J'ai testé pour vous : la 3G
[Oui, j'antidate. Mais en vrai, j'avais écrit ce truc samedi]
Tiens, je vais t’en raconter une bien bonne. D’anecdote.
[Commence pas, hein...]
Comme tu le sais, je suis un type riche humainement à qui il arrive toujours un tas de choses formidables et drôles, dont le récit fait passer Ally Mc Beal pour un documentaire sur les maisons de retraite dans la Creuse. Cette fois, par exemple, je vais te parler de mon téléphone.
[Concentre-toi, tu devrais entendre du Barry White]
Puisque tu suis le récit de ma trépidante existence jusqu’en ses lignes les plus pathétiques d’insignifiance, tu es au courant de ce récent bouleversement : j’ai abandonné mon vieux Palm Treo 650 fort pratique, mais dont le poids et la taille, à part permettre de s’en servir comme arme improvisée dans un combat de rue, étaient plutôt handicapants.
A la place, j’ai opté (enfin, en même temps on me l’a filé, béni soit ce métier) pour un HTC S710 (les liens, c’est pour faire monter mes stats) plus petit et avec un vrai clavier caché dedans. Classe, genre.
Surtout, le HTC fait un truc que le Palm faisait pas (en vrai si, mais j’ai jamais compris comment) : tu peux recevoir tes mails dessus. Et entrer enfin dans le IIIe millénaire à peu de frais. Enfin, à peu de frais… je vais y revenir.
Bref, j’ai donc gagné deux kilos cinq environ en moins dans ma poche gauche de pantalon. De quoi être fier. Et s’éviter des ennuis au niveau des lombaires.
Surtout, j’avais (car ça n’a pas duré, on y vient) mes mails partout. Et tout le temps. Qui tombaient en rafale. Sur mes deux comptes persos. Le pro j’ai pas le droit, je suis pas chef. Qui tombaient et qui tombaient. En rafale.
En fait, au bout de trois jours, je devenais dingue. A vérifier toutes les cinq minutes que j’avais rien reçu. A me relever lorsque, dans un demi-sommeil brumeux, je voyais à travers mes paupières baissées, la douce lueur du téléphone illuminer l’obscurité de ma piaule, pour vérifier que ce n’était pas un truc capital qu’on venait de m’envoyer.
Généralement, c’était Facebook qui me disait qu’un type que je ne connaissais même pas avait décidé de me défier au quiz des comédies musicales les plus tartes de l’année 2001. Ou un spam.
Bref, je devenais cardiaque. Fébrile. Je ne dormais plus. Je mangeais à peine. Ma sueur, qui coulait abondamment de mon front moite, prenait une odeur aigre. L’enfer, quoi.
En plus, recevoir du mail, c’est sympa, mais ça te suçe une batterie de téléphone plus efficacement qu’une péripatéticienne diplômée sur un boulevard parisien pardon. Ca suce, quoi. Du coup, il me fallait recharger constamment le téléphone, pour ne pas risquer de rater un mail capital genre newsletter de lafraise.com.
Ca a duré pas loin d’un mois, ces imbécillités. Jusqu’à ce qu’arrive la facture. Tu vois, l’enclume ACME qui s’abat sur les personnages de Tex Avezy ? Et ben pareil.
Parce que ce que j’avais pas compris, c’est que c’est pas offert dans le forfait, ce truc. Et que chaque mail reçu est facturé. Oh, certes, pas grand chose : 0,05 centime, un truc du genre. Oui, mais à raison d’une bonne dizaine par jour, sur deux comptes mails, ben moi j’ai reçu un truc de huit pages, où chaque mail était soigneusement comptabilisé. Avec à la fin un joli total de 120 euros et des brouettes.
Autant te dire que j’ai illico coupé la réception de mails. Depuis, j’ai retrouvé mon teint frais et rose, je dors mieux, je sue moins. Et comme je passe tout de même ma vie devant un PC connecté à Internet, ben j’ai toujours mes mails.
Quelqu’un sait où on peut acheter un Be-Bop ?
