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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Voir Grenoble et mourir

Grenoble, l'Isère by night

Je l’appréhendais un peu, ce séjour. Même s’il était calé depuis un moment.

J’avais fait l’autruche, le vieux baroudeur blasé. Alors que je savais que ce serait pas si simple.

Il y a des villes qui te parlent, des villes qui t’interpellent, des villes avec une énergie, une atmosphère particulière.

Il y a des villes que tu détestes presque physiquement, qui ne te filent qu’une seule envie, celle d’en partir le plus rapidement possible.

Et puis il y a des villes qui sont à toi, pour toi. Des villes où tu es chez toi.

Moi, c’est Grenoble.

Depuis tout petit, alors que je n’y habitais pas encore. Et toujours maintenant. Faut dire que j’y ai passé quelque chose comme sept années, essentiellement estudiantines. Et que j’y ai donc vécu tout un tas de premières fois, d’expériences, de triomphes, de revers, de rencontres, de découvertes, de magie, tout ça. Avec des montagnes en décor.

C’est pas pour rien que j’y étais pas retourné depuis que je l’ai quitté il y a deux ans pour les joies de la capitale. Dans le TGV, j’avais des remords, de l’appréhension qui montaient. Comme si je partais revoir une vieille ex.

A peine sorti de la gare, dimanche soir, ça n’a pas loupé : j’ai eu l’impression de rentrer chez moi. En marchant vers le centre-ville, c’était tout juste si je cherchais pas la clé de mon dernier appartement de l’époque.

J’ai quand même fini par lever la tête vers les ombres des montagnes,qu’on devinait partout autour, silencieuses et monumentales. Et, comme un boomerang en fonte massive qui arriverait avec deux ans de vélocité, tout un passif m’est revenu dans la tronche.

Arrivé sur le cours Jean Jaurès, l’émotion devenait presque palpable. Au moins autant que la chaleur moite qui envahit cette putain de cuvette chaque été.

Il n’y aurait pas eu cette voiture pleine de supporters espagnols en pleine célébration de victoire qui a manqué de m’écraser, je suis certain que j’en aurais eu les yeux qui piquaient. Chaque rue, chaque carrefour, chaque bout de trottoir, c’était un souvenir qui me sautait à la gueule comme un diablotin à ressort.

Heureusement, j’ai retrouvé les vieux potes. Les derniers Mohicans de nos années estudiantines à n’être pas encore partis pour d’autres cieux [Pour quelques mois, puisque tous deux se sont débrouillés pour devenir fonctionnaires en même temps et vont s'en aller vers leurs affectations respectives glander avec nos impôts, je ne vous félicite pas, messieurs].

Là non plus, ça n’a pas loupé : cinq minutes et une bière ont suffi pour qu’on se remette à causer comme si on c’était vus la veille. Ce qu’on a fait, jusqu’à point d’heure, dans un coin un peu magique où j’allais parfois, au bord de l’Isère. [Qui, ce soir-là, était saupoudrée de brume, regarde donc en haut à gauche du post la jolie photo que j'ai fait].

On a refait le monde au houblon, cette nuit et les trois qui ont suivi. Et pendant qu’on discutait, moi je me collais de la montagne et du paysage urbain en forme de madeleine plein les mirettes  Autant te dire que j’ai pas dormi des masses.

Pour ajouter au côté Fréquenstar de la chose, je me suis également retrouve dans mon ancienne école de journalimsme, mais cette fois en position de héros glorieux, revenu de la capitale auréolé d’une carte de presse et d’un poste plutôt classe. Inversion des rôles, limite conte initiatique.

C’est peut-être là que ça c’est joué. Que la parenthèse s’est refermée. Que j’ai dit au revoir à Grenoble, aux montagnes et à ces années, et rebonjour à Paris, à mon job, à ma vie. Ma vie ici. Ma vie maintenant.

Une bien belle vie, tout bien considéré.Presque celle à laquelle je rêvais alors, au pied des montagnes. Il a fallu que j’y retourne pour m’en rendre compte.

Hier, je suis remonté dans le TGV pour repartir vers Paris [où il flottait, évidemment, et où il faisait facile 15°C de moins], sans regrets. Ni tristesse, ni nostalgie.

Deux ans après, j’avais dit au revoir.

Il était temps.

