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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Audit

En ce moment, dans ma tête, c’est l’époque des rétrospectives. Des bêtisiers. Je ressors les vieux dossiers, je feuillette des trucs jaunis. Arôme madeleine.

Je relis mes vieilles tentatives d’écriture de terminale, les poèmes pourris, les nouvelles pas finies. Je remate les vieilles photos qui traînent sur mon disque dur. Je retrouve un vieux fichier de 80 pages de plus ou moins journal que j’écrivais voilà six bonnes années.

Et je suis pas tellement dépaysé. J’ai pas tellement changé.

Les mêmes dynamiques. Les mêmes montagnes russes, les mêmes périodes avec, les mêmes périodes sans. Les mêmes engrenages, les mêmes situations. Encore et encore.

On survit et on apprend, disait l’autre. Je me demande si on apprend tant que ça.

On croit savoir, on repart de plus belle et on retombe tête la première dans les mêmes ornières. On croit maîtriser et on se cogne encore et encore dans les mêmes obstacles, comme une putain de mouche face à une putain de vitre. Le truc, c’est que t’as beau t’être suffisamment tripoté le cerveau pour avoir compris qu’il y a une vitre, ça te dit pas par où passer pour la franchir enfin. Comme quoi, finalement, t’es pas tellement moins con qu’une mouche.

Et pendant que tu continues à te faire mal au nez à force de te cogner partout la gueule en fleur, le compteur, lui, il tourne.

Bordel, on est le 21 avril et je sais pas ce que j’ai fait des trois dernières semaines.

Faudrait arrêter un peu de vivre à mi-temps. Faudrait cesser d’attendre que le Destin farceur envoie son dernier challenge. Faudrait remplir les vides entre les journées de boulot avec autre chose que du rien.

Faudrait trouver la clé du labyrinthe, stopper le jour de la marmotte, mettre de nouvelles piles. Faudrait changer la stratégie d’entreprise, manager la dynamique, renouveler les cadres dirigeants, repositionner les valeurs du groupe, faire un business plan, optimiser les atouts fondamentaux, rationaliser le quotidien.

Je bosse dessus. Je suis sur le coup. Mais c’est pas simple.

Episode 20 |Par Sam | le 21 avr 2008 @ 23:06 | dans Pensées parasites
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Du mâle alpha

Tendresse, alors, comme thématique. J’aime bien les thématiques. ca vous pose une note.

Tu le sais, depuis le temps : je suis un Bisounours. Pour mon plus grand malheur, le plus souvent. C’est pas vendeur, le Bisounours. Pour être un mâle urbain qui le fait, il faut certes cultiver un petit côté écorché vif, une faiblesse cachée qui ajoute du glamour. Mais il faut aussi savoir être mâle. Et de préférence alpha dominant, comme on dit en zoologie. Donc un peu connard sur les bords. Le tatouage est un plus.

Un jour, j’étais plus jeune et plus Grenoblois qu’aujourd’hui, j’ai rencontré l’archétype du connard alpha dominant. C’était le nouveau mec d’une copine qui en était raide dingue, au point de quitter l’ex avec qui elle habitait pour lui. Elle tenait à nous le présenter, du coup. Et ce fut un moment d’anthologie.

Il avait un milieu de trentaine, soit dix ans de plus que nous à l’époque, des pattes sur les tempes, le cheveu ras et l’âme bretonnante. Il venait de quitter une jeune femme russe très belle, qu’il avait épousé pas en blanc mais pas loin, et le divorce se passait mal. Dans la vie, il était doctorant en physique nucléaire. Mais ce n’était pas sa vocation.

En fait, il s’avouait artiste. Torturé, mal dans sa peau. Se piquait d’écriture, des textes néoréalistes cyniques, quelque part entre Miossec, Houellebecq et Damien Saez, passablement mauvais et prétentieux. Qu’il chantait en s’accompagnant à la guitare et en picolant des trucs genre vodka ou wisky, parce que la bière, c’était pour les tapettes.

D’ailleurs, le premier truc qu’il nous a dit, quand on est arrivé chez la copine en question, c’est : “salut les pédés”.Le deuxième, lorsqu’on l’a interrogé sur ce qu’il faisait dans la vie, ce fut, je te jure que j’invente rien : “ce que je fais, y a quinze types au monde qui peuvent le comprendre”.