Episode 55 |Par Sam | le 23 mar 2008 @ 21:00 | dans J'ai testé pour vous
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Coffee and break
Trois jours de nécessaire débranchage en ligne de mire et il était temps. On va tenter de se calmer un peu. De se détendre. De se poser. De respirer lentement et à fond. De lâcher les épaules. De pousser un gros soupir. De bailler très fort. Et de ronfler.
Je tourne à 5 heures par nuit depuis dix jours et j’arrive plus à dormir. J’avale tellement de litres de caféine que mes draps s’en souviennent et on pourrait alimenter un village moldave avec le voltage que je dégage.
Je suis au taquet de chez au taquet. Caramba. Il est bon, ton café, gringo. Ressers-en moi un litron ou deux, veux-tu ?
Une pile électrique. Un président français lapin Duracel. [quoi, c'était facile ? Si t'es pas content, casse-toi, pauvre con ]
Même pas fatigué. Hyper pro. Au boulot presque à l’heure, à 15-20 minutes près, quoi.
Et là, un roc. Une machine bien huilée. Tu veux un papier, coco ? Je suis là pour ça.
Enfin presque. Il faut que tu saches un truc : le manque de sommeil, ça me rend hargneux. Voire pénible. Demande à ma hiérarchie ce qu’elle en pense.
Du coup, ça donne plutôt “Je vais te l’écrire, ton machin, mais franchement, je trouve ça super nul, comme sujet. Au fait, je t’ai dit que l’idée de l’autre, c’était de la merde et que lui aussi ? Tu adores, toi ? Ca m’étonne pas. Ah, sinon ta cravate est super moche. Allez, à plus, je vais taper ta bouse”.
L’avantage, c’est qu’en tant que journaleux, je jouis du droit total et inaliénable de grogner. C’est dans la Charte de 1918 [Comme disait Hubert Beuve-Méry, "tant qu'un journaliste gueule, c'est qu'il est en bonne santé, coco"].
L’inconvénient, c’est que du coup, le prochain reportage exotique, je suis pas sur qu’il sera pour moi [Comme continuait Hubert Beuve-Méry "c'est pas parce que t'es en bonne santé que j'ai envie de te faire plaisir,coco"].
Je te mets un bonus, tiens. Je suis comme ça, moi, j’ai pas peur, je suis un fou.
Episode 56 |Par Sam | le 20 mar 2008 @ 20:37 | dans Quotidiennes
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Ordre de mission
[Un autre, un autre, réclamait la foule en délire.
Soit.]
Je me plains, je me plains. Mais j’ai quand même de la chance.
Déjà, je fais le plus 1)vieux 1)beau métier du monde. Disons un sacerdoce grandiose au service de la démocratie d’opinion et du débat. Qui permet en plus de lever les serveuses en sortant ta carte de presse l’air de rien, comme disait Hubert Beuve-Méry, ça faisait longtemps que je l’avais plus cité.
Et en plus, comme on gagne des sous, on nous offre même le droit de quitter Paris. Pour aller en reportage. Loin et tout.
Et là, tu comprends pourquoi Hubert avait raison.
Parce que quand tu pars en reportage, c’est la classe.
Déjà, tu signe un ordre de mission.
Un ordre de mission. Rien que le nom, tu peux sentir l’odeur chaude, iodée et moite du Lointain, le souffle de l’Aventure. Quand on m’a dit ça, j’ai failli filer m’acheter une paire de Ray-Ban et un gilet sans manches, tu sais, le kaki, avec plein de poches, qu’arborent fiérement les mecs en duplex de loin à la télé.
Et donc, tu dis où tu vas, combien de temps, comment tu veux t’y rendre, si tu veux une voiture, un hôtel, une call-girl, de la coke, tout ça.
Après, tu file ton truc, et dans les deux heures, y a un mec qui te rappelle pour un ou deux détails, genre la couleur de la pute de la Ferrari, tout ça.
Entretemps, tu t’es calé les pieds sur le bureau avec un énorme cigare pour lire l‘International Herald Tribune, en buvant du whisky d’un air blasé.
Après, tu es bourré, vu qu’il est 10h du mat. Mais c’est classe aussi, ça fait Hemingway.
