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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Coucou, qui c’est ? (Le loup)

 

Goutte

[Pardonne mon absence, j'étais très occupé, comme tu vas le constater]

Coucou, qui c’est ? Et oui, c’est ta vieille copine la crise d’angoisse qui s’incruste à nouveau dans la partie. Y avait longtemps.

Boule dans le ventre, chaud et froid sous mon crâne, gorge nouée, pensées parasites, désirs de fuite, toute la vieille équipe est revenue pour des soirées de folie et des nuits d’enfer à se tourner et se retourner en cherchant par quel foutu bout prendre le truc. 

Mmm, ça m’avait manqué. Ou pas.

En cause [tu t'en doutais, je sais] une fille. Evidemment. Une fille-surprise, surgie un dimanche de pluie à Belleville d’une série de bêtises numériques partagées après une brève et professionnelle rencontre voilà quelques mois. 

Une fille un peu geekette, un peu diplômée de sciences politiques, avec un boulot plus prenant et plus passionnant que le mien. Et un tas d’autres passions et un tas d’autres trucs menés à bien en dix ans, que c’en est impressionnant. 

Une fille jolie, même. Avec des airs d’elfe échappé de chez le père Tolkien, des yeux presque bridés, des fossettes plein le visage, un corps tout menu et un tatouage terriblement mignon caché quelque part. 

Une fille aussi câline que ton serviteur, aussi demandeuse d’affection.

Une fille tellement vivante, une fille qui s’amuse à t’épouser sur Fessebouc, qui éclate de rire à voir la réaction de ses copines, qui tchatche avec tous les commerçants de son quartier, qui renifle tout ce qu’elle attrape, qui devient grognon quand elle a faim, 

Et si je te dis qu’en plus, elle est célibataire, qu’en plus elle a eu envie qu’on se revoie le lendemain, qu’elle a envie de faire quelque chose d’un peu bien, tu admettras qu’à l’échelle de cette année, ça tient de la singularité quantique ou du miracle divin, suivant ta préférence dans le domaine des trucs improbables. 

Bref, tout cela devrait, si j’étais un tantinet normal, se conclure par un bête bout de bonheur béat (note l’alitération). 

Si j’étais un tantinet normal.

***

Hélas, faut croire que c’est pas le cas. 

Parce qu’au bout de deux jours, passés pour l’essentiel au fond d’un lit ou à déguster des huîtres et des sushis, ma vieille maîtresse la crise d’angoisse a pointé le bout de son nez. Histoire de me pourrir la soirée et la nuit à me sussurrer à l’oreille “fuis, petit, fuis-t-en vite, cours-t-en dans tes pénates avant qu’il ne soit trop tard” [Avant que quoi ne soit trop tard, ça en revanche, j'en ai pas la moindre idée]. A me coller des pensées parasites plein le cortex, à jouer à faire des noeuds de marin avec mon estomac. 

Sans aucune putain de raison apparente. Sinon la vitesse à laquelle on s’est aperçus de nos similarités, en matière de musique, d’envies, d’attentes ou de blessures. 

[Avant-hier, on parlait de nous, elle n'arrêtait pas de me demander, avec ce sourire totalement désarmant : "mais il est où, le loup" ? Il est où le truc qui va pas chez toi, quoi. Elle me trouvait trop parfait. Ben voilà. Il est là, le loup]

Peut-être j’angoisse de ce trop d’un coup. Peut-être que je la trouve trop parfaite, même si c’est très, très con de se dire ça, et encore plus de l’écrire. Peut-être je sais plus comment me dépatouiller face à tout ça. Peut-être que ça bouleverse mes petites habitudes d’éphèbe des boulevards à la con, qui finissait par se faire à l’idée que - oh mon Dieu - il peut séduire, par s’accoutumer au célibat. Peut-être qu’à force de fantasmer une romance parfaite et impossible de série B, je suis devenu incapable de vivre une histoire pour de vrai, parce que c’est tellement plus facile, d’attendre et d’espérer. 

Peut-être je me dis que c’est trop facile, trop soudain, qu’il y a forcément un vice quelque part. Peut-être qu’à force de ne kiffer que des attentes, des histoires en suspension et des trucs sans lendemain, j’en viens à choper la trouille de celle-ci parce qu’elle se passe trop bien. 

