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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Blog veut viiivre !

Manège

Putain, il est pas mort, lui, te demande-tu ?

Et ben non, même pas. Juste pas in the mood for blog, ces temps. Dommage, ou pas. C’est pas la matière qui manquerait, note. Mais c’est une matière un peu trop intime pour être partagée, même par moi, des fois.

Bref, je passe faire la poussière ici. Et profite d’une nocturnale journaleuse pour te saluer un brin. Te dire de pas t’en faire, que je vais, que je vis, que tout ça.

Beaucoup de travail, beaucoup d’amours. Pas mal de cogitations, d’agitations, de questions. Un zeste de complexité, aussi, parce que bon. Peut-être eu la main lourde, moi, là-dessus, d’ailleurs.

Et des reportages pas très loin et des nuits d’hôtel sans sommeil ou presque et des heures d’attente et des interviews et des montages vidéo et des horaires de merde et des dimanches au travail et des lundis zombies et des couloirs de métro et la ligne 2 en long et en large et les doutes qui jouent une putain de ritournelle lancinante et les regrets qui montent d’être aussi merdique et des huîtres et du champagne à volonté et des problèmes de fric et des kilos de bonbons et des pleurs et des bains et des bougies et des concerts et des séries et des malheurs qui n’en sont pas et des câlins qui en sont et la fatigue qui part pas.

Et ce putain de froid de novembre à la con dans cette ville à la con.

Et ma putain de mélancolie à la con, aussi.

Toi, ça va, sinon ?

Episode 247 |Par Sam | le 26 nov 2008 @ 2:40 | dans Quotidiennes
6 commentaires »

A nos lecteurs

Bien.

Effectivement, j’admets que j’en fais un peu trop. Et que visiblement, ça t’inquiète un tantinet. Alors qu’il n’y a pas de quoi.

Il est donc temps de nous rappeler tout ensemble que ce que je bave ici reste essentiellement de la littérature. Certes documentaire, certes autobiographique, mais pas non plus aussi implacablement réaliste que ça. Je crois que le terme correct est “autofiction“. En gros, ce que j’écris, c’est un instant et une impression glosées en 4.000 signes de défoulement parfois nécessaire. Un genre de crise de graphomanie soudaine et purgative.

Je t’accorde que, depuis quelques temps, instants comme impressions se concentrent sur du glauque. Ce qui pourrait laisser penser que je suis au bout du bout, on the verge,  voire limite nervous breakdown. Or, non.

Rassérène-toi.

Dans la vraie vie, je ne passe pas mon temps à errer au vent mauvais d’une mélancolie trop grande pour moi qui m’étouffe et me tue, écharpe et cheveux pris dans la bise glaciale d’un éternel novembre romantique, rythmé par les grincements du vélib’ rouillé sur lequel je tangue, exsangue, avec une chanson glauque dans le casque et un gouffre béant à la place du coeur, ô Béatrix ma Béatrix, pourquoi cette dévastation tout ça.

Dans la vraie vie, j’aime plutôt bien mon job, et ma vie, et la vie. Je rigole avec mes collègues, fais la fête avec mes amis, cherche où partir en vacances, trouve les filles jolies, tout pareil comme toi (pour les filles tu fais comme tu veux). Dans la vraie vie, je suis plutôt un garçon sympathique, voire jovial. Et même porté sur la blagounette et la gaudriole, imagine-toi. Je sais profiter des bons moments, peut-être même mieux qu’un autre, parce que plus intensément.

Certes, j’ai connu des jours meilleurs. J’en ai aussi connu des pires. J’en connais régulièrement des très, très bons et c’est ça qui compte. Je ne te les raconte pas tous. Ou pas dans leur globalité.

