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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Bal tragique quai de Valmy

Bastille Day (14th July'08)

[Comme un con, j'ai pas pris mon appareil. Donc je te mets une photo qui n'est pas de moi à la place. Pour les crédits, tu cliques]

J’ai fini par y goûter, au bal de pompiers. Traîné hors de chez moi par une amie que je ne vois pas assez souvent, pour aller, à 500 m de là, goûter aux charmes populaires de la guinche organisée par les soldats du feu du Xe arrondissement sur les bords du canal.

Enfin, quand je dis populaire… Il faut savoir, ami provincial qui me lit, que, si Paris est en pleine boboïsation, le Xe arrondissement est un genre de laboratoire du phénomène. L’eldorado, la Jérusalem Terrestre du bobo.

Par exemple, au baluche de pinpons du Xe, tu picoles pas de la bière tiède comme ailleurs. Non. Là, les vaillants pompiers de Paris ont installé rien moins qu’un bar à champagne au bord de l’eau [j'ai pas vérifié si le champe était bio commerce équitable©, mais ça m'étonnerait pas]. A cinq euros la putain de coupe

[Pour être juste, la bouteille était à 25€, ce qui n'est pas si cher, et incite à la surconsommation, du coup. A mon avis, c'est juste un stratagème basique ourdi par les soldats du feu pour mieux choper, mais on va en reparler].

Et les conversations de l’assistance tournent plutôt autour de l’avenir de la production documentaire avec la réforme de l’audiovisuel public lancée par notre merveilleux président que de la victoire du jour au Tour de France, par exemple..

Niveau peuple, bof, quoi. En même temps, comme disait Hubert Beuve-Méry, le peuple, c’est vulgaire, ça a pas de conversation et ça sent.

Cela étant, c’était rigolo. Déjà, tu sens que c’est un peu LE soir du pinpon. Il faut dire qu’à Paris, il est militaire de carrière, à la base. Et que donc il rigole pas tous les jours. Mais le 14 juillet, c’est sa fête. Et donc le pinpon se lâche, le pinpon rigole. Et le pinpon emballe comme un gros sale. A fond de chez fond. On est restés un peu plus d’une heure, on en a vu au moins quatre partir au bras d’une jolie Parisienne.

Le fantasme de l’uniforme, ça reste une valeur sure.

Et puis les pinpons nous ont aussi fait un petit spectacle. Déjà, au milieu de l’eau, il y avait une espèce de geyser artificiel qui jaillissait sporadiquement. Et puis sur la berge d’en face, ils ont fait arriver un camion rouge, sirènes hurlantes et muni de l’incontournable grande échelle. Qui s’est déployée alors que trois vrais-faux feux prenaient dans des bidons disposés au bord de l’eau.

Turgescente, limite, l’échelle. Avec un petit pompier qui grimpait dessus comme un spermatozoïde décidé à faire profiter le monde de son capital génétique. Après, une lance à incendie a craché sa purée sur les mini-incendies. Et les fusées des feux d’artifice sont venus colorer la chose de oh la belle rouge et autres projectiles sifflants. Genre 14 juillet, quoi. Ou orgasme, pour reprendre le débat entamé plus bas.

[Je précise que la métaphore sexuelle de l'ensemble m'a été soufflée par l'amie avec qui je me trouvais. Qu'on vienne pas dire que je pense QU'à ça non plus]

On a bu nos coupes, discuté boutique. J’ai vaguement glissé une oeillade ou deux aux autres filles de l’assistance, parce que ça reste agréable.

Et je me suis rentré.

En essayant de ne pas trop penser à mon précédent 14 juillet. Celui où j’avais acheté un collier magnifique à Mlle ex, que je lui avais offert en même temps qu’une lettre d’amûûr transie qui la demandait peu ou prou en fiançailles (chez nous les bobos, on appelle ça un PACS). Et où elle avait dit oui.

Pff. Ca paraît loin, tout ça.