Et là, tu as qu’à attendre de recevoir un récapitulatif avec tes codes pour le billet, le palace, la ferrari et le reste. Et à filer, les mains dans les poches, vers le sud de la France et l’aventure.
Genre.
Prochaine étape : la note de frais.
Episode 61 |Par Sam | le 13 mar 2008 @ 0:25 | dans Quotidiennes
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Countdown (the final, ouais, aussi)
[Y a des dimanches, ça veut pas, juste.]
Enervé comme un élu de droite, triste comme un dimanche pluvieux de début mars, je descendais à grands pas transis ma petite rue sans intérêt pour atterrir chez mon fournisseur officiel de calmants à dimanche soir estampillés 1664 Ouais, non, laisse tomber, ça va être chiant.
[A la place, je vais te raconter des conneries, ce sera mieux. Pour toi, je sais pas, mais pour moi, c'est certain]
Je voulais te narrer un peu l’acte que j’ai posé, cette semaine. Oui, car parfois, je pose des actes. Comme ça. Gratuitement. J’influe sur mon environnement, un peu. Je danse la vie, je chante la vie, je ne suis que vie. Tu vas voir.
En fait, cette semaine, en bon geek, j’ai testé la dernière version de Netvibes [qui se trouve, ami non-geek, être un agrégateur de flux rss. En gros, c'est un espace que tu aménage comme tu veux et dans lequel tu mets de petits modules, qui te disent quand un blog ou un site a été mis à jour. Ou ça nous mène, toute cette technologie, te demande-tu ? Moi aussi], Ginger.
Et sur cette version, j’ai découvert un widget parfaitement formidable. Qui fait compte à rebours. Et que tu peux même customiser pour qu’il aille jusqu’à la date qui te convient.
Par exemple la date fatidique de ma trentenairitude. Qui, à l’heure ou j’écris, se situe dans 636 jours, 18 heures et 41 minutes [Ce qui, par une habile déduction, te permettra de trouver ma date de naissance].
Epatant, non ?
Sur ce , je dois monter sur un cheval blanc pour aller sauver une princesse. Je te laisse donc. Comme un prince.
Episode 63 |Par Sam | le 9 mar 2008 @ 22:21 | dans Quotidiennes
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Douze jours (XI). Vidéo
J’ai bien failli me lancer dans un post romantique et forcément transi. J’ai promis d’éviter. A la place, je te propose une petite vidéo à la con, parce que ça fait longtemps. En plus, ça date franchement, niveau buzz viral tendance. Mais tant pis, j’aime bien :
Célibataire
envoyé par MicrofilmDansTaChambre
Episode 71 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 22:11 | dans Geek Story
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J’ai testé pour pour vous : mourir (ou pas loin)
[Histoire de changer un peu de registre]
Tu es en train de lire des mots écrits par un homme qui a vu l’Autre côté et qui en est revenu. La lumière blanche, ma vie qui défile devant mes yeux… tout ça, je l’ai vécu.
Tel que tu me vois, je suis un survivant.
[Là, normalement, j'ai capté ton attention, que je sais parfois vacillante. "L'accroche, coco, disait Hubert Beuve-Méry, si c'est bien fait, c'est comme une fille qui te montre un bout de culotte : tu peux pas faire autrement que de chercher à en savoir plus". Il était parfois vulgaire, à ses heures, Hubert, je sais ]
Ca c’est passé ce matin, vers 6h45, du côté de la Gare du Nord. Car oui, à l’heure où certains paressaient encore au fond de leurs couches douillettes et parfois même réchauffées encore de la présence d’un autre corps endormi à leur côté [ce qui, je viens de le redécouvrir, est tout de même du bonheur], d’autres étaient déjà dehors.
D’autres s’étaient levés à 6 heures, dans la nuit noire, fatigués, mais résolus. Ils avaient avalé un expresso [de bourgeois, tu connais maintenant] au doux son de la revue de presse de France Info, puis filé sous la douche tenter de se réveiller un poil.
