On dormira quand on sera morts
Je suis tellement fatigué que je le sens même plus. Un genre de transcendance corporelle.
Hier, j’ai donné dans le pince-fesses mondain, ambiance costard, talons, petits fours et cadres dirigeants sur gazon anglais et décors XVIIIe.
Et au milieu des puissants, quatre journaleux décalés, dont ton serviteur, qui enquillaient du champe au litre en regardant vaguement l’équipe de France de football se ridiculiser sur écran géant.
On a bien dû tomber six bouteilles.
Hubert serait fier : les traditions restent, les journalistes boivent. Trop. De coupettes en coupettes, d’anecdotes du chef en discussions sur Wordpress, je suis resté bien trop tard pour mes horaires matinaux de la semaine.
En finissant par rentrer, avec déjà un potentiel sommeil réduit à six petites heures, je suis tombé sur ma soeurette, qui savait pas où dormir, pour changer. Et comme on s’était pas vu depuis genre deux semaines, c’était reparti pour quelques bières et autre discussions qui nous ont emmené au galop vers les deux heures du matin avant que je ne me décide à arrêter les frais.
Autant te dire que quatre heures plus tard, quand le bipbip de l’alarme m’a tirée du coma, j’étais même plus la moitié de moi-même, plutôt le quart, voire moins. J’ai quand même réussi à me traîner à la rédac pour enquiller les papiers. C’est beau, parfois, la dévotion. Surtout à 7 heures du matin.
Et c’était pas fini. Quand j’ai réussi à m’échapper, vers 16h30, c’était pour aller à un rendez-vous presque pro. Et tu sais quoi ? On dirait que certains projets en sommeil reviennent à la vie. Et ça fait plaisir.
Tel que tu me vois, j’en reviens. Plutôt content. Et totalement décalqué de fatigue, aussi, au point que ça en devient presque grisant. J’irais bien m’effondrer, mais je dormirais pas.
D’autant que ça fait trois jours que j’ai un post en tête, genre Psychologies - Nos fiches pratiques, que je procrastine pour diverses raisons, dont quelques bonnes.
Du coup, je vais m’atteler à ça derechef. En attendant que mon petit corps cesse de m’envoyer des pleines giclées d’adrénaline dans le cortex et me laisse dormir.
Episode 196 |Par Sam | le 10 juin 2008 @ 21:02 | dans J'ai testé pour vous, Quotidiennes
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Easter aigre (doux)
[J'espère que tu apprécies le jeu de mot]
Back dans les bacs, comme disait le poète. Note, j’étais plutôt parisien, ce weekend pascal. Que j’eusse souhaité reposant, à la base.
Ce qui s’est en partie produit: j’ai pioncé comme jamais. A coups de douze heures d’affilée, plus une sieste par gourmandise. Et je baillais encore le reste de la journée. Et c’était bon. Et j’en avais besoin.
Mais dormir, ça fait pas tout, dans la vie. Par exemple, tu peux aimer, aussi. Ce que j’ai tenté lorsque je ne ronflais pas.
Et sur ce point, le weekend fut plutôt guerrier. Voire sauvage. Ma vie amoureuse est une guerre de positions. Je joue au blitz en aveugle contre un miroir inversé. Bisounours versus Mme de Merteuil, round 6, fight.
Je dévale les pentes d’une montagne russe. A finir au fond d’un métro samedi soir, triste comme une pierre tombale tchétchène et furieux comme un gamin de cinq ans qui s’est pris une tarte sans raison, et vivre un rêve éveillé 24 heures plus tard, lorsque je me suis endormi et qu’elle me réveille en me couvrant de bisous et en s’excusant.
Pour faire dans le recyclage, cette histoire est comme le chat de Shrödinger, enfermé dans sa boîte, à la merci d’un dispositif aléatoire qui peut le tuer à tout instant.
La physique quantique postule que tant qu’on ouvre pas la boîte, on ne peut pas savoir si le chat est mort ou vivant. Et qu’il est donc les deux à la fois.
Ce à quoi les physiciens quantiques n’ont pas réfléchi, à mon avis, ce sont les sentiments du chat.
Moi je peux te les donner : Le chat, il savoure chaque instant. Chaque seconde qui passe. Le chat, il y croit.
Le chat, il se sent méchamment vivant.
