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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Dimanche

[Excuse-moi d'avance si je n'égaye pas ce formidable post d'une image choisie avec soin, mais je vois pas bien quoi mettre. Un cimetière? Une zone industrielle roumaine à l'ère Ceausescu ?]

Si tu considères bien les choses (ce que je te sais capable de faire, parfois, ne joue pas le modeste), ben y a pas à tortiller: te lever à 7 plombes du mat un dimanche de janvier, avec à peine cinq heures de sommeil à te mettre sous la dent, alors que dehors, il fait nuit et froid, pour filer sous ta douche, enfiler ton jean, tes gants et ta veste, enfourcher ton vélib et pédaler jusqu’à ton taf’ que tu as quitté à 23h la veille au soir, c’est quand même plutôt déprimant, dans l’ensemble.

Lorsqu’en plus, pour épicer un peu le tout, tu as encore rêvé d’Elle (et les draps ne s’en souviennent pas, si tu veux vraiment tout savoir), de ta chère ex, et comme à chaque fois que tu fais ce rêve récurrent, vous vous êtes remis ensemble, on commence à approcher une certaine esthétique de la loose.

Mais attends, on peut faire mieux. Par exemple, tel que tu me vois, je pourrais raconter tout ça sur ce blog (qui est lu jusqu’à Grenoble, par ma grand-mère je suppose). Pas mal, hein ? Et si j’ajoute qu’en plus, au moment où j’écris ces lignes, j’ai le Meetic ouvert (tu trouve pas ça obscène, d’ailleurs, toi, cette affaire de Meetic ouvert ?) histoire de voir ce qui s’y passe (et de dissiper quelque peu cette impression d’avoir fait une connerie qui tend à aller s’amplifiant), tu me l’achète, ma misère humaine ?

‘Tain, j’en ai marre, là, un poil. Faudrait pas que ça s’éternise trop, cette affaire.

[Note à ton intention, lecteur féru de psychologie : je suis vaguement au courant de la signification de ce genre de songes récurrents. A mon humble avis, mon subconscient, qu'il aille se faire empaler sur un bambou émoussé, ne digère pas bien le fait que je me sois fait larguer comme une merde, et fait tout ce qu'il peut pour me le signifier aux moment où je ne lui demande rien. Si tu as une solution, tu trouveras un endroit où mettre des commentaires juste sous cette note. Sinon, c'est pas la peine de faire la remarque. J'ai dit que j'étais gentil, mais il se pourrait que ce soit un mensonge éhonté.]

Allez, un vieux truc :

B.O.


Episode 130 |Par Sam | le 13 jan 2008 @ 19:55 | dans Non classé
commentaires »

Ritournelle (un lundi soir de novembre)

Je sais, je n’update pas assez ce blog.
C’est pas comme ça que mon pagerank va grimper, ni que je vais
devenir une star de la blogosphère… En même temps, il
paraît que ça devient has been, les blogs. Mais enfin
rassurez-vous, je suis sur Facebook aussi. Comme vous, non ?

Je ne vais pas me justifier (qui a dit
« pour une fois » ? OK. Je le savais. Tu sors,
maintenant. Et tu baisse les yeux TU BAISSES LES YEUX ! »
Petit con, va). Mais plutôt vous conter de nouvelles aventures
fantastiques de mon cerveau décidément fatigué.
Parce que c’est un peu à ça que ça sert, ici.
Faudrait voir à pas trop l’oublier, non plus.

***

B.O.

On était un lundi soir de
novembre. Fait exceptionnel pour Paris, il avait fait beau. Mais
notre héros n’en avait strictement rien à taper. Pour
la 13 ou 14e heure consécutive, il se trouvait sensiblement
dans la même position physique : assis sur une chaise, devant
un écran. Il avait changé de chaise au cours de la
journée. Changé d’écran, aussi. Chez lui, au
travail, de nouveau chez lui.

On était un lundi soir de
novembre. Rien n’avait changé, ou presque. Il faisait le même
job, dans la même ville. Il était toujours célibataire,
toujours focalisé sur sa rupture vieille de quatre mois,
maintenant. Toujours insatisfait, toujours incapable de faire quoi
que ce soit pour en changer.

