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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Fabrique à souvenirs

Deux jours que je tourne et retourne dans ma tête une certaine note, sans me résoudre à l’écrire. Au final, je vais m’abstenir. Et garder pour moi certaine soirée parisienne. La garder précieusement, bien au chaud, comme un moment d’éphémère perfection printanière, que j’aurais mieux fait de laisser s’épanouir au lieu de le gâcher en voulant trop tout de suite.

Restera le souvenir, le petit sourire qu’il me colle au coin des lèvres alors que j’y repense en écrivant. Et cette image, tartignolle à souhait, je te l’accorde, mais on a tous besoin de cartes postales.

Une carte postale

Episode 195 |Par Sam | le 7 juin 2008 @ 23:00 | dans Pensées parasites, Photos
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Epictètes

[Mode 2,5 grammes ON]

Rentré bien allumé d’un apéro à rallonge, j’autodaffe à coups de McDo expiatoires 48 heures de régime légumineux.

Demain, je suis journaliste. Demain, je relate l’interview thaumaturge d’un président qui vole trop bas.

Ce soir, je suis ivre. Juste ivre. Et j’hésite sur les touches à presser, sur les mots à inscrire au fronton tout virtuel d’un ephéméride quelque peu ridicule ces derniers temps.

Mais bon.

Ce soir, je me finis à coups de Cantat, à transer sur “Ecorchés vifs” sans attendre autre chose de l’existence qu’un instant d’éphémère et éthylique plénitude.

Demain j’aurai mal à la tête.

Mais pour l’instant ça n’a aucune importance.

Ce qui importe, ce sont les quelques mètres de bleu gagnés sur le gris. C’est la sortie nécessaire et les échanges oiseux de ce mercredi soir. c’est un petit début de mieux qu’il faut savourer parce qu’il est précieux.

Ce week-end, je reçois des geeks sauvages, non dressés. Ce week-end, je les envoie au front, saboter un enterrement de vie de jeune fille. Histoire de rire. Histoire de perturber quelque peu un plan désespérément déjà dressé.

Mais là, j”ai envie de grimper sur des trucs genre falaises, comme du temps au temps où c’était le temps où je faisais de l’escalade et où j’aimais ça. Et là, j’ai envie de me barrer marcher tout seul au milieu de rien, pour voir ce que ça fait. Mais j’ai vu Into the Wild avant-hier, et j’ai pas envie de finir à crever de faim dans une caravane au fin fond du Yukon.

Parce que l’enfer, c’est les autres, certes, mais le paradis aussi.

Heureusement, reste la communication, les communications. Restent ces moments où tu dis des trucs à des gens qui te répondent. Où, du coup, tu partages.

Reste le fait que tu peux définitivement pas caler ton propre bien-être sur celui des autres. Mais que tu peux, au prix parfois d’un effort insigne, t’en réjouir.

Et que ça, c’est bon. Et beau. Et bien. Et que Spinoza encule Hegel. A la toute fin.

Au bout du compte.

Reste qu’il te reste à t’aimer toi-même, juste.

Et que si tu y parviens, tout ira mieux. Et que quand tu y parviens, tout va mieux.

Episode 19 |Par Sam | le 24 avr 2008 @ 1:50 | dans Quotidiennes
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Strange days

Etrange journée, définitivement.

Malgré ma nuit pas blanche, mais pas loin, j’ai explosé mon record de vitesse, ce matin. Avec l’impression que le vélib’ était kité, comme on disait au collège.

Il faisait presque doux. Imperceptiblement moins hivernal.

J’ai rien glandé au boulot, mais avec le sourire et le plus grand sérieux. En sortant, le temps était hollywoodien, entre soleil et pluie. La meringue de Montmartre en devenait presque irréelle, à briller doré sous les rayons pendant que je marchais sous la flotte.

En rentrant, je me suis effondré. J’ai sombré deux heures. J’ai écrit 10.000 signes d’une traite. Qui m’ont allégé de deux tonnes. Je les ai envoyés. J’ai fait la vaisselle. Ecouté Noir Désir à fond, fenêtres ouvertes. Il faisait encore jour à plus de six heures. Une révolution.

Mes signes me sont revenus. Sans surprise. Ni déception. Juste une confirmation de ce que je savais déjà. Et que j’ai entériné en réponse.

Après, j’ai été fumer une clope à la fenêtre en écoutant Cantat chanter “à ton étoile” sur les violons de Tiersen. En regardant les étoiles, justement. Et la nuit. En me saoûlant d’air froid [et d'un verre de Minervois - Château Festiane 2006 pas terrible, mais ça va].

En me disant que c’était pas grave. En me disant pour la milliardième fois que la vie est belle. Même triste.

Elle est surtout courte. Sur mon Netvibes, le compteur continue à défiler. 614 jours avant la trentaine. Et pas moyen de revenir en arrière. Alors autant avancer. Autant savourer chaque seconde qui passe. Chaque moment. Chaque rencontre.

Dans cinquante ans, si je tiens jusque là, je serai presque octogénaire. Et tout ce qui me restera, ce seront les souvenirs. Alors autant s’en constituer une palette. Des bons comme des mauvais.

On gagne, on perd, quelle importance ? L’important c’est de jouer. L’important, c’est d’essayer. L’important, c’est d’apprendre. Et d’avancer.