Episode 206 |Par Sam | le 4 juil 2008 @ 1:46 | dans J'ai testé pour vous, Journal d'une rupture, Photos, Quotidiennes, Transports amoureux
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Joie, félicités et autres youpis

[Ici commencent les notes récupérées de l'ancien blog et numérotées à l'envers]

[Avant que j'oublie, je viens de me mettre à lastfm. Et c'est vachement bien, que tu n'imagines même pas. Et que tu ferais bien d'essayer. C'était l'aparté sponsorisée du du jour]

Tu connais cette platitude journaleuse ? “Les trains qui arrivent à l’heure, on s’en fout, coco, c’est pas sexy, comme story” (Hubert Beuve-Méry, Le Journaliste pour les Nuls, La Pléiade, 1952).

Crois-moi, ça a des applications très concrètes. Mais je ne vais pas [rassérène-toi] t’infliger un cours sur le nalisme et son rôle prescripteur.

Mais bien plutôt tenter une expérience. Je vais te faire “le post des bonnes nouvelles”, pour changer un peu.

  • Déjà, c’est le printemps. Même si je crois que je viens d’apercevoir un manchot empereur qui se baladait sur le toit d’en face. Disons qu’il fait beau, ce qui en soi est déjà un évènement. Disons que du coup, les filles mettent des robes et des jupes et des tas de choses faites d’étoffes légères qui me font risquer l’entorse à chaque trajet en vélib.
  • Ensuite, justement, je vélibe décidément dans la joie. Ce qui me permet d’apercevoir plein des robes et des jupes et des filles jolies. Et comme en plus de pédaler dans la joie, je mange des carottes, ben j’ai maigri. De cinq bons kilos, dixit la balance de chez ma maman. Et ça, laisse-moi te dire que ça fait plaisir.
  • Du coup, j’ai été cramer de la thune dans deux chemises et une veste à un bon SMIC ukrainien, mais désormais, je suis chic dans ma manière de m’habiller. Ce qui n’est peut-être pas la classe, mais permet de baiser les ménagères et d’avoir le cul qui brille, si j’en crois l’un des grands mentors intellectuels de mon existence, Georges Abitbol.
  • Et en plus, j’ai décidé que j’aimais à nouveau bien mon boulot. Du coup, je m’y suis trouvé des trucs sympa à faire. Et je peux enfin, sans (trop) renâcler, travailler plus pour gagner pareil, mais c’est un métier passion, coco.

Que demande le peuple ?

Du cul, oui, on sait. Sa gueule, le peuple.

Episode 5 |Par Sam | le 20 mai 2008 @ 22:16 | dans Quotidiennes
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Je suis venu te dire….

[Les transports amoureux sont en grève. A tous points de vue, d'ailleurs. Panne d'inspiration temporaire, on reprendra quand ça reviendra. Mais réjouis-toi : c'est l'heure du bêtisier]

Il y a deux ans jour pour jour et presque heure pour heure, je débarquais d’un TGV, Gare de Lyon avec une valise moche et super lourde, un sac à dos bourré ras la gueule, un stage qui commençait le lendemain et l’adresse d’un canapé d’accueil pour quelques semaines le temps de me retourner.

Ce que j’ai fait depuis, un peu dans tous les sens. A l’endroit, à l’envers, disait l’autre.

[Pour achever de te faire pleurer, j'avais tellement pas de sous que les distributeurs ne voulaient plus m'en donner, un appartement à trouver pour deux et un prêt étudiant à commencer de rembourser, le tout dans les trois mois. J'aime entretenir ma mythologie personnelle. C'est du storytelling, coco]

Deux ans. 730 jours. ça en fait, des trucs à raconter, si on voulait faire un bilan.

[Et là, tu te dis : "oh, merde, il va faire un bilan."]

Deux ans après, le même ? Pas tout à fait. Un peu moins jeune, un peu plus large d’épaules,professionnellement au moins.

J’ai un taf qui le fait quand même pas mal. Et que j’ai fini par assumer . Ce qui me permet de m’y ébattre avec un plaisir relativement certain.

Personnellement… comme disait l’un de mes vieux professeurs chenus, “c’est un peu plus compliqué que ça”.

Point de vue sentiments, j’aurai pas mal tenté, pas mal raté aussi. L’éternelle histoire nietzschéenne de la baffe dans ta gueule qui te rend fort, quand elle a fini de te tuer.

Suis-je plus fort ? J’en suis pas certain. Et en fait je m’en fous un peu, au final. C’est pas ça qui m’excite.