On était un lundi soir de
novembre. Il se demandait si c’était ça, la vie. Une
question relativement récurrente, chez lui. Née
vers ses 14 ans, à force d’heures passées à fumer en cachette, à la fenêtre des Chesterfield interdites, en rêvant à
comment elle serait trop belle, sa vie à lui, après,
lorsqu’il aurait réussi à quitter ce nexus de malheurs
familiaux dans lequel il se débattait.

On était un lundi soir de
novembre, et même un mardi matin. Il se posait des questions
existentielles, comme souvent. A quoi bon tout ça ? A quoi bon
enchaîner les journées comme des perles sur un chapelet
productiviste, qui payait le loyer et la bouffe, mais pas grand’chose
de plus ?

On était un lundi soir de
novembre, et il tournait à la bière Loco, du nom d’un
bar qu’il fréquentait à Grenoble – sirop de citron,
tequila, bière, et mal de crâne le lendemain.
Alcoolique
? Pas vraiment. Pas à ce point. Il était capable de
passer une semaine sans boire. Pour peu qu’il puisse fumer des
pétards. Ou bosser 18 heures sur 24 en tournant au café
et aux clopes. Pas dépendant : multi-addict. Syndrome de
fuite. Tout plutôt que le réel, tout plutôt que
d’affronter ce vide lancinant dans son ventre, ce vide qu’il avait
su, un moment, combler à grandes plâtrées d’amour
et de projets de couple, et qui faisait son grand retour.

On était un lundi soir de
novembre, et il ne ressentait rien, rien d’autre qu’un vague
serrement au niveau de la poitrine. Rien d’autre qu’un gouffre de
vide noir et froid,  planté là où jadis, il y
avait elle. Rien d’autre qu’un sentiment d’inutilité presque
totale. Il relisait en ligne ses articles du jour en se disant que
c’était nul. Il relisait ses précédents posts,
en se disant que c’était pitoyable.

On était un lundi soir de
novembre, et il évoquait une énième fois la
perspective d’agir pour remédier à cette torpeur
glaciale. Demain, oh oui, demain, serait mieux.

Demain, il changerait.

Episode 140 |Par Sam | le 13 nov 2007 @ 1:46 | dans Non classé
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Ecrire parce qu’il te reste ça, au moins

B.O.

Deux mois plus tard, le retour du fils prodigue… Bon, c’est pas non plus comme si quelqu’un lisait ce blog. En même temps, le pauvre, il n’aurait pas grand chose à se mettre sous la souris.

Et pour couronner le tout, c’est un retour en forme de… de rien du tout, de spleen automnal, de rupture qui passe pas, toujours pas, qui reste et qui hante, et qui pique, et qui gratte, et qui empêche de dormir.

Trois mois, déjà. Trois longs mois, avec quelques hauts, et pas mal de bas. Trois mois à continuer de se demander ce qui s’était passé, trois mois à se dire qu’on passe à autre chose, qu’on a tourné la page, que c’est passé, que c’est fini. Que c’est pas de ta faute, mais de la sienne, que c’est elle qui a foutu le camp, et qu’elle n’en valait pas le coup.

Trois mois à se mentir pas mal. Trois mois à ne pas avancer, à se décevoir, à trahir les promesses qu’on s’était faites, tout en regardant sa vie se dérouler dans haut. Plongée sur une routine, Vélib’ boulot goulot dodo, quelques soirées avec quelques amis (tous en couple évidemment), quelques échappatoires plus ou moins légaux et plus ou moins nuls. Et c’est tout.

Dans deux mois, j’ai 28 ans. C’est pas comme ça que je les voyais.

Episode 144 |Par Sam | le 25 oct 2007 @ 22:50 | dans Non classé
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Déliquescence

Le poster au-dessus du lit vient encore
de se casser la gueule. On l’avait acheté ensemble, il va
finir à la poubelle. Comme nous.

L’appart est crade. Au début,
c’était drôle. Là, ça devient un peu trop,
même pour moi. Tu auras au moins réussi ça :
abaisser drastiquement mon seuil de tolérance au bordel. Vive
la Suisse.

J’ai le bide en vrac. Trop de bières,
trop de junk food, trop de café, trop de clopes. Ca, au moins,
ça n’aura pas changé des masses.

J’ai le mode d’emploi de ma sortie de
crise, un peu plus détaillé chaque jour. Coiffeur,
jogging, voyages. Changement de déco. De boulot. Grands
projets. Peine perdue. Trop tôt.