En nalisme, on apprend à choisir un angle. A expliquer un événement sous une facette, parce qu’on a pas la place ni la connaissance pour tout dire [Comme disait Hubert Beuve-Méry, "coco, plus tu élargis, plus tu prends le risque qu'on s'aperçoive que tu es un gros imposteur qui ne connait rien au sujet sur lequel il écrit"]. Ici, c’est un peu pareil. Mais j’admets choisir des angles bien glauques, ces temps-ci.

Après, je suis d’accord : si je glauque, c’est aussi car tout cela n’avance guère. Voire tendrait à stagner un brin. J’admets que ça manque de dynamique. Que les aventures de notre héros mériteraient un bon vieux rebondissement.

Le truc, vois-tu, c’est que j’ai tendance à délayer. A faire durer le plaisir en attendant l’impulsion. L’instant décisif. Le coup de théâtre soudain du Destin farceur. Ce qu’on nomme, en termes techniques, le bon vieux deus ex machina des familles.

Jusqu’ici, ça fonctionnait pas mal. Là, il commence à être un peu sévèrement à la bourre, le con.

En fait, il fait pire : il pointe le bout de son nez sans se montrer plus avant. Il est là, pas loin, je le sais, je le sens. Tapi dans la broussaille. Par nuit dégagée, à la pleine lune, tu peux voir ses yeux chafouins refléter la lumière des étoiles. Mais il se fait désirer.

Du coup, pour l’attendre, je procrastine à longs jets continus. Je te fais pas la triviale checklist des bidules en attente d’un bougeage de fondement de ma part, elle est trop longue.

Et dans l’intervalle, je meuble ce bloug à coups de posts tristounets comme celui qui figure ci-dessous. Parce que j’étais dans ce mood là en rentrant et que j’ai eu envie de l’écrire pour m’en débarasser. Ce qui a fonctionné, au demeurant.

Et là, accroche-toi, car je vais te citer Shakespeare.

Carrément.

Je suis un fou, j’ai peur de rien.

Le brave William écrivait, donc [Comme il vous plaira, acte II, scène 7, la traduction est de ton serviteur qui ne la trouve pas sur Google]

All the world’s a stage,
And all the men and women merely players;
They have their exits and their entrances,
And one man in his time plays many parts,

Ce qu’on pourrait traduire par quelque chose comme :

Le monde entier est une scène de théâtre,
Et homme et femmes n’en sont que les acteurs
Qui entrent et sortent
Et notre vie durant, nous y jouons plusieurs rôles

Et là, tu es mort de rire. Et tu n’as pas tort.

Mais il faut bien comprendre que depuis des années, je rêvais de citer Shakespeare dans une note.

Grâce à toi, c’est chose faite.

Tu vois, les choses avancent…

Episode 176 |Par Sam | le 28 mai 2008 @ 0:27 | dans Messages à caractère informatif
7 commentaires »

Plâtres

Bon, ben voilà. On y est. A peu près. Pas encore le bon nom de domaine, un template à moitié en anglais, quelques bugs ici et là, encore plein de boulot, mais sinon, c’est pas mal.

Enfin, je trouve.

[Mode pub gratuite : Wordpress, c'est carrément bien. Décidément. Facile à installer, des milliers de templates [on dit thèmes] gratuits disponibles, une interface simple…]

Ne dévalorisons pas pour autant mes acrobatiques bidouillages. Notamment celui dont je suis le plus fier : le truc en haut à droite qui te permet d’augmenter ou de diminuer la taille du texte. En javascript et tout.

[Tu as le droit d'applaudir, même si je l'ai juste piqué ailleurs]

Bref, bienvenue sur Chiens écrasés. A.k.a TheSamProject, la suite.

Le principe, c’est que tu as les quatre derniers posts en entier à l’écran, parce que je trouvais ça cool. Après, pour les lire un par un, il y a un petit lien “plein écran” en bas à droite de chaque article. Et je bosse sur la navigabilité [parce que moi aussi, j'ai le droit d'employer des termes qui claquent] du tout. D’ici lundi soir, ça devrait être à peu près fini. [Edit du lendemain : le thème a changé. Donc oublie tout ça]

Et, donc, bienvenue.