Un autre type, dans une autre vie, qui a aimé une fille de toutes ses forces. Il y a longtemps.

Je te dirais pas que ça me manque pas. Ni que j’y repense pas.

Je te dis pas que ça se reproduira pas, non plus. J’espère bien que si. Mais ce sera plus pareil.

Parce que ce ne sera plus jamais une première fois.

[On arrive à rupture plus un an, là. Alors faut t'attendre à quelques autres remarques de ce genre.]

Episode 215 |Par Sam | le 15 juil 2008 @ 2:00 | dans Journal d'une rupture, Quotidiennes
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Jour de repos

Grasse matinée salvatrice dont j’émerge à peine, nerveux comme un Paresseux adulte. Depuis une heure, je tourne dans mon appartement sans savoir par quel bout attaquer le nécessaire ménage qui me permettra d’accueillir, ce soir.

Alors en attendant la motivation, j’enchaîne les expressos de bourgeois et les cigarettes roulées de prolo en me demandant si la douche, c’est mieux avant ou après le ménage. Je crois que ça va être avant, juste parce que ça réveille un poil.

Entre deux taffes et une gorgée, je tourne entre mes divers mails, twitts, Facebook et autres systèmes de communication, en me berçant avec France Info. Je bave sur ce fameux appareil photo, aussi. Sans aller au bout du processus. Juste pour jouer au riche, un peu. Alors que je ferais mieux de m’occuper de remplir ma déclaration d’impôts.

Bref, c’est jour de repos.

Episode 179 |Par Sam | le 30 mai 2008 @ 13:32 | dans Quotidiennes
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Célibattu

Snif. Snif. Tu sens pas ?

Tu sens pas que ça mouque un peu le rance, ici ? Le renfermé ? Le poussiéreux, le pas très propre ? Le vieux célibataire aigri à l’haleine bilieuse ?

Moi, si.

C’est pour ça que je nous évite à tous les deux de nouveaux soliloques sur le pauvre Sam qu’il a des malheurs, que les filles elles sont méchantes avec lui, que c’est pas facile, tout ça.

C’est pas l’envie qui m’en manque, tu noteras. Mais on va essayer de faire dans le constructif, pour changer.

Allez, je te sens déçu, alors je te résume vite fait : Sam en avoir marre faire victime. Alors Sam réfléchir dans sa tête. Et Sam se dire : faut arrêter de postuler que tu attends que la femme de ta vie te tombe dans les bras au coin de la rue pour t’extirper les doigts du fondement et faire quelque chose de ton existence, sinon on va jamais y arriver.

Réflexion profonde, s’il en est [abstiens-toi d'allusions rectales, je te prie].

["Allusions rectales", ça va encore me faire des requêtes google étrange, je sens].

Aussitôt concrétisée par un vieux ménage des familles. Ca renifle un peu moins le célibattu, du coup, dans mon F1. Et ça commence à cailler sec, à force de fenêtres ouvertes, aussi [fais-moi penser à dauber un peu sur ce putain de climat parisien et à ses amplitudes thermiques de 10°C en moins dans ta face, à l'occasion, veux-tu bien ?].

Une amie m’a écrit ça, tout à l’heure : “c’est fou parce qu’avec les claques que t’as pris, ca t’a pas calmé du romantisme”. [Je lui rappelle d'ailleurs qu'elle a aussi promis de me "filer des tuyaux pour décomplexer les relations", ce qui peut se ramener à "allons draguer dans les bars ce weekend", et que je suis pour]

Ouais.

C’est fou.

[J'adore quand je réussis à faire un tiers de didascalies dans une note]

Episode 6 |Par Sam | le 20 mai 2008 @ 21:25 | dans Pensées parasites
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Cure de sommeil

Retour au post. Je repique au truc, graphomane intermittent, au sortir d’une balade post-labeur trop moite et trop sucrée, la tête pleine de ces petits riens qui, accumulés, font les grandes prises d’icelle.

