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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Fabrique à souvenirs

Deux jours que je tourne et retourne dans ma tête une certaine note, sans me résoudre à l’écrire. Au final, je vais m’abstenir. Et garder pour moi certaine soirée parisienne. La garder précieusement, bien au chaud, comme un moment d’éphémère perfection printanière, que j’aurais mieux fait de laisser s’épanouir au lieu de le gâcher en voulant trop tout de suite.

Restera le souvenir, le petit sourire qu’il me colle au coin des lèvres alors que j’y repense en écrivant. Et cette image, tartignolle à souhait, je te l’accorde, mais on a tous besoin de cartes postales.

Une carte postale

Episode 195 |Par Sam | le 7 juin 2008 @ 23:00 | dans Pensées parasites, Photos
4 commentaires »

Cure de sommeil

Retour au post. Je repique au truc, graphomane intermittent, au sortir d’une balade post-labeur trop moite et trop sucrée, la tête pleine de ces petits riens qui, accumulés, font les grandes prises d’icelle.

[T'attends pas trop à du cohérent, sur celui-là. Je lâche la bride à mes papattes sur mon clavier sale, on verra bien où ça nous mènera]

Trop écouté Noir Désir, récemment. Je reviens à la bonne vieille randomisation géante des familles. Et Shivaree sussurre goodnight, moon. Sirupeux, encore. Zappons plutôt vers un vieux Darkshines de Muse, parce qu’on est pas métrosexuel par hasard.

Et je m’aperçois que je t’ai pas conté mes vacances, ce qui est tout de même malheureux. Et me donne l’occasion d’un sujet sur lequel dégoiser un brin.

Mes vacances, donc.

Acte 1 :
le Sudeu-congue. Trois jours de repos. Total. Violent. Mais bio, attention : chez ma maman, c’est kinoa quinoa, bouddhisme et produits du jardin. Et siestes. Siestes, siestes, et encore siestes. Au soleil, sur l’herbe, dans une chaise longue, sur un canapé ou sur un lit, j’ai ronqué comme un ouf malade, pas moyen de m’arrêter.
Toutes les deux heures, un monumental coup de bambou derrière la nuque, paupières qui s’affaissent toutes seules, jambes coupées. A m’écrouler vers le premier truc horizontal qui se pointait là, les bras en croix, pour aller rouler des pelles à Morphée.

Rien foutu, donc. Ou si peu. J’ai bien cuisiné quelques tajines (bio), installé MSN à ma petite soeur [qui a 12 ans et un skyblog. Elle a fait deux posts. Elle a 30 commentaires pour chaque. Je suis mort de rire], joué avec le chien, le chat, les ânes et les autres pensionnaires de la baraque et même soulevé trois caillous et donné deux coups de pioche, histoire de m’occuper entre deux roupillons. C’était bon. Pour meubler les siestes, je me suis relu deux Bête et Méchant et Les yeux plus gros que le ventre de Cavanna, l’idole de mes 12 ans [lis, tu comprendras].

Et puis j’ai commencé à me faire un peu chier, tout de même.

Acte 2 : Lyon. Après la maman, le papa. Et surtout les vieux potes de promo. Après le bio et l’eau claire, une soirée mojitos en forme de baffe dans ta gueule. Le rhum, c’est le mal.

Evidemment, on a disserté des malheurs de la Profession à en dégoûter n’importe quel non-membre de la confrérie des Tintins. Ca tombait bien, y avait que ça.

Le lendemain, j’ai enchaîné sur une expo de Keith Haring. Si je faisais mon snob, je disserterais de cette période particulière du New-York début 80, entre new-wave et rap, SIDA et Live Aid, Warhol et Basquiat, pop art et street art. Comme je suis pas snob, ou du moins pas à ce point, je vais me contenter d’étaler mon peu de science de la chose et enchaîner discrètement avant que tu t’en aperçoive.

Après ça, donc, j’ai rejoint mes petits camarades pour un second service à base de bouchon lyonnais. Ce qui me pose généralement un problème, puisque je peux pas blairer la gastronomie lyonnaise. Faire frire des tripes de cochon panées, je trouve pas ça naturel. Bref, on s’en est sorti avec un boudin aux pommes qui a continué son existence dans mon estomac durant deux jours, mais c’est ça aussi, l’aventure du voyage.