[Comme du coup Je tente aussi un truc un peu esthétique, artiste, tout ça, je suis preneur de critiques sur la lisibilité et l'ergonomie du tout. Je dis ça, je dis rien.

Episode 158 |Par Sam | le 24 mai 2008 @ 1:16 | dans Messages à caractère informatif
2 commentaires »

Ménage de printemps

Tu sais quoi ? Ca va mieux.

A part que j’ai dormi cinq heures, que je suis naze et que je crève de faim parce que j’ai pas mangé hier soir.

Mais sinon, c’est bon. J’ai fini ma crise.

Alors comme je suis pas forcément super fier de toutes les conneries que j’ai écrites ici ce weekend, ben j’en ai viré quelques unes. Les plus gratinées, quoi.

J’avais certainement un peu besoin de raconter ça. Mais j’ai pas forcément envie que ça reste là. Parce que quand je relis certaines notes, je me dis que je suis définitivement un grand malade. Ou au moins que j’ai vraiment tendance à en faire des tonnes. Donc, poubelle. Et on repart.

Sur ce, je te laisse. C’est une nouvelle semaine qui commence, et la France a besoin de moi.

Episode 44 |Par Sam | le 31 mar 2008 @ 6:41 | dans Messages à caractère informatif
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Autocensure

Je viens d’écrire un truc long comme le bras et de le publier, avant de le supprimer. Ca se voulait drôle, à la base : comment se faire dégager en dix leçons, la méthode Sam.

Je l’ai relu. Et soudain, j’ai frémi. Tellement c’était même pas caricatural, comme caricature. Tellement c’était ça, en fait. Et tellement c’était beaucoup moins drôle, du coup.

Je ne sais plus qui a dit qu’il y a une limite à l’ironie. Ben je confirme. Et censure, donc.

Voilà quelques semaines, j’avais promis, juré, craché, ptoui ptoui, d’arrêter ce genre de posts. J’ai du mal à me retenir, j’en suis désolé. C’est l’inconvénient : quand quelque chose occupe l’essentiel de tes pensées, il est difficile de trouver un autre sujet.

Mais là, c’était juste trop. La goutte d’eau, tout ça.

Revenons donc à nos bonnes résolutions. Et à nos émissions ordinaires.

Episode 49 |Par Sam | le 29 mar 2008 @ 20:36 | dans Messages à caractère informatif
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Les posts auxquels vous avez échappé

J’ai posé ma journée, au fait. Tu t’en tamponnes, je le sais bien, mais c’est quand même pas mal.

Je me suis réveillé à midi, collé devant West Wing, rendormi jusqu’à trois heures de l’aprèm’, et c’était bon. Après j’ai vaguement bu un café avec un pote.

Et là, je redécouvre les joies de la misanthropie du vendredi soir. Tranquille, tout seul, à me remettre un peu de ces douze jours.Les pieds sur le bureau, affalé dans ma chaise en skaï, en écoutant du Noir Désir et en dégustant une 1664 blanche (what else ? Me demandait Georges hier au Monop’), parce que désormais, j’assume mon côté poète maudit alcoolique.

Ce qui pourrait m’inspirer des phrases profondes. Mais c’est pas gagné. Par contre, ça faisait douze jours que j’avais pas écrit, et ça m’avait manqué, en fait.

Du coup, comme je suis un grand malade, mais ça tu le savais déjà, je me suis dit que j’allais te faire douze posts, un par jour d’absence.

Episode 83 |Par Sam | le 29 fév 2008 @ 20:57 | dans Messages à caractère informatif
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Six trucs (j’ai testé pour vous : la chaîne de de blogueurs)

Bien ma veine : me voilà taggé.

