Je suis venu te dire….
[Les transports amoureux sont en grève. A tous points de vue, d'ailleurs. Panne d'inspiration temporaire, on reprendra quand ça reviendra. Mais réjouis-toi : c'est l'heure du bêtisier]
Il y a deux ans jour pour jour et presque heure pour heure, je débarquais d’un TGV, Gare de Lyon avec une valise moche et super lourde, un sac à dos bourré ras la gueule, un stage qui commençait le lendemain et l’adresse d’un canapé d’accueil pour quelques semaines le temps de me retourner.
Ce que j’ai fait depuis, un peu dans tous les sens. A l’endroit, à l’envers, disait l’autre.
[Pour achever de te faire pleurer, j'avais tellement pas de sous que les distributeurs ne voulaient plus m'en donner, un appartement à trouver pour deux et un prêt étudiant à commencer de rembourser, le tout dans les trois mois. J'aime entretenir ma mythologie personnelle. C'est du storytelling, coco]
Deux ans. 730 jours. ça en fait, des trucs à raconter, si on voulait faire un bilan.
[Et là, tu te dis : "oh, merde, il va faire un bilan."]
Deux ans après, le même ? Pas tout à fait. Un peu moins jeune, un peu plus large d’épaules,professionnellement au moins.
J’ai un taf qui le fait quand même pas mal. Et que j’ai fini par assumer . Ce qui me permet de m’y ébattre avec un plaisir relativement certain.
Personnellement… comme disait l’un de mes vieux professeurs chenus, “c’est un peu plus compliqué que ça”.
Point de vue sentiments, j’aurai pas mal tenté, pas mal raté aussi. L’éternelle histoire nietzschéenne de la baffe dans ta gueule qui te rend fort, quand elle a fini de te tuer.
Suis-je plus fort ? J’en suis pas certain. Et en fait je m’en fous un peu, au final. C’est pas ça qui m’excite.
Point de vue comportement, du coup, je vais pas t’écrire “j’ai changé”, on a vu ce que ça donnait. Je préfère me dire que je me comprends mieux. Je préfére me dire que je sais un peu mieux ce que je veux changer.
Et que je commence à le faire, imperceptiblement.
C’est long. Mais c’est bon.
[Par contre, ça nuit gravement à ce blog, qui ressemble de plus en plus à Fréquenstar, à force de flashbacks mièvres. Mais t'inquiète : demain, je pars à la cambrousse voir du soleil jaune et du ciel bleu et des arbres verts et profiter du tout. Ce qui, je crois, va faire du bien à tout le monde, toi compris.]
Episode 13 |Par Sam | le 1 mai 2008 @ 0:39 | dans Pensées parasites
• 2 commentaires »
Transport amoureux numéro 8
Premières soirées au collège. On appelait déjà plus ça des boums, mais c’était tout comme. On louait des salles municipales, on obtenait la permission de minuit, voire une heure du matin. On amenait de l’alcool, une chaîne hi-fi. Et on dansait sur Nirvana ou les Red Hot Chili Peppers.
En faisant toutes les conneries possibles avec de l’alcool, des cigarettes et la créativité perverse que peu déployer un adolescent en pleine puberté pour compenser un peu son corps qui change, ses érections intempestibles, ses boutons plein la tronche et son appareil dentaire.
Et puis, à un moment de la soirée, il y avait les slows. Alors on invitait des filles à danser, l’estomac un peu noué, mais on tentait de faire bonne figure devant les potes.
Il y avait déjà des serial lovers, mais j’en étais pas. Celle-là, mademoiselle numéro 8, j’étais dans son groupe en techno. Et je savais déjà par ses copines qu’il y avait moyen. Alors je l’ai invitée. Elle était brune, plutôt mignonne.
On s’est frottés sur Bryan Adams, Scorpions ou un truc dans le genre. J’étais mort de trouille. A un moment donné, j’ai réussi à lui bafouiller dans l’oreille la phrase magique : on va faire un tour dehors ? Elle n’attendait que ça.
Les relations collégiennes obéissent à un rituel bien précis. Une fois dehors, j’ai respecté toutes les étapes, que je connaissais d’instinct, faut croire. Lui prendre la main. Respirer un grand coup et lui demander d’une voix tremblante et quelque peu trop aigüe, si elle voulait “sortir avec moi”. La clé, le graal, la voie vers un monde nouveau.