Ceux-là, l’oeil (et les cernes) déjà tourné vers la journée qui commençait, avaient enfilé un pull chaud, une veste, leur musette de journaleux, ne poussant qu’un inaudible soupir lorsque, sortant de l’immeuble, ils découvraient qu’en plus d’être noir, le ciel était chargé d’une sourde menace, tandis que des rafales d’une bise glacée venaient tourbillonner dans la rue sombre.
[Il n'y a plus de lumière dans ma rue depuis ce weekend, c'est légèrement flippant]
Ces héros muets, sentinelles anonymes de l’information, j’en étais ce matin alors que j’enfourchais mon fidèle destrier gris grâcieusement prêté par la mairie de Paris (Delanoë for president) et JC Decaux (euh…), prêt à bondir vers des sommets de gloire et d’éthique journalistique.
C’était compter sans l’Adversité au nez morveux qui, toujours, attend le héros au tournant.
Filant tel le renard du désert, malgré le crachin et un vent contraire qui me donnait l’impression de reculer au lieu d’avancer parfois (alors, comment veux-tu… Disait le poète), j’arrivai rapidement devant la gare du Nord déjà remplie à cette heure de banlieusards tristounets débarqués par pelletées de leurs pavillons lointains.
Esquivant, comme à mon habitude, piétons et taxis à l’aide de magistraux coups de reins qui ont valu ma réputation [pardon, j'arrête là], je me frayais un chemin dans ce chaos, et arrivai au début de la rue de Dunkerque, me préparant déjà à une longue et salutaire descente.
C’est là qu’eut lieu le drame.
Devant moi, un bus. Le bus est au vélib ce que l’éléphant est au guépard : plus gros, plus laid, moins agile, mais bien plus puissant en fin de compte. Avec cette différence toute parisienne que le bus est en outre souvent conduit par un chauffeur qui nourrit à l’égard des vélib et de leurs pilotes les sentiments qu’avait la Diète polonaise du XVIe siècle pour les cosaques zaporogues du Dniepr.
[Cet intermède culturel t'était offert gratuitement, profite]
En gros, ils n’aiment pas les vélib. Ils n’aiment personne, de toute façon. Or, le vélibeur avisé et respectueux des lois (dont je suis) doit souvent, à son corps défendant, emprunter la même voie carossable que celle du bus RATP tout venant. Ce que je faisais, justement, ce matin-là.
Hélas, trois fois hélas, j’avais sous-estimé la cruauté de ce chauffeur. Qui, non content de me doubler en passant le plus près possible de moi, s’amusa ensuite à piler à son arrêt, me laissant un espace manoeuvrable minimal.
Vélibeur depuis les débuts, je suis moi-même un vieux briscard de la chose. Un magistral coup de rein eut tôt fait de faire accomplir à mon fidèle destrier un virage sur l’aile destiné à esquiver le bus et le doubler fiérement.
Mais c’était sans compter l’autre prédateur naturel du vélib : le taxi. Qui est la hyène de cette jungle urbaine. En l’occurence, un spécimen, un blanc (les pires), c’était sournoisement glissé dans mon dos, décidant opportunément de déboîter au même moment que moi.
- “Bloods and gut’s !”, m’exclamai-je, réalisant en une fraction de seconde qu’il ne me restait qu’un seul choix : celui de freiner tristement, sous peine de finir en carpaccio entre les deux véhicules.
C’est là qu’intervint l’Adversité à l’oeil torve.
[J'avais eu une trop bonne semaine, aussi, j'aurais dû me méfier]
Sous la forme de cette saloperie de revêtement qui compose les passages piétons, que la pluie avait rendu aussi glissant qu’une cote de popularité présidentielle.
J’ai donc été victime de ce qu’on nomme un aquaplanning. Je suis parti en diagonale, droit vers la roue arrière-gauche du bus, avant que la gravité ne se rappelle à mon bon souvenir, m’explosant la jambe droite contre le bitume, tandis que j’encaissais le poids de mon corps [certes plus léger qu'avant, mais tout de même] et du vélib sur le poignet droit, qui n’avait rien demandé.
Bref, je me suis vautré, là, comme un con, au milieu de la route.