[Pour toi, lecteur néophyte en blogueries diverses et variées, quand on tagge quelqu'un, c'est pour lui passer un truc à faire sur son bloug]

En l’occurrence, je suis donc censé te raconter 6 trucs inintéressants sur moi, genre mes manies et mes tics. En même temps, ce bloug est déjà un dépôt à trucs inintéressants sur moi, mais bon.

Normalement, ma déontologie [qui est au journaliste ce que l'acné est à l'adolescent, disait Hubert Beuve-Méry, décidément toujours aussi spirituel] m’interdit de répondre aux chaînes de blougs, mais je vais faire une exception, parce que c’est Meiry qui demande. Et que bon.

[Alors, si j'ai tout compris, je suis en plus censé te coller la règle du bidule. Mais faut quand même pas pousser. Elle est disponible ici, si vraiment tu y tiens]

Voici donc, roulements de tambour, six trucs inintéressants que tu ne savais pas sur moi, et qu’il ne te serait jamais venu à l’idée de demander, d’ailleurs [attends de lire, tu vas comprendre pourquoi] :

1/ Déjà, j’ai les yeux marrons. Juste marron. Pas noisette, ou bordés de vert, ou je sais pas quoi, non : une beau marron caca de berger allemand bien nourri. Couleur totalement banale s’il en est, portée par les trois quarts des gens qui peuplent cette bien belle planète. Ca te calme, ou pas ? Allez, je te rajoute un bonus : j’ai des cheveux qui font n’importe quoi. Genre ils frisent, mais juste au niveau des tempes, pas ailleurs. J’ai déjà provoqué des dépressions chez des coiffeurs, avec ça.

2/ Ensuite, je déteste un certain nombre de trucs, comme ça, gratuitement, sans raison. Par exemple la sensation de mordre dans du papier. Rien que de l’écrire, ça me hérisse les poils. Brrr. Ou les parapluies. Je hais les parapluies. Quand je serai dictateur, je punirai de mort les porteurs de parapluies. La sentence sera l’empalement du contrevenant sur l’objet, avec exécution immédiate.

3/Ah oui, j’oubliais celle-là : quand je suis bien déprimé, je suis totalement capable d’avoir limite les larmes aux yeux devant la fin d’une saison de 24 ou même d’une baston bien héroïque dans One Piece. Alors que la fin d’un Lars von Trier bien glauque (Genre Dancer in the Dark, au hasard) me laisse généralement assez indifférent. Même si point de vue artistique tout ça, je trouve quand même le Lars von Trier supérieur au Jack Bauer tout venant, hein. Me prends pas non plus pour un boeuf.

4/Euh, quoi d’autre ? Ah oui : quand j’ai un peu bu, j’imite pas trop mal Sarkozy. Ca fait rire les âmes simples. Et puis de manière générale, j’aime bien l’humour à références. Le problème, c’est qu’à part deux potes dans le même cas, que à trois on te pourrit ta soirée en gueulant “Souvenez-vous de Mers-el-Kébir !”, ben personne comprend, en général.

5/J’aime pas les quenelles. Pas les Lyonnais, hein [encore que] : les machins farineux, là, que je sais même pas ce qu’on met dedans au juste. C’est de la saloperie. D’ailleurs, la gastronomie lyonnaise en général, je suis plutôt contre, en fait. Et pourtant, j’ai donné. Mais merde, faire frire du gras de cochon pané et servir ça à l’apéro, tu vas pas me dire que c’est normal, comme comportement alimentaire, si ?

