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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

A nos lecteurs

Bien.

Effectivement, j’admets que j’en fais un peu trop. Et que visiblement, ça t’inquiète un tantinet. Alors qu’il n’y a pas de quoi.

Il est donc temps de nous rappeler tout ensemble que ce que je bave ici reste essentiellement de la littérature. Certes documentaire, certes autobiographique, mais pas non plus aussi implacablement réaliste que ça. Je crois que le terme correct est “autofiction“. En gros, ce que j’écris, c’est un instant et une impression glosées en 4.000 signes de défoulement parfois nécessaire. Un genre de crise de graphomanie soudaine et purgative.

Je t’accorde que, depuis quelques temps, instants comme impressions se concentrent sur du glauque. Ce qui pourrait laisser penser que je suis au bout du bout, on the verge,  voire limite nervous breakdown. Or, non.

Rassérène-toi.

Dans la vraie vie, je ne passe pas mon temps à errer au vent mauvais d’une mélancolie trop grande pour moi qui m’étouffe et me tue, écharpe et cheveux pris dans la bise glaciale d’un éternel novembre romantique, rythmé par les grincements du vélib’ rouillé sur lequel je tangue, exsangue, avec une chanson glauque dans le casque et un gouffre béant à la place du coeur, ô Béatrix ma Béatrix, pourquoi cette dévastation tout ça.

Dans la vraie vie, j’aime plutôt bien mon job, et ma vie, et la vie. Je rigole avec mes collègues, fais la fête avec mes amis, cherche où partir en vacances, trouve les filles jolies, tout pareil comme toi (pour les filles tu fais comme tu veux). Dans la vraie vie, je suis plutôt un garçon sympathique, voire jovial. Et même porté sur la blagounette et la gaudriole, imagine-toi. Je sais profiter des bons moments, peut-être même mieux qu’un autre, parce que plus intensément.

Certes, j’ai connu des jours meilleurs. J’en ai aussi connu des pires. J’en connais régulièrement des très, très bons et c’est ça qui compte. Je ne te les raconte pas tous. Ou pas dans leur globalité.

En nalisme, on apprend à choisir un angle. A expliquer un événement sous une facette, parce qu’on a pas la place ni la connaissance pour tout dire [Comme disait Hubert Beuve-Méry, "coco, plus tu élargis, plus tu prends le risque qu'on s'aperçoive que tu es un gros imposteur qui ne connait rien au sujet sur lequel il écrit"]. Ici, c’est un peu pareil. Mais j’admets choisir des angles bien glauques, ces temps-ci.

Après, je suis d’accord : si je glauque, c’est aussi car tout cela n’avance guère. Voire tendrait à stagner un brin. J’admets que ça manque de dynamique. Que les aventures de notre héros mériteraient un bon vieux rebondissement.

Le truc, vois-tu, c’est que j’ai tendance à délayer. A faire durer le plaisir en attendant l’impulsion. L’instant décisif. Le coup de théâtre soudain du Destin farceur. Ce qu’on nomme, en termes techniques, le bon vieux deus ex machina des familles.

Jusqu’ici, ça fonctionnait pas mal. Là, il commence à être un peu sévèrement à la bourre, le con.

En fait, il fait pire : il pointe le bout de son nez sans se montrer plus avant. Il est là, pas loin, je le sais, je le sens. Tapi dans la broussaille. Par nuit dégagée, à la pleine lune, tu peux voir ses yeux chafouins refléter la lumière des étoiles. Mais il se fait désirer.

Du coup, pour l’attendre, je procrastine à longs jets continus. Je te fais pas la triviale checklist des bidules en attente d’un bougeage de fondement de ma part, elle est trop longue.

Et dans l’intervalle, je meuble ce bloug à coups de posts tristounets comme celui qui figure ci-dessous. Parce que j’étais dans ce mood là en rentrant et que j’ai eu envie de l’écrire pour m’en débarasser. Ce qui a fonctionné, au demeurant.

Et là, accroche-toi, car je vais te citer Shakespeare.

Carrément.

Je suis un fou, j’ai peur de rien.