En me relevant piteusement, j’ai eu le temps d’apercevoir le sourire mauvais du chauffeur du taxi blanc, visiblement très content de son coup, avant qu’il ne s’enfuie en ricanant. Quant à moi, j’ai repris le chemin du travail, le pantalon humide, le poignet douloureux. Et l’égo, mon égo superbe de vélibeur, mortellement blessé.
Mais je suis tenace. Dès demain, j’enfourcherai à nouveau mon destrier pour braver la bise de manière écologique. Et cette fois, oh oui, cette fois, je triompherai.
Sur ce, je te laisse, j’ai des pneus de taxis à aller crever.
Episode 93 |Par Sam | le 5 fév 2008 @ 19:44 | dans J'ai testé pour vous
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La nature, c’est beau
Et ton héros part pour une session ménage et paperasses qui devrait le mener jusqu’à la fin de l’après-midi. Alors pour te faire patienter, et pour mettre un peu plus en avant mon côté punk, parce que le côté midinette transie tu as déjà bien saisi l’idée, voici une petite vidéo.
Je te préviens, c”est très, très bête.
Episode 105 |Par Sam | le 29 jan 2008 @ 14:38 | dans Geek Story
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Kundera versus Predator (J’ai testé pour vous : Pointscommuns)
[Alors, tu vois coco, comme visuel pour le site, il nous faut un truc un peu intello, donc pas des pétasses et des gosbos. Mets-nous donc une petite brunette genre étudiante qui mate un barbu un peu rouquin, c'est classe. Et pour le lieu, ben on va pas coller une ambiance plage, c'est pas le public. Non, il nous faut du quotidien, un peu tristoune et un peu magique, genre Jarmush. Une laverie ? Ouais, ça c'est bon, coco]
Chose promise, chose due. Voici donc la suite des aventures de Sam au pays joli de la rencontre virtuelle. Ce soir, nous évoquerons le site pointscommuns.com, qui propose un concept révolutionnaire : la rencontre par affinités culturelles.
1. Chassons l’intello
Imagine : deux types qui discutent autour d’un verre, un soir. “J’ai une idée pour se faire des couilles en or, dit le premier : il faut faire un truc qui soit à la fois meetic et amazon”. “T’as trop raison, mon con, lui répond le second Meetic, c’est bien, mais ça touche pas tous les profils. Les intellos n’y vont pas. Donc faut les attirer avec de la culture. Et puis si en plus on peut leur vendre des bouquins, bah on va s’en foutre encore plus jusqu’aux naseaux”.
Pointscommuns était né.
A la base, on dirait Meetic (dont c’est d’ailleurs une filiale, me souffle-t-on dans l’oreillette en fait pas du tout, d’après un spécialiste. Merci Julien) : une fiche, avec des photos, une annonce, des cases à cocher… Mais là où ça devient original, c’est qu’au lieu de rentrer tes goûts, tu fais comme si tu étais à la Fnac avec un budget illimité : tu prends ton petit panier, et tu choisis ce que tu aimes, dans quatre catégories : musique, films, livres et médias.
Le choix est assez colossal. Tu m’étonnes : je pense qu’ils se sont tout simplement macqués avec alapage.com. Donc tu peux allégrement indiquer tes groupes les plus underground, tes films les plus sous-culture…. Mais, on va le voir, c’est une erreur.
Tous ces choix (outre permettre aux gentils gestionnaires de pointscommuns de se constituer une alléchante base marketing bien détaillée) vont servir à alimenter le “Matching”. Un “puissant moteur”, selon la description du bidule, qui va en gros regarder chez les autres ce qu’ils aiment. Et te sélectionner les profils les plus proches de tes goûts.
2. Ca alors, toi aussi, tu aimes Radiohead ?
Car chez pointscommuns, c’est l’amour intello. Sartre et Beauvoir, au moins. Si tu aimes Kundera et elle aussi, il paraît évident que vous êtes faits pour vous marier et faire des enfants ensemble. En leur donnant des prénoms issus de “L’insoutenable légèreté de l’être”, si possible.