Point de vue comportement, du coup, je vais pas t’écrire “j’ai changé”, on a vu ce que ça donnait. Je préfère me dire que je me comprends mieux. Je préfére me dire que je sais un peu mieux ce que je veux changer.

Et que je commence à le faire, imperceptiblement.

C’est long. Mais c’est bon.

[Par contre, ça nuit gravement à ce blog, qui ressemble de plus en plus à Fréquenstar, à force de flashbacks mièvres. Mais t'inquiète : demain, je pars à la cambrousse voir du soleil jaune et du ciel bleu et des arbres verts et profiter du tout. Ce qui, je crois, va faire du bien à tout le monde, toi compris.]

Episode 13 |Par Sam | le 1 mai 2008 @ 0:39 | dans Pensées parasites
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Epictètes

[Mode 2,5 grammes ON]

Rentré bien allumé d’un apéro à rallonge, j’autodaffe à coups de McDo expiatoires 48 heures de régime légumineux.

Demain, je suis journaliste. Demain, je relate l’interview thaumaturge d’un président qui vole trop bas.

Ce soir, je suis ivre. Juste ivre. Et j’hésite sur les touches à presser, sur les mots à inscrire au fronton tout virtuel d’un ephéméride quelque peu ridicule ces derniers temps.

Mais bon.

Ce soir, je me finis à coups de Cantat, à transer sur “Ecorchés vifs” sans attendre autre chose de l’existence qu’un instant d’éphémère et éthylique plénitude.

Demain j’aurai mal à la tête.

Mais pour l’instant ça n’a aucune importance.

Ce qui importe, ce sont les quelques mètres de bleu gagnés sur le gris. C’est la sortie nécessaire et les échanges oiseux de ce mercredi soir. c’est un petit début de mieux qu’il faut savourer parce qu’il est précieux.

Ce week-end, je reçois des geeks sauvages, non dressés. Ce week-end, je les envoie au front, saboter un enterrement de vie de jeune fille. Histoire de rire. Histoire de perturber quelque peu un plan désespérément déjà dressé.

Mais là, j”ai envie de grimper sur des trucs genre falaises, comme du temps au temps où c’était le temps où je faisais de l’escalade et où j’aimais ça. Et là, j’ai envie de me barrer marcher tout seul au milieu de rien, pour voir ce que ça fait. Mais j’ai vu Into the Wild avant-hier, et j’ai pas envie de finir à crever de faim dans une caravane au fin fond du Yukon.

Parce que l’enfer, c’est les autres, certes, mais le paradis aussi.

Heureusement, reste la communication, les communications. Restent ces moments où tu dis des trucs à des gens qui te répondent. Où, du coup, tu partages.

Reste le fait que tu peux définitivement pas caler ton propre bien-être sur celui des autres. Mais que tu peux, au prix parfois d’un effort insigne, t’en réjouir.

Et que ça, c’est bon. Et beau. Et bien. Et que Spinoza encule Hegel. A la toute fin.

Au bout du compte.

Reste qu’il te reste à t’aimer toi-même, juste.

Et que si tu y parviens, tout ira mieux. Et que quand tu y parviens, tout va mieux.

Episode 19 |Par Sam | le 24 avr 2008 @ 1:50 | dans Quotidiennes
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Le jour de la marmotte

Mardi 15 avril, 6h00. Bidibip, fait le portable. Je tente d’ouvrir un oeil, difficilement. Me lève comme un automate. Ordinateur, Firefox, France Info. Sous la douche, j’écoute d’un neurone endormi une voix anonyme égréner ce qui va rythmer ma journée. Je mets dix minutes avant de parvenir à enfiler cette saloperie d’attelle dans ma pompe gauche. Et pars clope au bec, en retard et en boîtant, au travail. Dont je rentre à 17 heures, épuisé. Sieste. Je me réveille au bout de deux heures, l’air hagard. Et passe le reste de la soirée à comater.

Mercredi 16 avril, 6h00. Bidibidip, fait le portable. Je l’attrape et l’éteins, soupire, me lève. Ordinateur, radio, douche, attelle, porte. Je suis encore à la bourre. Je boîte plus vite vers le métro. Retour maison à 16h00, sieste. Vers 19h00, ma soeur passe boire l’apéro. On compare nos tares respectives en les humectant au Pastis et en avalant du saucisson corse. On se couche bien pétés, mais plutôt soulagés. S’épancher, c’est toujours ça.