Le brave William écrivait, donc [Comme il vous plaira, acte II, scène 7, la traduction est de ton serviteur qui ne la trouve pas sur Google]

All the world’s a stage,
And all the men and women merely players;
They have their exits and their entrances,
And one man in his time plays many parts,

Ce qu’on pourrait traduire par quelque chose comme :

Le monde entier est une scène de théâtre,
Et homme et femmes n’en sont que les acteurs
Qui entrent et sortent
Et notre vie durant, nous y jouons plusieurs rôles

Et là, tu es mort de rire. Et tu n’as pas tort.

Mais il faut bien comprendre que depuis des années, je rêvais de citer Shakespeare dans une note.

Grâce à toi, c’est chose faite.

Tu vois, les choses avancent…

Episode 176 |Par Sam | le 28 mai 2008 @ 0:27 | dans Messages à caractère informatif
7 commentaires »

Darth Bisounours rising

Quelques chafouins et autres esprits étroits, totalement insensibles à la beauté zen du dépouillement, déploraient un certain vide dans mon superbe nouveau layout template habillage [Restons simples, c'est juste Canalblog]. Précisément en haut et à gauche de la page.

Soi-disant que ça déséquilibrait l’ensemble. Ce qui était le but, mais va donc faire entrer la notion de rupture dans leurs épais crânes de gauchistes.

Soit.

Comme je suis un vrai démocrate, j’ai entendu leurs critiques. Et comblé le haut à gauche, puisqu’il faut parfois sacrifier à la loi du nombre pour mieux poursuivre son oeuvre. Galilée lui-même n’a-t-il pas nié la rotation de la Terre pour continuer ses travaux ?

Et du coup, tu as le droit de dire bonjour à la nouvelle mascotte du blog : Darth Bisounours [qui est aussi le montage le plus mal détouré du mois, mais merde, je suis journaliste, pas saltimbanque]. Il trônera dorénavant au-dessus des futilités déversées ici.

Et peut-être même qu’un jour, j’ajouterai une sentence définitive dans le grand blanc du milieu. Si je la trouve.

[Edit post-déménagement : du coup, ça n'a plus grand intérêt, comme note]

Episode 32 |Par Sam | le 11 avr 2008 @ 1:43 | dans Messages à caractère informatif
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Countdown (the final, ouais, aussi)

[Y a des dimanches, ça veut pas, juste.]

Enervé comme un élu de droite, triste comme un dimanche pluvieux de début mars, je descendais à grands pas transis ma petite rue sans intérêt pour atterrir chez mon fournisseur officiel de calmants à dimanche soir estampillés 1664 Ouais, non, laisse tomber, ça va être chiant.

[A la place, je vais te raconter des conneries, ce sera mieux. Pour toi, je sais pas, mais pour moi, c'est certain]

Je voulais te narrer un peu l’acte que j’ai posé, cette semaine. Oui, car parfois, je pose des actes. Comme ça. Gratuitement. J’influe sur mon environnement, un peu. Je danse la vie, je chante la vie, je ne suis que vie. Tu vas voir.

En fait, cette semaine, en bon geek, j’ai testé la dernière version de Netvibes [qui se trouve, ami non-geek, être un agrégateur de flux rss. En gros, c'est un espace que tu aménage comme tu veux et dans lequel tu mets de petits modules, qui te disent quand un blog ou un site a été mis à jour. Ou ça nous mène, toute cette technologie, te demande-tu ? Moi aussi], Ginger.

Et sur cette version, j’ai découvert un widget parfaitement formidable. Qui fait compte à rebours. Et que tu peux même customiser pour qu’il aille jusqu’à la date qui te convient.

Par exemple la date fatidique de ma trentenairitude. Qui, à l’heure ou j’écris, se situe dans 636 jours, 18 heures et 41 minutes [Ce qui, par une habile déduction, te permettra de trouver ma date de naissance].

Epatant, non ?

Sur ce , je dois monter sur un cheval blanc pour aller sauver une princesse. Je te laisse donc. Comme un prince.

Episode 63 |Par Sam | le 9 mar 2008 @ 22:21 | dans Quotidiennes
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Jour de colère

[Note passablement bileuse. Reste à espérer que le verre de Buzet qui l'accompagne saura égayer un peu tout ça parce que vu d'ici, tu vas prendre cher. Je suis un bisounours. Et la vie est belle. A me demander pourquoi je publie ce truc.]

