Positivons
On va espérer que la Matmut, elle assure. Et je vais me dire que j’ai vraiment passé un super weekend de plage. Et que j’y serais bien resté, finalement. Et que regarde, comment c’était bien:
Episode 233 |Par Sam | le 4 sept 2008 @ 3:45 | dans Photos, Quotidiennes
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Music is ce que tu veux, mais c’est bien
Perso, je trouve que c’est surtout un miracle.
Je t’ai déjà parlé des concerts à emporter ? Non, hein. Et bien c’est un concept, lancé par Chryde, un vieux routard du web, des blogs, et repris par d’autres autres. Qui consiste à demander à des groupes de faire un live dans la rue, dans un hangar ou ailleurs. Et à les filmer au passage.
Et ça donne souvent des trucs vachement bien.
Par exemple, Arcade Fire qui joue Neon Bible dans un ascenseur avant de commencer son concert dans la foule :
Moriarty qui tire la quintessence de Jimmy dans une église parisienne :
Loney, dear qui transe sur Fever dans un bar-tabac parisien :
Et mon préféré : Beirut, Nantes, en live dans la rue :
Que du bonheur. Ca a presque sauvé ma soirée.
Episode 208 |Par Sam | le 6 juil 2008 @ 2:02 | dans musique
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Partir, est-ce revivre un peu, ou pas ?
Et la vie est (toujours) belle.
Comme cette soirée parisienne dont je rentre trop tard.
Projets qui avancent grave, work in progress, enthousiasmes un poil trop alcoolisés, à base de potes, de terrasses et de bières, mais tant pis ou même tant mieux.
C’est la fête à ma pomme en ce moment. Que j’en reviens pas. Que ce soit si simple, que ça s’enchaîne si bien, que ça avance si vite.
En même temps, ça reste pour l’essentiel du domaine du pari.
Je tente, j’essaye, je teste, j’ose. Je fais dans le prospectif, dans l’initiative. Et il est tout à fait envisageable qu’on en revienne aux vieilles notes dépressives d’ici pas longtemps. C’est ce que je me dis pour me blinder d’avance, en tous cas.
[Et puis j'ai l'impression que mes tristesses suscitent plus de commentaires de ta part que mes dégoisages de bien-être. Pas de souci, hein, tu fais bien comme tu veux.]
Moi, je m’éclate. Au point d’en avoir envie de lâcher mes béquilles. Psychiques, s’entend : clopes, alcool, ce genre de choses pas bien saines et pas bien nettes dont j’épice un peu trop mon quotidien depuis un peu trop longtemps.
J’ai 20 jours de vacances à prendre fin juillet-début août. Calés en fonction de mes camarades geeks, dont l’un m’a lâché. Du coup, faut que je trouve assez vite où aller, quoi faire de ces trois semaines. Et ce soir, j’en suis à me dire que pourquoi pas 20 jour tout seul, all by myself comme disait l’autre, dans un train vers l’Est ou ailleurs.
Vieux fantasme que je balade depuis un moment, ça : partir tout seul nulle part, dans un coin perdu sans clopes ni bières ni web ni potes ni autres expédients pour me tenir la main. Et prendre le temps de me faire face dans la fameuse vraie vie vraie.
Le pire, c’est que ça ne me poserait sans doute aucun problème. Même si j’ai jamais essayé. Et que justement, ce serait peut-être à faire.
[Et tu te dis peut-être que l'image en haut à gauche de ce post ressemble furieusement aux visuels de Ségolène Royal ou de la dernière pub Evian, mais je m'en fous, c'est moi qui l'ai fait.]
Episode 203 |Par Sam | le 20 juin 2008 @ 1:36 | dans Quotidiennes
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La rédemption est un long chemin parsemé de caillous pointus
Comme disait le poète, “tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’a un fil”. Celui du bonheur est ténu comme un micro-string brésilien [ca se sent un peu, que je suis en manque affectif, non?].
C’est pas si simple, de rester collé à cette sérénité nouvelle. Pas facile, devant certaines pressions, de ne pas céder à la facilité, de ne pas reprendre la pose du lapinou paralysé dans les phares du Hummer.
La sérénité est un sport d’endurance, moi je dis. Faut durer et endurer, expliquait le Général à propos de tout autre chose, à savoir la fonction de premier ministre, mais c’est pas grave, arriver à caser du De Gaulle sur ce blog, je t’avoue que ça me fait kiffer.
Mais bon, quand les deus ex machinas s’enchaînent comme des nouilles sur le collier de la fête à ta mère, tu finis par devenir un tantinet fébrile. Impatient d’avoir la suite.
