Rentrer sous la pluie
Rentrer sous la pluie en marchant juste un peu trop vite, histoire de faire semblant d’avoir quelque chose qui t’attend là-bas, au bout de la rue Lafayette. Te prendre la drache en pleine poire arrivé vers Cadet, après un pot rapide avec tes chères consoeurs qui cherchent à te caser avec cette fille du service machin, célibataire aussi, quelle aubaine.
Avancer avec le ciel qui te pisse dessus et, dans ta petite tête de geek monté en graine, Sad Song de Lou Reed en boucle. I’m gonna stop wasting my time, disait Lou entre deux fix et un vernissage. Avoir envie de lui répondre “What else to do, Lou ?” tellement tu ne sais plus bien toi-même comment ne pas le perdre, ce temps qui file en exponentiel. T’avais aperçu avril, t’as même pas fait gaffe à mai.
Cheminer bien au chaud dans ta bulle malgré ta veste de journaleux qui se transforme en serpillère, en songeant à tes collègues qui t’ont appris que tu étais susceptible et à ton air tout étonné devant un trait de caractère que tu te connaissais sans vraiment y croire. Connais-toi toi-même, il disait. Le con.
Croiser des gens à la parisienne, sans les voir, les yeux fixés vers ta ligne d’horizon personnelle : la crête que fait la rue à son point le plus haut, au niveau de la gare du nord, avant de redescendre vers ton XIXe et les bobos du canal. Entamer le faux plat en laissant tes pensées faire n’importe quoi dans ta tête, avec en guise de graal fantaisiste la perspective lointaine de relancer une certaine demoiselle, un de ces quatre, parce que c’est décidément trop con, tout ça.
[Et cette pute de last.fm qui m'assassine avec Dance me to the the end of love. Saloperie de technologie]
Parvenir sur la crête, t’amuser un dixième de seconde en croisant le regard gêné d’un de ces braves quadras en costard qui sortent des sex-shop installés de part et d’autre de la rue, au niveau de la gare. Te dire qu’à l’heure d’Internet, le geste relève du militantisme.
Téléphoner en marche à ce pote que tu as lâchement ignoré hier parce que tu t’étais mis en mode geek/misanthrope d’élite, et te dire que tu aurais aussi pu voir des gens ce weekend, plutôt que de le passer en tête à tête avec index.php et minimalist.css pour t’étonner, au bout de trois jours d’isolement volontaire, d’avoir le moral qui fait de la spéléo.
Rentrer sans la pluie pour la fin du parcours. Arrivé en bas de ta rue, te dire que décidément, tu vas te le payer, ce numérique pas cher, histoire d’agrémenter tes posts déprimés de photos nostalgiques et bien clichés, genre rails de la gare de l’Est sur coucher de soleil nuageux.
Et finir en bas de chez toi, avec une seule envie : continuer à marcher.
Episode 172 |Par Sam | le 27 mai 2008 @ 22:28 | dans Quotidiennes
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Soldes monstre
Je sais plus dans quelle œuvre majeure de la littérature française j’ai lu cette maxime : ” y a des fois où, pour avancer, faut savoir te mettre de grands coups de pieds au cul. Y a des fois, aussi, où ton cul ne veut plus rien savoir”.
En tous cas, c’est pas faux. Du moins est-ce ce que je me disais, cette nuit, au lieu de dormir. Et encore ce matin, en courant prendre ma douche après une bonne vieille panne de réveil, comme je les accumule en ce moment.
[Note pour moi-même : le Vélib' est certes plus rapide que le métro en cas d'urgence, mais la prochaine fois, je prendrai le temps de jeter un oeil à la température, ce qui m'évitera de perdre deux orteils en allant bosser.]
J’y arrive plus. A rien. D’autre que stagner chez moi, s’entend. Le ménage ne se fait pas, la vaisselle s’accumule, les reportages avortent, le bouquin fait du sur-place, et moi je suis fatigué de tout ce rien.
