Et maintenant, un peu de musique
The Avalanches, Frontier Psychiatrist. Je trouvais que ça bouclait bien, comme disait l’autre.
[Accessoirement, il eut mérité de figurer dans ma sélection de clips tordus de l'autre jour. Accessoirement aussi, c'est une spéciale dédidace à l'Helvète qui m' a fait écouter ça. Il a dû descendre de bateau depuis, et il se reconnaîtra]
Episode 236 |Par Sam | le 6 sept 2008 @ 2:02 | dans musique
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Meet : Mister Nice Guy
[Tu noteras l'effort pour faire passer un texte beaucoup trop long à l'aide d'une composition visuelle de pointe]
Mr Nice Guy est, comme son nom l’indique, un gentil garçon. Honnête et à peu près bien élevé. De temps à autres, il grille un feu en Vélib’, se prend une cuite ou consomme des substances prohibées par la loi, mais à part ça, rien à signaler.
Mister Nice Guy [on va l'appeler MNG, maintenant qu'on le connaît mieux] est un garçon souriant, d’une conversation plutôt agréable. Rigolo, souvent, presque brillant, quand il s’applique. Sous une certaine lumière, il peut même apparaître charmant, voire mignon, à en croire les témoignages.

Seulement voilà : MNG a un problème. Un problème avec les filles. Récurrent : il sait pas être un Connard©.
[Avant de hurler, tu lis le truc après le guillemet géant, en bas de la note]
Déjà, il est plutôt d’un naturel romantique, ce con. Affectueux, sincère, et même attentif. Voire angoissé. A en devenir un poil lourd. Et transi, avec ça. Infoutu de respecter, par exemple, les soixante-douze heures de délai réglementaire entre première nuit et reprise de contact. Ca l’emmerde. Lui, il aurait juste envie de repiquer au truc dès le lendemain, tu vois ? De câliner jusqu’à plus soif. Un genre de poulpe bisounours.
Bref, quand MNG rencontre une fille qui lui plaît, c’est un peu comme si s’allumait sur sa tête un genre de panneau en néon marqué “cherche âme soeur pour bonheur et félicité mutuelle”, avec des coeurs roses qui clignoteraient autour. Un peu comme si se faisait entendre le tintement diffus de chaînes fantomatiques prêtes à s’enrouler autour des poignets de la belle. Qui, généralement, s’enfuit en courant.
***

Pourtant, il essaye d’arrêter, MNG. De toute ses forces, il se réfrène. Il a bien compris, depuis le temps, que ça foutait la trouille, son truc. D’ailleurs, quand on lui fait la même chose, il agit comme tout le monde, il pique un sprint.
Il sait, MNG, qu’il faut se transformer un minimum en Connard© : être un poil distant, limite méprisant, éviter de se dévoiler, éviter de demander, laisser venir, maintenir la tension, garder ses cartes. Prendre le temps. Jouer le jeu. Il a envie de jouer, même.

Mais c’est plus fort que lui. Il a beau tenter de faire tout ça, le panneau finit par s’allumer en gros tandis qu’un orchestre de baluche en uniformes de marins tous droits sortis de La croisière s’amuse entonne « My first, my last, my everything ». Et la fille, qui sent comme une énorme porte rose se refermer sur elle dans une écoeurante odeur sucrée, court très très loin et très très vite.
***

Le pire, c’est que lorsque d’aventure MNG se dit “bordel, c’est pas possible, j’ai un bug, ou quoi ?” Et va sur les applis de rencontre Fessebouc se déguiser en Connard©, s’essayer à la drague pour la drague, ça marche.
En un rien de temps, il se retrouve à chatter avec une donzelle, mignonne, qui certes, ne l’emballe pas plus que ça, mais qui lui tend des perches grosses comme des travées de voie de chemin de fer pour lui faire comprendre qu’elle serait tout à fait partante pour une nuit coquine et plus si affinités.
La différence entre MNG et le Connard©, c’est que là, MNG part en courant.

