De l’art de la diversion
Après un post pareil, je dirais que ça s’impose :
Et même si tu veux y a un clip qui le fait là - avec des vrais morceaux entiers de Tarantino dedans.
Episode 212 |Par Sam | le 11 juil 2008 @ 2:44 | dans musique
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Couplitude
Bienôt 4 heures et pas moyen de dormir.
J’a tripatouillé tout ce qui pouvait se tripatouiller sur ce site, avant de m’accorder une pause gastronomique vers deux heures du matin [je ne travaille pas demain, rassure-toi]. A base de tortellini et de vin rouge. Depuis, j’ai tenté de m’oublier sur fond de vieux épisodes de West Wing que j’ai déjà vu. Sans succès, d’où mon retour ici.
Ecroulé en étoile de mer sur mon pieu devant les aventures de Jed Bartlet, Josh Lyman et leurs potes, je m’interrogeais mollement sur cette vision so Hollywood de la cellule familiale comme noyau nécessaire de la plénitude existentielle.
En l’occurence [attention, fan de West Wing qui serait tombé dans le coma de 2004 à avant-hier et n'aurait par conséquent pas vu la saison VI, je risque de te dévoiler des spoilers], plusieurs épisodes te montrent Matt Santos, le jeune et sémillant candidat démocrate au remplacement de Bartlet, dans une sorte de satori mystique face à sa femme et ses enfants. Le tout sur fond de balade country, le plus souvent.
Entre monsieur et madame Santos, c’est au-delà de l’entente cordiale. La série te fait sentir que tu navigue là dans l’Amour Vrai. Que tu es dans Tristan et Yseult, Héloïse et Abélard, Rox et Rouky. La moitié d’un épisode est d’ailleurs consacré au fait que le bon Santos ait cassé un lit d’hôtel en batifolant virilement avec sa chère et trendre. Une autre scène poignante te montre Matt qui rentre d’une journée de campagne harassante, dont le poids s’efface tout soudain lorsque, retirant d’un geste las sa cravate, il remarque son épouse et leur fils dormant dans le lit conjugual, ce qui le remplit littéralement d’amûûûr et l’incite à prendre la bonne décision, évidemment.
Bref, c’est un peu the couple. Que, si la production cruelle décidait d’en tuer un des deux, elle ne pourrait faire autrement que de montrer l’autre prostré sur sa tombe, hurlant à la mort durant cinq bonnes années. Ce qui est un classique hollywoodien, je te l’accorde.
Tu en connais, dans la vraie vie, des gens comme ça, toi ? Des couples si parfaits qu’il suffit que monsieur esquisse un levage de sourcil pour que madame saisisse instantanément qu’il a l’air de penser tel truc, mais qu’en fait, il a un doute, ou alors qu’il voudrait un autre sucre avec son expresso ?
Des couples de la muerte, j’en ai plein mon arbre familial. Du 60 ans de mariage, de la rencontre à 10 ans et demi qui a débouché sur quatre gosses et trente ans de vie commune, tant que tu veux. A quelques exceptions près, ça fonctionne avec beaucoup de concessions, pas mal d’engueulades et une farouche volonté de monter un truc durable. Ce qui n’exclut pas un amour palpable, d’ailleurs, au contraire. Mais généralement, il est plus le résultat d’années d’épreuves partagées que d’alchimie romantique.
C’est un peu le piège d’Hollywood. Te faire croire à tout prix à un monde merveilleux où il existerait quelque part ton alter-égo absolu, le partenaire ultime et surpuissant par lequel tu trouverais enfin tout ce qui te manque, le couvercle à ton pot, la pièce manquante qui fera qu’enfin, oh oui, enfin, tu seras entier, vrai, délivré de tes faiblesses, de tes doutes et de tes errances.
Statistiquement, ça doit exister. Une fois sur un million. Mais honnêtement, tu en connnais, toi, des unions pareilles ? Tu penses que c’est un bon échantillon représentatif de la couplitude en occident ?
[Je suis aigri si je veux et je t'emmerde]
Moi, comme je suis un peu naïf et totalement intoxiqué à la série américaine, j’y ai longtemps cru mordicus. Avant de m’apercevoir que c’était comme de jouer à l’Euromillions : rien ne t’empêche d’essayer régulièrement.Mais mieux vaut garder à l’esprit qu’il y a peu de chances que ça fonctionne.
Et qu’en dernier recours, il est plus efficace de bien t’entendre avec toi-même, parce que ça t’aidera quand tu devras te partager avec quelqu’un.