6/Je fais régulièrement des rêves [étranges et pénétrants, oui, aussi] qui pourraient sortir de la tête d’un scénariste de séries américaines sous acide. Cette nuit, par exemple, j’ai passé des plombes à lutter dans un corps-à-corps féroce avec une tortue de mer. Si. Et j’ai fini par lui mettre une branlée, d’ailleurs, à cette carne. Non mais. [Tu peux contacter Greenpeace si tu veux, j'assume. C'est pas parce que c'est des espèces protégées que je vais me laisser faire, non plus].
Et puis, en vrac : je sais pas conduire les automobiles ; par contre je sais faire la cuisine et j’aime bien ; j’aime pas jouer aux cartes ;  j’ai mis une cravate deux fois dans ma vie pour des mariages ;  quand j’étais petit j’ai failli mourir noyé en plongeant dans une piscine sans savoir nager ;  j’ai longtemps fait de l’escalade et à chaque fois, j’avais peur de mourir, mais c’était bon quand même ;  sur mon bureau, j’ai une affiche électorale du général de Gaulle ; j’ai eu mon premier ordinateur à sept ans ; j’ai inteviewé Jack Lang en vidéo avec un téléphone portable…

J’arrête là. Si tu en reveux, tu le dis.

Normalement, si j’ai tout compris, je suis censé refiler le bébé à d’autres blogueurs infortunés. Et comme je suis un rebelle, ce que tu as déjà bien compris, ben je le passe à Kmille, François Fillon, Mahmoud Ahmadinejad, Jean Michel Apathie et le père Xavier Cormary.

[Je sais pas toi, mais en fait, j'aime autant quand je raconte n'importe quoi, finalement].

Episode 85 |Par Sam | le 16 fév 2008 @ 20:58 | dans J'ai testé pour vous
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Mise au point

[Bon, on va quand même écrire un truc, finalement. Je sens que ça finit par t'angoisser, ce silence].

Hey ! Je t’ai manqué ?

J’espère bien, en même temps…

Donc non, je ne suis pas mort. Je n’ai pas non plus quitté ce monde de compétition, de violence et de vices pour me retirer chez les fransiscains. [En même temps, j'aime trop le vice pour ça].

En fait, je n’écris plus dans ce blog, parce qu’il en vient à m’inquiéter quelque peu. J’ai l’impression qu’il possède un genre de vie propre, qui me dépasse. C’est un peu la boîte de Pandore. A peine je l’ouvre, il m’arrive plein de trucs.

Plutôt cools, dans l’ensemble, voire plus que ça. Mais ça fait beaucoup d’un coup. Surtout quand je dois encore te les raconter par la suite. Surtout quand ce que j’écris influe sur les choses en question. Et que je n’ose plus écrire, parce que je me sais non seulement lu, mais aussi par qui.

***

En clair, je fais une overdose d’autofiction. Il m’arrive des choses que j’ai envie de vivre, juste. Sans me sentir le besoin de te les narrer en en faisant des tonnes dans tous les sens.

C’est dangereux, l’écrit. Je le sais, en plus. C’est un peu mon métier, à la base. Mais j’avais quelque peu oublié.

Une discussion, et même un discours, ça se corrige, ça se décline en intonations, en regards, en sourires ou en grimaces. Une phrase, par contre, une fois que je l’ai écrite et posée là, sous tes yeux, elle reste. Livrée toute nue à ton interprétation. Sans que je puisse en contrôler grand-chose. Elle vit sa vie, elle fait son chemin dans ta tête, et tu fais ta petite cuisine avec.

Bref, j’écris, et tu interprètes. Si on ne se connaît pas, ça va. Mais lorsque je commence à devoir réfléchir à ce que
j’écris, et à comment je l’écris, ça perd son côté amusant.

***

J’ai longtemps écrit pour moi tout seul, donc sans vraiment de frein, mais en y mettant un peu de style (même si c’est - toujours pas ça) pour l’amour de l’art. Après, j’ai blogué longtemps dans la même veine, en me foutant un peu des conséquences. Parce qu’elles n’ont jamais été dramatiques, que mon blog n’était lu que de quelques potes.

Puis j’ai arrêté, par manque de temps, mais aussi d’envie. Parce que je vivais trop de choses pour prendre le temps de les consigner quotidiennement dans un carnet de bord.