Paniqué à l’idée qu’il se fout de cette fille à l’autre bout du chat et qu’elle pas, culpabilisé à l’idée que ça va finir par faire mal à quelqu’un, il court, il court, MNG.
Et plus il court, plus il fait le Connard©, plus il est distant, plus il laisse ses mails en attente, plus elle lui file après, plus elle est à fond. Jusqu’à ce qu’il finisse, de guerre lasse, par mettre un point final à l’affaire.
***
Morale de l’histoire :
1/ Les plans cul, c’est comme les jeans slim : y a des gens à qui ça va, d’autres qui sont ridicules dedans.
2/ Si Mister Nice Guy savait être un Connard© avec les filles qui lui plaisent, sa vie sentimentale s’en porterait nettement mieux.
[Séquence culture spécial filles, je viens d'apprendre là que : Les patronymes « Conne », « Connard », « Connart » et variantes n'ont aucun rapport étymologique avec le mot « con » : en Europe continentale, ils proviennent du germanique con(hardt) signifiant « brave et dur » (à rapprocher du néerlandais koen, « courageux » et de l'anglais hard, « dur ») Ce qui me donne envie de conclure: "Darwin, enculé"]
Episode 235 |Par Sam | le 6 sept 2008 @ 0:59 | dans Pensées parasites, Transports amoureux
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Ceci n’est pas une serrure
Non, naïf ami(e), ceci n’est pas une serrure. Ceci, ce sont mes prochaines vacances. Que j’envisageais de passer à Rome, au départ.
A la place, je n’aurai plus qu’à poser une chaise devant la porte d’entrée et admirer le mécanisme. En me disant que certes, j’ai pas tellement eu le choix, que certes, ça m’a coûté toutes mes économies un bras, mais qu’au moins, me voilà en sécurité. Et puis c’est un bel objet, non ? Acier massif, système trois points vertical, quadruple verrouillage, clé à double pannetons….
[Putain de bordel de merde, je suis totalement dégoûté]
La Matmut, elle assure pas un caramel mou, au fait. Et je suis pas prêt de paumer mes clés une nouvelle fois.
Si ça ne t’ennuie pas, je voudrais rester seul, maintenant. Méditer sur les vicissitudes de l’existence, la trivialité spirituelle et karmique de ce tas de thunes que je viens de cramer. Et peut-être pleurer un tout petit peu.
Episode 234 |Par Sam | le 5 sept 2008 @ 23:10 | dans Photos, Quotidiennes
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Positivons
On va espérer que la Matmut, elle assure. Et je vais me dire que j’ai vraiment passé un super weekend de plage. Et que j’y serais bien resté, finalement. Et que regarde, comment c’était bien:
Episode 233 |Par Sam | le 4 sept 2008 @ 3:45 | dans Photos, Quotidiennes
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Adversité : 1 - Sam : 0 (j’ai testé pour vous : appeler un serrurier)
Ou “la vie est une pute syphilitique, parfois”. Ou encore “la prochaine fois, avant de te faire larguer, pense à récupérer le double des clés”]
De retour après une semaine d’absence pas forcément involontaire, j’avais prévu de te raconter mon super weekend à la plage. Comment ça m’avait fait du bien, revoir l’océan, comment j’avais relativisé sur le sable certains mystères amoureux, comment je m’étais régalé de fruits de mer en fumant des havanes, ce genre de choses.
J’avais même toute une série de photos à te montrer. Et une éventuelle seconde note dans le registre sentiments.
Tout un programme. Que je peaufinais en rentrant du taf, tard, après un reportage sympathique, certes, mais qui m’avait fait sauter le dîner.
Quand soudain,
sortant du Kebab avec un vieux sandwich,
je me mis à chercher mes clés, machinalement.
Sans les trouver.
[Aparté. Je ne paume jamais mes clés, d'habitude. Jamais]
Au bout de trois retournages de poches et de sac frénétiques, de deux coups de fil à la rédac pour vérifier que je ne les avais pas laissé là-bas, je me suis rendu à l’évidence : faut jamais dire jamais. Et j’avais bel et bien paumé mes clés.