Je suis en vacances vendredi prochain.
On devait partir tous les deux. Je resterai, tout seul. J’irai zoner
à droite et à gauche en France, voir la famille, des
potes lointains. Laisser passer encore du temps, en espérant
que l’intensité de la douleur diminue assez pour me permettre
enfin de passer à autre chose.

J’ai encore décommandé
une soirée chez des potes. Pas le courage de faire semblant de
ne pas être mal. Afficher une tête normale au boulot me
prend déjà trop d’énergie. J’ai promis de me
rattraper ce week-end. On verra.

Je flotte. Je hante. J’existe à
peine. Je fonctionne par automatismes. J’essaye de me rappeler
comment c’était avant toi, mais ça me paraît si
loin, si différent… Et puis ma vie avant toi, je n’en étais
pas forcément super fan.

Je me demande s’il y en aura une autre.
Je suppose que oui. Je l’espère. Mais pour l’instant, je
n’arrive absolument pas à l’imaginer.

Episode 148 |Par Sam | le 24 août 2007 @ 0:06 | dans Journal d'une rupture
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Penser à autre chose

C’est ta préoccupation
constante, ton idéal, ton graal. Tu en attrapes des maux de
tête, à force de penser à autre chose. A tout
plutôt qu’à elle, à tout plutôt qu’à
vous, ce vous qui n’est plus.

Le matin est violent. Tu te réveilles,
et tu as à moitié oubliée. Tu émerges, et
ça te revient peu à peu. L’absence. Le vide. Et
l’appartement est le même, le lit n’a pas bougé, il y a
des affaires à elle un peu partout. Piqûre de rappel
constante.

La journée est variable. Aux
moments d’oubli bienheureux, absorbé dans ton travail,
succèdent les réminiscences, les références,
tout ce qui peut remonter à la surface. Et les bourdes de tes
chers collègues de travail, plus rares maintenant.

La soirée est glauque. Tu
l’occupes en te débrouillant pour ne jamais, jamais, te
retrouver à ne rien faire. Sinon les souvenirs tapis en
embuscade te sautent dessus, et c’est parti pour une heure à
tourner dans ton lit en faisant et en refaisant le scénario de
la rupture, et cherchant cette fameuse option unique, cet
enchaînement miraculeux qui eût fait qu’elle soit restée.
Jeu de con. Tu perds à tout les coups.

Tu as développé tes
recettes antidouleur, tes anesthésiques. Tu t’occupes, tu
écris. Tu bois trop, aussi, évidemment, mais ça
c’est un peu la recette familiale en cas de crise. Tu scotche des
heures et des heures devant des films, des mangas, tout ce qui te
tombe sous la main.

Tu vas désormais au boulot en
vélib, comme un bon bobo. Moins par goût du sport que
parce que ça te vide un peu la tête.

Mais toute cette concentration, tous
ces palliatifs n’y font pas grand’chose.

Reste à espérer que
l’écriture soit plus efficace.

Episode 149 |Par Sam | le 23 août 2007 @ 23:37 | dans Journal d'une rupture
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Tentative de définition du vide

Avoir enfin un blog pour m’y épancher m’ouvre trop de perspectives à la fois. J’ai tellement de choses à vomir que je m’y perds.

Le vide, par exemple. Ce vieux compagnon, que je croyais avoir perdu, et que je retrouve en plein milieu de mon ventre, déjà solidement installé. Ce vide permanent, cette sensation de manque, qui te fait tourner en rond en te demandant ce qui ne va pas, avant de te rappeler. Le réveil, entre autres, est traître. Durant quelques secondes, tu crois que tout est normal. Puis le vide arrive, et avec lui cette douleur en forme de prise de conscience : elle t’a quitté.

S’endormir est dur aussi. Les yeux fermés, tu passes et tu repasses les évènements, et essayant de retrouver l’instant décisif, celui où elle a basculé. Celui où tu l’as perdue. Et tu regrettes, putain, qu’est-ce que tu peux regretter. Cette fois, chez tes parents, où tu aurais pu l’emmener dans les champs voir les étoiles et lui faire une déclaration passionnée. Ces week-ends où tu faisais la bouse, à ne pas vouloir te bouger, alors qu’elle tournait en rond. Ces fois où elle était loin, là-bas, dans son pays, et où tu n’as pas été la voir quand tu le pouvais, par flemme, par besoin de solitude, parce que ça t’arrangeait.