Jeudi 17 avril, 6h00. Bidibidibip, fait le portable. J’entends ma soeur se réveiller en sursaut. Cinq minutes plus tard, elle est partie, très en retard. Il y a pire que moi, niveau horaires. Douche, radio, attelle, rue, métro, j’enchaîne sans plus y penser. J’arrive chez moi vers 18h00. Pas de sieste, du coup. Je suis un zombie jusqu’à 21 heures, où je capitule et m’endors devant West Wing.

Vendredi 18 avril, 6H00. Bidibidibidip, fait le portable. Je le coupe, me rendors une demi-heure. Je me lève sans savoir pourquoi. Pas de radio, pas de douche. Juste un enfilage rapide de fringues, une main dans les cheveux sales et trop longs avant de fermer la porte et de partir. Je rentre 16h30. Ce coup-ci, pas d’heures supplémentaires, juste une effroyable envie de pioncer. Je sieste donc une heure et me réveille tout aussi fatigué que les autres soirées de cette putain de semaine interminable et vide et grise.

Qui est, donc, finie.

J’y croyais plus.

Episode 23 |Par Sam | le 18 avr 2008 @ 17:34 | dans Quotidiennes
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Rituels

[Déjà, écoute ça. Parce que je me le passe en boucle depuis trois jours qu'une fée me l'a fait découvrir et qu'il y a pas de raison que je sois le seul.]

free music

Mes trajet en vélib’ dans cette vieille traînée de Paris la nuit, ses taxis sociopathes et ses clodos fous devant la gare du Nord. Le fauteuil en skaï moche dans lequel je m’effondre à peine arrivé, la lueur de l’écran devant lequel je me colle comme une mouche. Le goût froid de la bière. Les clopes que je fume sans y penser… Retour aux vieux rituels, aux vieilles manies.

Je mange mon quotidien en pleine face, ce soir. Version match retour à domicile. Le weekend dernier, la magie est partie. Et tout est redevenu un peu plus gris. Un peu plus ordinaire. Un peu trop ordinaire. Un peu trop désespérément ordinaire.

J’aime pas ces routines dans lesquelles on s’installe forcément, ce temps perdu à le perdre, à pas savoir quoi faire d’autre que t’effondrer devant un écran, en attendant le moment d’aller te coucher parce que demain, tu recommences, les mêmes choses ou leurs clones.

Ces soirées d’après-boulot où tu t’accroches à la perspective de ton weekend, tes deux jours de permission hebdomadaires. Deux jours pour s’échapper du rituel, pour tenter de dérégler un peu le mécanisme qui t’entraîne, de semaine en semaine, vers les congés payés, la retraite et la mort. Avec toutes les chances de ne pas y arriver. Mais tu auras une autre chance la semaine suivante. Et encore une la semaine d’après. Et ainsi de suite.

Gentil petit hamster, qui court sur place dans sa petite roue. Les yeux rivés sur ce truc qu’il voit là, juste là, hors de sa portée et qu’il voudrait tellement réussir à attraper. Sans y parvenir, mais qu’importe. L’important, finalement, c’est que la roue tourne.

Episode 39 |Par Sam | le 3 avr 2008 @ 23:30 | dans Quotidiennes
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Alcool

Hey !

C’est mercredi. Enfin jeudi.

Excuse-moi, je suis un poil excité.

Faut dire que pour ton serviteur, c’est la semaine de l’alcoolisme.

Hier, j’ai fait dans l’apéro urban fashion du côté de Bastille, avant de me finir au téléphone, à discuter couples avec un vieux pote jusqu’à trois plombes du mat. En tisant des bières, tant qu’à y être.

Ce matin, du coup, j’avais une tête d’épave, le crâne ensablé et l’impression d’avoir bouffé un cendrier. Mais j’étais bien. Obstinément.C’est mon crédo du moment, faut croire.

Et ce soir,pour continuer dans la thématique, j’ai bu au travail. En même temps, comme disait Hubert Beuve-Méry, l’alcool est au journaliste ce que le cheval est à l’homme : son meilleur ami.

J’ai donc enchaîné, dès 19 heures, les petits verres de pinard en l’honneur d’un confrère qui part vers d’autres cieux. Avant de finir dans un bar à cadres, avec el gran jefe tout bourré qui nous a payé des grands crus en nous racontant ses malheurs.