Tu l’auras compris, tu es rapidement confronté à un choix :
1/ Tu te la joues underground lettré : tu lis Cioran et Murakami, tu regardes La chasse du compte Zaroff et Twin Peaks (la série, bien entendu, pas le film), tu écoutes Of Montreal et Camille Verluca, bref tu es classe, tu es in.
[Si en plus tu lis Technikart, que tu porte des Van's au pied, un t-shirt avec un logo détourné, des lunettes rectangulaires cerclées de plastique noir et des vestes 70's, bravo, tu es un clone.]
Du moins le crois-tu. Car afficher ainsi ton snobisme culturel est une mauvaise solution, jeune padawan. Pourquoi ? Ben parce que personne d’autre ne connaît tout ça. Ou du moins très peu de monde. Donc, en croyant naïvement impressionner l’étudiante en section littéraire comme sur la photo avec ta grosse culture, tu réduis d’autant ton territoire de chasse.
2/ Donc, tu arrêtes de te la raconter (ou tu fais semblant), et tu pars plus sur du Amélie Nothomb/Bernard Werber, Lost in Translation/Casablanca et Radiohead/Bénabar. Là, tu scores.
3. Tu le sens, mon gros Sartre ?
Grâce à pointscommuns, je peux crier au monde entier que moi aussi,
j’aime bien The Velvet Underground, comme 951 autres congénères, dont
je peux voir la photo, et avec qui je vais pouvoir discuter
passionnément des heures entières de la Factory, de Niko et de l’influence d’Andy Warhol sur la fin de la contre-culture des 70’s. Par exemple.
Mais d’un point de vue optimisation de la drague, je ferais mieux d’aimer Amélie Poulain.
Car, grâce à pointscommuns, je sais qu’American Beauty (sélectionné 6.342 fois par les membres) est un film beaucoup plus populaire qu’American Splendor (27 sélections), par exemple. Et que Radiohead (4.450 sélections) est définitivement le groupe de ma génération, même si il est plus écouté par les hommes que par les femmes, qui lui préfèrent Nirvana (oui, je sais, moi aussi ça m’étonne).
Et c’est pas fini : Si je vois une fille qui me plaît, je peux savoir ses goûts. Et donc relire Stupeurs et tremblements avant d’aller lui causer. Et si par malheur je ne l’ai pas, aucun problème : il me suffit de deux clics pour l’acheter sur alapage.com, “notre partenaire”.
Que demande le peuple ?
Qu’on arrête de le réduire à une catégorie marketing, déjà.
[Edit : ce blog n'a pas pour but de faire du benchmarking de sites de rencontre. Je n'ai d'ailleurs pas pour but de passer ma vie dessus, je crois que c'est définitivement pas mon truc. Donc si vous voulez des vrais articles fouillés sur le sujet, je vous suggère datingwatch.com, qui joue un rôle de vigie de ce secteur]
Episode 106 |Par Sam | le 29 jan 2008 @ 2:14 | dans J'ai testé pour vous
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Bruit
[Pas d'intro à crochets aujourd'hui. C'est comme ça. Et pas d'image non plus : je trouve pas la bonne machine de chantier. Si tu as le nom exact, n'hésite pas.]
C’est marrant, l’existence.
Prends le mec qui bourrine un trottoir à grands coups de marteau-piqueur dans une rue voisine de mes fenêtres depuis ce matin huit heures et demie, par exemple.
Il le fait pas par plaisir, comme j’aimerais à le croire, ce qui me donnerait un argument pour lui tabasser la tronche. Il fait son boulot. Consciencieusement, en plus. Alors que c’est pas franchement le plus beau des métiers du monde [Forcément : le plus beau, c'est maman, dit le proverbe, et le plus vieux, c'est le mien].
En essayant vainement de pioncer toute la matinée, j’ai eu le temps de me poser plein de questions sur ce mec.
Qui est-il ? En défonçant l’asphalte avec son gros engin, tu crois qu’il pense au fait que grâce à lui, j’ai dormi cinq heures à peine, gaspillant ainsi le seul jour de repos d’une semaine qui n’est pas finie, ton serviteur étant (encore) de permanence tout le weekend ?