J’ai beau me traiter de toquard, m’auto-motiver à la marine ["tu vas bouger ton cul, espèce de vieille loque ?"] ou à la bisounours ["allez, Sam, tu peux y arriver, tu vaux le coup"], rien. Que dalle. Macache. Nib de nib. Un invertébré.
Ah, si : ce weekend, outre m’intoxiquer alimentairement à coups de bouffe chinoise pas fraîche, et du coup me pourrir mon samedi, j’ai refait le design ici.
Super, non ? [Au fait, tu en pense quoi ? Paraît que ça fait vide en haut à gauche. Moi j'aime bien, mais bon].
Sinon… rien. Que des conneries. Des actes manqués, des malentendus, des remords, des bourdes, ça oui. Au quintal, que j’en fais, ma bonne dame. Soldes monstres sur la bévue. Destockage massif de maladresses. Moins 20% sur le lapsus fatal. Liquidation de printemps sur les angoisses nocturnes.
On va dire que c’est saisonnier. On va dire que le mojo reviendra avec les hirondelles.
Sur ce, je te laisse, j’ai une sieste sur le feu.
Episode 35 |Par Sam | le 7 avr 2008 @ 16:06 | dans Quotidiennes
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Rituels
[Déjà, écoute ça. Parce que je me le passe en boucle depuis trois jours qu'une fée me l'a fait découvrir et qu'il y a pas de raison que je sois le seul.]
Mes trajet en vélib’ dans cette vieille traînée de Paris la nuit, ses taxis sociopathes et ses clodos fous devant la gare du Nord. Le fauteuil en skaï moche dans lequel je m’effondre à peine arrivé, la lueur de l’écran devant lequel je me colle comme une mouche. Le goût froid de la bière. Les clopes que je fume sans y penser… Retour aux vieux rituels, aux vieilles manies.
Je mange mon quotidien en pleine face, ce soir. Version match retour à domicile. Le weekend dernier, la magie est partie. Et tout est redevenu un peu plus gris. Un peu plus ordinaire. Un peu trop ordinaire. Un peu trop désespérément ordinaire.
J’aime pas ces routines dans lesquelles on s’installe forcément, ce temps perdu à le perdre, à pas savoir quoi faire d’autre que t’effondrer devant un écran, en attendant le moment d’aller te coucher parce que demain, tu recommences, les mêmes choses ou leurs clones.
Ces soirées d’après-boulot où tu t’accroches à la perspective de ton weekend, tes deux jours de permission hebdomadaires. Deux jours pour s’échapper du rituel, pour tenter de dérégler un peu le mécanisme qui t’entraîne, de semaine en semaine, vers les congés payés, la retraite et la mort. Avec toutes les chances de ne pas y arriver. Mais tu auras une autre chance la semaine suivante. Et encore une la semaine d’après. Et ainsi de suite.
Gentil petit hamster, qui court sur place dans sa petite roue. Les yeux rivés sur ce truc qu’il voit là, juste là, hors de sa portée et qu’il voudrait tellement réussir à attraper. Sans y parvenir, mais qu’importe. L’important, finalement, c’est que la roue tourne.
Episode 39 |Par Sam | le 3 avr 2008 @ 23:30 | dans Quotidiennes
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Ambiance
Temps de merde. Humeur de merde. Ville de merde. Lundi de merde en perspective.
J’ai tenté d’aller marcher quand même. Pas longtemps. Suffisemment pour comprendre que voir défiler des trottoirs mouillés entre mes pompes de Grenoblois ne risquait pas de m’améliorer le moral.
Darth Bisounours n’aura tenu que le temps d’une matinée avant de s’évaporer faute de carburant. La rancœur, je sais pas faire. Ca tient jamais le choc longtemps avant de redevenir ce que c’était à la base : juste de la tristesse. Juste de la déception. Juste du rien. Juste un épais bouillon de bouts de souvenirs divers, de questions oiseuses et d’impulsions contradictoires, qui continuent à mariner dans ma tête. Suffisamment pour m’empêcher de penser sérieusement à autre chose.