Moment d’anthologie. Hélas éphémère. Vers onze heures, tout le monde est rentré se coucher. Ce métier perd de son sens, je me disais en rentrant, pensant aux mânes offensées d’Hubert.

Quand j’ai commencé, en presse régionale, on croisait encore des vieux fait-diversiers tellement authentiques qu’ils confinaient à la caricature, bourrés à 17 heures, avec la bouteille de whisky planquée dans le tiroir. J’en ai même rencontré un, particulièrement gratiné, qui prenait des cuites avec les flics de la BAC, tout en faisant le conseiller juridique pour ses vieilles copines putes. Et des tours de magie. C’était pittoresque.

Hélas,tout cela est bel est bien fini. Le journaleux moderne va se coucher à onze heures, mange bio, fait du sport et n’aspire qu’à vivre vieux et écrire des bouquins. Tout se perd, ma bonne dame.

D’après un type que j’ai croisé en allant acheter des bières au rebeu d’en bas, ce qui manque, de nos jours, c’est la tendresse. Je suis pas loin d’être de son avis.

Du coup, je vais te causer tendresse. Dans un autre post, parce qu’il faut bien faire du chiffre.

Coco.

Episode 42 |Par Sam | le 2 avr 2008 @ 23:46 | dans Quotidiennes
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Coffee and break

Trois jours de nécessaire débranchage en ligne de mire et il était temps. On va tenter de se calmer un peu. De se détendre. De se poser. De respirer lentement et à fond. De lâcher les épaules. De pousser un gros soupir. De bailler très fort. Et de ronfler.

Je tourne à 5 heures par nuit depuis dix jours et j’arrive plus à dormir. J’avale tellement de litres de caféine que mes draps s’en souviennent et on pourrait alimenter un village moldave avec le voltage que je dégage.

Je suis au taquet de chez au taquet. Caramba. Il est bon, ton café, gringo. Ressers-en moi un litron ou deux, veux-tu ?

Une pile électrique. Un président français lapin Duracel. [quoi, c'était facile ? Si t'es pas content, casse-toi, pauvre con ]

Même pas fatigué. Hyper pro. Au boulot presque à l’heure, à 15-20 minutes près, quoi.

Et là, un roc. Une machine bien huilée. Tu veux un papier, coco ? Je suis là pour ça.

Enfin presque. Il faut que tu saches un truc : le manque de sommeil, ça me rend hargneux. Voire pénible. Demande à ma hiérarchie ce qu’elle en pense.

Du coup, ça donne plutôt “Je vais te l’écrire, ton machin, mais franchement, je trouve ça super nul, comme sujet. Au fait, je t’ai dit que l’idée de l’autre, c’était de la merde et que lui aussi ? Tu adores, toi ? Ca m’étonne pas. Ah, sinon ta cravate est super moche. Allez, à plus, je vais taper ta bouse”.

L’avantage, c’est qu’en tant que journaleux, je jouis du droit total et inaliénable de grogner. C’est dans la Charte de 1918 [Comme disait Hubert Beuve-Méry, "tant qu'un journaliste gueule, c'est qu'il est en bonne santé, coco"].

L’inconvénient, c’est que du coup, le prochain reportage exotique, je suis pas sur qu’il sera pour moi [Comme continuait Hubert Beuve-Méry "c'est pas parce que t'es en bonne santé que j'ai envie de te faire plaisir,coco"].

Je te mets un bonus, tiens. Je suis comme ça, moi, j’ai pas peur, je suis un fou.



Le Cafe
envoyé par nicop

Episode 56 |Par Sam | le 20 mar 2008 @ 20:37 | dans Quotidiennes
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Retour au bercail

Et voilà. Fin de la parenthèse grand reporter, retour du jeune cadre dynamique parisien.

Enfin, dynamique… En bientôt deux ans de carrière, y a au moins un truc que j’aurai appris, c’est à manquer de sommeil en permanence et à faire avec. Donc ce soir, dodo. On va tenter de gratter quelques heures à Morphée.

Voyager, ça ouvre des perspectives, ceci dit. Le Sud me manquait, que j’en avais même plus conscience. La lumière, l’accent, les gens…. A force de jouer au geek parisien, j’avais presque oublié qu’il y avait des choses ailleurs, qu’il y avait des endroits avec des mouettes à la place des pigeons, des églises romanes à la place des cathédrales gothiques, et du ciel bleu à la place du béton gris.