Paris by night, once again. A 23 heures, je suis parti du taf sous une bruine fine, froide et finalement libératrice. Qui allait parfaitement avec mon humeur du jour. L’avantage de cette ville, c’est que si, comme moi, tu es prompt à recréer Hollywood dans ta tête, tu n’es jamais déçu par les décors.

Extérieur, nuit, donc. Un type sort d’une porte dérobée, dans une petite rue qui jouxte un boulevard parisien. Il ajuste ses écouteurs, sort une fin de paquet de tabac de la poche de son jean tout neuf, roule une cigarette (eh oui) Et marche à la parigote, donc en courant à moitié. Lorsqu’il passe sous un réverbère et qu’on aperçoit son visage, on peut rapidement deviner, à sa mine pour le moins renfrognée, qu’il n’a pas l’air super content. Il jette d’ailleurs des coups d’oeil vengeur vers le ciel, comme s’il l’insultait mentalement.

En fait, en marchant sous la pluie, ce qui me faisait un bien fou après  huit heures le cul sur une chaise dans un open-space vide, j’avais l’image mentale d’un joli petit oiseau volant dans un ciel bleu azur,  qui se faisait soudain dégommer la tronche par un obus de 120. Boulet, je me disais. Je devrais demander à changer de nom. Samuel Boulet, ce serait classe, ça sonnerait bien. Ce serait plus fidèle, toujours.

J’ai chopé un vélib’, et commencé à pédaler en maudissant piétons, taxis et autres gros cons de bus RATP. Et pédalé de plus en plus vite, sous la pluie qui tombait de plus en plus fort, juste dans l’espoir de me calmer un peu. Peine perdue.

J’ai remonté cette putain de rue Lafayette en explosant au passage mon record personnel. Accéléré vers la gare du Nord. Dévalé l’autre côté. Dérapé en freinant (tout de même) aux feux. Avec du Radiohead dans les oreilles et une bonne dose de colère dans les tripes.

Contre les dimanches, contre le web, contre les journalistes, contre ce boulot, contre les open spaces, les machines à café, les néons et les badges magnétiques qui font tut. Et puis aussi contre les connards dans leurs bagnoles, contre la pluie, contre la nuit, contre Paris.

Contre moi-même, surtout. Contre ma flemme chronique, mes élans autocensurés, mes transports fusionnels soudains et ridicules, ma maturité émotionnelle et affective d’adolescent de 13 ans, mes peurs indigentes et tout ce qui de manière générale me pousse à le raconter dans un blog.

***

Epilogue : Evidemment, deux heures, un coup de fil et un sourire niais vissé à la tronche plus tard, tout cela paraît bien loin. Evidemment, je suis retourné dans le monde des Bisounours.

Et évidemment, la pluie fine qui tombe ajoute désormais une certaine poésie brumeuse à une nuit plutôt belle et plutôt douce. Et évidemment, j’aime cette ville et cette vie. Et cette fille. Et évidemment, demain sera une belle, une très belle journée. Un jour, tu verras, j’apprendrai à avoir confiance en moi. A laisser faire les choses. A calmer mes pulsions. A prendre des initiatives.

Un jour, j’arrêterai de jouer aux montagnes russes émotionnelles, de tout prendre en pleine face, le bon comme le mauvais en vrac. Je laisserai tomber le transport amoureux à grande vitesse. Je prendrai le temps. Un jour, tu verras, je cesserai de perpétuer sans le vouloir la grande tradition du romantisme échevelé au vent mauvais d’un destin cruel qui finit mal. J’apprendrai à profiter de ce que j’ai, juste.

[Imagine :  j'aurai une épouse charmante et des enfants brillants, une carrière en pleine ascension dans un métier-passion (coco), un peu d'argent de côté et un abonnement à la salle de sport. Je serai propriétaire de mon appartement, meublé avec goût au rythme bi-annuel des voyages chez Ikea et autres brocantes vintage. Je dirigerai des gens, je passerai sur les chaînes d'info en continu, j'aurai une vie de couple, une dizaine de cravate et des problèmes d'impôt. J'aurai écrit quelques bouquins, je suivrai une thérapie, je ferai du taï-chi, je serai attentif à mon alimentation. Et après, à 50 piges, je ferai péter la fameuse crise qui va bien. Je me ferai (re)percer l'oreille. Ou tatouer. Je divorcerai, dans la douleur sinon c'est pas fun, pour me mettre avec ma maîtresse, une fille formidable, de 20 ans plus jeune que moi. Je passerai le permis moto et je plaquerai tout pour aller ouvrir un bed & breakfeast bio dans le Lubéron avec ma jeune amante. Tout en écrivant des romans cynico-romantiques à base de ruralité poétisée et de crise existentielle.