Faudrait vraiment que j’arrête de foncer tête baissée dans les murs, un jour. Ou au moins que je songe à mettre un casque avant.
Faudrait que je cesse de te gonfler avec ça, aussi, je sais. Mais c’est pas gagné.
Episode 47 |Par Sam | le 30 mar 2008 @ 19:55 | dans Quotidiennes
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La falaise
Panne de réveil. Ca faisait longtemps.
Arrivé à la bourre au boulot, pas lavé, pas coiffé, pas réveillé et pas de bonne humeur, me voilà parti pour une longue journée de veille et de présence. Ou de semblant de présence.
Je ne suis pas vraiment là. Pas vraiment ailleurs non plus. Je flotte un tantinet. Je m’éthérise un poil. Je plane en plein milieu d’une turbulence. J’attends, sans vraiment l’attendre, un truc indéfinissable. Un événement, un rebondissement, un coup de tonnerre, quelque chose. N’importe quoi.
Je vois des signes, des indices. J’essaye de ne pas leur accorder d’attention. Trop pris de gamelles déjà, à suivre des pistes qui ne menaient qu’à mes propres frustrations. J’ai des nouveaux mantras : La vie, c’est pas un film. Le pays des Bisounours, il n’existe que dans ma tête.
Sauf qu’évidemment, ça tient pas deux secondes.
Parce que le gène du Bisounours, je l’ai là, chevillé au corps, comme disait l’autre. Et qu’il me titille la sinistrose sans discontinuer. Et m’empêche de tomber de la falaise et de m’écraser en bas une bonne fois pour toutes pour mieux me relever ensuite. Du coup, je suis coinçé au bord, à moitié dans le vide, avec ma petite papatte agrippée fermement à trois petits signes ténus et une interrogation.
Posture inconfortable, s’il en est. Mais c’est en partie de ma faute, aussi. Je me freine. Je m’empêche de remonter sur ma vieille carne pour un ultime assaut glorieux, sabre au clair, poitrine ouverte et ventricules en avant sous la mitraille de l’indifférence ennemie. A tort, peut-être.
Trop fier ? Même pas. Trop peu confiant, surtout. Ou trop fataliste. Ou trop couturé de cicatrices pour continuer à en faire collection. Et pas assez téméraire pour aller au bout de l’honnêteté, quitte à confiner au ridicule.
Du coup je me condamne à cette attente un peu vaine. A cette boule dans la gorge, cette arythmie cardiaque et ces réminiscences, ces regrets en volutes, qui montent et affleurent dans ma tête avant de disparaître à chaque fois que je fais un effort pour tenter de dédramatiser et déromantiser [j'invente des mots si je veux] un tantinet tout cela.
Effort vain, évidemment. J’ai beau tenter de me persuader que c’était juste une histoire comme ça, juste cinq semaines sympathiques pour en finir avec ce putain d’hiver parisien interminable, j’y arrive pas. Parce que c’est pas vrai. Suffit de voir mon état (senti)mental. Et j’ai beau tenter de passer à autre chose, j’y arrive pas non plus. Et pourtant, j’essaye.
Ce qui, tu t’en doutes, ne fait rien pour améliorer ma couverture de l’info, ce matin. Coco.
En même temps, y a rien à couvrir. Ca aide.
Episode 50 |Par Sam | le 29 mar 2008 @ 12:13 | dans Quotidiennes
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Countdown (the final, ouais, aussi)
[Y a des dimanches, ça veut pas, juste.]
Enervé comme un élu de droite, triste comme un dimanche pluvieux de début mars, je descendais à grands pas transis ma petite rue sans intérêt pour atterrir chez mon fournisseur officiel de calmants à dimanche soir estampillés 1664 Ouais, non, laisse tomber, ça va être chiant.
