Pendant ce temps, à Paris…
[Hey, je t'ai manqué ? Oui, ça fait dix jours. Que veux-tu que je te dise ? Faut bien vivre un peu, ne serait-ce que pour avoir des choses à bloguer]
Alors voilà : Sam a une petite amie. Elle est belle et son prénom c’est [quelque chose de très mignon qui finit en "ie"]. A eux deux, ils forment pas de gang, mais ils font des choses que font les namoureux quand ils se rencontrent.
Ils écrivent leur début d’histoire, esquissent une introduction à toute vitesse. Ils s’explorent, ils se touchent, ils se sentent, ils se testent, ils se jaugent, ils se livrent, ils partagent. Ils ont des audaces soudaines et des pudeurs spontanées. Et ça leur prend un temps fou, qu’ils ne voient pas passer. Alors ils se droguent aux câlins pour pallier le manque de sommeil.
Ils pratiquent la love story de jeunes actifs, restos tardifs, rendez-vous de nuit, départs tôt d’un appart ou d’un autre, sur la pointe de pieds, sourire niais plein la face bouffie de sommeil au souvenir de ce corps chaud qui dort encore sous cette couette qu’on vient de quitter, weekends volés au travail.
Ils sacrifient à l’époque qui les fait vivre et qu’ils kiffent tous les deux, déclinent leurs élans en signaux numériques, mails, textos, chats, Fessebouc, photos, vidéos… et geekisent de concert. [Car Sam a craqué en voyant celui de sa belle et été pleurer chez Orange© pour avoir un putain d'iPhone 3G 8 gigas. Noir. Un genre d'Excalibur, voire de sextoy pour geek. Que je m'en vas même t'en reparler, un de ces quatre.]
Ils font dans le transport amoureux en milieu urbain. Horaires décalés, journées bien remplies, métros, vélibs, trains, taxis, arpentage de pavés mains dans la main, Paris à deux ça redevient un peu la capitale romantique que t’as du mal à apercevoir autrement.
Plus, en petit bonus perso, c’est cadeau ça fait plaisir, les flux et reflux passablement agités du truc réglé sur sensibilité maximum qui me sert de centre des émotions, quelque part au niveau du plexus solaire. Et les fluctuations afférentes dans les dosages de bonheur et d’angoisse, de trouille et d’exaltation.
Avec leurs effets secondaires, leurs petits cousins, leurs causes ardemment recherchées à grands coups d’introspections nébuleuses. Et l’impression générale d’avoir les tripes posées sur le wagon de tête d’un petit train lancé à fond dans les montagnes russes d’un parc d’attraction conçu par un psychopathe délirant.
Autant te dire que j’ai pas vraiment trouvé le temps de te donner des nouvelles.
Episode 241 |Par Sam | le 23 sept 2008 @ 1:48 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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Coucou, qui c’est ? (Le loup)
[Pardonne mon absence, j'étais très occupé, comme tu vas le constater]
Coucou, qui c’est ? Et oui, c’est ta vieille copine la crise d’angoisse qui s’incruste à nouveau dans la partie. Y avait longtemps.
Boule dans le ventre, chaud et froid sous mon crâne, gorge nouée, pensées parasites, désirs de fuite, toute la vieille équipe est revenue pour des soirées de folie et des nuits d’enfer à se tourner et se retourner en cherchant par quel foutu bout prendre le truc.
Mmm, ça m’avait manqué. Ou pas.
En cause [tu t'en doutais, je sais] une fille. Evidemment. Une fille-surprise, surgie un dimanche de pluie à Belleville d’une série de bêtises numériques partagées après une brève et professionnelle rencontre voilà quelques mois.
Une fille un peu geekette, un peu diplômée de sciences politiques, avec un boulot plus prenant et plus passionnant que le mien. Et un tas d’autres passions et un tas d’autres trucs menés à bien en dix ans, que c’en est impressionnant.
Une fille jolie, même. Avec des airs d’elfe échappé de chez le père Tolkien, des yeux presque bridés, des fossettes plein le visage, un corps tout menu et un tatouage terriblement mignon caché quelque part.
Une fille aussi câline que ton serviteur, aussi demandeuse d’affection.