Depuis quelques mois, j’ai repris. Pour faire le point, pour me faire du bien, pour me retrouver une existence, un peu. Ou lui donner sens. Je te raconte ma vie, en la tournant, évidemment, de manière plaisante. Pour la rendre plus agréable et plus exceptionnelle à tes yeux, mais surtout aux miens. Je me soigne l’égo en me la jouant aventurier du quotidien, sans lever le cul de ma chaise. Ou alors juste assez pour avoir de quoi te faire une note.

***

Mais cette semaine, il m’est arrivé un truc qui m’a pas mal ouvert les yeux. Et fermé le robinet à verbiages. Parce que j’ai juste envie de le vivre. Et pas de tenter brillamment de te le résumer en trois paragraphes cynico-romantiques. Ni encore moins de me servir de ce blog, à qui il doit pourtant pas mal, pour le mettre en scène à coups de petites allusions, genre mauvais roman à clés to the happy few. Stendhal, ça m’a toujours gonflé.

Rassure-toi (ou pas, d’ailleurs) : je ne vais pas partir. Mais je vais revenir au but premier de l’exercice : satisfaire ma graphomanie en te racontant n’importe quoi dans l’espoir de t’arracher un sourire.

Mais plus ma vie. Ou plus cette partie-là.

Appelle ça une crise de pudeur tardive, une prise de conscience de la notion de lectorat, une leçon tirée d’expériences récentes, ce que tu voudras.

Personnellement, j’ai mon hypothèse. Mais je ne la partagerai pas avec toi. Désolé.

L’aspect positif de tout ça, c’est que je me suis rendu compte d’un truc : je me limite pas à être ce que j’écris. La meilleure partie est ailleurs, en vrai. Ce qui est quand même plutôt cool, non ?

Episode 86 |Par Sam | le 16 fév 2008 @ 1:56 | dans Messages à caractère informatif
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Le fugitif

awarhol[Edit suite au commentaire de Versac : c'est pas que je sois pas content, hein. Mais passer de 60 visites à plus de 1.000 en une seule journée, ça fait tout bizarre]

[Pwned, NoobZ, écrivent les geeks pour moquer le débutant qui n'y connaît rien et qui s'est fait eu. Et là, ben j'ai été Pwné]

Il y a des fois, tu taquines tortures la muse jusqu’à des heures avancées de la nuit. Et pour faire plus classe et ajouter un peu couleur (rouge) à tes bavassages décousus, tu rajoute quelques liens, par-ci par-là. Sans penser à mal.

[Sincérement, en plus, même si j'imagine que tu ne vas jamais me croire]

Et puis, sur le coup des trois plombes du mat, tu vas te coucher, pas du sommeil du juste, mais pas loin non plus.

Et puis le matin, ben tu fais comme d’hab, ton petit tour des blogs en sirotant un expresso. De bourgeois.

Et soudain, c’est le drame.

Bon, ben voilà. Autant pour la tranquilité  de l’anonymat, le calme de cette petite maison rouge adossée à la colline où l’on venait à pied, on ne frappait pas… [ceci juste pour te coller la chanson dans la tête, parce qu'il n'y a pas de raison que je sois le seul].

C’est dangereux, le blog. Une note, un lien, et tout peut basculer.

Mes stats ont quintuplé en une matinée, j’ai retrouvé de vieilles amies, il y a même des filles qui mettent des commentaires gentils partout, ma boîte mail explose de demande d’interviews et de propositions de contrats pour des films, sans parler de Robert Hossein qui veut adapter ma rupture en comédie musicale de cinq heures, avec 3.500 figurants répartis sur toute la longueur du périphérique parisien.

Adieu Charles Ingalls, bonjour Tony Montana.

Du coup, il y a deux choix : soit je ferme ici et je vais replanter ailleurs mon moulin à verbiages plus ou moins frais, soit j’assume.

Bon, ben… On va dire que j’assume, alors.