Même si c’est un foutu long chemin à faire tout seul.
Episode 171 |Par Sam | le 26 mai 2008 @ 4:44 | dans Pensées parasites
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Life’s a biatch
Trop marché, ce soir, à chercher à me vider la tête sans y parvenir. Girls, girls, girls qui défilaient en boucle. Et en fond sonore :”C’est allé trop vite”, “tu es un mec bien, mais…”, “je suis pas prête”, “on s’est pas rencontrés au bon moment”. Freestyle.
[On l'appelait Sam et il réparait les filles cassées] [Pardon, un instant de faiblesse. Chateaubriand, sors de ce corps].
J’ai bouffé du macadam à m’en réveiller l’entorse, vomissant ces saloperies de couples énamourés qui me croisaient, main dans la main. Avec des démangeaisons dans la mienne, de paluche. Orpheline.
Pourquoi je suis pas un putain de joyeux queutard sans arrières-pensées, bordel ? Et pourquoi, pourquoi, faut-il toujours que ce ne soit pas le bon moment ?
Episode 7 |Par Sam | le 16 mai 2008 @ 0:04 | dans Quotidiennes
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Regarder ensemble dans la même direction
[Eh oui, c'est ça aussi, le célibat 2.0. Quand le mâle rentre bredouille de soirée, il te le raconte en direct sur son blog.]
[Tiens, c'est samedi, je te mets de la musique un peu tendance.]
J’ai tendance, et ça va en s’amplifiant, à ne plus pouvoir encadrer les couples épanouis. Ca m’énerve, un truc de fou.
Le problème, c’est que l’âge traçant son sillon inexorable, saloperie, ben dans mon entourage, j’ai un peu que ça, ou presque. [le "presque", c'est mon pote Djay le no-life total, scotché sur World of Warcraft, qui de toute façon n'a jamais eu ni la maturité, ni l'envie de se macquer un tant soit peu]
Prends ce week-end, par exemple. Hier soir, j’ai passé la soirée chez mon cousin et sa copine, que j’adore tous les deux. Ils sont jeunes, plus que moi, et tout heureux d’apprendre à vivre ensemble, que s’en est tout mignon kawaï. Du coup je me suis mis une race, comme on dit chez les marins-pêcheurs de Boulogne-sur-mer. A en rater totalement la copine célibataire venue en fin de soirée, tant j’avais du mal à aligner trois pensées cohérentes.
Syndrome du vendredi soir, spirale de la loose, ce que tu voudras. Et mal de crâne king size le lendemain. Putain de sillon.
Ce soir, c’était soirée chez un couple d’amis un peu plus âgés que moi, genre trentaine débutante [vingtaine finissante, comme votre serviteur, ce qui est d'autant plus cruel. Merci, lectrice]. Adorables, aussi, dans un autre style. Soirée couples, évidemment. Tous sauf moi, ou presque.
C’est infernal, ces couples épanouis. Indécent, presque. Leurs appartements meublés, avec goût, évidemment, qui respirent l’harmonie des petits bonheurs partagés à deux, leurs photos affichées qui puent l’histoire commune, leurs petites anecdotes d’un quotidien forcément tendre et riche, en tous cas plus que ton café-clope-toux-caca du matin devant Netvibes, avec France Info en guise de compagnie sonore.Pour le célibataire non épanoui lambda, c’est l’équivalent d’une vitrine d’éclairs au chocolat quand tu es au régime. Tu en chopes des montées de jalousie, à en rêver qu’ils s’engueulent.
Le pire, c’est que c’était super sympa, comme soirée [de retrouvailles, entre autres, hein lectrice
?] . Notamment parce que du fait de la veille, je n’ai pas abusé outre mesure. Et quitter une soirée dans un état autre que totalement dévasté, c’est finalement tout aussi agréable, en fait. Oui, je sais, je vieillis.
J’exagère un tantinet : il y avait deux filles seules. Mignonnes, en plus. Mais tu sais maintenant que je suis de ces héros dont on fait des légendes. Et donc ça n’a pas raté : j’ai dragué [enfin... discuté avec serait plus proche de réalité] la macquée des deux. En pensant la première casée avec l’un des mecs présents. Erreur, double. Et rentrage tout seul, classique.
Et bloguage du tout, évidemment.
Avec un bonus : j’ai reçu mon premier mail de Meetic girl. Elle a 26 ans, elle trouve mon annonce rigolote, elle voudrait qu’on se cause sur MSN.