Et puis le lendemain, retour sur Paris. Qui avait entretemps décidé de quitter l’ère glaciaire pour passer sans transition à un vieux 25°C à l’ombre de bon aloi.

Inutile de te dire que tout cela m’avait, commme on dit, puissemment ressourcé.

Comme j’étais un peu the new man in town, j’ai collé mon vieux matos d’escalade qui traînait chez mon père dans le panier avant d’un Vélib’ et moi et mon sac à dos, on a pédalé jusque là haut dans notre XIXe, en remontant un canal Saint-Martin plus bondé que les plages de Côte d’Azur fin juillet.

Et, arrivé chez moi, je me suis dit : “en route pour de nouvelles aventures”.

Ce fut le cas.

Episode 9 |Par Sam | le 14 mai 2008 @ 0:12 | dans Quotidiennes
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[...]

Tiens, il ne flotte plus. On dirait même qu’un rayon de soleil a décidé de se glisser entre deux épaisses couches de grisaille, comme un genre de clin d’oeil ironique.

Il est 18 heures. Je viens d’enfiler un jean. J’ai pioncé toute la journée, entre deux épisodes de West Wing que j’avais déjà vu.

Mon appartement ressemble à une cache vietcong dans laquelle on aurait fait péter une grenade. Des fringues et de la bouffe partout, un bonheur. J’ai aucune envie de ranger.

Je suis un blaireau blessé dans son terrier crado. C’est méchant, les blaireaux. Surtout blessés. C’est hargneux. Je suis un blaireau méchant. Mais ça rumine pas, les blaireaux. Moi, oui. Je mâche et je remâche. Le goût reste amer, mais ça occupe. Je guette, aussi, un peu. Ca guette, les blaireaux ? Certainement.

Je peux même pas aller party all night, je bosse tôt demain. Alors je contemple le désastre qui me sert de piaule. Les draps pendus sur l’étagère. La bouteille de pif vide à côté du bureau. Derrière la bouteille, il y un genre de cadre sur lequel je punaise des trucs par-dessus les tracts électoraux de Mitterrand et de Gaulle en 1965.

Et accroché au nez de Mitterrand avec une fléchette jaune, il y a un mot. Que j’ai pas envie de décrocher.

Episode 51 |Par Sam | le 28 mar 2008 @ 19:44 | dans Quotidiennes
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Presque le printemps

Tu sais quoi ? Il paraît que c’est le printemps. Du coup, je suis rentré à pied, ce soir. Et c’est vrai qu’il faisait presque doux, et c’est vrai que les nuages teintés en rose fluo par le coucher de soleil et la pollution à l’ozone avaient un petit je-ne-sais-quoi [en français dans le texte] de guilleret. Voire taquin.

Ou alors c’est moi, remarque. Les hormones, tout ça. Et puis, disons-le, je m’ennuie un peu, aussi. Du coup je me fais des blagues à moi-même.

Je joue. Au jeune actif solitaire parisien qui fait les courses portable collé à l’oreille. J’adore voir la tête des gens quand je demande à mon pote Djay, le syndicaliste creusois hardcore-gamer, si son reroll chaman heal va bientôt atteindre le niveau 70 [tu ne comprends rien ? Rassure-toi : c'est normal. On pourrait même dire que c'est un signe de bonne santé].

Je m’amuse d’un rien. Ce petit couple gay, dans le Lidl, tous deux en costume et manteau, chaussures classe et serviette en cuir, en train de se demander s’il reste du beure, alors que juste à côté d’eux, un clodo compare avec minutie les degrés d’alcool de chaque sous-marque de bière. En leur honneur à tous les trois, j’ai acheté un paquet de douze rouleaux de PQ bleu. Oui, bleu, parfaitement. Et ça m’a fait sourire.

Tout comme le coup de fil angoissé d’une consoeur en reportage loin là-bas, qui avait réussi à faire pivoter de 90 degrés l’écran du PC portable et ne parvenait plus à le remettre en place.