[A la place, je vais te raconter des conneries, ce sera mieux. Pour toi, je sais pas, mais pour moi, c'est certain]
Je voulais te narrer un peu l’acte que j’ai posé, cette semaine. Oui, car parfois, je pose des actes. Comme ça. Gratuitement. J’influe sur mon environnement, un peu. Je danse la vie, je chante la vie, je ne suis que vie. Tu vas voir.
En fait, cette semaine, en bon geek, j’ai testé la dernière version de Netvibes [qui se trouve, ami non-geek, être un agrégateur de flux rss. En gros, c'est un espace que tu aménage comme tu veux et dans lequel tu mets de petits modules, qui te disent quand un blog ou un site a été mis à jour. Ou ça nous mène, toute cette technologie, te demande-tu ? Moi aussi], Ginger.
Et sur cette version, j’ai découvert un widget parfaitement formidable. Qui fait compte à rebours. Et que tu peux même customiser pour qu’il aille jusqu’à la date qui te convient.
Par exemple la date fatidique de ma trentenairitude. Qui, à l’heure ou j’écris, se situe dans 636 jours, 18 heures et 41 minutes [Ce qui, par une habile déduction, te permettra de trouver ma date de naissance].
Epatant, non ?
Sur ce , je dois monter sur un cheval blanc pour aller sauver une princesse. Je te laisse donc. Comme un prince.
Episode 63 |Par Sam | le 9 mar 2008 @ 22:21 | dans Quotidiennes
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Retour au triste
[ce qu'on peut écrire comme conneries, des fois... En fait, je viens de me relire et je trouve ça pas terrible. Voire carrément nul. D'où : je me rattrape. Ou j'aggrave mon cas, c'est selon.En tous cas, je te la fais courte]
Une plombe et demie du mat’, et toujours devant un écran.
La vie est ailleurs, qu’il disait.
Ouaip, mon con : la mienne, elle est même nulle part. Mais disponible partout. Livrée directement de mon cerveau au monde, via mes doigts sur un clavier.
Vie digitale, vie racontée. Binarisée, condensée en paquets de zéros et de uns qui vibrionnent dans des tuyaux jusqu’à atterrir en pixels sur ton écran, pour coloniser ton nerf optique et atteindre ton cerveau. Et même d’autres endroits plus immatériels de ton être, si j’y parviens du moins.
Geek, je suis. Ergo : je partage. Et me soulage. Et entretiens l’illusion qu’une vie existe bien, ailleurs. Et capture des petits bouts d’instants dans ces posts, qui sont autant de pierres dans mon jardin dévasté.
Et les jours passent, et le manque d’elle se fait manque tout court, à mesure que je réalise à quel point elle n’avait d’exceptionnel que le fait de m’aimer. Et le manque d’elle devient manque de sens, au carré. Au cube : Manque d’amour. Manque de seske. Manque de présence. Manque de but.
Oui, mais voilà : Couillon de romantique transi, le seske sans amour, je sais pas faire. Abruti de solitaire, la présence, je ne la vois qu’en détourage, lorsqu’elle n’est plus là pour m’emmerder alors que je voudrais juste être tanquille. Quant à l’assurance… disons que je gère. Disons que je sais user de la timidité comme d’une arme.
Reste un but à trouver. Qui ne soit pas seulement de la remplacer par la prochaine qui m’aura choisi.
Alors, quoi ?
Ecrire ce putain de livre serait un bon début.
Choisir la prochaine plutôt qu’elle me choisisse serait mieux encore.
Episode 112 |Par Sam | le 24 jan 2008 @ 3:25 | dans Journal d'une rupture
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Regarder ensemble dans la même direction
[Eh oui, c'est ça aussi, le célibat 2.0. Quand le mâle rentre bredouille de soirée, il te le raconte en direct sur son blog.]
[Tiens, c'est samedi, je te mets de la musique un peu tendance.]
J’ai tendance, et ça va en s’amplifiant, à ne plus pouvoir encadrer les couples épanouis. Ca m’énerve, un truc de fou.