Du début de l’engrenage
Restait le plan B. Pas hyper glorieux : une fille possède un double de ces clés, que je lui avais filé du temps, au printemps, où elle venait squatter chez moi pendant la journée, à regarder Jack Bauer sauver le monde. On a jamais trouvé le temps depuis de se rendre les affaires laissées chez l’un ou chez l’autre.
Me voilà donc à rechercher son nom dans les tréfonds du répertoire de mon téléphone, en me sentant un peu merdeux. Et à appuyer sur le bouton vert.
Deux sonneries, puis répondeur.
En même temps, le coup du “j’ai perdu mes clefs”, ça doit figurer au top 10 des excuses de la loose pour revoir ses ex. Ce qui n’était, en l’occurence, pas mon but. Là, je voulais juste rentrer chez moi bouffer ce putain de kebab, écrire cette putain de note et me coucher.
Le coup des deux sonneries m’avait un peu laissé perplexe. Au bout d’une demi-heure sans réponse à mon message, je tente donc le texto, en précisant bien que non, ce n’est pas un plan tordu.
Pas mieux.
Avec le recul de la sagesse et de l’énorme coup de batte que je viens de prendre sur le melon, je me dis qu’elle avait sûrement de bonnes raisons. Mais sur le moment, j’admets l’avoir pourri.
Parce que sur le coup de 11h45, plus tellement le choix : j’étais bon pour le serrurier.
Et pour deux heures de cauchemar.
De l’art de la serrurerie
Ils ont mis une demi-heure à arriver. Deux jeunes mecs tout gentils, l’un, électricien, qui accompagnait son jeune frère Karim, artisan en serrurie qui avait tout appris de leur père, mais s’était vu privé de permis suite à un retour de boîte un peu trop éméché.
Il était à peu près minuit et quart. Pendant que Karim allait chercher une lampe frontale, le frangin a examiné la porte, et m’a dit : “je suis curieux de voir comment il va s’en sortir, parce que votre porte, là, à mon avis ça va être un défi”.
Tu m’étonnes.
Deux heures, ça lui a pris.
Deux saloperies d’heures à ravager ma serrure dans tous les sens à la perceuse, à éclater mèche sur mèche, à enfoncer des ciseaux à bois dans le chambranle à grands coups de marteau, à coller des lattons dans la lourde pour glisser une feuille plastique entre pêne et mur.
Deux heures. De minuit et quart à deux heures et quart du matin.
Je t’explique pas la gueule qu’ont dû faire les voisins. Heureusement que j’habite chez les pauvres.
Sur la fin, le bobo d’en face a pointé la tête, tout de même. En peignoir de soie noire et crâne rasé de frais. Pour me demander d’un air tout gentil ce qui se passait. J’aime les bobos.
Moi, je faisais des aller-retours dans le couloir, en me bouffant les ongles, à relancer la minuterie toutes les trois minutes en scrutant l’escalier pour guetter l’arrivée des flics.
Parce que j’aurais été peinard dans mon lit et le voisin aurait foutu un bordel pareil pendant aussi longtemps, je suis sûr que j’aurai sérieusement songé à les appeler.
Au début, c’était presque le sketch. Je me disais “bon, ben ça, c’est fait, j’aurais appelé un serrurier une fois dans ma vie”. Au bout d’une heure, je riais déjà bien jaune, tout de même. Et au bout d’une heure trente, j’en étais à me dire qu’il allait pas y arriver et que de toute façon j’allais lui dire d’arrêter parce que ça devenait ridicule de foutre un bordel pareil.
Il a fini ouvrir la porte, le Karim. Bien en sueur, quand même, mais fier de son exploit. De ce que j’ai compris, la vieille serrure posée par le locataire précédent était un modèle fabriqué en Hongrie soviétique pour équiper les entrepôts de plutonium militaire de l’Armée rouge. Un truc comme ça.