Episode 54 |Par Sam | le 25 mar 2008 @ 21:00 | dans Quotidiennes
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Cauchemar
J’étais prisonnier d’un truc plein d’eau et je me débattais et je commençais à étouffer. Mais je savais que c’était un rêve. Alors j’essayais d’ouvrir les yeux. Mais j’y arrivais pas. Et puis finalement si. Je retrouvais ma chambre et tout allait bien. Mais elle se recouvrait peu à peu d’une mousse spongieuse et urticante. Et lorsque je voulais boire de l’eau, elle était pleine de matières solides qui je ne parvenais pas à recracher.
Tililit. Tililit. Tililit.
Fit le réveil.
Hhhhh.
Fit le Sam en se redressant brusquement.
Plus jamais je fais une sieste de plus d’une heure. Plus jamais.
Episode 57 |Par Sam | le 19 mar 2008 @ 18:51 | dans Pensées parasites
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Sieste
[Tu veux de la météo ? Je te fais de la météo]
[C'était un genre de private joke, hein]
A force de vivre dans cette ville où il pleut tout le temps, j’ai fini par m’adapter. Et trouver esthétique certains ciels de traîne nordistes gris déchiqueté sur bleu azur, forcément. Surtout lorsque tu y rajoute une lumière un peu oblique qui parvient à se glisser entre deux nuages. Et si d’aventure elle vient éclairer quelques façade un peu lépreuses, comme celles sur lesquelles donnent mes fenêtres, tu obtiens un peu de poésie à pas cher.
C’était l’intro.
Je t’ai dit que je ne supportais pas de me lever tôt ? [Tu me diras que tu t'en fous, remarque. Mais enfin voilà. Maintenant, au moins, tu sais]. Voilà deux ans que ça m’arrive une semaine sur trois, et je ne m’y fais pas.
Le boulot expédié, je rentre comme un zombie traîner ma fatigue dans mon deux pièces. Et m’écroule sur mon pieu pour une heure de sieste méritée réparatrice une sieste, quoi.
Je m’allonge, j’essaye de faire abstraction du marteau-piqueur qui marteaupique [oui, toujours, mais un peu plus loin], du voisin du dessus qui bouge ses meubles, des pas dans l’escalier, des bagnoles, de sirènes… Enfin de Paris, quoi.
Et je dérive jusqu’à ce que la sonnerie de mon Palm de jeune cadre dynamique me tire des rêves absurdes dans lesquels j’avais fini par basculer et que je ne te raconterai pas, parce que c’est trop débile.
Souvent, je me réveille avec l’impression qu’on m’a ensablé les neurones et tapé dessus avec un mandrin pendant mon sommeil.
[D'ailleurs, t'as qu'à lire ce que j'écris après une sieste pour être convaincu que ça me rend pas le neurone agile]
Mais ça me permet de grapiller quelques heures de soirée supplémentaires. Les meilleures de la journée, souvent.
Episode 95 |Par Sam | le 4 fév 2008 @ 19:07 | dans Quotidiennes
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Bruit
[Pas d'intro à crochets aujourd'hui. C'est comme ça. Et pas d'image non plus : je trouve pas la bonne machine de chantier. Si tu as le nom exact, n'hésite pas.]
C’est marrant, l’existence.
Prends le mec qui bourrine un trottoir à grands coups de marteau-piqueur dans une rue voisine de mes fenêtres depuis ce matin huit heures et demie, par exemple.
Il le fait pas par plaisir, comme j’aimerais à le croire, ce qui me donnerait un argument pour lui tabasser la tronche. Il fait son boulot. Consciencieusement, en plus. Alors que c’est pas franchement le plus beau des métiers du monde [Forcément : le plus beau, c'est maman, dit le proverbe, et le plus vieux, c'est le mien].
En essayant vainement de pioncer toute la matinée, j’ai eu le temps de me poser plein de questions sur ce mec.
Qui est-il ? En défonçant l’asphalte avec son gros engin, tu crois qu’il pense au fait que grâce à lui, j’ai dormi cinq heures à peine, gaspillant ainsi le seul jour de repos d’une semaine qui n’est pas finie, ton serviteur étant (encore) de permanence tout le weekend ?
A ton avis, il est conscient du nombre de gens du quartier dans mon cas qui ont, à un moment ou à un autre de la matinée, eu l’envie fugace d’aller lui déboîter la tête avec son machin vibrant pour qu’il s’arrête ?
Vers 10 heures, au moment où j’abandonnais l’idée de grapiller quelques heures de sommeil, j’en ai conclu : Bah non. Il s’en fout. Lui, il marteaupique et c’est marre. Sinon, tu pense, la culpabilité l’empêcherait de dormir. Et avec le métier qu’il fait, c’est vite dangereux d’être fatigué.
C’est bien fait, quand même.