Ouais.

En fait, ça me déprime. ]

Mais visiblement, c’est pas pour tout de suite.

En même temps, des fois je me demande si finalement, c’est pas mieux. En fait.

Episode 67 |Par Sam | le 3 mar 2008 @ 2:22 | dans Quotidiennes
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Vivement lundi

Il y a des jours, comme ça, qu’on aurait juste envie de passer en accéléré pour être plus vite au soir. Des dimanche merdiques tout seul comme un con au boulot à jouer les tours de contrôle de l’information, sentinelle mal payée de la grande armée docile des journaleux ordinaires.

Il y a des jours, comme ça, où on est triste sans raison, où on retourne les mêmes questions dans sa tête, à pétrir sa pâte à névroses dans les mêmes pétrins mentaux, sans parvenir à s’en empêcher.Des dimanches pourris où on essaye de rester simple sans y parvenir. Mais où on pose des actes quand même, en se demandant un peu leurs conséquences.

Il y a des jours comme ça, où on voudrait juste être ailleurs.

Des dimanches à la con où on a l’impression de passer à côté de la vie, de ne pas être au bon endroit au bon moment. De rater quelque chose qu’on ne parvient pas à définir, qu’on a sur le bout de la langue, qu’on devine du coin de l’oeil, mais qui se dérobe.

Alors on déverse un peu de bile sur un blog, histoire de tuer ce temps qui passe avec une infinie lenteur.

Episode 68 |Par Sam | le 2 mar 2008 @ 21:13 | dans Pensées parasites
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Perfect day

[Je continue dans le "il", tu m'en veux pas ?]

free music

Lorsqu’il ouvrit les yeux, c’était samedi et il faisait beau. Ce qui, dans cette ville et à cette période de l’année, constituait un fait suffisemment exceptionnel pour mériter de figurer en début de note, même si, comme disait l’illustre Hubert Beuve-Méry, “commencer par la météo, coco, c’est bien niveau info-service, mais ça vaut pas un bon fait-divers bien gras”.

Un message gentil l’attendait sur son téléphone.

Il reprit aussitôt ce sourire niais qu’il arborait, collé à sa face de lune, depuis trois jours. Et partit se doucher.

Une bonne nouvelle pouvant parfois en cacher une autre, sa balance Ikea lui annonçait qu’il était passé sous la barre fatidique des 70 kilos, ce qui mettait son indice de masse graisseuse à un petit 17,8% de bon aloi. Six kilos en moins en deux semaines, vivent les carottes. Et les rencontres.

- “Décidément, je suis un gros métrosexuel”, pensa-t-il, se rappelant qu’il était d’ailleurs supposé aller faire le Musclor à la salle de sports du haut de sa rue avec un pote. Qui, pour ne pas changer, avait esquivé lâchement, lui fournissant une bonne excuse pour ne pas y aller.

Quelques courses et autres tâches domestiques plus tard, il s’en alla répondre à ses mails gentils et résilier son abonnement à Meetic. Soixante euros les trois semaines, 36 visites, un mail et deux flash, ça faisait un peu cher la remise en état sentimentale. Il s’en foutait éperdument, en fait.

Tant qu’à y être, il barra d’un trait le “journal d’une rupture” sur sa bannière. Ca, aussi, c’était fait.

Nous étions le samedi 2 février 2008. Ca lui avait tout de même pris six mois.

Mais c’était fait.

Il n’avait plus qu’à attendre la suite de la journée. Qui s’annonçait décisive.

Et à se faire un peu confiance, pour changer.

Episode 100 |Par Sam | le 2 fév 2008 @ 16:31 | dans Quotidiennes
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Retour au triste

[ce qu'on peut écrire comme conneries, des fois... En fait, je viens de me relire et je trouve ça pas terrible. Voire carrément nul. D'où : je me rattrape. Ou j'aggrave mon cas, c'est selon.En tous cas, je te la fais courte]

Une plombe et demie du mat’, et toujours devant un écran.