Une fille tellement vivante, une fille qui s’amuse à t’épouser sur Fessebouc, qui éclate de rire à voir la réaction de ses copines, qui tchatche avec tous les commerçants de son quartier, qui renifle tout ce qu’elle attrape, qui devient grognon quand elle a faim,
Et si je te dis qu’en plus, elle est célibataire, qu’en plus elle a eu envie qu’on se revoie le lendemain, qu’elle a envie de faire quelque chose d’un peu bien, tu admettras qu’à l’échelle de cette année, ça tient de la singularité quantique ou du miracle divin, suivant ta préférence dans le domaine des trucs improbables.
Bref, tout cela devrait, si j’étais un tantinet normal, se conclure par un bête bout de bonheur béat (note l’alitération).
Si j’étais un tantinet normal.
***
Hélas, faut croire que c’est pas le cas.
Parce qu’au bout de deux jours, passés pour l’essentiel au fond d’un lit ou à déguster des huîtres et des sushis, ma vieille maîtresse la crise d’angoisse a pointé le bout de son nez. Histoire de me pourrir la soirée et la nuit à me sussurrer à l’oreille “fuis, petit, fuis-t-en vite, cours-t-en dans tes pénates avant qu’il ne soit trop tard” [Avant que quoi ne soit trop tard, ça en revanche, j'en ai pas la moindre idée]. A me coller des pensées parasites plein le cortex, à jouer à faire des noeuds de marin avec mon estomac.
Sans aucune putain de raison apparente. Sinon la vitesse à laquelle on s’est aperçus de nos similarités, en matière de musique, d’envies, d’attentes ou de blessures.
[Avant-hier, on parlait de nous, elle n'arrêtait pas de me demander, avec ce sourire totalement désarmant : "mais il est où, le loup" ? Il est où le truc qui va pas chez toi, quoi. Elle me trouvait trop parfait. Ben voilà. Il est là, le loup]
Peut-être j’angoisse de ce trop d’un coup. Peut-être que je la trouve trop parfaite, même si c’est très, très con de se dire ça, et encore plus de l’écrire. Peut-être je sais plus comment me dépatouiller face à tout ça. Peut-être que ça bouleverse mes petites habitudes d’éphèbe des boulevards à la con, qui finissait par se faire à l’idée que - oh mon Dieu - il peut séduire, par s’accoutumer au célibat. Peut-être qu’à force de fantasmer une romance parfaite et impossible de série B, je suis devenu incapable de vivre une histoire pour de vrai, parce que c’est tellement plus facile, d’attendre et d’espérer.
Peut-être je me dis que c’est trop facile, trop soudain, qu’il y a forcément un vice quelque part. Peut-être qu’à force de ne kiffer que des attentes, des histoires en suspension et des trucs sans lendemain, j’en viens à choper la trouille de celle-ci parce qu’elle se passe trop bien.
Peut-être je crains d’avoir encore une fois très mal si ça se termine. Peut-être qu’entre mon passif familial bien biscornu et mes expériences précédentes je souffre de cette connerie de “peur de l’engagement” qui fait le bonheur des magazines féminins. Peut-être je suis très fatigué, à force de ne pas dormir, et que ça pousse à la panique. Peut-être je sais plus bien ce que c’est qu’une émotion et que je confonds angoisse et… autre chose.
Peut-être que je suis juste con, aussi. Va savoir.
Le fait est que là, j’ai juste pas envie de fuir, pour une fois.
Parce que j’aimerais vraiment voir ce qu’il y a là-bas.
Derrière la crise.
Episode 238 |Par Sam | le 11 sept 2008 @ 20:23 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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Connard (du perfectionnisme romantique comme tare sociale)
[Mode "post bourré" enclenché, désolé pour la suite d'avance, donc. Et pour l'absence de photo, accessoirement]
Mercredi 9 juillet, vers 13 heures, un resto à touristes boulevard Haussmann.
- Elle : “Alors, et les amours”
- Moi : “Ben…”
- Elle : “Allez, balance”
- Moi : “J’ai passé la moitié de la nuit dernière à chatter avec une fille du boulot”
- Elle : “Et ?”
- Moi: “Et y a carrément moyen”
- Elle : “Ben c’est cool, non ?”
- Moi : “…”
- Elle : “C’est quoi, le problème ? Elle est pas intéressante ?”
- Moi : “C’est pas ça, mais…”
- Elle : “Vas-y, tu nous a trouvé quoi, encore ?”
- Moi : “Non,mais elle est sympa, quoi”
- Elle : “Elle est mignonne ?”
