même été grimper. Deux fois. Ca faisait deux ans que j’avais pas enfilé un baudrier, et même en salle, ce fut du bonheur.
Mais j’ai pas envie d’en parler.
Ca reviendra tôt ou tard, j’imagine.
En attendant, j’essaye de profiter du soleil, de l’été et des vacances à venir. Même si je sais toujours pas où les passer.
Et je ne peux que te conseiller de faire de même.
Episode 204 |Par Sam | le 26 juin 2008 @ 2:33 | dans Messages à caractère informatif
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La rédemption est un long chemin parsemé de caillous pointus
Comme disait le poète, “tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’a un fil”. Celui du bonheur est ténu comme un micro-string brésilien [ca se sent un peu, que je suis en manque affectif, non?].
C’est pas si simple, de rester collé à cette sérénité nouvelle. Pas facile, devant certaines pressions, de ne pas céder à la facilité, de ne pas reprendre la pose du lapinou paralysé dans les phares du Hummer.
La sérénité est un sport d’endurance, moi je dis. Faut durer et endurer, expliquait le Général à propos de tout autre chose, à savoir la fonction de premier ministre, mais c’est pas grave, arriver à caser du De Gaulle sur ce blog, je t’avoue que ça me fait kiffer.
Mais bon, quand les deus ex machinas s’enchaînent comme des nouilles sur le collier de la fête à ta mère, tu finis par devenir un tantinet fébrile. Impatient d’avoir la suite.
L’impatience, c’est pénible. T’as ce truc dans la tête et tu as beau faire, il est là, tout le temps. Et toi t’attends et tu ne t’occupe à rien d’autre. Alors que ce n’est qu’un jeu [là j'allais te faire "dans lequel tu mets trop de je", mais il faut savoir poser une limite aux clichés stylistiques].
Jusqu’à ce qu’une fois de plus, la petite musique monte dans ta tête. Et te rappelle que d’attendre, ça peut être bon, aussi. Ca peut être mieux, même.
Jusqu’à ce que le sac de noeuds dans ton ventre se défasse d’un coup, comme les rubans des magiciens pour enfants. Jusqu’à ce que tu lâche prise. Parce que rien n’est grave et surtout pas ça. Que ça, c’est que du bonheur. Que c’est que du bonus. Et que tu as beau dire, en fait tu t’amuses beaucoup.
Alors le truc revient en force t’étirer les commissures et t’aggrandir les yeux. Et, à nouveau, c’est la fête du sloup dans ta tête. Et ça, c’est cool.
Episode 202 |Par Sam | le 17 juin 2008 @ 21:57 | dans Quotidiennes
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Théorème d’incomplétude
[Attention, c'est long. Et un peu chiant. A se demander pourquoi je le publie. On va dire que ça pose un acte. Et que ça me fait du bien]
Princesses.
Depuis que je suis petit, je rêve de princesses. Et me rêve en prince, charmant, évidemment. Faudrait jamais laisser un gamin se former à la vie à coups de romans.
A quelque chose comme 12 ans et demi, j’ai voué ma vie à la Queste ultime, la seule qui vaille, la seule que racontaient les livres : celle de la princesse. De ma princesse.
Une princesse idéale, que j’investissais de tout ce qui me manquait d’affection, d’amour, de confiance, de rêves. Une princesse thaumaturge, qui saurait guérir mes plaies, ouvertes ou secrètes.
Une princesse sur laquelle je transais littéralement, le soir, en fumant en cachette à la fenêtre.
J’en ai eu plusieurs, en vrai, des princesses. Elles le devenaient à chaque fois, qu’elles le soient ou non, qu’elles le veuillent ou non.Elles étaient mes Dames, mes Aimées, mes Amours éternels et uniques, je leur donnais mon âme, ma vie, sans hésiter. Et même plutôt deux fois qu’une. Je ne leur laissais pas le choix, de toute façon.
Super cadeau.
Que je finissais toujours par récupérer, plus ou moins abîmé, à chaque fois que les princesses se lassaient, à chaque fois que je m’apercevais que non, mon yin ne s’emboîtait pas parfaitement avec leur yang, et que cette découverte me laissait sur le carreau de tant d’injustice.
Je pleurais un temps, au vent mauvais cette tragédie : non, il n’était pas possible de se fondre en elles pour y disparaître et trouver enfin cette vie vraie qui m’attendait forcément quelque part, ailleurs.