Le problème, c’est que l’âge traçant son sillon inexorable, saloperie, ben dans mon entourage, j’ai un peu que ça, ou presque. [le "presque", c'est mon pote Djay le no-life total, scotché sur World of Warcraft, qui de toute façon n'a jamais eu ni la maturité, ni l'envie de se macquer un tant soit peu]
Prends ce week-end, par exemple. Hier soir, j’ai passé la soirée chez mon cousin et sa copine, que j’adore tous les deux. Ils sont jeunes, plus que moi, et tout heureux d’apprendre à vivre ensemble, que s’en est tout mignon kawaï. Du coup je me suis mis une race, comme on dit chez les marins-pêcheurs de Boulogne-sur-mer. A en rater totalement la copine célibataire venue en fin de soirée, tant j’avais du mal à aligner trois pensées cohérentes.
Syndrome du vendredi soir, spirale de la loose, ce que tu voudras. Et mal de crâne king size le lendemain. Putain de sillon.
Ce soir, c’était soirée chez un couple d’amis un peu plus âgés que moi, genre trentaine débutante [vingtaine finissante, comme votre serviteur, ce qui est d'autant plus cruel. Merci, lectrice]. Adorables, aussi, dans un autre style. Soirée couples, évidemment. Tous sauf moi, ou presque.
C’est infernal, ces couples épanouis. Indécent, presque. Leurs appartements meublés, avec goût, évidemment, qui respirent l’harmonie des petits bonheurs partagés à deux, leurs photos affichées qui puent l’histoire commune, leurs petites anecdotes d’un quotidien forcément tendre et riche, en tous cas plus que ton café-clope-toux-caca du matin devant Netvibes, avec France Info en guise de compagnie sonore.Pour le célibataire non épanoui lambda, c’est l’équivalent d’une vitrine d’éclairs au chocolat quand tu es au régime. Tu en chopes des montées de jalousie, à en rêver qu’ils s’engueulent.
Le pire, c’est que c’était super sympa, comme soirée [de retrouvailles, entre autres, hein lectrice
?] . Notamment parce que du fait de la veille, je n’ai pas abusé outre mesure. Et quitter une soirée dans un état autre que totalement dévasté, c’est finalement tout aussi agréable, en fait. Oui, je sais, je vieillis.
J’exagère un tantinet : il y avait deux filles seules. Mignonnes, en plus. Mais tu sais maintenant que je suis de ces héros dont on fait des légendes. Et donc ça n’a pas raté : j’ai dragué [enfin... discuté avec serait plus proche de réalité] la macquée des deux. En pensant la première casée avec l’un des mecs présents. Erreur, double. Et rentrage tout seul, classique.
Et bloguage du tout, évidemment.
Avec un bonus : j’ai reçu mon premier mail de Meetic girl. Elle a 26 ans, elle trouve mon annonce rigolote, elle voudrait qu’on se cause sur MSN.
Seul souci : en fait, elle ne me plaît pas. Du tout.
J’ai l’impression qu’un destin faceur s’acharne à me signifier que je ne suis pas fait pour la rencontre virtuelle.
Mais positivons : je passe d’un coma amoureux de niveau 4 à un embryon de début de ce qui pourrait ressembler à une vague activité sentimentale.
C’est toujours ça de pris.
Episode 119 |Par Sam | le 20 jan 2008 @ 4:20 | dans Journal d'une rupture
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Dayoff
[Non, je n'ai pas posté hier soir. Pour tout t'avouer, hier soir je me suis effondré sur mon lit où j'ai dormi une bonne douzaine d'heures comme un bébé. Car aujourd'hui, c'est fête : j'ai congé]
Bientôt 15 heures.
Meetic (viens, petit googlebot, viens), ça me déprime. Je vais pas tarder à t’en parler plus longuement, d’ailleurs.
Faudrait que je me bouge, que je m’habille, que je douche, que je ménage, que je banque, que je CAF. Au pire, j’ai un peu 12 bouquins à lire, dont 2 pour le travail. Au pire du pire, il faudrait au moins que j’aille acheter le Canard.
Je vais me refaire un expresso de bourgeois, déjà. Après, j’avise.