Du matérialisme pratique
J’étais tellement soulagé qu’ils aient arrêté de faire trembler les cinq étages de l’immeuble que lorsqu’il a commencé à faire son devis, j’ai pas tiqué sur les premiers 114 euros de perçage de lourde. On m’avait déjà parlé des serruriers, je savais que j’allais raquer cher. Là, il s’était visiblement bien pris la tête, c’était pas de l’arnaque. Limite je lui filais un pouboire.
Après, il a ajouté le prix de la serrure, qu’il vient changer demain matin. Au début, j’ai cru qu’il y avait une virgule que j’avais pas vu.
En sigant le chèque, j’avais l’impression de payer mon loyer de m’être reçu une bûche sur le sommet du crâne. Une très grosse bûche. Et limite envie de rire, tellement c’était absurde de cramer autant de thunes pour une putain de clé de 5 cm de long tombée d’une poche de sac mal refermée.
Là, rétrospectivement, je me dis que j’aurai mieux fait d’aller squatter chez un pote ou même de prendre une piaule à l’hôtel en attendant que la maîtresse de la clé réponde. Ou en espérant retrouver ces clés au boulot demain. Ou en refaisant tout le trajet avec un détecteur de métaux.
[Rétro-rétrospectivement, je pense que si je retrouve ces clés au boulot demain, je vais pleurer pendant quelques semaines]
Il me reste l’espoir que la Matmut, elle assure vraiment. Et qu’elle va rembourser un poil.
Parce que sinon, adieu projets de weekend à Rome et autres achats geeks inutiles.
[Si tu pouvais éviter de te foutre de ma gueule en commentaires, voire me dire que ça arrive à tout le monde, je préférerais. Merci. EDIT : ouais, bon. Vous pouvez aussi vous payer ma tronche, après tout c'est mérité.]
Episode 232 |Par Sam | le 4 sept 2008 @ 3:31 | dans J'ai testé pour vous
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Original Soundtrack
C’était il y a dix ans et ça me rajeunit pas du tout. Je venais d’avoir le bac, et je passais les vacances à Paname, dans l’immense appart que squattait mon meilleur pote. Avec vue sur la Tour Eiffel et le soleil couchant. Et terrasse.
Un soir, un mec se ramène. Je sais plus qui l’avait invité. je me souviens juste qu’il s’est effondré dans un fauteuil, a regardé le soleil qui se couchait sur le Champ-de-Mars, et a lâché : “putain, quand on voit ça, c’est presque bon d’être malheureux”.
Depuis, j’ai gardé une vieille attirance malsaine pour la chanson triste quand toi-même tu l’es.
Episode 231 |Par Sam | le 27 août 2008 @ 20:58 | dans musique
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Presque pas triste
[Le pire, c'est qu'à 24 heures près, tu avais un post tout bisounours et tout joyeux. A quoi ça tient, hein...]
Il était dit que le parc des Buttes-Chaumont servirait d’écrin de décharge à mes tristesses. Et de terminus à mes marches un peu au hasard dans le XIXe à la recherche d’une illumination, de quelque chose pour m’aider à piger.
J’aurais dû prendre option psychologie féminine, à la fac. Ou alors je sais pas, j’ai un truc, une maladie rare, un virus niché quelque part, un défaut génétique.
Ou alors je suis juste un narvalo beaucoup trop sincère, infoutu de jouer plus de cinq minutes et demi dès qu’on cause sentiments et beaucoup trop gentil pour être vraiment désirable.
Ou alors, à force de me complaire dans cette posture de célibataire romantique et enrhumé de se balader écorché tout vivant au vent mauvais d’un destin adepte d’un genre d’humour noir particulier, je finis par créer ce genre de situations tout seul comme un gland grand.
Ou alors c’est juste une année sans.
Ou alors j’ai pas tout compris, juste trébuché en tentant d’enfoncer à grands coups d’épaule une porte qui restait entrouverte. Qui reste entrouverte ? Va savoir.
Va comprendre, toi. Moi je comprends jamais. Ou alors de travers. Ou alors après, quand ça sert plus à rien.
Bref. On va pas en faire un micro-drame de plus.