Elle a dit oui. Alors on s’est embrassés. Et c’était bizarre. Carrément pas désagréable, mais bizarre. On a passé plein de temps à essayer différents trucs avec nos bouches. Jusqu’à ce que ses parents viennent la chercher. Et j’ai fini la nuit en me disant que décidément, c’était pas du tout comme dans les bouquins. Mais bon, c’était bien quand même.
Après, on “sortait ensemble”. Ce qui consistait essentiellement à s’attendre devant le collège matin et soir pour se rouler des grosses pelles. Le reste du temps, on respectait la ségrégation sexo-spatiale de vigueur en quatrième. On retournait dans nos camps respectifs.
Ca a bien dû durer quelque chose comme deux mois. A l’échelle du collège, on était limite un vieux couple. Et puis on est partis en Italie. Et j’ai découvert l’adultère.
Episode 15 |Par Sam | le 28 avr 2008 @ 23:17 | dans Transports amoureux
• commentaires »
Transports amoureux numéros 5 et 6 et 7
Trois histoires assez semblables, dont j’ai trop peu de souvenirs pour faire autrement que de les coller ensemble. La numéro 5, c”était la fille d’amis de mes parents. Qui venaient l’été. On était trop gamins pour comprendre ce qui se passait, mais il se passait bien quelque chose.
On était potes comme les gamins sont potes. On ne jouait même pas au docteur. Mais avec elle aussi, existait quelque chose d’inexplicable. Etait-elle jolie ? Je crois. En tous cas je la trouvait jolie. Elle était brune, plutôt maigrichonne et on s’entendait super bien.
Quand on me demandait si c’était mon amoureuse, je faisais la grimace, évidemment. Mais au fond, c’était quand même un peu mon amoureuse. Et je devais être l’équivalent. A neuf ans, on ne pousse pas l’introspection aussi loin.
Et puis nos parents ont cessé de se voir. Je me demande ce qu’elle est devenue.
Mademoiselle numéro 6 n’était pas dans ma classe, mais on se voyait souvent, parce que nos parents étaient potes et qu’elle habitait à 500 mètres. Elle était blonde. Chez elle, il y avait une piscine dans laquelle on se baignait l’été. Et un jour, je devais avoir dans les dix ans, alors que je lui montrais fièrement mon ordinateur et qu’il n’y avait pas d’autre chaise, elle s’est assise sur mes genoux. Et c’était la première fois qu’une fille s’asseyait sur mes genoux.
Et ça me faisait tout bizarre, parce qu’entre temps, j’avais commencé à apprendre un tas de trucs sur ce que faisaient les garçons et les filles un peu plus âgés dans un lit. Et que là, j’avais un premier aperçu de la chose.
La septième était une cousine par alliance. Une Parisienne, enfin banlieusarde, mais c’était tout comme pour un petit cul terreux comme moi. Un jour, elle est venue en visite et on s’est retrouvés tous les deux. Et elle m’a tenu tout un discours, comme on peut en tenir à douze ans. Sur le fait qu’on était pas vraiment cousins d’un point de vue génétique et que donc il était tout à fait possible qu’on sorte ensemble sans risquer les foudres de la morale.
Moi, j’ai fait semblant de ne pas comprendre. J’étais un peu trop intimidé. Elle n’a pas insisté.
Et j’ai perdu une occasion. La première.
Episode 16 |Par Sam | le 28 avr 2008 @ 22:53 | dans Transports amoureux
• commentaires »
Girls, girls, girls
[Un truc qui me trotte dans la tête depuis un moment. Je pique donc allègrement l'idée à Kmille, qui en a fait une série de notes carrément bien, tellement que j'ai eu envie de faire un peu la même chose]
Transports amoureux. Elans affectifs. Tentatives de couplitude plus ou moins avortées. Angoisses et plaisirs, sexe et sentiments.
Tout ça tourne et retourne dans ma petite caboche depuis un moment, pour différentes raisons. Et je m’interroge gentiment sur le sentiment amoureux, ses tenants, ses aboutissants, ses vacances au ski et ses limites.
Et du coup je fais dans le voyage temporel. Je mâche de la madeleine. Je remonte le temps. Je cherche le début de tout ça. La quête du mystère des filles et des trucs qu’elles cachent sous leurs vêtements, ça remonte à quand ?
