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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Jour de repos

Grasse matinée salvatrice dont j’émerge à peine, nerveux comme un Paresseux adulte. Depuis une heure, je tourne dans mon appartement sans savoir par quel bout attaquer le nécessaire ménage qui me permettra d’accueillir, ce soir.

Alors en attendant la motivation, j’enchaîne les expressos de bourgeois et les cigarettes roulées de prolo en me demandant si la douche, c’est mieux avant ou après le ménage. Je crois que ça va être avant, juste parce que ça réveille un poil.

Entre deux taffes et une gorgée, je tourne entre mes divers mails, twitts, Facebook et autres systèmes de communication, en me berçant avec France Info. Je bave sur ce fameux appareil photo, aussi. Sans aller au bout du processus. Juste pour jouer au riche, un peu. Alors que je ferais mieux de m’occuper de remplir ma déclaration d’impôts.

Bref, c’est jour de repos.

Episode 179 |Par Sam | le 30 mai 2008 @ 13:32 | dans Quotidiennes
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Kärcher

[Ca faisait longtemps que je t'avais pas raconté mes incroyables aventures, dans ce quotidien merveilleux de jeune célibataire. Et, avoue-le, ça manquait]

Tu sais quoi ? Je suis M. Propre. En moins chauve et moins musclé, et sans l’anneau dans l’oreille, mais sinon, le même. Tout pareil. L’Attila de la crasse, le Gengis Khan de la poussière, c’est moi. Là où je passe, la vaisselle ne repousse plus jamais. Et les acariens tremblent en entendant mon nom.

Sérieusement, je crois que la dernière fois où ça été aussi propre ici, Chirac était encore président. Et je vivais pas tout seul, non plus. Ce qui aidait.

J’ai briqué, récuré, aspiré, balayé, brossé, lustré, poli, lavé, récuré, gratté, astiqué. J’ai grimpé sur les meubles pour enlever les kilos de poussière sous lesquels ils s’affaissaient, résisté dix fois durant à l’envie de foutre le feu une bonne fois histoire d’en finir. Déplacé des meubles qui ne l’avaient plus été depuis tellement longtemps que je te raconterai pas ce que j’ai trouvé dessous, tu es peut-être en train de manger. Dans mons salon, j’ai charrié environ 6 mètres cubes de trucs à
balancer, en provenance de tout l’appart. Dont dix bons kilos de
journaux et de magazines.

Ca m’a pris des plombes. J’en ai mal aux bras à force de frotter partout. Mes mains, mes pauvres mains d’intellectuel, jadis belles et douces, ne sont plus que deux pauvres choses fripées, tordues et blanches, tellement elles ont trempé dans les détergents divers. Et je ne suis pas certain que le parfum brise marine ne m’ait pas définitivement niqué l’odorat. Sans même te parler de mon dos que bordel, mon royaume pour une masseuse.

Mais je regrette pas.

Comment le pourrais-je ? Je n’ai rien choisi. J’ai suivi mon destin.

Ce fut comme une espèce de transe mystique. Rentré chez moi après le boulot, j’ai commencé par m’effondrer. Séquelles d’un apéro un peu violent mais salutaire, hier soir. Et d’insomnies rémanentes.

[Excuse-moi un instant, je vais admirer.

Tu sais quoi ? C'est propre. Et c'est beau.

Reprenons]

J’ai ronflé, comme d’hab. Dans ce vieux bordel un peu familier. Sans y prêter attention. Je me suis réveillé la tronche ensablée, comme d’hab aussi. Avec une seule envie : celle de retourner me coucher. J’ai résisté mollement, trucidant sans conviction quelques morts vivants dans un jeu vidéo.

Et puis, soudain, l’illumination. Come une lumière mystique tombée du plafond. Comme un appel sourd et profond, venu d’un au-delà où tout brille et sent bon. Le satori. L’instant de perfection, où tout est clair. Où il n’est plus besoin de réfléchir. Juste de suivre cet élan irréprésible qui t’habite, limpide comme une eau de source montagneuse.

Alors, j’ai empoigné Excalibur, et suis partois en Queste. [Excalibur, c'est le petit nom de mon aspirateur. En vrai, il s'appelle Bluesky, mais c'est moins classe].