On va se contenter de repenser à certaine nuit magique et à certain piano-bar peuplé de pianistes plus ou moins virtuoses, d’actrices plus ou moins psychotiques et de touristes roumains plus ou moins bourrés.
On va retenir certains regards qui avaient l’air d’en dire beaucoup, certaines répliques qui en disaient pas mal, ou du moins je le pensais, sur le moment. On va se repasser le film d’une fin de soirée juste parfaite et d’un réveil en forme de doux rêve un peu lubrique, mais nom de Dieu que c’était bon.
En se disant que peut-être on tournera la suite. Un jour. Mais que ça dépend plus tellement de moi.
Moi, je vais me contenter de boire des verres avec un pote ce soir, d’aller grimper des murs d’escalade demain et d’aller voir la mer ce weekend.
Et la vie est belle. Quand même. Peut-être un peu parce qu’elle est comme elle.
Episode 230 |Par Sam | le 27 août 2008 @ 20:30 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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Google© est mon ami
[La photo est pas de moi (quoi, ça se voit ?), tu cliques pour le crédit. Quant à savoir pourquoi une photo de clébard, tu vas comprendre plus loin]
Donc on va dire que j’ajoute pas d’addenda à l’addendum et que comme promis, on va revenir à des choses simples. Aux basics, comme on dit dans le management.
Par exemple, je m’aperçois que je suis un bien mauvais blogueur, peu respectueux des usages de ce nouveau média.
Car il y a un truc indispensable, que tout carnetier [on dit comme ça, à l'Académie Française, je sais c'est tout pourri, mais ils sont très vieux] se doit de poster au moins une fois et que je t’ai pourtant jamais fait.
Et c’est : les mots-clés les plus débiles qu’ont tapé des gens sur Google© pour arriver ici.
Tu es prêt ? C’est parti pour le top 10.
En numéro 10, on commence en douceur avec “je veux être taré”, un souhait original étant donné que par définition, être taré, c’est plutôt de l’inné que de l’acquis. Mais on souhaite bon courage à cet internaute plein de bonne volonté.
En numéro 9, un mystère : “vélibe qui son cochon”. les vélib’ sont cochons ? Les vélib’, qui sont les cochons ? Pas compris. Lui non plus, je pense.
On reste dans le porcin avec notre numéro 8 : “chevre cochon compatibilites”. Une question de fond que celle-ci, qu’on ne se pose pas assez souvent, finalement.
Numéro 7 : “les filles de meetic toutes dérangées”. A mon avis, ce garçon n’a pas eu beaucoup de succès depuis que les règles du jeu ont changé.
Numéro 6 : “you tube musique légion etrangre”. Un mélomane, donc, égaré ici grâce ou à cause d’une faute de frappe. Désolé, ami passionné de musique militaire. Point de “Tiens, voilà du boudin” sur ce blog, tout se perd, oui, je sais. Faut partir, maintenant.
Numéro 5. Ca devient sérieux, car nous voilà rattrapés par le carburant qui fait tourner cette planète et le world wide web : le seske. En l’occurence, un internaute est parvenu ici en tapant “clip gros cul grosse fille”, ce qui est pour le moins poétique, bien que je ne parvienne pas tellement à m’expliquer à quel moment j’ai pu associer ces mots.
Numéro 4, on rentre dans le vrai, le pur, avec “faire l’amour avec un chien”. Là, je me demande si le gars (ou la fille, allez savoir) était à la recherche de visuels ou de conseils techniques.
Numéro 3, attention, ça peut choquer : “hamster mâle éjaculation”. Même question que pour le précédent, plus… attendez. Mais QUI cherche ça sur Google ? Et pourquoi il finit chez moi, bordel ?
Numéro 2, on reste dans le bizarre : “un plan cul avec une fliquette”. Je suis pas certain qu’il existe des sites spécialisés dans la chose, mais admirons cet internaute qui a eu la curiosité de chercher
Et enfin, numéro 1 et vainqueur incontesté et incontestable de la requête Google, ce type qui est arrivé ici en tapant “recit erotique un long week end avec mon chien”. [...] (ça me laisse sans voix).