Alors pourquoi pas te raconter un peu les femmes de ma vie ? Au point où on en est…
Transport amoureux numéro 4, donc.
[Oui, je fais comme Georges Lucas : je débute à l'épisode IV. Parce qu'evidemment, la première femme de ma vie, c'est ma môman. Et la deuxième et la troisième, ce sont mes soeurettes. Mais on va laisser la famille en dehors de tout ça.]
Je ne sais plus son nom, je ne me rappelle plus de son visage. Juste qu’elle était blonde. J’avais six ans, mes parents retapaient leur nouvelle maison tout l’été et avaient décidé d’embaucher une fille au pair pour leur dégager les mômes des pattes.
C’était une jeune Allemande, belle comme au Valhalla. Grande, athlétique. Douce. Elle nous baladait, elle nous faisait manger. Elle parlait mal français, mais ce n’était pas un souci du haut de mes six ans et demi, parce qu’elle me faisait de grands sourires et que ça me suffisait. On allait chercher des mûres dans la cambrousse pour en faire des tartes et elle me tenait la main et c’était bien.
Elle est restée quelques mois, le temps d’un été. Mes parents lui avaient aménagé une petite chambre dans le grenier, avec un tissu bleu au-dessus du lit, pour éviter que la pluie ne perce par le toit qu’ils étaient en train de retaper.
Soudain, je découvrais un truc : les filles, c’est joli. J’avais envie de la toucher, d’être près d’elle, parce que c’était agréable. Parce que ça m’attirait. Une attirance que je ne pouvais pas m’expliquer. Je cherchais pas, d’ailleurs, je préférais jouer aux Lego.
Son départ, par contre, je m’en rappelle. Mon premier chagrin d’amour, un matin d’août 1986. Je boudais dans ma chambre parce que je trouvais ça totalement scandaleux, qu’elle parte alors que moi je voulais pas. Mais j’ai pas pu m’empêcher de me précipiter sur elle alors qu’elle franchissait la porte. Ni de pleurer alors que je m’étais promis d’être impassible et que je me retenais de toutes mes forces.
Episode 17 |Par Sam | le 28 avr 2008 @ 22:49 | dans Transports amoureux
• commentaires »
Audit
En ce moment, dans ma tête, c’est l’époque des rétrospectives. Des bêtisiers. Je ressors les vieux dossiers, je feuillette des trucs jaunis. Arôme madeleine.
Je relis mes vieilles tentatives d’écriture de terminale, les poèmes pourris, les nouvelles pas finies. Je remate les vieilles photos qui traînent sur mon disque dur. Je retrouve un vieux fichier de 80 pages de plus ou moins journal que j’écrivais voilà six bonnes années.
Et je suis pas tellement dépaysé. J’ai pas tellement changé.
Les mêmes dynamiques. Les mêmes montagnes russes, les mêmes périodes avec, les mêmes périodes sans. Les mêmes engrenages, les mêmes situations. Encore et encore.
On survit et on apprend, disait l’autre. Je me demande si on apprend tant que ça.
On croit savoir, on repart de plus belle et on retombe tête la première dans les mêmes ornières. On croit maîtriser et on se cogne encore et encore dans les mêmes obstacles, comme une putain de mouche face à une putain de vitre. Le truc, c’est que t’as beau t’être suffisamment tripoté le cerveau pour avoir compris qu’il y a une vitre, ça te dit pas par où passer pour la franchir enfin. Comme quoi, finalement, t’es pas tellement moins con qu’une mouche.
Et pendant que tu continues à te faire mal au nez à force de te cogner partout la gueule en fleur, le compteur, lui, il tourne.
Bordel, on est le 21 avril et je sais pas ce que j’ai fait des trois dernières semaines.
Faudrait arrêter un peu de vivre à mi-temps. Faudrait cesser d’attendre que le Destin farceur envoie son dernier challenge. Faudrait remplir les vides entre les journées de boulot avec autre chose que du rien.
Faudrait trouver la clé du labyrinthe, stopper le jour de la marmotte, mettre de nouvelles piles. Faudrait changer la stratégie d’entreprise, manager la dynamique, renouveler les cadres dirigeants, repositionner les valeurs du groupe, faire un business plan, optimiser les atouts fondamentaux, rationaliser le quotidien.
Je bosse dessus. Je suis sur le coup. Mais c’est pas simple.