Peut-être je crains d’avoir encore une fois très mal si ça se termine. Peut-être qu’entre mon passif familial bien biscornu et mes expériences précédentes je souffre de cette connerie de “peur de l’engagement” qui fait le bonheur des magazines féminins.  Peut-être je suis très fatigué, à force de ne pas dormir, et que ça pousse à la panique. Peut-être je sais plus bien ce que c’est qu’une émotion et que je confonds angoisse et… autre chose.

Peut-être que je suis juste con, aussi. Va savoir.

Le fait est que là, j’ai juste pas envie de fuir, pour une fois. 

Parce que j’aimerais vraiment voir ce qu’il y a là-bas.

Derrière la crise. 

Episode 238 |Par Sam | le 11 sept 2008 @ 20:23 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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La rédemption est un long chemin parsemé de caillous pointus

Un chat

Comme disait le poète, “tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’a un fil”. Celui du bonheur est ténu comme un micro-string brésilien [ca se sent un peu, que je suis en manque affectif, non?].

C’est pas si simple, de rester collé à cette sérénité nouvelle. Pas facile, devant certaines pressions, de ne pas céder à la facilité, de ne pas reprendre la pose du lapinou paralysé dans les phares du Hummer.

La sérénité est un sport d’endurance, moi je dis. Faut durer et endurer, expliquait le Général à propos de tout autre chose, à savoir la fonction de premier ministre, mais c’est pas grave, arriver à caser du De Gaulle sur ce blog, je t’avoue que ça me fait kiffer.

Mais bon, quand les deus ex machinas s’enchaînent comme des nouilles sur le collier de  la fête à ta mère, tu finis par devenir un tantinet fébrile. Impatient d’avoir la suite.

L’impatience, c’est pénible. T’as ce truc dans la tête et tu as beau faire, il est là, tout le temps. Et toi t’attends et tu ne t’occupe à rien d’autre. Alors que ce n’est qu’un jeu [là j'allais te faire "dans lequel tu mets trop de je", mais il faut savoir poser une limite aux clichés stylistiques].

Jusqu’à ce qu’une fois de plus, la petite musique monte dans ta tête. Et te rappelle que d’attendre, ça peut être bon, aussi. Ca peut être mieux, même.

Jusqu’à ce que le sac de noeuds dans ton ventre se défasse d’un coup, comme les rubans des magiciens pour enfants. Jusqu’à ce que tu lâche prise. Parce que rien n’est grave et surtout pas ça. Que ça, c’est que du bonheur. Que c’est que du bonus. Et que tu as beau dire, en fait tu t’amuses beaucoup.

Alors le truc revient en force t’étirer les commissures et t’aggrandir les yeux. Et, à nouveau, c’est la fête du sloup dans ta tête. Et ça, c’est cool.

Episode 202 |Par Sam | le 17 juin 2008 @ 21:57 | dans Quotidiennes
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Rien

[Dimanche, déjà. Tu as vu ? Il fait beau. Perso, je m'en fous : je suis à moitié malade, une crève sournoise qui menace de se transformer en quelque chose de moins drôle si je la laisse faire.  Mais il fait beau. D'ailleurs, tu ferais mieux d'aller te balader, plutôt que de traîner sur des blougs. ]

A la base, je voulais te faire un bilan, tout ça. Mais pour ça il faudrait que je sache où j’en suis. Et comme j’en ai pas la moindre idée, je me suis dit que c’était pas la peine.

Hier, on a été se balader sur les quais de Seine, et je ne savais pas quoi répondre à ses questions bien légitimes. La veille, je m’étais quelque peu bourré la gueule sans le vouloir, à force de bières et de fatigue, sans trouver dans l’ivresse quelque réponse que ce soit.

Mon samedi soir fut minimaliste. Je me suis suicidé à petit feu à l’aide de McDonald’s en regardant sans y penser des Kaamelott que je connais par coeur, en lisant sans conviction deux hebdos achetés histoire de, qui racontaient la même chose.

Je me suis couché tôt. J’ai dormi, beaucoup. Trop.

Je me suis levé, c’était dimanche. Et il faisait beau. Et j’avais mal à la gorge, et un peu de fièvre.

Et toujours pas de réponse à mes questions.