Après, je remontais sur mon cheval d’orgueil et repartais, les yeux déjà collés au ciel brumeux d’un novembre forcément gris et romantique, dans l’espérance que la prochaine, oh oui, serait la bonne. Serait cette autre avec laquelle enfin, je deviendrais entier.
[Je t'avais prévenu: c'est long]
Longtemps, c’était juste du romantisme mal placé. Une sale manie, une de plus. J’avais aussi plein d’autres choses en tête et des années estudiantines à savourer comme il se doit.
Et soudain, il y a eu la bonne, ou supposée telle. Celle qui, enfin, croyait autant que moi à cette fusion impossible. La première qui prenait mes serments au sérieux. Et me les rendait. Et scellait ce pacte d’amour total et éternel auquel je rêvais depuis les tréfonds de mon adolescence la plus boutonneuse.
Au début, c’était tellement énorme que j’en revenais pas.
Et puis le tableau a commencé à s’écailler un poil, rongé par le réel. Mais on s’est armés de courage et on a continué à pousser, à se contorsionner pour arriver à se fondre l’un dans l’autre et qu’enfin, enfin, ça devienne parfait.
On voulait tellement y croire. On attendait ce moment où on vivrait enfin ensemble à plein temps comme la porte vers un univers nouveau, vers un monde d’harmonie et de maturité.
Sauf que ça n’a pas marché. Je te refais pas le film. Ca n’a pas marché parce que ça ne marche jamais. Parce que la fusion totale et entière, toi et moi les yeux dans les yeux pour l’éternité, ça ne peut pas marcher.
J’ai mis près d’un an à le comprendre. A l’accepter. Le bilan et sa perspective : si ça n’a pas fonctionné cette fois, tu peux toujours réessayer, mais ça risque très fort de donner le même résultat.
J’ai réessayé, je suis têtu.
Ca a donné le même résultat. En accéléré.
Sauf que c’était la fois de trop.
J’ai garé le canasson, posé le fanion et l’épée dans un coin, enlevé le haume. J’ai fait une pose dans la Queste. J’ai réfléchi, genre. Limite l’acte impie.
Et je crois que j’ai compris. Un tas de trucs :
- Qu’il n’y a le temps que pour une épopée, dans une vie : la tienne. Que c’est de celle-là qu’il faut t’occuper en priorité. Parce que c’est elle qui conditionne le reste, tout le reste.
- Que si vraiment tu veux vivre pour l’Autre, autant directement entrer en religion et laisser libre cours à tes extases mystiques. Parce qu’on ne vit jamais entièrement pour quelqu’un, mais qu’à force de tenter de s’en convaincre, on finit surtout par ne plus vivre du tout.
- Que l’existence est remplie d’altérités et de contingences sur lesquelles tu n’as aucune prise, de choix qui t’impliquent sans t’appartenir, et qu’il ne sert à rien de tout arrêter en attendant la décision, parce qu’elle ne changera pas d’un iota pour autant.
- Et donc que mieux vaut essayer d’être bien tout seul, déjà. Parce que c’est plus qu’un début pour tenter de l’être à deux : c’est un pré-requis.
Depuis quelques semaines, j’ai arrêté la Queste. Celle-là, du moins. Je me lance sur d’autres. Les miennes.
Depuis quelques semaines, je profite de ce que j’ai, de ce qu’on m’offre, de ce que je peux prendre. Sans attendre de princesse pour me prendre par la main. En comptant sur moi. Et en essayant de faire en sorte de me faire confiance.
Et tu sais quoi ? C’est pas mal du tout. Je suis bien, J’ai 28 ans, un job qui tue, un projet que aussi, des vacances à planifier, suffisemment de sous pour ne pas trop m’en faire et envie de tas de choses pour moi.
Juste pour moi.
Et ça, c’est un peu la révolution.
Même si on ne se refait pas, pas totalement.
Même si ce soir, par exemple, j’ai une putain d’envie de câlins.
Et même pas de seske.
Juste besoin de tendresse, de bisous et de caresses.
Un besoin lancinant. Heureusement tempéré par la fatigue.