Episode 43 |Par Sam | le 31 mar 2008 @ 23:32 | dans Quotidiennes
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Thérapie musicale

Tiens, tu veux que je te donne un vieux truc scout pour les weekends tout pourris comme celui que je viens de m’enfiler avec du gravier (pardon, c’est parce que j’ai des malheurs) ?

Pour moi, ça marche à tous les coups. Pas super longtemps, mais c’est déjà ça de pris.

Quand, donc, tu es triste et glauque tel le panda du zoo de Vincennes, et que tu sens que ça commence à devenir un peu ridicule, et que tu en as un peu marre, et que tu aimerais bien passer à autre chose, il existe une solution simple et efficace.

Prends ton répertoire de musique (ou tes CD si tu en es encore là), et sélectionne-toi une petite playlist bien glauque des familles. Vas-y franco. Les trucs les plus déprimants que tu possèdes, ceux qui feraient chialer même un gardien de camp de travail Birman. Et envoie la sauce.

Personnellement, je m’enquille des choses comme ça, par exemple :

Pour corser la chose, essaye d’imaginer en même temps un truc genre paysage industriel au mois de novembre en Roumanie. Et tu enchaînes. Faut pas perdre le rythme. Tu peux aller vers des trucs dans ce goût là, aussi :

Ca y est ? Tu as mal ? Tu as envie d’aller te coucher en travers de la rue en bas de chez toi ? De t’avaler une bouteille d’eau-de-vie cul sec ? De signer à la Légion Etrangère ? C’est parfait. Il est temps de porter l’estocade. Avec la chanson la plus triste que tu puisse trouver. Genre :

Là, normalement, tu finis par te sentir un peu ridicule, à écouter tes trucs glauques tout seul chez toi. Et tu commences à choper un petit sourire ironique en coin. Et c’est là où il te faut l’électrochoc. Un truc qui met la pêche. Ou au moins le sourire Genre ça :

Si tout va bien, c’est vers ce moment-là que tu comprends que tout ça n’est pas si grave. Que ça passera. Que ça ira mieux. Forcément.

Et surtout que la vie est belle.

[Par ordre d'apparition, donc : Radiohead, Motion Picture Soundtrack / Miossec, Brest / Radiohead, Exit Music - for a film / Beirut, Nantes. Je t'avoue que j'ai plus glauque en magasin, mais YouTube, non]

Episode 45 |Par Sam | le 30 mar 2008 @ 20:50 | dans J'ai testé pour vous
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La falaise

Panne de réveil. Ca faisait longtemps.

Arrivé à la bourre au boulot, pas lavé, pas coiffé, pas réveillé et pas de bonne humeur, me voilà parti pour une longue journée de veille et de présence. Ou de semblant de présence.

Je ne suis pas vraiment là. Pas vraiment ailleurs non plus. Je flotte un tantinet. Je m’éthérise un poil. Je plane en plein milieu d’une turbulence. J’attends, sans vraiment l’attendre, un truc indéfinissable. Un événement, un rebondissement, un coup de tonnerre, quelque chose. N’importe quoi.

Je vois des signes, des indices. J’essaye de ne pas leur accorder d’attention. Trop pris de gamelles déjà, à suivre des pistes qui ne menaient qu’à mes propres frustrations. J’ai des nouveaux mantras : La vie, c’est pas un film. Le pays des Bisounours, il n’existe que dans ma tête.

Sauf qu’évidemment, ça tient pas deux secondes.

Parce que le gène du Bisounours, je l’ai là, chevillé au corps, comme disait l’autre. Et qu’il me titille la sinistrose sans discontinuer. Et m’empêche de tomber de la falaise et de m’écraser en bas une bonne fois pour toutes pour mieux me relever ensuite. Du coup, je suis coinçé au bord, à moitié dans le vide, avec ma petite papatte agrippée fermement à trois petits signes ténus et une interrogation.

Posture inconfortable, s’il en est. Mais c’est en partie de ma faute, aussi. Je me freine. Je m’empêche de remonter sur ma vieille carne pour un ultime assaut glorieux, sabre au clair, poitrine ouverte et ventricules en avant sous la mitraille de l’indifférence ennemie. A tort, peut-être.

Trop fier ? Même pas. Trop peu confiant, surtout. Ou trop fataliste. Ou trop couturé de cicatrices pour continuer à en faire collection. Et pas assez téméraire pour aller au bout de l’honnêteté, quitte à confiner au ridicule.

Du coup je me condamne à cette attente un peu vaine. A cette boule dans la gorge, cette arythmie cardiaque et ces réminiscences, ces regrets en volutes, qui montent et affleurent dans ma tête avant de disparaître à chaque fois que je fais un effort pour tenter de dédramatiser et déromantiser [j'invente des mots si je veux] un tantinet tout cela.

Effort vain, évidemment. J’ai beau tenter de me persuader que c’était juste une histoire comme ça, juste cinq semaines sympathiques pour en finir avec ce putain d’hiver parisien interminable, j’y arrive pas. Parce que c’est pas vrai. Suffit de voir mon état (senti)mental. Et j’ai beau tenter de passer à autre chose, j’y arrive pas non plus. Et pourtant, j’essaye.

Ce qui, tu t’en doutes, ne fait rien pour améliorer ma couverture de l’info, ce matin. Coco.

En même temps, y a rien à couvrir. Ca aide.

Episode 50 |Par Sam | le 29 mar 2008 @ 12:13 | dans Quotidiennes
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