Ceci asséné, il s’est tourné vers la copine, en gueulant : “chérie,tu nous sers pas à boire ?”. Et ladite chérie, l’une des filles les plus intelligentes que je connaisse, chérie qui avait toujours été un parangon d’indépendance et une grande gueule de première, de s’exécuter aussitôt, sans moufter. Aux petits soins pour son mâle alpha à elle. Soumise, et heureuse de l’être.

Tout le reste de la soirée fut à l’avenant.

J’ai un espèce de don, dans la vie : je suis pas mal doué pour me mettre à la place de l’autre. Je sais comprendre, sans trop préjuger. J’ai ce qu’on appelle de l’empathie. Du coup, j’aime les gens, à de rares exceptions près.

Ce type fait partie des rares exceptions. Il appartient au club très fermé des quelques humains que j’ai pu rencontrer et haïr sincèrement. Pas pour moi, mais pour cette fille. Qui a gâché deux ans de sa vie à se coltiner un connard qui l’a obligé à faire de mauvais choix, l’a brouillé avec tous ses amis, avant de finir par la lâcher du jour au lendemain avec une lâcheté crasse, évidemment.

Ceci dit,il m’a appris un truc. En le rencontrant, en voyant à quel point il pouvait la subjuguer, j’ai compris que le trip Bisounours, c’était pas vendeur. Que la plupart des filles ont beau te dire qu’un mec sensible qui les respecte, c’est bien, elles kiffent quand même aussi le côté connard. En général, évidemment. J’ai eu une longue discussion à ce sujet, y a pas longtemps, avec une bonne copine. Qui a fini par m’avouer qu’elle aimait que son mec prenne les choses en main, qu’il la domine un poil. Que ça la rassurait.

[Je sens que je vais me faire des amies, avec ce post. On dira que ce sera ma contribution à la liquidation de l'héritage de 1968]

Entendons-nous [oh oui, entendons-nous] : je juge pas. Je constate. D’après exemples.

D’ailleurs, mon souci du moment n’est pas de faire de la sociologie de comptoir.Mais de me dire qu’être un Bisounours, ça craint. Et que même en invoquant le Darth Bisounours qui sommeille en moi, je pourrais pas devenir comme lui. J’en suis pas capable. Du moins pas à long terme. Et je doute de le devenir jamais. Et je peux pas m’empêcher parfois de me dire que c’est tout de même assez injuste. Au fond.

[Et là tu vas me répondre que c'est surtout une question de confiance en soi qui rassure l'autre, tout ça. Ce à quoi je te rétorque d'avance que j'entends rien, la la la la. D'ailleurs je me bouche les oreilles. ]

Episode 41 |Par Sam | le 3 avr 2008 @ 1:36 | dans Pensées parasites
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Douze jours (VIII). Complexe

En ce moment, je dois faire une allergie, quelque chose dans le genre, mais j’ai envie de faire des trucs de ma vie.

Je me disais ça, vers 15 heures, collé dans mon lit avec un café et des clopes en guise de compagnie, en attendant de me taper une sieste devant un épisode de CSI : NY que j’avais déjà vu.

Il faut dire qu’en ce moment, je ne rencontre que des passionnés, des cultivés, des artistes, bref des gens qui ont un but dans la vie. Qui lisent de vrais bouquins sérieux. Regardent des films d’auteur. Montent des projets. Apprennent une langue étrangère. S’intéressent au théâtre, à l’art. Font des boulots qu’ils ont monté eux-mêmes, déploient une énergie constante dans leur métier. Y croient à mort, quoi.

Et je me sens un poil con, avec ma petite routine journaleuse, mes magazines, Internet, mon blog, mes séries à deux balles et mes bouquins politiques pour tout horizon intellectuel.

Episode 74 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 21:39 | dans Quotidiennes
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Chronos et Beuve-Méry

0472time2[Chose promise...]

Un bain plus tard.

[Rappelle-moi d''arrêter avec les plans bain à dix heures du soir. A chaque fois, avant, je me dis "super, tu vas pouvoir te détendre en méditant des choses profondes et belles", et pendant, je me fais chier comme un rat noyé en bloquant sur le rideau de douche à pois qu'elle aimait tant, et qui me paraît désormais super moche, si tant est qu'un rideau de douche puisse être autre chose.]

Tu sais quoi ? En marinant dans l’eau chaude, et lorsque je ne bloquais pas sur le rideau de douche, je me faisais cette réflexion : en fait, je me fais relativement super chier, les soirs de semaine.