En guise de conclusion, j’ai aussi commencé à intégrer que le manque de sommeil, c’est sympa, mais brièvement. Donc je te fais mes excuses pour la longueur et le propos de cette note aussi bassement autocentrée qu’impudique, mais c’est la fatigue, et te dis bonne nuit. Je te la souhaite reposante et pleine de rêves.
[Ah, et un dernier pour la route : par souci d'apporter un peu de culture à ce déballage, si tu veux enfin savoir toute la magie du théorème d'incomplétude de Gödel et ainsi ne pas avoir totalement l'impression de t'être fait flouer, tu cliques là.]
Episode 197 |Par Sam | le 10 juin 2008 @ 23:02 | dans Journal d'une rupture, Pensées parasites
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Fabrique à souvenirs
Deux jours que je tourne et retourne dans ma tête une certaine note, sans me résoudre à l’écrire. Au final, je vais m’abstenir. Et garder pour moi certaine soirée parisienne. La garder précieusement, bien au chaud, comme un moment d’éphémère perfection printanière, que j’aurais mieux fait de laisser s’épanouir au lieu de le gâcher en voulant trop tout de suite.
Restera le souvenir, le petit sourire qu’il me colle au coin des lèvres alors que j’y repense en écrivant. Et cette image, tartignolle à souhait, je te l’accorde, mais on a tous besoin de cartes postales.
Episode 195 |Par Sam | le 7 juin 2008 @ 23:00 | dans Pensées parasites, Photos
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Aliquid Stat Pro Aliquo
[Une chose qui tient pour une autre chose, soit la définition du signe, du moins avant qu'elle soit défoncée par Peirce et autres dieux sacrés de la sémiologie, faudrait voir à pas oublier que j'ai appris un tas de conneries à la fac]
Excuse, hein. Faut que ça sorte. Que je me défoule. Que j’épanche ma graphomanie. J’étais parti pour te faire du récit de soirée, mais là, j’ai juste besoin d’agiter mes mains sur le clavier sans trop chercher où elles vont, où je vais, avec mes phrases approximatives et mes idées sorties de nulle part.
Aliquid stat pro aliquo. J’adore la replacer dans les conversations, celle là. Ca me console de n’avoir jamais fait de latin. Une chose qui tient pour une autre chose. Le signe et ce qu’on met derrière. Les signes et leur interprétation, qui pourraient bien caractériser le statut d’humain, au bout du compte. J’interprète, donc je suis.
Tu connais peut-être ces journées magiques où tout te sourit, où tout se teinte d’une luminescence, d’un merveilleux proprement cinématographiques. Tu sais, ces journées presque trop intenses pour être vraies, où tu fais des rencontres incroyables au coin de ta rue, où tu assistes à des scènes tout droit sorties d’un film, où la magie est partout, où tout est beau. Ou presque. Et où même ce qui ne l’est pas reste nimbé d’une exceptionnalité certaine et remarquable. Où tu regarde le ciel en faisant des clins d’oeil au destin farçeur qui a décidé de t’offrir ces petits moments qui font que la vie reste l’amour de ta vie.
Ca me fait ça, depuis quelques jours.
Et ce qui est fun, c’est que je l’attribue à un démiurge bienveillant, à une force extérieure et immanente, qui se serait enfin décidée à se pencher sur mon cas. Alors que non. Queudalle. Nib de nib.
Alors que c’est juste de moi que ça procède. Alors que c’est juste - merci à elle, qui se reconnaitra - que je vois les choses un peu différemment. Sous un autre angle. Un meilleur angle.
Que ces choses qui tiennent pour d’autres choses, ces signes, je les interprète autrement. Ce sont les mêmes, pourtant. Il suffirait que je sois un poil plus fatigué, un poil plus triste, et les mêmes réalités deviendraient glauques. Et je ne verrais pas les signes pareil. Et ils ne m’indiqueraient pas la même chose. Et je me laisserais gentiment bouffer par le gris en attendant qu’un énième coup de flipper me renvoie vers un autre bumper, pour faire dans la métaphore de bistrot. Same player, shoot again. Multiball.
Ce qui a de fortes chances de finir par arriver, au demeurant.
Toujours est-il qu’en attendant, je profite. Je me gave. J’emmagasine pour les jours difficiles à venir. Je me constitue un capital petits bonheurs en attendant la crise. Qui finira par arriver. Ou pas.