L’impatience, c’est pénible. T’as ce truc dans la tête et tu as beau faire, il est là, tout le temps. Et toi t’attends et tu ne t’occupe à rien d’autre. Alors que ce n’est qu’un jeu [là j'allais te faire "dans lequel tu mets trop de je", mais il faut savoir poser une limite aux clichés stylistiques].
Jusqu’à ce qu’une fois de plus, la petite musique monte dans ta tête. Et te rappelle que d’attendre, ça peut être bon, aussi. Ca peut être mieux, même.
Jusqu’à ce que le sac de noeuds dans ton ventre se défasse d’un coup, comme les rubans des magiciens pour enfants. Jusqu’à ce que tu lâche prise. Parce que rien n’est grave et surtout pas ça. Que ça, c’est que du bonheur. Que c’est que du bonus. Et que tu as beau dire, en fait tu t’amuses beaucoup.
Alors le truc revient en force t’étirer les commissures et t’aggrandir les yeux. Et, à nouveau, c’est la fête du sloup dans ta tête. Et ça, c’est cool.
Episode 202 |Par Sam | le 17 juin 2008 @ 21:57 | dans Quotidiennes
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Et la vie est belle (oui, encore)
… Et c’est la note n°200, et j’ai plein de trucs à te raconter. Alors le temps que je fasse le tri, un peu de la musique que j’écoute en ce moment grâce à mon nouvel ami sur last.fm, qui se reconnaîtra… Pour le cas où tu ne connaîtrais pas, je ne saurais trop te conseiller de te précipiter sur Life of Bryan et de manière générale toute l’oeuvre des Monty Python.
Et puis bouge pas trop loin, je reviens.
Episode 200 |Par Sam | le 15 juin 2008 @ 20:02 | dans Messages à caractère informatif, musique
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J’ai testé pour vous : être bien
Coup de chaud dans la poitrine. Sourire qui vient tout seul. Envies, envies, envies.
Amours copains. Nuits sans lendemains, flirts virtuels, jeux de séduction partagés et autres moments volés au temps.
Rencontres d’autant plus belles, discussions d’autant plus sincères qu’elles sont sans enjeux. Sentiments qui filent enfin vers le haut sans se brûler les ailes au soleil d’une perfection inatteignable.
Plaisir, plaisirs, moments de bonheur sans conséquences, sans bilan, sans enjeux autre que ceux de l’instant et de son partage. Lendemains furtifs et fatigués, mais heureux, une fois passée cette vague rémanence de regret de pas plus, vite balayée par le putain de tourbillon de la vie.
A déterrer de vieux projets des cartons et à les pousser au cul, juste parce que j’en ai envie et plus pour qu’ils me sauvent la vie. Et à voir qu’ils sont bons, vraiment bons, et qu’ils n’attendent que d’aboutir. Et à avoir envie de faire en sorte qu’ils aboutissent, cette fois.
A passer de très bons moments avec tous ces gens que j’aime et à qui je le dis pas assez. A apprécier de les voir, de les écouter, de prendre du temps avec eux plutôt que de le cramer en riens misanthropes et plus ou moins autodestructeurs.
A tenter d’être un peu bon dans mon métier, parce que je peux l’être, quand je veux. A m’entendre dire que je le suis, ce qui fait toujours plaisir, surtout quand comme moi tu souffres à fond du syndrome de l’imposteur - j’ai rien à faire là et quelqu’un va finir par s’en apercevoir. A avoir envie d’en faire encore plus, du coup.
A courir beaucoup, à faire beaucoup et à découvrir que c’est bon aussi.
A être bien, bien et encore bien d’être enfin égocentrique. A me dire que même bancal, on est entier.
Et surtout, surtout, à m’amuser. Et à apprendre avec surprise que je suis doué pour.
Depuis que je me suis foutu en quarantaine volontaire de transports amoureux, je profite à fond du reste. De tout ce reste que je ne voyais plus, aveuglé par la queste éternelle de la complétude romantique.
Je projette et j’espère et je rêve et je crois et je fais et j’envisage et je planifie.
Sourire plein la gueule.
Et ça dure, en plus.
[Enfin, depuis dimanche, quoi]
Tu sais quoi ?
La vie, en fait, c’est pas grave.
[Et en plus, il paraîtrait que bientôt, c'est l'été]
Episode 198 |Par Sam | le 12 juin 2008 @ 22:00 | dans J'ai testé pour vous
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Théorème d’incomplétude
[Attention, c'est long. Et un peu chiant. A se demander pourquoi je le publie. On va dire que ça pose un acte. Et que ça me fait du bien]
Princesses.