A ton avis, il est conscient du nombre de gens du quartier dans mon cas qui ont, à un moment ou à un autre de la matinée, eu l’envie fugace d’aller lui déboîter la tête avec son machin vibrant pour qu’il s’arrête ?
Vers 10 heures, au moment où j’abandonnais l’idée de grapiller quelques heures de sommeil, j’en ai conclu : Bah non. Il s’en fout. Lui, il marteaupique et c’est marre. Sinon, tu pense, la culpabilité l’empêcherait de dormir. Et avec le métier qu’il fait, c’est vite dangereux d’être fatigué.
C’est bien fait, quand même.
Du coup, je peux même pas lui en vouloir, alors que grâce à son action pneumatique à répétition, je suis un zombie qui vient juste de parvenir à se lever de son canapé où, idéaliste comme tu me connais, je me suis acharné durant environ deux heures à accomplir une sieste, placebo bien amer à une grasse mat’ prématurément décédée au doux son de sa machine, dieu que cette phrase est longue, il est plus que temps d’y mettre un point.
Tentative qui fut, tu l’avais deviné, totalement infructueuse.
D’où ce billet relativement inepte, mais qui représente pour le moment le fleuron d’une créativité littéraire déjà pas brillante au départ, et encore amoindrie par la perte d’environ 50% de mes facultés intellectuelles, et voilà que je m’embarque encore dans un truc interminable.
En fait, j’avais prévu de te parler de l’autre site de rencontres que j’ai testé pour toi cette semaine, avant de croiser la belle brune d’hier et de devenir la star éphémère de la blogosphère [Versac avait raison : ça ne dure qu'un jour. Tel Cendrillon, me voilà redevenu citrouille. Heureusement que tu es là, toi. Et toi aussi, d'ailleurs. Et puis toi de même. Faut que j'arrête de dire merci tout le temps moi, ça ressemble à chez ma grand-mère, ce bloug].
Bref, ca s’appelle pointscommuns.com, et c’est bien rigolo aussi, dans le genre.
T’as vu comment je te tease, un peu ?
Donc note ce soir. Ou demain. Ou dans cinq ans, quand je sortirais de taule. Ca dépendra à quelle heure le marteau-piqueur arrêtera de marteau-piquer. Et dans quelles conditions. Parce qu’il n’est pas exclu que j’aille lui faire manger de l’asphalte d’ici pas longtemps, au mélomane.
[Edit : le temps d'écrire ce billet et ça y est, il me semble qu'il a fini. Et je crois n'avoir jamais autant apprécié le silence. Du coup j'arrête de frapper sur mon clavier, et j'écoute. Et c'est beau].
Episode 109 |Par Sam | le 25 jan 2008 @ 18:38 | dans Messages à caractère informatif
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J’ai testé pour vous : EDF
[Une note de douze kilomètres de long (au moins), même pas triste. T'inquiète, je t'en fais une autre après]
Je vais te décevoir (ou pas), mais je suis désormais totalement acquis, voire fermement militant, de la privatisation totale d’EDF. Surtout si elle s’accompagne du licenciement sans indemnités des mecs chargés de relever les compteurs. C’est assez frais, comme ralliement, je t’avouerais : ça date de ce matin tout juste.
Je te la fais Jack Bauer :
7:45:00. Là, tu imagines un écran splitté, avec le timecode jaune au milieu. Coin supérieur gauche, l’extérieur d’un immeuble typique du nord-est parisien, c’est à dire un peu pourrave.
Coin inférieur gauche,les chaussures d’un type qui monte un escalier, que tu devines aussitôt, abreuvé de séries depuis ta jeunesse comme je te sais, comme étant celui de l’immeuble. Il parvient bientôt en haut des marches, enfile un couloir également typique (et donc pourrave) et se retrouve devant une porte qui n’a rien à envier à celles qu’on trouvait dans le Bronx avant Giuliani.
Coin supérieur droit. Un lit (Ikéa), sur lequel on devine une forme cachée sous une couette (Ikéa). C’est ton héros favori, ça aussi, tu l’as deviné. Il a l’air de bien dormir. Ce que je confirme. Je rêvais de trucs débiles, comme d’hab, mais ça je te raconterai une autre fois.