Du coup, je peux même pas lui en vouloir, alors que grâce à son action pneumatique à répétition, je suis un zombie qui vient juste de parvenir à se lever de son canapé où, idéaliste comme tu me connais, je me suis acharné durant environ deux heures à accomplir une sieste, placebo bien amer à une grasse mat’ prématurément décédée au doux son de sa machine, dieu que cette phrase est longue, il est plus que temps d’y mettre un point.
Tentative qui fut, tu l’avais deviné, totalement infructueuse.
D’où ce billet relativement inepte, mais qui représente pour le moment le fleuron d’une créativité littéraire déjà pas brillante au départ, et encore amoindrie par la perte d’environ 50% de mes facultés intellectuelles, et voilà que je m’embarque encore dans un truc interminable.
En fait, j’avais prévu de te parler de l’autre site de rencontres que j’ai testé pour toi cette semaine, avant de croiser la belle brune d’hier et de devenir la star éphémère de la blogosphère [Versac avait raison : ça ne dure qu'un jour. Tel Cendrillon, me voilà redevenu citrouille. Heureusement que tu es là, toi. Et toi aussi, d'ailleurs. Et puis toi de même. Faut que j'arrête de dire merci tout le temps moi, ça ressemble à chez ma grand-mère, ce bloug].
Bref, ca s’appelle pointscommuns.com, et c’est bien rigolo aussi, dans le genre.
T’as vu comment je te tease, un peu ?
Donc note ce soir. Ou demain. Ou dans cinq ans, quand je sortirais de taule. Ca dépendra à quelle heure le marteau-piqueur arrêtera de marteau-piquer. Et dans quelles conditions. Parce qu’il n’est pas exclu que j’aille lui faire manger de l’asphalte d’ici pas longtemps, au mélomane.
[Edit : le temps d'écrire ce billet et ça y est, il me semble qu'il a fini. Et je crois n'avoir jamais autant apprécié le silence. Du coup j'arrête de frapper sur mon clavier, et j'écoute. Et c'est beau].
Episode 109 |Par Sam | le 25 jan 2008 @ 18:38 | dans Messages à caractère informatif
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Dimanche
[Excuse-moi d'avance si je n'égaye pas ce formidable post d'une image choisie avec soin, mais je vois pas bien quoi mettre. Un cimetière? Une zone industrielle roumaine à l'ère Ceausescu ?]
Si tu considères bien les choses (ce que je te sais capable de faire, parfois, ne joue pas le modeste), ben y a pas à tortiller: te lever à 7 plombes du mat un dimanche de janvier, avec à peine cinq heures de sommeil à te mettre sous la dent, alors que dehors, il fait nuit et froid, pour filer sous ta douche, enfiler ton jean, tes gants et ta veste, enfourcher ton vélib et pédaler jusqu’à ton taf’ que tu as quitté à 23h la veille au soir, c’est quand même plutôt déprimant, dans l’ensemble.
Lorsqu’en plus, pour épicer un peu le tout, tu as encore rêvé d’Elle (et les draps ne s’en souviennent pas, si tu veux vraiment tout savoir), de ta chère ex, et comme à chaque fois que tu fais ce rêve récurrent, vous vous êtes remis ensemble, on commence à approcher une certaine esthétique de la loose.
Mais attends, on peut faire mieux. Par exemple, tel que tu me vois, je pourrais raconter tout ça sur ce blog (qui est lu jusqu’à Grenoble, par ma grand-mère je suppose). Pas mal, hein ? Et si j’ajoute qu’en plus, au moment où j’écris ces lignes, j’ai le Meetic ouvert (tu trouve pas ça obscène, d’ailleurs, toi, cette affaire de Meetic ouvert ?) histoire de voir ce qui s’y passe (et de dissiper quelque peu cette impression d’avoir fait une connerie qui tend à aller s’amplifiant), tu me l’achète, ma misère humaine ?
‘Tain, j’en ai marre, là, un poil. Faudrait pas que ça s’éternise trop, cette affaire.
[Note à ton intention, lecteur féru de psychologie : je suis vaguement au courant de la signification de ce genre de songes récurrents. A mon humble avis, mon subconscient, qu'il aille se faire empaler sur un bambou émoussé, ne digère pas bien le fait que je me sois fait larguer comme une merde, et fait tout ce qu'il peut pour me le signifier aux moment où je ne lui demande rien. Si tu as une solution, tu trouveras un endroit où mettre des commentaires juste sous cette note. Sinon, c'est pas la peine de faire la remarque. J'ai dit que j'étais gentil, mais il se pourrait que ce soit un mensonge éhonté.]
Allez, un vieux truc :
B.O.