Depuis que je suis petit, je rêve de princesses. Et me rêve en prince, charmant, évidemment. Faudrait jamais laisser un gamin se former à la vie à coups de romans.
A quelque chose comme 12 ans et demi, j’ai voué ma vie à la Queste ultime, la seule qui vaille, la seule que racontaient les livres : celle de la princesse. De ma princesse.
Une princesse idéale, que j’investissais de tout ce qui me manquait d’affection, d’amour, de confiance, de rêves. Une princesse thaumaturge, qui saurait guérir mes plaies, ouvertes ou secrètes.
Une princesse sur laquelle je transais littéralement, le soir, en fumant en cachette à la fenêtre.
J’en ai eu plusieurs, en vrai, des princesses. Elles le devenaient à chaque fois, qu’elles le soient ou non, qu’elles le veuillent ou non.Elles étaient mes Dames, mes Aimées, mes Amours éternels et uniques, je leur donnais mon âme, ma vie, sans hésiter. Et même plutôt deux fois qu’une. Je ne leur laissais pas le choix, de toute façon.
Super cadeau.
Que je finissais toujours par récupérer, plus ou moins abîmé, à chaque fois que les princesses se lassaient, à chaque fois que je m’apercevais que non, mon yin ne s’emboîtait pas parfaitement avec leur yang, et que cette découverte me laissait sur le carreau de tant d’injustice.
Je pleurais un temps, au vent mauvais cette tragédie : non, il n’était pas possible de se fondre en elles pour y disparaître et trouver enfin cette vie vraie qui m’attendait forcément quelque part, ailleurs.
Après, je remontais sur mon cheval d’orgueil et repartais, les yeux déjà collés au ciel brumeux d’un novembre forcément gris et romantique, dans l’espérance que la prochaine, oh oui, serait la bonne. Serait cette autre avec laquelle enfin, je deviendrais entier.
[Je t'avais prévenu: c'est long]
Longtemps, c’était juste du romantisme mal placé. Une sale manie, une de plus. J’avais aussi plein d’autres choses en tête et des années estudiantines à savourer comme il se doit.
Et soudain, il y a eu la bonne, ou supposée telle. Celle qui, enfin, croyait autant que moi à cette fusion impossible. La première qui prenait mes serments au sérieux. Et me les rendait. Et scellait ce pacte d’amour total et éternel auquel je rêvais depuis les tréfonds de mon adolescence la plus boutonneuse.
Au début, c’était tellement énorme que j’en revenais pas.
Et puis le tableau a commencé à s’écailler un poil, rongé par le réel. Mais on s’est armés de courage et on a continué à pousser, à se contorsionner pour arriver à se fondre l’un dans l’autre et qu’enfin, enfin, ça devienne parfait.
On voulait tellement y croire. On attendait ce moment où on vivrait enfin ensemble à plein temps comme la porte vers un univers nouveau, vers un monde d’harmonie et de maturité.
Sauf que ça n’a pas marché. Je te refais pas le film. Ca n’a pas marché parce que ça ne marche jamais. Parce que la fusion totale et entière, toi et moi les yeux dans les yeux pour l’éternité, ça ne peut pas marcher.
J’ai mis près d’un an à le comprendre. A l’accepter. Le bilan et sa perspective : si ça n’a pas fonctionné cette fois, tu peux toujours réessayer, mais ça risque très fort de donner le même résultat.
J’ai réessayé, je suis têtu.
Ca a donné le même résultat. En accéléré.
Sauf que c’était la fois de trop.
J’ai garé le canasson, posé le fanion et l’épée dans un coin, enlevé le haume. J’ai fait une pose dans la Queste. J’ai réfléchi, genre. Limite l’acte impie.
Et je crois que j’ai compris. Un tas de trucs :
- Qu’il n’y a le temps que pour une épopée, dans une vie : la tienne. Que c’est de celle-là qu’il faut t’occuper en priorité. Parce que c’est elle qui conditionne le reste, tout le reste.
- Que si vraiment tu veux vivre pour l’Autre, autant directement entrer en religion et laisser libre cours à tes extases mystiques. Parce qu’on ne vit jamais entièrement pour quelqu’un, mais qu’à force de tenter de s’en convaincre, on finit surtout par ne plus vivre du tout.
- Que l’existence est remplie d’altérités et de contingences sur lesquelles tu n’as aucune prise, de choix qui t’impliquent sans t’appartenir, et qu’il ne sert à rien de tout arrêter en attendant la décision, parce qu’elle ne changera pas d’un iota pour autant.