La vie est ailleurs, qu’il disait.

Ouaip, mon con : la mienne, elle est même nulle part. Mais disponible partout. Livrée directement de mon cerveau au monde, via mes doigts sur un clavier.

Vie digitale, vie racontée. Binarisée, condensée en paquets de zéros et de uns qui vibrionnent dans des tuyaux jusqu’à atterrir en pixels sur ton écran, pour coloniser ton nerf optique et atteindre ton cerveau. Et même d’autres endroits plus immatériels de ton être, si j’y parviens du moins.

Geek, je suis. Ergo : je partage. Et me soulage. Et entretiens l’illusion qu’une vie existe bien, ailleurs. Et capture des petits bouts d’instants dans ces posts, qui sont autant de pierres dans mon jardin dévasté.

Et les jours passent, et le manque d’elle se fait manque tout court, à mesure que je réalise à quel point elle n’avait d’exceptionnel que le fait de m’aimer. Et le manque d’elle  devient manque de sens, au carré. Au cube : Manque d’amour. Manque de seske. Manque de présence. Manque de but.

Oui, mais voilà : Couillon de romantique transi, le seske sans amour, je sais pas faire. Abruti de solitaire, la présence, je ne la vois qu’en détourage, lorsqu’elle n’est plus là pour m’emmerder alors que je voudrais juste être tanquille. Quant à l’assurance…  disons que je gère. Disons que je sais user de la timidité comme d’une arme.

Reste un but à trouver. Qui ne soit pas seulement de la remplacer par la prochaine qui m’aura choisi.

Alors, quoi ?

Ecrire ce putain de livre serait un bon début.

Choisir la prochaine plutôt qu’elle me choisisse serait mieux encore.

Episode 112 |Par Sam | le 24 jan 2008 @ 3:25 | dans Journal d'une rupture
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Employé modèle

employee[J'allais pas te laisser sur une note comme celle d'avant, alors je t'en fais une dernière pour la route. Après j'arrête, promis]

Merveilleux dimanches soir.

[Oui, je sais. Mais attends, je cherche l'inspiration, là. Faut que je me recentre, que je me reprenne. Du coup je me ramasse stylistiquement sur moi-même avant de bondir tel le sprinter moyen]

Merveilleux dimanches soir, donc, au coin de l’ordinateur. J’aime ces moments de détente où, après avoir passé huit heures d’affilée devant un écran, je m’en remets une louchée une fois rentré chez toi, parce qu’après tout, je reste tout de même un gros geek.

Merveilleuse société de l’information, aussi. Car, non content de me bombarder de mails toute la journée depuis chez lui (où il est profite de son week-end, lui), mon boss a continué après mon départ et l’arrivée de mon collègue chargé de la permanence pour la soirée. Il se disait peut-être que j’avais décidé de travailler plus pour gagner plus, genre.

Bref, parce que je suis un employé modèle (et un gros geek, aussi), j’ai la conscience professionnelle de vérifier mes mails pro. Oui, parfaitement monsieur. Un dimanche soir. De chez moi. Genre je n’ai pas de vie, mon travail est la seule activité qui me maintient à peu près debout dans cette merveilleuse société [où, ensemble, tout devient possible, ne l'oublie jamais], et je l’assume fiérement.

Car qu’ais-je fait, à ton avis, lorsque tu j’ai vu les messages qui s’empilaient dans ma boîte, me demandant d’écrire tel ou tel papier, de bidouiller tel ou tel truc ? Laisser tomber et me dire “on verra demain” ? Rigoler en pensant à mon chef en train de s’enrager de mon silence mailesque, chez lui avec ses mômes ?

Pas du tout.

Moi, j’aime les gens. J’aime mon métier. Alors j’ai gentiment écrit à mon chef pour lui dire que non, je n’avais pas décidé de rester à la rédaction 16 heures d’affilée, mais que je m’occupais de tout. Et j’ai as transmis le paquet de trucs à faire à mon collègue (la terminologie exacte est confrère, mais ça fait quand même un peu too much), avec un mot gentil pour m’excuser de lui remettre tout ça sur la tronche. Mais après tout, on est payés, hein. Mal, certes, mais payés.