[T'attends pas trop à du cohérent, sur celui-là. Je lâche la bride à mes papattes sur mon clavier sale, on verra bien où ça nous mènera]

Trop écouté Noir Désir, récemment. Je reviens à la bonne vieille randomisation géante des familles. Et Shivaree sussurre goodnight, moon. Sirupeux, encore. Zappons plutôt vers un vieux Darkshines de Muse, parce qu’on est pas métrosexuel par hasard.

Et je m’aperçois que je t’ai pas conté mes vacances, ce qui est tout de même malheureux. Et me donne l’occasion d’un sujet sur lequel dégoiser un brin.

Mes vacances, donc.

Acte 1 :
le Sudeu-congue. Trois jours de repos. Total. Violent. Mais bio, attention : chez ma maman, c’est kinoa quinoa, bouddhisme et produits du jardin. Et siestes. Siestes, siestes, et encore siestes. Au soleil, sur l’herbe, dans une chaise longue, sur un canapé ou sur un lit, j’ai ronqué comme un ouf malade, pas moyen de m’arrêter.
Toutes les deux heures, un monumental coup de bambou derrière la nuque, paupières qui s’affaissent toutes seules, jambes coupées. A m’écrouler vers le premier truc horizontal qui se pointait là, les bras en croix, pour aller rouler des pelles à Morphée.

Rien foutu, donc. Ou si peu. J’ai bien cuisiné quelques tajines (bio), installé MSN à ma petite soeur [qui a 12 ans et un skyblog. Elle a fait deux posts. Elle a 30 commentaires pour chaque. Je suis mort de rire], joué avec le chien, le chat, les ânes et les autres pensionnaires de la baraque et même soulevé trois caillous et donné deux coups de pioche, histoire de m’occuper entre deux roupillons. C’était bon. Pour meubler les siestes, je me suis relu deux Bête et Méchant et Les yeux plus gros que le ventre de Cavanna, l’idole de mes 12 ans [lis, tu comprendras].

Et puis j’ai commencé à me faire un peu chier, tout de même.

Acte 2 : Lyon. Après la maman, le papa. Et surtout les vieux potes de promo. Après le bio et l’eau claire, une soirée mojitos en forme de baffe dans ta gueule. Le rhum, c’est le mal.

Evidemment, on a disserté des malheurs de la Profession à en dégoûter n’importe quel non-membre de la confrérie des Tintins. Ca tombait bien, y avait que ça.

Le lendemain, j’ai enchaîné sur une expo de Keith Haring. Si je faisais mon snob, je disserterais de cette période particulière du New-York début 80, entre new-wave et rap, SIDA et Live Aid, Warhol et Basquiat, pop art et street art. Comme je suis pas snob, ou du moins pas à ce point, je vais me contenter d’étaler mon peu de science de la chose et enchaîner discrètement avant que tu t’en aperçoive.

Après ça, donc, j’ai rejoint mes petits camarades pour un second service à base de bouchon lyonnais. Ce qui me pose généralement un problème, puisque je peux pas blairer la gastronomie lyonnaise. Faire frire des tripes de cochon panées, je trouve pas ça naturel. Bref, on s’en est sorti avec un boudin aux pommes qui a continué son existence dans mon estomac durant deux jours, mais c’est ça aussi, l’aventure du voyage.

Et puis le lendemain, retour sur Paris. Qui avait entretemps décidé de quitter l’ère glaciaire pour passer sans transition à un vieux 25°C à l’ombre de bon aloi.

Inutile de te dire que tout cela m’avait, commme on dit, puissemment ressourcé.

Comme j’étais un peu the new man in town, j’ai collé mon vieux matos d’escalade qui traînait chez mon père dans le panier avant d’un Vélib’ et moi et mon sac à dos, on a pédalé jusque là haut dans notre XIXe, en remontant un canal Saint-Martin plus bondé que les plages de Côte d’Azur fin juillet.