Episode 89 |Par Sam | le 10 fév 2008 @ 13:35 | dans Quotidiennes
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Rechute (je suis un connard, épisode II)

[Cette rubrique n'a jamais aussi bien porté son nom]

Ca va, toi, depuis le temps? C’est un peu poussiéreux, ici. Pardon pour le manque d’updates depuis quelques jours. C’est pas que je t’oublie, hein. C’est plutôt que je ne sais pas quoi écrire. Ou plutôt que je sais pas si je dois l’écrire. Ni comment.

Et nous voilà au vendredi soir d’une semaine qui devrait pourtant être en tête de mon top 10 des plus agréables depuis six mois. Mais non. Parce que ce serait trop simple. Et que, tu l’auras noté, simple, c’est pas vraiment mon deuxième prénom.

Plutôt que de profiter de ce bonheur inattendu, j’ai donc préféré me lancer depuis 48 heures dans une sorte de crise d’angoisse sentimentale dont j’ai le secret, subtil mélange de questionnements oiseux, de névroses plus ou moins assumées, de futurologie à deux balles et de connerie pure.

Prends tout ça, shake bien, relève d’une bonne dose de fatigue due au manque de sommeil, parfume au stress du taff, ajoute une olive, et tu obtiens une très belle crise à la Sam.

A base de popopop, comme disait le poète. Et surtout, surtout, sans raison objective. C’est essentiel à la mixture.

Disons qu’il y a une certaine ex qui m’a bien ravagé le coeur et le cerveau, plus gravement que je ne le pensais. Disons que j’en suis peut-être pas tout à fait sorti encore, ou du moins pas autant que je voulais le croire. Disons que j’ai peur de me péter la gueule une fois de plus, une fois de trop. De me tromper. De faire mal. D’avoir mal. D’être heureux, peut-être, aussi, un peu.

Et que tout ça me donne la désagréable sensation que quelqu’un fait de jolis noeuds de chaise avec mes tripes. Et que tout ça m’a pris le cerveau et ne le lâche plus, non plus.

Et que la seule chose vraiment belle, dans ce tas de conneries, ce sont les trésors de compréhension et de gentillesse que déploie une certaine jeune fille, décidément bien, trop pour moi peut-être, face à mes atermoiements ridicules et mes dilemmes pitoyables.

Du coup, tu comprendras que t’exposer tout ça me tente moyennement.

Sur ce, je vais aller boire des verres et raconter des conneries avec des potes. Ce qui ne solutionnera pas grand chose, mais devrait me soulager un poil.

Tiens, je te mets un peu de musique, ça fait longtemps

free music

Episode 90 |Par Sam | le 8 fév 2008 @ 19:51 | dans Pensées parasites
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Sensations

[Je l'antidate d'un jour, juste pour pas laisser de blanc dans le calendrier. Et histoire que tu aies le début du truc]

Qu’est-ce que je fous là ? Qu’est-ce que je fous, là ? Oh non, pas encore. Pas déjà.

Pas maintenant.

Pensées négatives, désirs de fuite. Envie fuir très loin, envie d’être un autre. Envie de creuser un trou, de se mettre dedans, et de reboucher. Honte d’avoir ces pensées, d’éprouver ces envies.

Doutes. Doutes doutes doutes qui te prennent la tête, la mettent à l’envers, te la bouffent et y distillent leur propagande absolutiste.

Doutes qui déforment ton regard et tes sensations, doutent qui salissent tout le reste et s’étalent.

Honte qui monte d’avoir douté, d’avoir craqué, de retomber. Honte qui monte et se reflète dans son regard interrogatif, et qui revient puissance dix.

Honte qui monte et se transforme en angoisse à mesure qu’elle passe des tripes au coeur, du coeur au cerveau.

Angoisse. Angoisses. De bouger. De la suite, de la fin.

Bonheur qui se brise, fauché en plein vol, et se transforme en sensation d’étouffement qui va croissant.

Et merde.

Pas déjà.

Pas si tôt.

Pas encore.

Episode 91 |Par Sam | le 7 fév 2008 @ 20:46 | dans Pensées parasites
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Je suis un connard

Des fois, je suis un connard.

[Pourrais tu, s'il te plaît, éviter de perturber cette minute d'autocritique salutaire avec des réflexions aussi inutiles que "c'est pas un scoop" ? Merci bien]

Des fois, je m’en rends compte en me réveillant (trop) tôt le matin pour aller t’informer. Des fois, ça me poursuit toute la matinée.