- Moi : “Très”
- Elle : “Ben alors ?”
- Moi : “Ben…”
- Elle : “Elle est pas intéressante ?”
- Moi : “Si, elle joue de la musique, elle dessine, tout ça”
- Elle : “Bon, mais c’est quoi alors ?”
- Moi : “…”
- Elle : “Elle a quel âge ?”
- Moi : “Ben déjà y a ça : elle a 22 ans”
- Elle : “Mais c’est pas un problème, ça”
- Moi : “Non, pas en soi”
- Elle : “Bon, ben alors ?”
- Moi : “je sais pas, ça le fait pas”
- Elle : “mais quoi ? T’es quand même pas possible, toi”
- Moi : “…”
- Elle : “Bon, vas-y, crache le truc”
- Moi : “ben… elle fait quatre fautes d’orthographe par phrase, déjà”
- Elle : “‘tain, t’es un cas, toi”
- Moi : “Non, mais ça, à la limite, bon…”
- Elle : “Ben quoi, alors ?”
- Moi : “Je sais pas, ça le fait pas, quoi”
- Elle : “Mais pourquoi ?”
- Moi : “Parce que je sais que ça le fera pas, je le sais d’avance. Elle est à fond, elle veut un truc sérieux et tout”
- Elle : “Mais toi aussi, t’arrête pas de dire que t’en as marre des plans d’une nuit, que tu veux un truc sérieux”
- Moi : “Je sais”
- Elle : “???”
- Moi : “Mais là non”
- Elle : “Pourquoi ?”
- Moi : “…”
Sur le moment, j’ai pas su quoi dire. Maintenant je sais.
Pourquoi ?
Parce que oui, je crève d’envie de câlins, de bisous, parce que le Bisounours en moi se tord et hurle de manque d’amûûûr. Parce que les plans d’un soir, ça va un temps, mais qu’à force, j’ai envie d’un peu plus qu’une nuit de plaisir volé. Et que oui, là ça m’est offert sur un plateau d’argent,ou pas loin. Mais que non, ça va pas le faire.
Appelle ça la sagesse de l’âge, du fatalisme, une illumination kantienne ou de la connerie prétentieuse, mais je le sais. Je suis même capable de te faire le déroulé de l’histoire en entier, du début à la fin :
Ca va être de la balle, au début. On attaquera par le climax du premier baiser, des premiers câlins. Sentiments qui vont déborder de partout à force de manque et volonté subséquente que - putain de merde - ça marche. Découvertes. Points communs qu’on trouvera bien, à force de les chercher à la loupe.
[Note pour l'ego (NPLE) : Je suis assez fort à ça. Parce que j'aime faire plaisir, qu'une adolescence bien tordue m'a laissé une putain d'empathie rémanente et efficace et que, donc, j'aime l'autre. Toi, par exemple, je t'aime, à priori. Ca te fait une belle jambe, je sais, mais j'y peux rien.]
Ca durera juste le temps que l’enthousiasme retombe. Et, l’expérience aidant, ça ne va pas prendre un an mais quelques semaines. Avant que je me rende compte qu’il n’y a rien à conquérir qui ne le soit déjà, rien à inventer ensemble.
Et puis, passée la première phase, passé le temps de la découverte, du seske joyeux et débridé, des balades, des restos tout ça, la réalité va revenir dans le script. Et creuser son fossé. La différence d’envies, d’intérêts, de passions, de génération, d’attentes, va lézarder la belle construction sentimentale.
Ce sera la phase deux.
La lézarde deviendra brèche, puis faille. Et puis arrivera le moment où je vais faire ma vieille crise de lucidité, et me dire soudain “putain, je fais quoi, là ?”. Où je vais me sentir mal. Vraiment,méchamment mal.
On entrera dans la troisième phase, celle de l’euthanasie.
J’aurai qu’un but : tenter d’en finir, de préférence sans douleur. Avec une fille qui sera sans doute relativement enthousiaste et qui ne va, donc, pas comprendre. Et donc ramasser.
Et je vais délayer par peur de lui faire trop de mal, parce que j’aime pas faire mal, vraiment pas. Et du coup ça va être alambiqué. Voire tortueux. Voire un peu lâche, disons-le, nom d’une couille [spéciale dédicace]. Et triste. Et glauque. Et long.
Et que, donc, non.C’est pas ça que je veux. Pas d’une comédie dramatique prévisible comme un mauvais téléfilm.