Et, arrivé chez moi, je me suis dit : “en route pour de nouvelles aventures”.

Ce fut le cas.

Episode 9 |Par Sam | le 14 mai 2008 @ 0:12 | dans Quotidiennes
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Primavera

[<mode métrosexuel> J'ai une coupe de cheveux de rockstar. Je suis passé en une demi heure de John Lennon version 1965 à quelque chose entre Tom Yorke et un prisonnier russe. C'est la classe. </mode métrosexuel>]

Il t’a plu, mon piaf ridicule ? J’ai joué avec tout l’après-midi au boulot. Avant de filer me faire tondre et acheter des carottes, parce que c’est pas tout ça, mais il faut reprendre les bonnes habitudes, un peu.

Après, je suis rentré à pied.

En descendant Bolivar, je boitais presque pas et il faisait presque bon.

En descendant Bolivar, j’avais ce truc dans les oreilles et c’était juste parfait

free music

Et comme ça faisait hyper longtemps, j’ai relevé la tête pour regarder le ciel et il faisait encore jour. Et on voyait un bout de ciel entre deux nuages, qui stagnaient moins bas que d’habitude, comme une respiration.

Et je suis passé aux Buttes-Chaumont et c’était vert et plein de fleurs partout. Ca sentait le végétal en chaleur, le pollen moite et le pistil turgescent.

Et ça y était : l’hiver était fini.

Et il était temps.

[En fait, je suis la Marie-Pierre Planchon de la blogosphère. Sinon sur zone Viking et Hybrides, mer agitée à très agitée, de la pluie, du vent]

Episode 21 |Par Sam | le 21 avr 2008 @ 21:46 | dans Non classé
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Le jour de la marmotte

Mardi 15 avril, 6h00. Bidibip, fait le portable. Je tente d’ouvrir un oeil, difficilement. Me lève comme un automate. Ordinateur, Firefox, France Info. Sous la douche, j’écoute d’un neurone endormi une voix anonyme égréner ce qui va rythmer ma journée. Je mets dix minutes avant de parvenir à enfiler cette saloperie d’attelle dans ma pompe gauche. Et pars clope au bec, en retard et en boîtant, au travail. Dont je rentre à 17 heures, épuisé. Sieste. Je me réveille au bout de deux heures, l’air hagard. Et passe le reste de la soirée à comater.

Mercredi 16 avril, 6h00. Bidibidip, fait le portable. Je l’attrape et l’éteins, soupire, me lève. Ordinateur, radio, douche, attelle, porte. Je suis encore à la bourre. Je boîte plus vite vers le métro. Retour maison à 16h00, sieste. Vers 19h00, ma soeur passe boire l’apéro. On compare nos tares respectives en les humectant au Pastis et en avalant du saucisson corse. On se couche bien pétés, mais plutôt soulagés. S’épancher, c’est toujours ça.

Jeudi 17 avril, 6h00. Bidibidibip, fait le portable. J’entends ma soeur se réveiller en sursaut. Cinq minutes plus tard, elle est partie, très en retard. Il y a pire que moi, niveau horaires. Douche, radio, attelle, rue, métro, j’enchaîne sans plus y penser. J’arrive chez moi vers 18h00. Pas de sieste, du coup. Je suis un zombie jusqu’à 21 heures, où je capitule et m’endors devant West Wing.

Vendredi 18 avril, 6H00. Bidibidibidip, fait le portable. Je le coupe, me rendors une demi-heure. Je me lève sans savoir pourquoi. Pas de radio, pas de douche. Juste un enfilage rapide de fringues, une main dans les cheveux sales et trop longs avant de fermer la porte et de partir. Je rentre 16h30. Ce coup-ci, pas d’heures supplémentaires, juste une effroyable envie de pioncer. Je sieste donc une heure et me réveille tout aussi fatigué que les autres soirées de cette putain de semaine interminable et vide et grise.