Rentré chez moi, j’ai composé une ode muette à l’entropie. J’éprouve un plaisir pervers à regarder les choses se dégrader lentement. La corbeille à linge qui se remplit, le frigo qui se vide. La vaisselle qui s’empile. Ca a un côté réjouissant, je trouve.

Petites joies. Comme celle de voir des projets avancer à des trains de tortue, mais avancer tout de même. Voir les pièces se mettre en place lentement. Savourer la perspective de tout ce boulot à faire, de tous ces chapitres à écrire, ces interviews à mener. Ces idées à avoir.

C’est l’histoire du cadeau. Tant qu’il est enveloppé dans du joli papier, tant que tu n’as pas défait le ruban, que tu ne sais pas ce que c’est, on reste dans le merveilleux du spéculatif.

Et là, j’écoute Cat Power, un peu fatigué mais pas trop, en tapant cette note sans prétention. Et tout est tranquille. Juste tranquille.

Episode 53 |Par Sam | le 26 mar 2008 @ 21:31 | dans Quotidiennes
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Easter aigre (doux)

[J'espère que tu apprécies le jeu de mot]

Back dans les bacs, comme disait le poète. Note, j’étais plutôt parisien, ce weekend pascal. Que j’eusse souhaité reposant, à la base.

Ce qui s’est en partie produit: j’ai pioncé comme jamais. A coups de douze heures d’affilée, plus une sieste par gourmandise. Et je baillais encore le reste de la journée. Et c’était bon. Et j’en avais besoin.

Mais dormir, ça fait pas tout, dans la vie. Par exemple, tu peux aimer, aussi. Ce que j’ai tenté lorsque je ne ronflais pas.

Et sur ce point, le weekend fut plutôt guerrier. Voire sauvage. Ma vie amoureuse est une guerre de positions. Je joue au blitz en aveugle contre un miroir inversé. Bisounours versus Mme de Merteuil, round 6, fight.

Je dévale les pentes d’une montagne russe. A finir au fond d’un métro samedi soir, triste comme une pierre tombale tchétchène et furieux comme un gamin de cinq ans qui s’est pris une tarte sans raison, et vivre un rêve éveillé 24 heures plus tard, lorsque je me suis endormi et qu’elle me réveille en me couvrant de bisous et en s’excusant.

Pour faire dans le recyclage, cette histoire est comme le chat de Shrödinger, enfermé dans sa boîte, à la merci d’un dispositif aléatoire qui peut le tuer à tout instant.

La physique quantique postule que tant qu’on ouvre pas la boîte, on ne peut pas savoir si le chat est mort ou vivant. Et qu’il est donc les deux à la fois.

Ce à quoi les physiciens quantiques n’ont pas réfléchi, à mon avis, ce sont les sentiments du chat.

Moi je peux te les donner : Le chat, il savoure chaque instant. Chaque seconde qui passe. Le chat, il y croit.

Le chat, il se sent méchamment vivant.

Episode 54 |Par Sam | le 25 mar 2008 @ 21:00 | dans Quotidiennes
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Douze jours (IX). Prison Break

On sort de l’hiver, et c’est bien [Et voilà le post météo, spéciale dédicace, tout ça].

Les jours rallongent, il fait moins froid le matin en Vélib. On voit même parfois le soleil, ce qui est tout de même relativement exceptionnel dans cette ville de merde qui est décidément bien trop au nord.

Et j’ai besoin de vacances. Ou d’évasion, au minimum.

En mai, ça fera deux ans que je suis arrivé à Paris pour un stage. Depuis deux ans, mon plus long séjour hors de Paris a duré dix jours. Qui furent également mes seules vacances.

Au total, j’ai dû sortir de cette ville quelque chose comme dix fois maximum. Avec pour destinations Lyon, La Souterraine (Creuse), Lussas (Ardèche), Lausanne (Suisse) et c’est tout.

Je crois que j’ai besoin de voir autre chose, d’urgence. La dernière fois que j’ai vu une forêt, j’ai bloqué trois minutes entières. Et je pense que si je vois une montagne, je risque de me mettre à pleurer, juste.

Episode 73 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 21:40 | dans Quotidiennes
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