J’ai plus qu’à aller m’acheter une paire de lunettes de soleil. Et à espérer que ma hiérarchie ne passe pas sa vie chez Versac.

Merci, Nicolas….

[Et bienvenue, les gens. Faites comme chez vous. Ici, c'est pas très grand, pas très luxueux, un peu rustique. Mais c'est typique, en revanche. ]

Episode 111 |Par Sam | le 24 jan 2008 @ 13:25 | dans Geek Story
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De l’anonymat et de ses joies

flou2[Edit : ce post est relativement long, et moyennement intéressant. On va dire qu'il fallait que j'écrive ça un jour, quelque part sur ce blog, parce que ça fait partie du chemin de croix du bon blogueur. Te voilà prévenu.]

Fini à 22 heures, ce soir. En plus, j’ai fait des infidélités à mes carottes quotidiennes en cédant  à  l’amicale pression de mes collègues confrères qui voulaient bouffer japonais, et en me tapant un énorme shirashi. L’erreur tragique : j’ai fini vautré dans mon fauteuil, en catatonie postprandiale, avec l’impression d’avoir une bétonnière de riz dans l’estomac. Ce qui était plus ou moins le cas. Il m’a bien fallu la demi-heure de rentrage à pied qui va bien pour me remettre. Mais là, ça va mieux, merci de demander.

Fin de l’interlude alimentaire.

ca va, toi ?

Tu sais quoi ? Je m’interrogeais, ce matin sous la douche, sur la gestion de mes identités numériques. Là, tu vas me dire que, décidément, je me pose de bien étranges questions, surtout sous la douche. Ce en quoi tu n’auras pas tort. Mais attends : je vais t’expliquer tout ça. Ca va être un peu long, par contre, je te préviens : je suis en phase montante de graphomanie compulsive.

1. Google est ton ami

En fait, je t’explique : déjà, ben je travaille sur Internet. Donc j’y suis toute la journée, ou pas loin [quand j'y suis pas, je suis a) dans une réunion quelconque, b) quelque part dans Paris avec une caméra et un reportage à torcher pour avant-hier, coco et c) devant le poste de montage à me dire que décidément, je ne suis pas monteur, mais c'est pas grave, coco, on s'en fout, l'image qui tremble et les séquences coupées à la tronçonneuse, c'est super web, comme disait Hubert Beuve-Méry].

Ensuite, sur le web, j’y écris de bien beaux articles, signés de mon vrai nom. Ce qui me fait une première identité numérique. Sur Google (qui est ton ami), tu me cherches, tu me trouves. En connaissant mon patronyme. Ou même pas, d’ailleurs. Je viens de faire le test, c’est pas bien difficile.

Cette identité, comme je suis un geek du type 2.0., c’est à dire social [un jour, promis, je t'expliquerai ce qu'est un geek. Mais dans un livre.], je la décline en : mail pro, mail perso “officiel”, profils Viadeo, Facebook, Deezer… Bref, pas mal de moyens de connaître pas mal de choses de ton serviteur.

Et tout cela se gère. Un jour, j’ai écrit une énorme connerie dans un papier sur le piratage d’iTunes. Un type a détruit, à raison,  mon article sur un forum.Le problume, c’est qu’il s’est fait plaisir, en ne manquant pas de citer mon nom plein de fois. C’est resté en tête des requêtes Google pendant 3 mois, et c’était pas la classe.

Mais ce “vrai” moi numérique n’est qu’une des facettes de ma présence webbeuse. Comme tout le monde, j’ai, par exemple, un junk mail qui me sert à m’inscrire à divers trucs à la con, dont je n’ai pas la moindre envie qu’ils obtiennent des renseignements sur moi. Ca me fait une seconde identité, avec un nom et un prénom tout bidons, mais qui existent, et qu’on peut tracer sur Google (qui est le plus fidèle compagnon de l’homme, ne l’oublie jamais).