Ca m’a frappé comme une évidence, dans le train, au retour : il faut se casser de cette ville, de temps à autres. Pour ne pas devenir fou. Ou totalement parigot. Cette ville t’aspire, te bouffe lentement, te colore la tête en gris béton et te fait oublier qu’ailleurs aussi, il se passe des choses.

En six mois, j’ai franchi trois fois le périphérique. A chaque fois pour moins de trois jours d’affilée. Maintenant, j’ai envie de nature. De vert. D’arbres. Et de montagnes. D’une bonne vieille prairie alpine avec les trous de marmottes, le sol gorgé de l’eau du dégel, l’air froid, le soleil qui réchauffe et la vue sur du loin et du beau.

Et le silence. Combien de temps ça fait, que j’ai pas entendu de silence ? Depuis combien de temps est-ce que je vis immergé dans un océan de bruit de bagnoles, de sirènes, de cris dans la rue, de conversations étouffées de voisins, de ronflement de ventilateur de PC ?

Je sais même plus.

Episode 58 |Par Sam | le 18 mar 2008 @ 21:20 | dans Quotidiennes
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Les héros sont fatigués

[Note que je ne m'excuse même pas pour la rareté proprement fossile de mes notes ces derniers temps. J'étais, je suis, très occupé à faire de vrais trucs dans le vrai monde. Mais sache tout de même que j'ai écrit un truc avant-hier. Tout pourri. Tellement que j'ai laissé tomber. Note aussi que ce soir, en revanche, j'ai des trucs à te dire. D'où le fameux proverbe : "il faut vivre pour bloguer et pas bloguer pour vivre"].

De notre envoyé spécial à [...]

Il est 1h30 du matin. Je viens d’envoyer mon dernier papier de la journée.

Il est 1h30 du matin, et ça fait 18 heures que je suis debout. Et quand je dis debout, je parle au sens propre. J’ai exploré cette ville d’est en ouest, du nord au sud. En métro, pas mal, en bus, un peu. A pied, surtout. En bouffant du bureau de vote, du candidat, du militant, de la salle de presse.

J’ai déchiffré un plan de ville toute la journée, à m’en coller mal à la tronche. J’ai enfilé des rues, des boulevards, des places, des stations de métro. J’ai exploré, j’ai erré, je me suis paumé, j’ai fait et refait les mêmes endroits pour suivre le truc. J’ai mangé deux fois en deux jours, essentiellement du fast-food. J’ai tapé mes papiers le portable sur les genoux, sur les marches d’un escalier et en plein vent [mais en plein soleil aussi, ami Parisien. Et, définitivement, j'aime le Sud]. J’ai acquis en 24 heures une culture encyclopédique de la vie politique de cette ville où j’avais foutu les pieds trois fois auparavant. J’ai paumé le chargeur du PC portable dans la bataille. J’ai filé des infos à la correspondante locale. J’ai galéré deux heures avec des wifi qui marchaient pas et une caméra qui déchargeait sa batterie toute seule.

C’est le charme du ouaibe. Là où les autres bossent en équipe, là où le canard national qui va bien balalance deux envoyés spéciaux en plus de ses correspondants, toi tu es tout seul. Et en plus, les autres journaleux te regardent généralement avec un air sceptique. Limite ils te jetteraient des trucs à la tronche. Heureusement, sur la plupart des gens, le “je suis journaliste, je fais un reportage”, ça impressionne encore un peu.

Bref.

Il est des fois, trop rares hélas, où je suis fier de mon boulot. Et de mes petites bafouilles numériques. Où je me dis que je fais pas seulement le plus vieux métier du monde. Mais aussi l’un des plus beaux. Ou en tous cas des plus intéressants. Hein, coco ? [Demanderait Hubert Beuve-Méry avec un air salace]

Il est des fois, trop rare aussi, où je suis content de moi.

Ce soir, je le suis deux fois, à deux titres différents, dont un que cherche pas, tu peux juste pas savoir ce que c’est.

Je fêterais bien l’événement, mais demain, faut que je me lêve tôt, j’ai un chargeur de PC portable à récupérer une interview à faire.

[Et en plus faut que je te laisse, il me reste 30% de batterie]

Episode 59 |Par Sam | le 17 mar 2008 @ 2:59 | dans Quotidiennes
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