Qui est, donc, finie.

J’y croyais plus.

Episode 23 |Par Sam | le 18 avr 2008 @ 17:34 | dans Quotidiennes
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Long John Silver

J’ai une nouvelle copine. Si. Elle est sympa, mais elle a un nom un peu étrange : elle s’appelle Gibortho. Je crois que c’est roumain, quelque chose comme ça. Sinon, elle est vachement belle : blanche, avec de la mousse bleue. Et ses scratchs font un bruit réjouissant quand on les serre.

Gibortho est une jeune et sémillante orthèse, ce qu’on appelait avant une attelle. Elle et moi, on va rester ensemble jour et nuit pendant trois formidables semaines d’enchantement. Car je me suis bien fait une entorse, vois-tu. Une bien jolie, même, selon la madame docteur des urgences.

Au moins, j’aurai découvert ce que c’était en vrai, les urgences. Avant Gibortho, j’étais un genre de super-héros : j’avais été à l’hôpital en tout trois fois dans ma vie, dont une pour y travailler. Je me suis jamais rien cassé, j’ai jamais eu d’ennui de santé majeur, rien. Donc aucune raison de visiter le services des urgences, jusqu’ici.

Je t’en fais pas des tonnes : les urgences, c’est surtout long. Tu attends qu’on te regarde une première fois, puis tu vas attendre ailleurs qu’on t’inscrive, puis pour changer tu vas patienter en attendant qu’on t’appelle. Après, on te met dans un petit box sans fenêtre, et tu attends. Puis un médecin regarde, et te dit d’attendre pour la radio. Après on vient te chercher, tu attends en radiologie. Tu fais la radio, tu reviens avec les clichés et tu attends le diagnostic. Puis tu attends l’infirmière pour le joli bandage souvenir, et tu peux enfin partir.

Du coup, t’as le temps de regarder tes camarades de misère. Les clodos en plus ou moins sale état, la petite vieille perfusée de partout que son vieux suit à la trace en babillant des gentillesses aux infirmières, les jeunes skateux qui accompagnent leur pote skateux qui s’est fait mal au poignet en skatant, la maman inquiète pour sa fille migraineuse. Les arrivées de pompiers, de flics, de gars de la Croix-Rouge. Et une très jolie jeune fille avec un nom russe et un énorme bandage sanguinolent sur toute la tête. Et, au milieu de tout ce petit monde, des infirmières en vert qui glissent le long de couloirs interminables aux linos usés par d’innombrables passages de brancards.

Bref. En moins de trois heures, j’étais dehors. Et c’est là où j’ai fait une autre découverte : une cheville, en fait, ça sert tout le temps. Et t’as beau en avoir deux, quand il n’y en a qu’une qui fonctionne, ben tu paume pas mal en mobilité. Sans même te parler des escaliers, que c’est un bonheur.

Je me languis du métro demain matin, ça va être top.

Episode 29 |Par Sam | le 13 avr 2008 @ 17:29 | dans Quotidiennes
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NFS, chimie/iono et les gaz du sang

J’aurais jamais dû écrire “monde de merde”. Ou du moins j’aurais dû deviner qu’en le faisant, je m’exposais à une vengeance.

C’est fait.

Hier soir, en rentrant d’une chouette soirée pleine de lesbiennes hyper mignonnes et très sympathiques, Dieu, le Destin, El gran jefe, qui tu voudras, m’a puni.

[Note en passant: quand tu sens que tu as trop bu pour rentrer en Vélib, ne rentre pas en Vélib. Même si c'est loin]

Ma punition a pris la forme d’une flaque d’eau. Je pédalais tranquille, un peu en zigzag tout de même, quand j’ai voulu prendre un virage bien trop serré et un peu trop vite. Et un peu trop dans la flaque d’eau qui traînait là.