Je veux être surpris, remué, interloqué, impressionné, épaté, envieux. J’ai envie de conquérir, d’improviser. Et pas de réciter une mauvaise partition apprise par coeur. Ni encore moins me dire que c’est mieux que rien, que c’est déjà ça.
Antigone de bac à sable, tu as carrément raison.
Voire connard, un peu.
[Fin du mode "post bourré. Désolé.]
Episode 211 |Par Sam | le 11 juil 2008 @ 2:02 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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Nuit d’été en ville
[Je l'ai pas déjà fait, celui-là ? Je sais plus]
Au vu des tonnes de commentaires que tu m’as laissé sur mes super sélections musicales, deux quatre choses me viennent à l’esprit :
1/ J’ai des goûts de merde en matière de musique. Et comme tu es bien élevé(e), tu n’oses pas me le dire.
2/ Tu es en vacances loin, très loin, dans un lieu où le mot “Internet” signifie “ta mère sent mauvais de la bouche” et où le fait de le prononcer est synonyme de mort violente.
3/ Ma musique, tu t’en fous. Moi je m’escrime à te dénicher des trucs qui feraient chialer comme un veau l’inspecteur des impôts le plus vermoulu de Bercy, mais toi, non. Tout ce que tu veux, c’est que je te raconte mes malheurs pour t’en réjouir, salaud (salope ? Rhoo).
4/ En fait, tu es tellement ému que tes mains qui tremblent au rythme spasmodique de tes sanglots ne peuvent plus taper quoi que ce soit au clavier d’autre que fglfo,nreîv,e^ri,vr$.
On va dire que c’est la 4/.
On va dire aussi [tu l'auras compris] que c’est encore un de ces posts que je commence comme ça sans savoir bien où ça va aller, ni même si ça va aller quelque part. Ca en prend pas des masses le chemin pour l’instant.
J’aborde cette phase bloguesque où, à chaque fois que j’ai une idée de note, c’est pour m’apercevoir que je l’ai déjà écrite avant d’une manière quasiment identique.
['tain, je réécoute le concert à emporter d'Arcade Fire, là, et ça me fait des choses. A mon avis, tu es insensible comme un Googlebot, pis c'est tout]
Par exemple, présentement.. Ben j’avais un début de commencement d’idée. Et puis j’ai été accaparé par les mails, chats, plurks, twits et autres prurits de la vie virtuelle qu’ont les jeunes de nos jours, pauvre France. Du coup, elle est partie.
Ah oui, ça me revient. J’étais barré sur un truc genre “décidément, en ce moment, même mes grognes ne tiennent pas la route”. Parce que figure-toi que c’est le cas. Que j’ai le spleen précaire. La déprime à mi-temps, quoi.
A chaque fois que je me dis “‘tain, il se passe rien, c’est pourri”, ben il se met à se passer des trucs.
Des petits trucs. Des trucs infinitésimaux. Mais des trucs tout de même.
Je me contente de peu, c’est l’avantage.
Episode 210 |Par Sam | le 9 juil 2008 @ 1:53 | dans Quotidiennes
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Partir, est-ce revivre un peu, ou pas ?
Et la vie est (toujours) belle.
Comme cette soirée parisienne dont je rentre trop tard.
Projets qui avancent grave, work in progress, enthousiasmes un poil trop alcoolisés, à base de potes, de terrasses et de bières, mais tant pis ou même tant mieux.
C’est la fête à ma pomme en ce moment. Que j’en reviens pas. Que ce soit si simple, que ça s’enchaîne si bien, que ça avance si vite.
En même temps, ça reste pour l’essentiel du domaine du pari.
Je tente, j’essaye, je teste, j’ose. Je fais dans le prospectif, dans l’initiative. Et il est tout à fait envisageable qu’on en revienne aux vieilles notes dépressives d’ici pas longtemps. C’est ce que je me dis pour me blinder d’avance, en tous cas.
[Et puis j'ai l'impression que mes tristesses suscitent plus de commentaires de ta part que mes dégoisages de bien-être. Pas de souci, hein, tu fais bien comme tu veux.]
Moi, je m’éclate. Au point d’en avoir envie de lâcher mes béquilles. Psychiques, s’entend : clopes, alcool, ce genre de choses pas bien saines et pas bien nettes dont j’épice un peu trop mon quotidien depuis un peu trop longtemps.