- Et donc que mieux vaut essayer d’être bien tout seul, déjà. Parce que c’est plus qu’un début pour tenter de l’être à deux : c’est un pré-requis.
Depuis quelques semaines, j’ai arrêté la Queste. Celle-là, du moins. Je me lance sur d’autres. Les miennes.
Depuis quelques semaines, je profite de ce que j’ai, de ce qu’on m’offre, de ce que je peux prendre. Sans attendre de princesse pour me prendre par la main. En comptant sur moi. Et en essayant de faire en sorte de me faire confiance.
Et tu sais quoi ? C’est pas mal du tout. Je suis bien, J’ai 28 ans, un job qui tue, un projet que aussi, des vacances à planifier, suffisemment de sous pour ne pas trop m’en faire et envie de tas de choses pour moi.
Juste pour moi.
Et ça, c’est un peu la révolution.
Même si on ne se refait pas, pas totalement.
Même si ce soir, par exemple, j’ai une putain d’envie de câlins.
Et même pas de seske.
Juste besoin de tendresse, de bisous et de caresses.
Un besoin lancinant. Heureusement tempéré par la fatigue.
En guise de conclusion, j’ai aussi commencé à intégrer que le manque de sommeil, c’est sympa, mais brièvement. Donc je te fais mes excuses pour la longueur et le propos de cette note aussi bassement autocentrée qu’impudique, mais c’est la fatigue, et te dis bonne nuit. Je te la souhaite reposante et pleine de rêves.
[Ah, et un dernier pour la route : par souci d'apporter un peu de culture à ce déballage, si tu veux enfin savoir toute la magie du théorème d'incomplétude de Gödel et ainsi ne pas avoir totalement l'impression de t'être fait flouer, tu cliques là.]
Episode 197 |Par Sam | le 10 juin 2008 @ 23:02 | dans Journal d'une rupture, Pensées parasites
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Aliquid Stat Pro Aliquo
[Une chose qui tient pour une autre chose, soit la définition du signe, du moins avant qu'elle soit défoncée par Peirce et autres dieux sacrés de la sémiologie, faudrait voir à pas oublier que j'ai appris un tas de conneries à la fac]
Excuse, hein. Faut que ça sorte. Que je me défoule. Que j’épanche ma graphomanie. J’étais parti pour te faire du récit de soirée, mais là, j’ai juste besoin d’agiter mes mains sur le clavier sans trop chercher où elles vont, où je vais, avec mes phrases approximatives et mes idées sorties de nulle part.
Aliquid stat pro aliquo. J’adore la replacer dans les conversations, celle là. Ca me console de n’avoir jamais fait de latin. Une chose qui tient pour une autre chose. Le signe et ce qu’on met derrière. Les signes et leur interprétation, qui pourraient bien caractériser le statut d’humain, au bout du compte. J’interprète, donc je suis.
Tu connais peut-être ces journées magiques où tout te sourit, où tout se teinte d’une luminescence, d’un merveilleux proprement cinématographiques. Tu sais, ces journées presque trop intenses pour être vraies, où tu fais des rencontres incroyables au coin de ta rue, où tu assistes à des scènes tout droit sorties d’un film, où la magie est partout, où tout est beau. Ou presque. Et où même ce qui ne l’est pas reste nimbé d’une exceptionnalité certaine et remarquable. Où tu regarde le ciel en faisant des clins d’oeil au destin farçeur qui a décidé de t’offrir ces petits moments qui font que la vie reste l’amour de ta vie.
Ca me fait ça, depuis quelques jours.
Et ce qui est fun, c’est que je l’attribue à un démiurge bienveillant, à une force extérieure et immanente, qui se serait enfin décidée à se pencher sur mon cas. Alors que non. Queudalle. Nib de nib.
Alors que c’est juste de moi que ça procède. Alors que c’est juste - merci à elle, qui se reconnaitra - que je vois les choses un peu différemment. Sous un autre angle. Un meilleur angle.
Que ces choses qui tiennent pour d’autres choses, ces signes, je les interprète autrement. Ce sont les mêmes, pourtant. Il suffirait que je sois un poil plus fatigué, un poil plus triste, et les mêmes réalités deviendraient glauques. Et je ne verrais pas les signes pareil. Et ils ne m’indiqueraient pas la même chose. Et je me laisserais gentiment bouffer par le gris en attendant qu’un énième coup de flipper me renvoie vers un autre bumper, pour faire dans la métaphore de bistrot. Same player, shoot again. Multiball.
Ce qui a de fortes chances de finir par arriver, au demeurant.