Ca fait déjà deux noms, et trois adresses mail. Mais c’est pas fini : il y a notre bon vieux Meetic, sur lequel j’ai également un profil, pour ce qu’il me sert. Et un mail dédié qui va bien, aussi. Bon, là, Google ne peut rien pour toi. Heureusement, en même temps.

Et puis il y a ici, surtout. Une autre vie, un peu. Avec un pseudo [pitoyable, j'en conviens, mais historique : je bloguais déjà en 2003, moi, monsieur, bien avant Juppé et Raffarin.Avec un modem 56k, même. J'ai connu Versac à ses débuts, c'est dire...]. Et des lecteurs. Toi, déjà. Et puis quelques autres. Et donc une présence . Ténue, récente, mais qui commence à se faire sentir [Je truste la catégorie Meetic sur wikio, moi, monsieur. Alors un peu de respect, je te prie].

2. Outing, or not outing ?

Et on en arrive à mon problème du moment [enfin, j'en ai d'autres, comme tu n'es pas sans le savoir si tu as lu le reste, mais bon], et qui m’a déjà bien gonflé il y a quelques années de ça l’ anonymat, or not anonymat.

D’un côté, la tendance du moment, c’est d’assumer. D’avoir son vrai nom quelque part sur son blog. Parce qu’un blog, coco, c’est de la valeur ajoutée. C’est du contenu, du texte, du lien. Ta petite contribution à ce gros tas de données qui bougent qu’on appelle le ouaibe. Donc, sur un CV, ça le fait. Enfin, moins qu’avant, mais chez des gens peu aware (genre + de 45 ans), ça marche encore. Surtout si tu ne fais pas comme moi, et que tu écris autre chose que des lamentos sur le célibat, Ikéa et Monoprix.

D’un autre côté… Pour tout te dire, il y a un an, tout faraud, je m’étais acheté un joli nom de domaine pour y mettre dessus mon blog à moi, avec ma trombine et tout. Je voulais causer politique, web social, débattre par posts interposés avec les stars du blogo-système. Bref, conquérir le monde.

J’ai jamais été foutu de rien y écrire [sans parler des aspects techniques inhérents à la mise en place d'un blog de grand avec Wordpress, qui m'amusaient beaucoup plus quand j'étais étudiant et n'avais rien d'autre à foutre, mais nettement moins maintenant, je sais, je m'embourgeoise].

3. Scandaleuse pornographie (conclusion)

Pourquoi ? Parce que je cause déjà de tout ça à longueur de journée, quand je fais le journaleux.

Et le soir, j’ai envie de te causer d’autre chose.

De ce que je veux, déjà. Sans me demander ce que tel ou tel assistant parlementaire branché web, telle ou tel attaché(e) de presse, tel ou tel blogueur influent, sans parler de mon père, va penser de ma dernière note

Ici, j’ai envie de me lâcher. D’écrire tout ce qui me passe par la tronche. De te raconter ma journée, de gloser sur Paris, les supermarchés, Rilke ou mes insomnies.

D’où : retour au bon vieux TheSamProject des débuts. Et donc impossibilité de te parler de mon boulot mon sacerdoce au service de la démocratie d’opinion autrement que par de vagues allusions. Impossibilité de te faire profiter de ma page Facebook et de ses applications débiles, mais qui occupent tes longues heures de bureau, avoue. Impossibilité aussi de te montrer mon profil d’aigle et mes yeux de biche en émoi, sans même te parler de mes lobes d’oreille.

Bon allez, d’accord. Voilà mon lobe d’oreille.


[Parents, éloignez les enfants de l'écran, cette image d'un érotisme insoutenable pourrait leur causer une sexuation prématurée potentiellement nuisible à leur intégration en école primaire].


lobe_oreille

Episode 113 |Par Sam | le 24 jan 2008 @ 0:49 | dans Geek Story
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