Et, semblables aux Orgues de Staline, mille huit cent watts de méchanceté pure se sont déchaînés dans mes 35m² sur cour, certes, mais charmants, même s’il paraît que ça ressemble de plus en plus à un appartement de célibataire, selon mes dernières visiteuses. En même temps, comme je leur dis, C’EST un appart de célibataire.

Bref, ce fut le début d’une opération Shock and Awe dans le plus pur style des Navy Seals, mais avec moins de gros flingues et plus de serpillères.

Et, grâces en soient rendues aux Dieux, j’ai triomphé. Mission accomplished, comme je le disais à Durandal, mon balai, sur lequel je m’appuyais voici quelques instants encore, haletant, épuisé mais fier, la sueur coulant à grosses gouttes de mes pectoraux lustrés et massifs. [Oui, bon, ça va, laisse moi kiffer la vibe, un peu]

Demain, je me lance dans une audacieuse offensive. Par un ample mouvement tournant, précédé d’un intense bombardement, je vais tenter de prendre d’assaut la paperasse. Ô seigneur, laisse-moi devenir le bras Ta Divine colère. Dies Irae sur la CAF et les impôts, moi je dis.

Episode 34 |Par Sam | le 8 avr 2008 @ 21:10 | dans Quotidiennes
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Soldes monstre

Je sais plus dans quelle œuvre majeure de la littérature française j’ai lu cette maxime : ” y a des fois où, pour avancer, faut savoir te mettre de grands coups de pieds au cul. Y a des fois, aussi, où ton cul ne veut plus rien savoir”.

En tous cas, c’est pas faux. Du moins est-ce ce que je me disais, cette nuit, au lieu de dormir. Et encore ce matin, en courant prendre ma douche après une bonne vieille panne de réveil, comme je les accumule en ce moment.

[Note pour moi-même : le Vélib' est certes plus rapide que le métro en cas d'urgence, mais la prochaine fois, je prendrai le temps de jeter un oeil à la température, ce qui m'évitera de perdre deux orteils en allant bosser.]

J’y arrive plus. A rien. D’autre que stagner chez moi, s’entend. Le ménage ne se fait pas, la vaisselle s’accumule, les reportages avortent, le bouquin fait du sur-place, et moi je suis fatigué de tout ce rien.

J’ai beau me traiter de toquard, m’auto-motiver à la marine ["tu vas bouger ton cul, espèce de vieille loque ?"] ou à la bisounours ["allez, Sam, tu peux y arriver, tu vaux le coup"], rien. Que dalle. Macache. Nib de nib. Un invertébré.

Ah, si : ce weekend, outre m’intoxiquer alimentairement à coups de bouffe chinoise pas fraîche, et du coup me pourrir mon samedi, j’ai refait le design ici.

Super, non ? [Au fait, tu en pense quoi ? Paraît que ça fait vide en haut à gauche. Moi j'aime bien, mais bon].

Sinon… rien. Que des conneries. Des actes manqués, des malentendus, des remords, des bourdes, ça oui. Au quintal, que j’en fais, ma bonne dame. Soldes monstres sur la bévue. Destockage massif de maladresses. Moins 20% sur le lapsus fatal. Liquidation de printemps sur les angoisses nocturnes.

On va dire que c’est saisonnier. On va dire que le mojo reviendra avec les hirondelles.

Sur ce, je te laisse, j’ai une sieste sur le feu.

Episode 35 |Par Sam | le 7 avr 2008 @ 16:06 | dans Quotidiennes
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Matérialisme dialectique

Bon. Là, il est temps d’agir.

J’ai plus de sucre, plus de liquide vaisselle, plus de dentifrice, plus de gel douche. Par contre, j’ai de quoi remplir un conteneur avec les cadavres de bouteilles diverses et variées qui squattent ma cuisine. Sans parler des fringues qui sèchent partout, qu’on croirait l’arrière-salle d’un pressing. Ni des journaux et magazines qui s’accumulent en petits tas à droite et à gauche.

J’ai aussi une bonne demi-journée de paperasses qui m’attend. Et il faut que je me décide à aller m’acheter quelques chemises et une paire de pompes, sinon la sécurité va finir par m’empêcher de rentrer dans l’immeuble où je bosse.