Pourquoi suis-je un connard, demande-tu ?

[Posant enfin une question intéressante. tu vois, quand tu veux]

Parce que j’aurais pu te raconter cette nuit avec elle blottie contre moi et moi qui la regardait dormir, parce que j’aurais pu te décrire ses mains qui me cherchaient et m’aggripaient dans son sommeil et mon émerveillement devant le goût de ses baisers et l’odeur de sa peau.

Parce que j’aurais pu aussi te dire à quel point c’était bon de redécouvrir la douceur du contact de ses doigts sur mon visage,à quel point j’avais oublié ce qu’on ressent lorsqu’on serre quelqu’un contre soi.

A quel point ça m’a fait du bien.

Et que j’ai préféré faire mon connard et te raconter mes petites tristesses mesquines de dimanche après-midi.

Heureusement, je sais cuisiner. Ce qui ne suffira pas à me faire pardonner, mais devrait aider un peu.

Episode 96 |Par Sam | le 4 fév 2008 @ 12:15 | dans Pensées parasites
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Bassin de la Villette

Pour ne pas rester à tourner en rond, il avait finalement choisi d’aller faire un tour. Et remontait le Bassin de la Villette by night, les yeux un peu au sol, la tête un peu ailleurs.

-“Prends ce que tu peux, donne ce que tu peux”, se répétait-il, en songeant tout de même qu’il y a des choses qu’il aurait dû voir et qu’il avait sans doute préféré ignorer.

Sur un boulodrome le long des pavés, une mémère à chien faisait faire leur tour-caca à quelques uns de ses chéris. Scène banale qui bascula lorsqu’elle colla soudain un énorme coup de latte à l’un des youkis, l’envoyant bouler à quelques mètres.

Il n’entendit pas le glapissement de la bestiole, couvert par les guitares saturées du morceau de rock FM à deux balles dans ses écouteurs.

Il se demandait si un jour il apprendrait à se blinder un peu mieux. Et s’il en avait envie, finalement.

Episode 97 |Par Sam | le 3 fév 2008 @ 20:49 | dans Quotidiennes
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J - quelques heures

Quelques textos plus tard. Moi enflammé, elle neutre de chez neutre. Et en retard de 4 heures.

Je pouvais plus tenir, ce soir. J’ai été voir des potes, tenter de me changer les idées. Objectif en partie atteint : la douleur dans ma poitrine est moins violente. Quand je m’occupe, quand je parle. Quand j’en parle, un peu.

Elle arrive demain. Quelque chose en moi me dit que c’est plié. Que le vocabulaire qu’elle emploie, que les non-réponses à mes textos pourtant passablement paniqués signifient : The end, drop zone. Adieu.

On verra demain. J’espère me faire des films. J’espère paniquer pour rien.

J’espère que ces trois jours d’angoisse n’ont pas fissuré des choses profondes entre nous.

On ne devrait jamais avoir à imaginer la vie sans l’autre, jamais avoir à l’extrapoler de manière rationnelle, genre “je change d’appart ou pas ?”.

Et je crains qu’en me laissant sciemment me livrer à ce genre de spéculations, elle ait déjà chois

Episode 156 |Par Sam | le 26 juil 2007 @ 23:27 | dans Journal d'une rupture
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Panic room

J’oscille entre panique et tentatives de rationalisation. Je scrute, je relis, je me remémore. Je tente de comprendre.

Avec ma tête, le reste n’est plus en état.

Que s’est-il passé ? Quand ? Est-ce que c’est juste une crise, ou bien une fin ?

Qu’est-ce que j’ai raté ?

Je repense à ces dernières conversations, à ces derniers messages échangés.

“Il faut que je prenne un peu de temps pour y voir clair”

“Je ne sais plus où j’en suis”

“J’ai besoin de prendre du temps pour moi”

“Je voulais te demander si on pouvait ne plus s’appeler jusqu’à vendredi”

En étant cynique, je dirais que ces quatre phrases veulent dire une chose simple : c’est mort.

Je ne veux pas être cynique. Pas déjà. Je veux y croire encore.

Episode 157 |Par Sam | le 24 juil 2007 @ 23:28 | dans Journal d'une rupture
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