Et tu aditionne tes erreurs. Et tu lui en veux, aussi. De ne pas t’avoir averti, ou pas assez. D’avoir trahi ta confiance, en allant boire un verre avec Mr Connard, 45 piges aux fraises. De s’être laissé retourner le cerveau par un businessman en pleine crise de la quarantaine. Et surtout, surtout, tu lui en veux d’être si perfectionniste que ça en devient ridicule. Tu lui en veux de jouer les Antigone, à estimer que ce moment de doute un soir d’été est suffisant pour lâcher tout ce que vous avez essayé de construire ensemble durant trois ans.

Tu lui en veux de choisir une nouvelle aventure plutôt que vos trois ans d’histoire. Tu lui en veux parce que tu sais qu’elle va se planter. Parce que tu le sens. Parce que tu la connais par coeur. Et que tu ne peux pas l’empêcher de faire cette erreur, dont elle est consciente, mais dans laquelle elle a besoin de se vautrer.

Généralement c’est à ce moment-là, du fond de ce lit qui fut le votre, dans le noir, que tu réalise, une fois de plus, que tu l’aime encore. Et que si elle sonnait à ta porte en te disant qu’elle a fait une connerie et qu’elle t’aime toujours, tu craquerais. Sans hésiter une seconde.

Et là, vient le coup de batte : tu la connais assez pour savoir qu’elle ne reviendra plus.

Après, fatalement, tu dors mal.

Episode 151 |Par Sam | le 22 août 2007 @ 2:39 | dans Journal d'une rupture
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Carnet de bord, J+17

Voilà maintenant 17  jours qu’elle est partie. Et j’ai
l’impression de ne le réaliser que maintenant. De là où
je suis, je peux apercevoir du coin de l’oeil son placard à
moitié vide. Elle est passée dans la journée
prendre quelques affaires. Il en reste plein. Il reste cet appart
qu’on a choisi ensemble, qui reste plein de nous. J’aurais peut-être
dû déménager. Mais je vis à Paris. Et me
retrouver dans un studio minable, que je vais payer quelques dizaines
d’euros de moins qu’ici, me déprimerait d’autant plus.

Je reste, donc. Pour ce que j’y fais. J’y dors, surtout. J’y
mange, un peu. J’y bois, trop de bières, mais entre quelques
canettes qui au moins rendent créatif et un antidépresseur
qui abrutit, j’ai fait mon choix depuis longtemps. J’y joue à
des jeux vidéo qui vident la tête mais me gonflent vite.
J’y regarde tout ce qui passe et qui peut m’envoyer ailleurs quelques
instants. La semaine dernière, je me suis avalé une
soixantaine d’épisodes de OnePiece, l’anime tirée du manga d’Eichiro Oda. Cette semaine, je me fais un trip Kaamelott.

Je prends aussi un malin plaisir à fumer dans la chambre,
ce qu’elle n’aimait pas, et à ne pas faire le ménage ou
la vaisselle, ce qu’elle ne supportait pas non plus. On a les
compensations qu’on peut.

La journée, je travaille. Avec des horaires mouvants. Cette
semaine, c’est 14h-22h. Et finalement, notre Überpresident Sarko
a raison au moins sur ce point (enfin surtout Henri Guaino, qui lui a
écrit ses discours de campagne) : le travail structure.

Disons que quand ta vie privée ressemble à du
Dostoïevski sous valium, ton boulot te permet au moins de penser
à autre chose durant un tiers de la journée, ce qui est
déjà ça. Ma dernière rupture, je l’ai
vécu au chômage. Avec rien d’autre à penser que
cette fille qui était partie (oui, je suis un récidiviste.
Et oui, la répétition du phénomène m’ a
déjà posé question, merci).

Mais la dernière en date, je n’avais pas habité un
an avec. Et notre histoire n’avait pas duré trois ans, non
plus.

Pour être absolument honnête, c’est la première
fois que j’expérimente une telle douleur. Une telle absence,
un tel manque. C’est… Disons, surprenant d’intensité.

Episode 152 |Par Sam | le 22 août 2007 @ 1:47 | dans Journal d'une rupture
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