Episode 20 |Par Sam | le 21 avr 2008 @ 23:06 | dans Pensées parasites
• commentaires »
Douze jours (VIII). Complexe
En ce moment, je dois faire une allergie, quelque chose dans le genre, mais j’ai envie de faire des trucs de ma vie.
Je me disais ça, vers 15 heures, collé dans mon lit avec un café et des clopes en guise de compagnie, en attendant de me taper une sieste devant un épisode de CSI : NY que j’avais déjà vu.
Il faut dire qu’en ce moment, je ne rencontre que des passionnés, des cultivés, des artistes, bref des gens qui ont un but dans la vie. Qui lisent de vrais bouquins sérieux. Regardent des films d’auteur. Montent des projets. Apprennent une langue étrangère. S’intéressent au théâtre, à l’art. Font des boulots qu’ils ont monté eux-mêmes, déploient une énergie constante dans leur métier. Y croient à mort, quoi.
Et je me sens un poil con, avec ma petite routine journaleuse, mes magazines, Internet, mon blog, mes séries à deux balles et mes bouquins politiques pour tout horizon intellectuel.
Episode 74 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 21:39 | dans Quotidiennes
• commentaires »
Douze jours (I). Réseaux
Paris, c’est minuscule, en fait.
C’est tellement la quintessence du parigot, cette réflexion, que j’aurais jamais pensé écrire ça un jour. Mais là, j’en ai eu plusieurs fois la preuve formelle, et c’est flippant.
Ces gens que tu rencontres et qui s’avèrent connaître tel ou tel collègue, ami ou contact que tu possèdes dans un tout autre contexte. L’impression d’appartenir à une petite communauté de jeunes diplômés parisiens, tous blancs, tous cadres, tous avec un métier-passion (coco).
Et moi, avec mes cinq ans de fac, ma maîtrise à deux balles, mes deux ans d’emploi-jeune et de chômage et mon école de journalisme au rabais, je me sentirais presque exclu, du coup, entre tous ces réseaux croisés de prépas, de Sciences-Po et autres. Ca doit être ça qu’on appelle l’ascension sociale. J’en parlerai à mon grand-père.
L’autre découverte, c’est que je commence à avoir ce qu’on appelle un “réseau”. Je sais qui appeler pour tel ou tel truc. Et ça aussi, c’est un apprentissage de ce qu’est le pouvoir tel qu’on le pratique à Paris.
Je n’en suis pas encore aux fameux dîners en ville, mais toucher du doigt ce système, comprendre son fonctionnement… en fait, ça me déprime.
Episode 82 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 21:30 | dans Quotidiennes
• commentaires »
Chronos et Beuve-Méry
Un bain plus tard.
[Rappelle-moi d''arrêter avec les plans bain à dix heures du soir. A chaque fois, avant, je me dis "super, tu vas pouvoir te détendre en méditant des choses profondes et belles", et pendant, je me fais chier comme un rat noyé en bloquant sur le rideau de douche à pois qu'elle aimait tant, et qui me paraît désormais super moche, si tant est qu'un rideau de douche puisse être autre chose.]
Tu sais quoi ? En marinant dans l’eau chaude, et lorsque je ne bloquais pas sur le rideau de douche, je me faisais cette réflexion : en fait, je me fais relativement super chier, les soirs de semaine.
Je ne sais si Rilke a écrit un truc sur l’ennnui qui accompagne la solitude difficile, mais il aurait dû. Parce que c’est pas simple, non plus, l’ennui. T’inquiète, hein : je meuble. Je bouquine, j’avale de la série, du film et du documentaire par teraoctets, je blogouille, je scanne mon Netvibes en boucle, et il m’arrive même d’aller tabasser de la harpie à grands coups de clic.
Mais tout cela reste assez pauvre en intensité dramatique. Etudiant, je vivais mieux le célibat, parce qu’il se passait en groupe de potes et en soirées diverses et variées. Jeune actif dynamique parisien, ben c’est moins drôle. Déjà, tes potes sont soit macqués, soit ils habitent à l’autre bout de la France, soit ils se lèvent tôt le lendemain. Les trois en même temps, d’ailleurs, souvent. En plus, t’as plus la santé et un job un peu trop exigeant pour aller faire pump it up dès le mardi soir.
Du coup, ben tu restes comme un con devant ton écran à faire ta petite vie numérique brouillonne, mais ça je t’en cause plus tard.