C’est terrible, enfin je sais pas si ça te le fait, mais moi, dès que j’ai un jour de congé, comme ça, je me transforme immanquablement en invertébré doté d’une volonté de moule en fin de vie, tout juste capable de me traîner jusqu’à ma cuisine, et encore, lentement.
Mais bon, c’est à ça que servent les jours de congé, non ?
[Là, tu notes qu'être invertébré ne booste pas la créativité littéraire]
Bon, j’arrête les frais. Une autre note tout à l’heure, peut-être. Si tu es sage.
Episode 126 |Par Sam | le 16 jan 2008 @ 15:55 | dans Messages à caractère informatif
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Dimanche (suite)
Tiens, et si je te déprimais,toi aussi. Ca te tente?
<Mode “le romantisme transi à deux balles, tu ne savais pas encore vraiment à quoi ça ressemblait, avant ça”>
Mélancolie. Souvenirs qui flottent en surimpression sur la brume grise de ton quotidien de bientôt trentenaire actif. Et toi qui te laisse bercer par cette mélopée amère, qui patauge dans le glauque d’un passé qui reste et qui ne passe pas, décidément pas. Petit hamster qui court dans la petite cage de ses petites manies, de ses petites déviances, qui court en rond et qui le sait, et qui accélère de plus belle, essoufflé déjà.
Ils étaient beaux, tes rêves, tu te rappelles ? Tu avais 14 ans, et tu n’avais que ça pour te maintenir en vie. Tes scénarios d’avenir d’un romantisme débile. Tes ambitions démesurées et tes convictions d’être différent, de n’être pas fait pour ta vie. Toutes ces années passées à attendre qu’on te prenne par la main pour t’emmener dans ce monde merveilleux que tu refaisais chaque soir dans ta tête, en fumant à la fenêtre, des clopes interdites.
Ils étaient beaux, tes rêves. Qu’est-ce que tu en as fait ? Tu l’as, cette vie rêvée. Tu les as réalisées, tes ambitions.
Presque.
Presque toutes. Sauf une. Sauf la plus importante. Celle qui conditionne tout le reste. Sauf Elle.
Elle, tu l’as raté. Elle, elle est partie. En arrachant une partie de toi au passage, en te laissant avec les restes, avec les questions. Avec La Question, ce pourquoi qui te hante, qui ne te quitte pas, lui, comme un sale goût dans la bouche.
Elle est partie, et toi, tu restes là comme un con. Toi, tu ne sais plus quoi faire avec ta vie. Alors tu continues, un peu machinalement. Que faire d’autre, sinon attendre que ça passe, attendre qu’une autre te prenne par la main et te prouve une nouvelle fois que tu as le droit d’être heureux, toi aussi.
Tu étais tellement beau, vu par ses yeux, tu te souviens ? Tu étais tellement mieux, à ramer pour elle. A chercher sa fierté comme le putain de gosse que tu restes malgré les années qui passent. Tu étais tellement bien, à jouer au grand, à jouer au couple. A jouer à un autre.
Et pourtant, tu savais. Tu savais dès le début, que tu allais au crash. Comme à chaque fois. Tu savais que tu n’étais qu’un imposteur, tellement dépourvu de personnalité qu’il s’en invente une, savamment travaillée pour plaire à cet autre qu’il admire tellement, dont il dépend tellement, qu’il n’a pas le choix.
Comme tu sais aujourd’hui qu’à moins de te décider à apprendre qui tu es, à moins de grandir, à moins d’accepter d’être adulte, la suivante finira par partir aussi.
Le problème, c’est que tu n’as pas la plus petite idée de comment t’y prendre.
</mode romantique transi>
<retour au bon vieux cynisme qui sauve>
Alors ? C’était bon ?
Moi, perso, ça m’a défoulé. Le pire, c’est que je pourrais t’en faire des 10.000 signes sans même ôter mes doigts du clavier une seule fois.
Bon, sur ce, une petite BO et je laisse.