J’ai 20 jours de vacances à prendre fin juillet-début août. Calés en fonction de mes camarades geeks, dont l’un m’a lâché. Du coup, faut que je trouve assez vite où aller, quoi faire de ces trois semaines. Et ce soir, j’en suis à me dire que pourquoi pas 20 jour tout seul, all by myself comme disait l’autre, dans un train vers l’Est ou ailleurs.
Vieux fantasme que je balade depuis un moment, ça : partir tout seul nulle part, dans un coin perdu sans clopes ni bières ni web ni potes ni autres expédients pour me tenir la main. Et prendre le temps de me faire face dans la fameuse vraie vie vraie.
Le pire, c’est que ça ne me poserait sans doute aucun problème. Même si j’ai jamais essayé. Et que justement, ce serait peut-être à faire.
[Et tu te dis peut-être que l'image en haut à gauche de ce post ressemble furieusement aux visuels de Ségolène Royal ou de la dernière pub Evian, mais je m'en fous, c'est moi qui l'ai fait.]
Episode 203 |Par Sam | le 20 juin 2008 @ 1:36 | dans Quotidiennes
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La rédemption est un long chemin parsemé de caillous pointus
Comme disait le poète, “tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’a un fil”. Celui du bonheur est ténu comme un micro-string brésilien [ca se sent un peu, que je suis en manque affectif, non?].
C’est pas si simple, de rester collé à cette sérénité nouvelle. Pas facile, devant certaines pressions, de ne pas céder à la facilité, de ne pas reprendre la pose du lapinou paralysé dans les phares du Hummer.
La sérénité est un sport d’endurance, moi je dis. Faut durer et endurer, expliquait le Général à propos de tout autre chose, à savoir la fonction de premier ministre, mais c’est pas grave, arriver à caser du De Gaulle sur ce blog, je t’avoue que ça me fait kiffer.
Mais bon, quand les deus ex machinas s’enchaînent comme des nouilles sur le collier de la fête à ta mère, tu finis par devenir un tantinet fébrile. Impatient d’avoir la suite.
L’impatience, c’est pénible. T’as ce truc dans la tête et tu as beau faire, il est là, tout le temps. Et toi t’attends et tu ne t’occupe à rien d’autre. Alors que ce n’est qu’un jeu [là j'allais te faire "dans lequel tu mets trop de je", mais il faut savoir poser une limite aux clichés stylistiques].
Jusqu’à ce qu’une fois de plus, la petite musique monte dans ta tête. Et te rappelle que d’attendre, ça peut être bon, aussi. Ca peut être mieux, même.
Jusqu’à ce que le sac de noeuds dans ton ventre se défasse d’un coup, comme les rubans des magiciens pour enfants. Jusqu’à ce que tu lâche prise. Parce que rien n’est grave et surtout pas ça. Que ça, c’est que du bonheur. Que c’est que du bonus. Et que tu as beau dire, en fait tu t’amuses beaucoup.
Alors le truc revient en force t’étirer les commissures et t’aggrandir les yeux. Et, à nouveau, c’est la fête du sloup dans ta tête. Et ça, c’est cool.
Episode 202 |Par Sam | le 17 juin 2008 @ 21:57 | dans Quotidiennes
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J’ai testé pour vous : être bien
Coup de chaud dans la poitrine. Sourire qui vient tout seul. Envies, envies, envies.
Amours copains. Nuits sans lendemains, flirts virtuels, jeux de séduction partagés et autres moments volés au temps.
Rencontres d’autant plus belles, discussions d’autant plus sincères qu’elles sont sans enjeux. Sentiments qui filent enfin vers le haut sans se brûler les ailes au soleil d’une perfection inatteignable.
Plaisir, plaisirs, moments de bonheur sans conséquences, sans bilan, sans enjeux autre que ceux de l’instant et de son partage. Lendemains furtifs et fatigués, mais heureux, une fois passée cette vague rémanence de regret de pas plus, vite balayée par le putain de tourbillon de la vie.
A déterrer de vieux projets des cartons et à les pousser au cul, juste parce que j’en ai envie et plus pour qu’ils me sauvent la vie. Et à voir qu’ils sont bons, vraiment bons, et qu’ils n’attendent que d’aboutir. Et à avoir envie de faire en sorte qu’ils aboutissent, cette fois.