Le vélo est parti sur le côté, et mon pied gauche s’est retrouvé à faire un mouvement très inhabituel pour lui, un genre de 180° nose grab. Il s’est arrêté à 90, heureusement.

Et j’ai eu mal.

Et ce matin, en tentant de me mettre debout, j’ai aussi eu mal. Voire beaucoup mal. A l’heure où je t’écris, j’évite de bouger le pied, sinon ça fait mal aussi.

Ce qu’on appelle une entorse, en langage technique. Enfin, j’espère que c’est que ça. Mais vu que mon pied n’est pas bleu et que je ne vois pas de bout d’os sortir de ma cheville, ça doit être ça.

Bref, me voilà mur pour un dimanche sympathiques aux urgences de l’hôpital Lariboisière. Et une béquille pendant 15 jours. Moi qui envisageais justement de me mettre au jogging… Non, c’est pas vrai. Mais j’aurais pu. Plus maintenant.

Morale de l’histoire : ne pourris pas trop les forces de l’esprit, sinon elles te foutent des flaques sous tes pneus.

Episode 30 |Par Sam | le 13 avr 2008 @ 12:55 | dans Quotidiennes
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Kärcher

[Ca faisait longtemps que je t'avais pas raconté mes incroyables aventures, dans ce quotidien merveilleux de jeune célibataire. Et, avoue-le, ça manquait]

Tu sais quoi ? Je suis M. Propre. En moins chauve et moins musclé, et sans l’anneau dans l’oreille, mais sinon, le même. Tout pareil. L’Attila de la crasse, le Gengis Khan de la poussière, c’est moi. Là où je passe, la vaisselle ne repousse plus jamais. Et les acariens tremblent en entendant mon nom.

Sérieusement, je crois que la dernière fois où ça été aussi propre ici, Chirac était encore président. Et je vivais pas tout seul, non plus. Ce qui aidait.

J’ai briqué, récuré, aspiré, balayé, brossé, lustré, poli, lavé, récuré, gratté, astiqué. J’ai grimpé sur les meubles pour enlever les kilos de poussière sous lesquels ils s’affaissaient, résisté dix fois durant à l’envie de foutre le feu une bonne fois histoire d’en finir. Déplacé des meubles qui ne l’avaient plus été depuis tellement longtemps que je te raconterai pas ce que j’ai trouvé dessous, tu es peut-être en train de manger. Dans mons salon, j’ai charrié environ 6 mètres cubes de trucs à
balancer, en provenance de tout l’appart. Dont dix bons kilos de
journaux et de magazines.

Ca m’a pris des plombes. J’en ai mal aux bras à force de frotter partout. Mes mains, mes pauvres mains d’intellectuel, jadis belles et douces, ne sont plus que deux pauvres choses fripées, tordues et blanches, tellement elles ont trempé dans les détergents divers. Et je ne suis pas certain que le parfum brise marine ne m’ait pas définitivement niqué l’odorat. Sans même te parler de mon dos que bordel, mon royaume pour une masseuse.

Mais je regrette pas.

Comment le pourrais-je ? Je n’ai rien choisi. J’ai suivi mon destin.

Ce fut comme une espèce de transe mystique. Rentré chez moi après le boulot, j’ai commencé par m’effondrer. Séquelles d’un apéro un peu violent mais salutaire, hier soir. Et d’insomnies rémanentes.

[Excuse-moi un instant, je vais admirer.

Tu sais quoi ? C'est propre. Et c'est beau.

Reprenons]

J’ai ronflé, comme d’hab. Dans ce vieux bordel un peu familier. Sans y prêter attention. Je me suis réveillé la tronche ensablée, comme d’hab aussi. Avec une seule envie : celle de retourner me coucher. J’ai résisté mollement, trucidant sans conviction quelques morts vivants dans un jeu vidéo.