Seul souci : en fait, elle ne me plaît pas. Du tout.
J’ai l’impression qu’un destin faceur s’acharne à me signifier que je ne suis pas fait pour la rencontre virtuelle.
Mais positivons : je passe d’un coma amoureux de niveau 4 à un embryon de début de ce qui pourrait ressembler à une vague activité sentimentale.
C’est toujours ça de pris.
Episode 119 |Par Sam | le 20 jan 2008 @ 4:20 | dans Journal d'une rupture
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Coup de flip
Deux textos et zéro réponse plus tard…
Bon, ben ça s’arrange pas.
J’ai jamais pu supporter l’incertitude. Surtout quand elle a trait à l’affectif. Ca me bouffe littéralement. C’est pas ma faute, j’ai eu une enfance malheureuse. Et incertaine.
Et me revoilà dans une situation que je ne pensais plus vivre. Du moins pas de sitôt.
Il faut se méfier du ronronnement, dans un couple. Se méfier, comme le dit légendaire sagesse populaire, merci à elle, de l’eau qui dort. Sous peine de se prendre un trou d’air en pleines tripes.
Sous peine de passer sa semaine à attendre et s’angoisser, et scénariser, une décision en train de murir chez l’autre. A attendre le verdict, que tu n’auras qu’en fin de semaine, lorsqu’elle reviendra de là-bas loin.
Ce là-bas qu’elle n’a quitté qu’en partie, et qu’elle caint d’abandonner, au moment de s’installer à plein temps avec toi.
Pourquoi ? Pourquoi au dernier moment, alors que tout roulait pour, que tout, de ton point de vue, allait bien ?
Hélas, c’est l’information qui te manque. Pour elle non plus, ce n’est pas très clair.
Mais suffisamment tout de même pour qu’elle te demande de ne pas l’appeler jusqu’à son retour.
Et beaucoup trop pour que tu lui obéisse, évidemment.
D’où textos. Interrogatif. Puis carrément inquiet.
Et pas de réponse.
Dans mes cours de communication, quand j’étais jeune, on glosait sur l’importance de la notion de “feedback”, de signal réciproque. Pour recalibrer, réévaluer son propre message.
Pour ne pas rester dans le noir.
Et là, le noir, tu t’y débats comme un futur noyé.
Craignant déjà la fin, espérant te tromper.
Et surtout avec une étrange impression de déjà vu.
Episode 155 |Par Sam | le 28 juil 2007 @ 23:27 | dans Non classé
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J - quelques heures
Quelques textos plus tard. Moi enflammé, elle neutre de chez neutre. Et en retard de 4 heures.
Je pouvais plus tenir, ce soir. J’ai été voir des potes, tenter de me changer les idées. Objectif en partie atteint : la douleur dans ma poitrine est moins violente. Quand je m’occupe, quand je parle. Quand j’en parle, un peu.
Elle arrive demain. Quelque chose en moi me dit que c’est plié. Que le vocabulaire qu’elle emploie, que les non-réponses à mes textos pourtant passablement paniqués signifient : The end, drop zone. Adieu.
On verra demain. J’espère me faire des films. J’espère paniquer pour rien.
J’espère que ces trois jours d’angoisse n’ont pas fissuré des choses profondes entre nous.
On ne devrait jamais avoir à imaginer la vie sans l’autre, jamais avoir à l’extrapoler de manière rationnelle, genre “je change d’appart ou pas ?”.
Et je crains qu’en me laissant sciemment me livrer à ce genre de spéculations, elle ait déjà chois
Episode 156 |Par Sam | le 26 juil 2007 @ 23:27 | dans Journal d'une rupture
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Panic room
J’oscille entre panique et tentatives de rationalisation. Je scrute, je relis, je me remémore. Je tente de comprendre.
Avec ma tête, le reste n’est plus en état.
Que s’est-il passé ? Quand ? Est-ce que c’est juste une crise, ou bien une fin ?
Qu’est-ce que j’ai raté ?
Je repense à ces dernières conversations, à ces derniers messages échangés.
“Il faut que je prenne un peu de temps pour y voir clair”
“Je ne sais plus où j’en suis”
“J’ai besoin de prendre du temps pour moi”
“Je voulais te demander si on pouvait ne plus s’appeler jusqu’à vendredi”
En étant cynique, je dirais que ces quatre phrases veulent dire une chose simple : c’est mort.
Je ne veux pas être cynique. Pas déjà. Je veux y croire encore.