Et pendant ce temps, une petite horloge dans mon crâne fait tictac et me rappelle que dans 683 jours d’ici, je serai trentenaire. Chronos, salopard mangeur d’enfants, va.
Et que d’ici là, il va peut-être falloir mettre un coup de collier, si je veux enfin accomplir tous ces trucs dont je me disais, gamin, qu’ils seraient faits avant 30 ans. Genre écrire un livre, parce que ça, c’est inévitable. Genre faire un voyage de six mois au Japon, en Chine ou au Bhoutan, enfin là-bas, loin. Genre devenir 5e dan d’aïkido, pour pouvoir me la péter, un peu. Genre arrêter de fumer, parce que c’est mal. Genre faire un gamin, aussi, pour pouvoir lui raconter des conneries et lui dire tu vois mon fils, tu vois ma fille, la vie, c’est comme ça. Genre avoir trouvé la femme de ma vie avec qui faire tout ça, surtout.
[Et que c'est pas en prenant des bains que ça va avancer. [Ni en racontant des conneries sur un blog, tu me diras. Quoique...]
Le problème, c’est que je me sens comme un lapin dans les phares d’une bagnole conduite par cette vieille salope de Chronos. Fasciné par la lumière et incapable de remuer une oreille. Paralysé dans un quotidien déjà bien rempli, il faut dire. Et pas si désagréable [même si je ne cracherais pas sur un peu de seske, parce que là ça fait tellement longtemps que je suis plus certain de me souvenir comment on fait].
Après tout, j’ai déjà accompli un truc ou deux, dans ma cheklist de quand j’avais 14 ans. Je fais le boulot dont je rêvais petit. Menteur journaliste. Même si c’est pas franchement comme ça que je m’imaginais la chose à l’époque.
On est con, à 14 ans, aussi.
Le pire, c’est que j’aime ça, le nalisme. Bosser sur deux écrans à la fois, enquiller des papiers à réactualiser en continu, courir après des cons de politiques pour des interviews langue de bois, se faire raccrocher au nez par des chargés de com’ de ministères hystériques, me lever à 6 heures pour aller traîner gare du Nord, caméscope au poing, à microtrotter de l’usager mécontent, glander tout seul au taf les samedis soir de permanence en ratant la soirée de l’année, enquêter toute la journée pour m’apercevoir à la fin qu’il n’y a rien à raconter, me faire insulter par des blogueurs branchés et des citizens reporters de mes deux dans des débats, me battre avec mon chef pour ne pas écrire un dixième papier Carla Bruni, parce que j’en peux plus, le tout avec des horaires merdiques et un salaire horaire de femme de ménage… J’adore. C’est mon côté pervers.
Donc, la vie professionnelle, c’est fait, c’est calé. Ca roule.
Mais ça freine un peu tout le reste, fatalement.
Episode 114 |Par Sam | le 23 jan 2008 @ 0:50 | dans Pensées parasites
• commentaires »
Ecrire parce qu’il te reste ça, au moins
B.O.
Deux mois plus tard, le retour du fils prodigue… Bon, c’est pas non plus comme si quelqu’un lisait ce blog. En même temps, le pauvre, il n’aurait pas grand chose à se mettre sous la souris.
Et pour couronner le tout, c’est un retour en forme de… de rien du tout, de spleen automnal, de rupture qui passe pas, toujours pas, qui reste et qui hante, et qui pique, et qui gratte, et qui empêche de dormir.
Trois mois, déjà. Trois longs mois, avec quelques hauts, et pas mal de bas. Trois mois à continuer de se demander ce qui s’était passé, trois mois à se dire qu’on passe à autre chose, qu’on a tourné la page, que c’est passé, que c’est fini. Que c’est pas de ta faute, mais de la sienne, que c’est elle qui a foutu le camp, et qu’elle n’en valait pas le coup.
Trois mois à se mentir pas mal. Trois mois à ne pas avancer, à se décevoir, à trahir les promesses qu’on s’était faites, tout en regardant sa vie se dérouler dans haut. Plongée sur une routine, Vélib’ boulot goulot dodo, quelques soirées avec quelques amis (tous en couple évidemment), quelques échappatoires plus ou moins légaux et plus ou moins nuls. Et c’est tout.
Dans deux mois, j’ai 28 ans. C’est pas comme ça que je les voyais.