Coin inférieur droit, le pied du lit, un tapis. Rouge. Sur lequel se trouve un verre rempli d’eau, placé là de manière à ce que le pied tâtonnant de l’éveillé ne manque surtout pas de buter dedans, renversant son contenu sur le tapis rouge (suédois, lui aussi).
Jingle.
7:46:23. Dring fait la sonnette. J’ouvre un oeil, constate qu’il fait manifestement beaucoup trop nuit pour que ce soit mon réveil. Envisage de me rendormir. Re-dring, fait encore la sonnette, m’extirpant sans ménagement des bras de Morphée où je m’étais déjà blotti le temps d’y penser.
Bon, pense-je. Je sais pas qui c’est, mais il est manifestement décidé à me rencontrer. Me voilà donc sautant du lit pour enfiler un jean, un t-shirt, et parcourir les trois bons mètres qui séparent ma couche de la porte d’entrée de mon loft parisien de 35m². En n’oubliant surtout pas de renverser le verre de flotte au passage, car une journée qui ne commence pas serpillère à la main en pestant contre le matin, la forme liquide en général, Dieu et la Suède n’est pas, de mon point de vue, une journée.
7:49:32. J’ouvre la porte d’un geste encore mal assuré. La nuit fut courte, mais intense. Et tombe sur le terroriste releveur de compteur assermenté.
Avant, le releveur de compteurs assermenté de chez Electricité de France avait une moustache, du bide, un air tout jovial et saluait d’un grand “bonjour” quelque peu moqueur l’usager lambda qui avait l’idée saugrenue de rester couché passé six heures du matin alors qu’il fait si bon, à l’aube, à Paris, surtout en janvier. C’était déjà pas agréable, mais il y avait l’aspect moustache rassurant.
C’est fini, ce temps-là. Désormais, EDF recourt à de jeunes sous-traitants (j’imagine). Qui, déjà ne prennent plus la peine de te prévenir qu’ils vont passer. A toi de deviner. Et puis de toute façon, qui est encore en train de pioncer à 7h45 ? Franchement, ce n’est pas sain.
Ensuite, je pense qu’ils les forment spécialement à être désagréables. Ou alors ils ne les paient pas, ou très mal. En tous cas, ils ne sont pas contents. En l’occurence, au lieu du “bonjour” jovial, j’ai eu droit à un long borgorythme inarticulé, qui donnait : “cesteudéhefrelevéducompteur”.
7:51:03. Le temps de me gratter la tête en essayant de trouver une réponse adéquate, le jeune sous-traitant à casquette (oui, parce qu’il avait une casquette, en plus) avait déjà violé mon domicile, repété le compteur (pourtant habilement camouflé dans un coffrage de bois peint en blanc du plus bel effet), sorti son appareil à relevage de compteur électronique et assermenté, pianoté dessus et franchi à nouveau la porte, non sans me saluer au passage d’un “bonnejounrée” d’une cruauté parfaitement assumée.
7:52:23. Ton héros est à quatre pattes au pied de son lit, serpillère à la main, en train d’éponger en maudissant tout un tas de trucs. Mais ça, c’est plutôt classique.
Fin de la séquence Jack Bauer.
Après, évidemment, pas moyen de me recoucher. J’ai donc passé les deux heures suivantes à lire la presse en écoutant France Info et en enchaînant clopes et expressos de bourgeois, parce que j’emmerde la cardiologie. Du coup, une fois au boulot, j’avais l’impression d’être soumis à des chocs électriques réguliers, ce qui m’arrangeait pas mal car dormir la tronche sur son bureau, même dans un métier privilégié comme le mien, c’est pas super bien vu par le top management.
Et du coup, alors que demain, je n’attaque qu’en début d’après-midi (pour finir tard le soir, rassure-toi), me voilà complètement explosé à 21h30.
Tu me diras, avec une vie d’une intensité telle que la mienne, pourquoi perdre une occasion de me reposer avant de nouvelles aventures qui s’annoncent tout aussi palpitantes ?
Ce à quoi je te répondrais que merde. Là.
Excuse-moi, je suis de mauvaise humeur.