Sérieux, tu trouves pas que je suis un peu l’employé du mois ?

Episode 128 |Par Sam | le 13 jan 2008 @ 21:41 | dans Geek Story
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Vous avez une paille ? J’ai la poutre

Avoue que tu ne t’y attendais pas, hein ? Deux posts en deux jours, c’est un peu un truc de fou. Je m’épate moi-même. Mais il y a une raison à ça. Tu vas voir.]

poutres_anciennes_FDDes fois, enfin je sais pas pour toi, mais moi ça m’arrive, des fois c’est lundi matin, et je me réveille avant mon réveil. Même pas fatigué. Ou alors pas trop. Et de bonne humeur. En plus, dehors, il fait beau. Alors, je revêts mon beau peignoir en serviette éponge orange tout propre de la lessive d’hier, et je me sers un expresso dans la super machine à expresso de bourgeois que ma maman m’a offert à Noël (oui, je suis bonne à marier, je sais), et je le déguste tranquille, calé dans mon Solsta Olarp, en écoutant les infos d’une oreille distraite, mais attentive, parce que merde, être journaliste, c’est aussi rester un professionnel en toutes circonstances.

C’était lundi matin, lecteur, et j’avais le pêchon. Et presque le sourire.

C’est là où tu mesure l’infinie précarité de l’existence et la fragilité diaphane d’un état mental. Car tu te doutes bien que ça n’allait pas durer, tout ce bonheur Simple et Vrai comme une saucisse Herta grillée au feu de bois dans une clairière forestière à l’automne.

Ben non.

T’as jamais lu Homère ? Jamais pigé le coup du destin cruel qui s’acharne sur le héros qui n’a rien demandé, lui, juste de boire son café tranquille ?

Dring, fit le Palm Treo 650, de bourgeois aussi (la base du métier de journaliste, disait Hubert Beuve-Méry, c’est de savoir péter plus haut que son cul).

Le temps de jeter un oeil sur l’écran pour savoir qui c’était, j’ai fait un bond de facile 8 points sur l’échelle ouverte de la Loose.

Car, et tu l’as déjà deviné, je le vois à tes petits yeux qui brillent, c’était Elle.

L’Ex.

Je te passe la conversation, courte et relativement inepte. Elle veut des sous pour la caution de l’appartement qu’elle a avancée. Sous que je n’avais pas jusqu’ici. Mais je suis désormais riche  : je ne te l’avais pas conté, mais l’Etat français vient de me donner 1.500 euros de prime de mobilité (avec tes impôts à toi, je sais. C’est énervant, hein ?). Merci Thierry, merci Dominique. Je peux donc apurer ma dette, et tenter de passer à autre chose ce qui, tu le sais, n’a pas été très concluant jusqu’ici.

Pour tout te dire, je m’attendais à son coup de fil. J’avais opportunément glissé cette histoire de thune tombée du ciel à une amie commune, en sachant qu’elle lui transmettrait le message. Ca n’a pas loupé.

Mais je ne pensais pas que l’effet “grosse quiche dans ta tête” puisse être encore aussi viril au bout de tous ces mois.

Les dieux (et toi, puisque tu t’en doutais, malin comme tu es) savent que je me trompais.

Je n’ai jamais fait l’expérience, mais j’imagine que se prendre une poutre  sur le sommet du crâne doit avoir à peu près le même effet. Mais attention, hein : pas la poutrelle en pin genre maison Philippe Stark à ossature bois, non. Je parle de la poutre rustique de nos fermes, tu vois. En chataîgner massif, durci par les ans et les incendies.

Après, forcément, t’as les yeux qui piquent un peu.

Tel que tu me vois, j’ai été au taf à pied sans vraiment m’en rendre compte, de station vélib’ (mon ami) en station vélib’ (Delanoë en force). En regardant le ciel, qui restait insolemment bleu, ce connard. Et en adjurant mentalement mes facétieux anges gardiens d’arrêter les frais, sur le ton “les plus courtes sont les meilleures, les gars”.

Parce que six mois, c’est un peu long, même pour une running joke.

J’oubliais : B.O.

Episode 135 |Par Sam | le 7 jan 2008 @ 22:30 | dans Journal d'une rupture
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