Je ne sais si Rilke a écrit un truc sur l’ennnui qui accompagne la solitude difficile, mais il aurait dû. Parce que c’est pas simple, non plus, l’ennui. T’inquiète, hein : je meuble. Je bouquine, j’avale de la série, du film et du documentaire par teraoctets, je blogouille, je scanne mon Netvibes en boucle, et il m’arrive même d’aller tabasser de la harpie à grands coups de clic.

Mais tout cela reste assez pauvre en intensité dramatique. Etudiant, je vivais mieux le célibat, parce qu’il se passait en groupe de potes et en soirées diverses et variées. Jeune actif dynamique parisien, ben c’est moins drôle. Déjà, tes potes sont soit macqués, soit ils habitent à l’autre bout de la France, soit ils se lèvent tôt le lendemain. Les trois en même temps, d’ailleurs, souvent. En plus, t’as plus la santé et un job un peu trop exigeant pour aller faire pump it up dès le mardi soir.

Du coup, ben tu restes comme un con devant ton écran à faire ta petite vie numérique brouillonne, mais ça je t’en cause  plus tard.

Et pendant ce temps, une petite horloge dans mon crâne fait tictac et me rappelle que dans 683 jours d’ici, je serai trentenaire. Chronos, salopard mangeur d’enfants, va.

Et que d’ici là, il va peut-être falloir mettre un coup de collier, si je veux enfin accomplir tous ces trucs dont je me disais, gamin, qu’ils seraient faits avant 30 ans. Genre écrire un livre, parce que ça, c’est inévitable. Genre faire un voyage de six mois au Japon, en Chine ou au Bhoutan, enfin là-bas, loin. Genre devenir 5e dan d’aïkido, pour pouvoir me la péter, un peu. Genre arrêter de fumer, parce que c’est mal. Genre faire un gamin, aussi, pour pouvoir lui raconter des conneries et lui dire tu vois mon fils, tu vois ma fille, la vie, c’est comme ça. Genre avoir trouvé la femme de ma vie avec qui faire tout ça, surtout.

[Et que c'est pas en prenant des bains que ça va avancer. [Ni en racontant des conneries sur un blog, tu me diras. Quoique...]

Le problème, c’est que je me sens comme un lapin dans les phares d’une bagnole conduite par cette vieille salope de Chronos. Fasciné par la lumière et incapable de remuer une oreille. Paralysé dans un quotidien déjà bien rempli, il faut dire. Et pas si désagréable [même si je ne cracherais pas sur un peu de seske, parce que là ça fait tellement longtemps que je suis plus certain de me souvenir comment on fait].

Après tout, j’ai déjà accompli un truc ou deux, dans ma cheklist de quand j’avais 14 ans.  Je fais le boulot dont je rêvais petit. Menteur journaliste. Même si c’est pas franchement comme ça que je m’imaginais la chose à l’époque.

On est con, à 14 ans, aussi.

Le pire, c’est que j’aime ça, le nalisme. Bosser sur deux écrans à la fois, enquiller des papiers à réactualiser en continu, courir après des cons de politiques pour des interviews langue de bois, se faire raccrocher au nez par des chargés de com’ de ministères hystériques, me lever à 6 heures pour aller traîner gare du Nord, caméscope au poing, à microtrotter de l’usager mécontent, glander tout seul au taf les samedis soir de permanence en ratant la soirée de l’année, enquêter toute la journée pour m’apercevoir à la fin qu’il n’y a rien à raconter, me faire insulter par des blogueurs branchés et des citizens reporters de mes deux dans des débats, me battre avec mon chef pour ne pas écrire un dixième papier Carla Bruni, parce que j’en peux plus, le tout avec des horaires merdiques et un salaire horaire de femme de ménage… J’adore. C’est mon côté pervers.

Donc, la vie professionnelle, c’est fait, c’est calé. Ca roule.

Mais ça freine un peu tout le reste,  fatalement.

Episode 114 |Par Sam | le 23 jan 2008 @ 0:50 | dans Pensées parasites
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Et maintenant, un peu de vidéo

[Tu l'as vue, cette vidéo ? Alors regarde. Quand je la passe dans les soirées, ça pète l'ambiance, du coup j'ai arrêté. Mais là, je peux te la fourguer sans complexe. Je te préviens, c'est déprimant. Ou pas.]


J’ai vomi dans mes cornflakes.avi
envoyé par Th3-Warlords

Episode 118 |Par Sam | le 20 jan 2008 @ 4:57 | dans Geek Story
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