Et puis, soudain, l’illumination. Come une lumière mystique tombée du plafond. Comme un appel sourd et profond, venu d’un au-delà où tout brille et sent bon. Le satori. L’instant de perfection, où tout est clair. Où il n’est plus besoin de réfléchir. Juste de suivre cet élan irréprésible qui t’habite, limpide comme une eau de source montagneuse.

Alors, j’ai empoigné Excalibur, et suis partois en Queste. [Excalibur, c'est le petit nom de mon aspirateur. En vrai, il s'appelle Bluesky, mais c'est moins classe].

Et, semblables aux Orgues de Staline, mille huit cent watts de méchanceté pure se sont déchaînés dans mes 35m² sur cour, certes, mais charmants, même s’il paraît que ça ressemble de plus en plus à un appartement de célibataire, selon mes dernières visiteuses. En même temps, comme je leur dis, C’EST un appart de célibataire.

Bref, ce fut le début d’une opération Shock and Awe dans le plus pur style des Navy Seals, mais avec moins de gros flingues et plus de serpillères.

Et, grâces en soient rendues aux Dieux, j’ai triomphé. Mission accomplished, comme je le disais à Durandal, mon balai, sur lequel je m’appuyais voici quelques instants encore, haletant, épuisé mais fier, la sueur coulant à grosses gouttes de mes pectoraux lustrés et massifs. [Oui, bon, ça va, laisse moi kiffer la vibe, un peu]

Demain, je me lance dans une audacieuse offensive. Par un ample mouvement tournant, précédé d’un intense bombardement, je vais tenter de prendre d’assaut la paperasse. Ô seigneur, laisse-moi devenir le bras Ta Divine colère. Dies Irae sur la CAF et les impôts, moi je dis.

Episode 34 |Par Sam | le 8 avr 2008 @ 21:10 | dans Quotidiennes
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Soldes monstre

Je sais plus dans quelle œuvre majeure de la littérature française j’ai lu cette maxime : ” y a des fois où, pour avancer, faut savoir te mettre de grands coups de pieds au cul. Y a des fois, aussi, où ton cul ne veut plus rien savoir”.

En tous cas, c’est pas faux. Du moins est-ce ce que je me disais, cette nuit, au lieu de dormir. Et encore ce matin, en courant prendre ma douche après une bonne vieille panne de réveil, comme je les accumule en ce moment.

[Note pour moi-même : le Vélib' est certes plus rapide que le métro en cas d'urgence, mais la prochaine fois, je prendrai le temps de jeter un oeil à la température, ce qui m'évitera de perdre deux orteils en allant bosser.]

J’y arrive plus. A rien. D’autre que stagner chez moi, s’entend. Le ménage ne se fait pas, la vaisselle s’accumule, les reportages avortent, le bouquin fait du sur-place, et moi je suis fatigué de tout ce rien.

J’ai beau me traiter de toquard, m’auto-motiver à la marine ["tu vas bouger ton cul, espèce de vieille loque ?"] ou à la bisounours ["allez, Sam, tu peux y arriver, tu vaux le coup"], rien. Que dalle. Macache. Nib de nib. Un invertébré.

Ah, si : ce weekend, outre m’intoxiquer alimentairement à coups de bouffe chinoise pas fraîche, et du coup me pourrir mon samedi, j’ai refait le design ici.

Super, non ? [Au fait, tu en pense quoi ? Paraît que ça fait vide en haut à gauche. Moi j'aime bien, mais bon].

Sinon… rien. Que des conneries. Des actes manqués, des malentendus, des remords, des bourdes, ça oui. Au quintal, que j’en fais, ma bonne dame. Soldes monstres sur la bévue. Destockage massif de maladresses. Moins 20% sur le lapsus fatal. Liquidation de printemps sur les angoisses nocturnes.

On va dire que c’est saisonnier. On va dire que le mojo reviendra avec les hirondelles.

Sur ce, je te laisse, j’ai une sieste sur le feu.

Episode 35 |Par Sam | le 7 avr 2008 @ 16:06 | dans Quotidiennes
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