A passer de très bons moments avec tous ces gens que j’aime et à qui je le dis pas assez. A apprécier de les voir, de les écouter, de prendre du temps avec eux plutôt que de le cramer en riens misanthropes et plus ou moins autodestructeurs.
A tenter d’être un peu bon dans mon métier, parce que je peux l’être, quand je veux. A m’entendre dire que je le suis, ce qui fait toujours plaisir, surtout quand comme moi tu souffres à fond du syndrome de l’imposteur - j’ai rien à faire là et quelqu’un va finir par s’en apercevoir. A avoir envie d’en faire encore plus, du coup.
A courir beaucoup, à faire beaucoup et à découvrir que c’est bon aussi.
A être bien, bien et encore bien d’être enfin égocentrique. A me dire que même bancal, on est entier.
Et surtout, surtout, à m’amuser. Et à apprendre avec surprise que je suis doué pour.
Depuis que je me suis foutu en quarantaine volontaire de transports amoureux, je profite à fond du reste. De tout ce reste que je ne voyais plus, aveuglé par la queste éternelle de la complétude romantique.
Je projette et j’espère et je rêve et je crois et je fais et j’envisage et je planifie.
Sourire plein la gueule.
Et ça dure, en plus.
[Enfin, depuis dimanche, quoi]
Tu sais quoi ?
La vie, en fait, c’est pas grave.
[Et en plus, il paraîtrait que bientôt, c'est l'été]
Episode 198 |Par Sam | le 12 juin 2008 @ 22:00 | dans J'ai testé pour vous
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Girls, girls, girls
[Un truc qui me trotte dans la tête depuis un moment. Je pique donc allègrement l'idée à Kmille, qui en a fait une série de notes carrément bien, tellement que j'ai eu envie de faire un peu la même chose]
Transports amoureux. Elans affectifs. Tentatives de couplitude plus ou moins avortées. Angoisses et plaisirs, sexe et sentiments.
Tout ça tourne et retourne dans ma petite caboche depuis un moment, pour différentes raisons. Et je m’interroge gentiment sur le sentiment amoureux, ses tenants, ses aboutissants, ses vacances au ski et ses limites.
Et du coup je fais dans le voyage temporel. Je mâche de la madeleine. Je remonte le temps. Je cherche le début de tout ça. La quête du mystère des filles et des trucs qu’elles cachent sous leurs vêtements, ça remonte à quand ?
Alors pourquoi pas te raconter un peu les femmes de ma vie ? Au point où on en est…
Transport amoureux numéro 4, donc.
[Oui, je fais comme Georges Lucas : je débute à l'épisode IV. Parce qu'evidemment, la première femme de ma vie, c'est ma môman. Et la deuxième et la troisième, ce sont mes soeurettes. Mais on va laisser la famille en dehors de tout ça.]
Je ne sais plus son nom, je ne me rappelle plus de son visage. Juste qu’elle était blonde. J’avais six ans, mes parents retapaient leur nouvelle maison tout l’été et avaient décidé d’embaucher une fille au pair pour leur dégager les mômes des pattes.
C’était une jeune Allemande, belle comme au Valhalla. Grande, athlétique. Douce. Elle nous baladait, elle nous faisait manger. Elle parlait mal français, mais ce n’était pas un souci du haut de mes six ans et demi, parce qu’elle me faisait de grands sourires et que ça me suffisait. On allait chercher des mûres dans la cambrousse pour en faire des tartes et elle me tenait la main et c’était bien.
Elle est restée quelques mois, le temps d’un été. Mes parents lui avaient aménagé une petite chambre dans le grenier, avec un tissu bleu au-dessus du lit, pour éviter que la pluie ne perce par le toit qu’ils étaient en train de retaper.
Soudain, je découvrais un truc : les filles, c’est joli. J’avais envie de la toucher, d’être près d’elle, parce que c’était agréable. Parce que ça m’attirait. Une attirance que je ne pouvais pas m’expliquer. Je cherchais pas, d’ailleurs, je préférais jouer aux Lego.
Son départ, par contre, je m’en rappelle. Mon premier chagrin d’amour, un matin d’août 1986. Je boudais dans ma chambre parce que je trouvais ça totalement scandaleux, qu’elle parte alors que moi je voulais pas. Mais j’ai pas pu m’empêcher de me précipiter sur elle alors qu’elle franchissait la porte. Ni de pleurer alors que je m’étais promis d’être impassible et que je me retenais de toutes mes forces.