Quoi d’autre ? Ah oui, il faudrait aussi que j’aille me faire couper les cheveux, parce que le look Beatles 1962, ça va un moment, mais pas plus.

Et puis que je passe tout l’appart au kärcher, aussi. Ou alors je fous directement le feu, je gagnerai certainement du temps.

Bref, le weekend s’annonce grandiose.

Ceci dit, je suis hyper fier de moi : ce matin, j’ai recousu un bouton. Tout seul comme un grand. C’est pas la classe, ça ?

Le célibat est une aventure humaine au quotidien, moi je dis.

Episode 40 |Par Sam | le 3 avr 2008 @ 12:50 | dans Quotidiennes
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[...]

Tiens, il ne flotte plus. On dirait même qu’un rayon de soleil a décidé de se glisser entre deux épaisses couches de grisaille, comme un genre de clin d’oeil ironique.

Il est 18 heures. Je viens d’enfiler un jean. J’ai pioncé toute la journée, entre deux épisodes de West Wing que j’avais déjà vu.

Mon appartement ressemble à une cache vietcong dans laquelle on aurait fait péter une grenade. Des fringues et de la bouffe partout, un bonheur. J’ai aucune envie de ranger.

Je suis un blaireau blessé dans son terrier crado. C’est méchant, les blaireaux. Surtout blessés. C’est hargneux. Je suis un blaireau méchant. Mais ça rumine pas, les blaireaux. Moi, oui. Je mâche et je remâche. Le goût reste amer, mais ça occupe. Je guette, aussi, un peu. Ca guette, les blaireaux ? Certainement.

Je peux même pas aller party all night, je bosse tôt demain. Alors je contemple le désastre qui me sert de piaule. Les draps pendus sur l’étagère. La bouteille de pif vide à côté du bureau. Derrière la bouteille, il y un genre de cadre sur lequel je punaise des trucs par-dessus les tracts électoraux de Mitterrand et de Gaulle en 1965.

Et accroché au nez de Mitterrand avec une fléchette jaune, il y a un mot. Que j’ai pas envie de décrocher.

Episode 51 |Par Sam | le 28 mar 2008 @ 19:44 | dans Quotidiennes
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Démiurgiques envies

Rien à bloguer ? Bof.

C’est dimanche, une fois de plus. Je suis chez moi entre deux lessives et un petit regret : j’eusse aimé le passer en plus galante compagnie, ce repos doménical. Mais la galante a d’autres soucis, hélas. Qui me soucient aussi, du coup. On ne se refait pas.

Et puis, je n’y suis point totalement étranger non plus, à cette affaire. Ce qui ne simplifie rien.

Longtemps hier soir, je me suis couché tôt ou presque. Trop mangé, trop dormi, trop naze. Pas le courage d’aller jouer la saturday night fever à avaler des mojitos. J’ai préféré mon lit et West Wing.

Levé tard ce matin, évidemment. J’ai été manger un brunch pantagruelesque à côté de Beaubourg avec deux amies, avant d’entamer une longue et désoeuvrée balade à Boboland dans le Marais.

Depuis, j’attends des nouvelles, en faisant des tours de blogs et de sites  au doux son de ma machine à laver Laden. Un peu désoeuvré, un peu entre-deux. Dimanche, quoi.

Ce soir, soirée électorale à base de bières, peut-être. Ou restaurant. Ou rien du tout. Et demain, la petite roue va se remettre à tourner et je vais renfiler mon costard de hamster et grimper dedans pour une nouvelle semaine à faire le journaleux.

Et je rêve de voyage à New-York, de champagne et de triomphes éditoriaux. Qui ne risquent pas d’arriver si je ne me sors pas les doigts du c… pour les poser sur un clavier et écrire, enfin, autre chose que des notes désoeuvrées et faciles comme celle-ci.

Et j’aimerais tellement pouvoir claquer des doigts et arranger des situations qui me tiennent trop à coeur pour que je me contente de les contempler en spectateur. Et j’aimerais tellement avoir mieux à offrir que des conseils à deux balles et des appels à la patience.

Mais j’ai pas mieux, pour l’instant du moins.

Sinon, toi, ça va ?

Episode 64 |Par Sam | le 9 mar 2008 @ 19:25 | dans Quotidiennes
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