Toujours est-il qu’en attendant, je profite. Je me gave. J’emmagasine pour les jours difficiles à venir. Je me constitue un capital petits bonheurs en attendant la crise. Qui finira par arriver. Ou pas.
Episode 189 |Par Sam | le 4 juin 2008 @ 0:50 | dans Pensées parasites
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Angles
Fin de soirée.
Tu as échappé au streetwalk-post façon Pigalle-Jaurès by night. Et pourtant, entre l’hôtesse qui m’a sifflé depuis la porte grillagée d’un club privé, les ricains en goguette vers la gare du Nord et le tox à qui j’ai lâché de la thune au bout de dix minutes de laïus, il y eut eu matière.
Tu as également esquivé le post introspectif façon mon Dieu où vais-je, qui suis-je vraiment, que veux-je finalement, moi si frêle et si éphémère passager de ce bout de caillou si petit qui tourne par miracle dans un vide incommentsurable tout ça. Et pourtant là aussi, j’eusse pu te taper des lignes et des lignes d’auto-rectoscopie au microscope électronique à balayage. Sans même te parler de la séquence sentiments. Une demi-heure de marche, quand tu as oublié tes écouteurs, ça laisse le temps de penser, de regretter et de projeter un tas de choses.
En bonus, je t’épargnerai aussi le récit d’apéro avec un vieux pote. Ou plutôt je vais te le faire basique : politique - bière - sport- bière - ciné - bière - ah la la quand on était étudiants - bière - devenir des uns et des autres - bière - carrières - bière - musique - bière - internet - bière - jeux vidéo - bière - bon je vais me rentrer, là, il se fait minuit.
Même si le fait notable de la soirée est sans doute que je ne parle jamais de sport, sauf avec lui. Et que là, je me suis fait une culture de base qui risque de me servir dans les prochaines semaines. Genre la composition de l’équipe de France de foot. Qui a, à ma grande surprise changé depuis 2006. Mais là, c’est bon, je connais les noms et les postes d’au moins 9 joueurs. Je peux gérer.
Et puis, soyons fous un peu, je te dispense également du rapport d’étape professionnel et de citation d’Hubert Beuve-Méry. Et je rajoute un truc, exceptionnellement et juste pour toi, parce que je t’aime bien : pas non plus d’humour désabusé de clown triste.
En fait, ce soir, ça va plutôt bien. Point. Et je te la souhaite bonne. La nuit.
Episode 178 |Par Sam | le 29 mai 2008 @ 1:34 | dans Quotidiennes
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Strange days
Etrange journée, définitivement.
Malgré ma nuit pas blanche, mais pas loin, j’ai explosé mon record de vitesse, ce matin. Avec l’impression que le vélib’ était kité, comme on disait au collège.
Il faisait presque doux. Imperceptiblement moins hivernal.
J’ai rien glandé au boulot, mais avec le sourire et le plus grand sérieux. En sortant, le temps était hollywoodien, entre soleil et pluie. La meringue de Montmartre en devenait presque irréelle, à briller doré sous les rayons pendant que je marchais sous la flotte.
En rentrant, je me suis effondré. J’ai sombré deux heures. J’ai écrit 10.000 signes d’une traite. Qui m’ont allégé de deux tonnes. Je les ai envoyés. J’ai fait la vaisselle. Ecouté Noir Désir à fond, fenêtres ouvertes. Il faisait encore jour à plus de six heures. Une révolution.
Mes signes me sont revenus. Sans surprise. Ni déception. Juste une confirmation de ce que je savais déjà. Et que j’ai entériné en réponse.
Après, j’ai été fumer une clope à la fenêtre en écoutant Cantat chanter “à ton étoile” sur les violons de Tiersen. En regardant les étoiles, justement. Et la nuit. En me saoûlant d’air froid [et d'un verre de Minervois - Château Festiane 2006 pas terrible, mais ça va].
En me disant que c’était pas grave. En me disant pour la milliardième fois que la vie est belle. Même triste.
Elle est surtout courte. Sur mon Netvibes, le compteur continue à défiler. 614 jours avant la trentaine. Et pas moyen de revenir en arrière. Alors autant avancer. Autant savourer chaque seconde qui passe. Chaque moment. Chaque rencontre.
Dans cinquante ans, si je tiens jusque là, je serai presque octogénaire. Et tout ce qui me restera, ce seront les souvenirs. Alors autant s’en constituer une palette. Des bons comme des mauvais.
On gagne, on perd, quelle importance ? L’important c’est de jouer. L’important, c’est d’essayer. L’important, c’est d’apprendre. Et d’avancer.