["...Sultan me regardait de ses grands yeux humides, sa queue battant l'air au rythme de ses halètements animaux, entrecoupés de petits geignements qui m'électrisaient la peau..." ]
Non, mais sérieusement. Vous croyez qu’il y a des gens qui…
[C'est du texte, hein, donc à peu près Safe For Work, du moins si ton boss vient pas lire par-dessus ton épaule]
Internet, c’est magnifique.
[J'ai dû faire une sélection, donc, ne figuraient pas dans le top, mais ils le valent quand même : "salope de belle mere me mate a poil la nuit recit", "velib culotte", "puviométrie du 27 mai 2008", "manifique cul sur chaise", "vidéo du miracle de l'amour "baba cools"", "houblon pour calmer les chiens" ou encore "femme monter sexuelle par chien". Les internautes sont formidables.]
Episode 228 |Par Sam | le 23 août 2008 @ 0:33 | dans Geek Story, Messages à caractère informatif
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Addendum
En fait je serai compris qu’après ma mort. A l’autopsie, quoi.
Non, mais bon. Des fois comme ça, le soir, tu tentes d’écrire un truc qui t’es passé par la tête. Et tant que c’était à l’intérieur, c’était plutôt clair, comme idée. Pas limpide, hein. Mais clair. Tu savais où t’allais, à peu près.
Alors bon, tu fais ton petit bidule, tu gratouilles sur ton bloc-notes, tu corriges, tu changes quelques trucs. Et puis à un moment, tu trouves un genre de rythme, tu te laisse bercer par la scansion des paragraphes, les répétitions savamment calculées, tout ça.
Et puis à un moment donné, t’as fini. Et comme c’est ton idée, ben toi tu comprends bien où tu veux en venir. Alors tu publies le machin, innocemment, et tu vas te coucher, parce qu’il est tard.
Sauf que le lendemain, quand tu lis les commentaires que tes lecteurs gentils ont laissé sous ta note, tu te dis : “oh my god” (OMG), qu’est-ce que j’ai pu écrire pour que ce soit compris comme ça ? Alors tu te relis.
Et effectivement, avec une nuit de sommeil par-dessus, tu t’aperçois que :
a/ Ce qui te paraissait indiscutablement limpide la veille est plutôt passablement embrouillé. Et que le billet que tu voulais doux-amer et rigolo sur les filles qui sont jolies, tout ça, ressemble peut-être un peu trop à un manifeste féministe. Pathétique, le manifeste. Genre oh, Femme éternelle, ce genre de choses. Qu’on sent finalement plus les blagounettes ni le second degré dont tu avais tenté de parsemer ta note, puisqu’elles sont noyées au milieu du sirop.
b/ En plus c’est mal écrit.
c/ Du coup, tes chers lecteurs te prennent visiblement pour un garçon gentil, mais un peu lourd avec ses envolées lyriques ridicules et sa vision totalement obsolète et idéalisée des choses. Alors que toi tu voulais juste développer un peu ton idée, quoi. Sauf qu’à un moment, sans que tu te l’explique, ça a dû déraper.
Bref, c’est la loose dans ta face, quoi. Et tu peux t’en prendre qu’à toi-même, en plus. C’est toi qui l’a écrit, le machin, après tout. Et du coup, t’es bon pour ajouter un addendum comme celui-ci pour expliquer au monde entier que tu n’as hélas pas été compris.
Et que non, tu ne vois pas vraiment les choses comme ça dans la vraie vie, en fait. Par exemple, tu te traînes assez rarement sur les genoux aux pieds d’une jolie fille en lui déclamant des sonnets, en vrai. Que de manière générale, tu te prends un peu moins au sérieux que ça, d’ailleurs.
Je crois que je vais en revenir aux notes sur les Monoprix, dans un avenir proche, moi. Pour la littérature, on verra plus tard.
Episode 227 |Par Sam | le 22 août 2008 @ 13:25 | dans Messages à caractère informatif
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Rythmes circadiens
[Parce que moi aussi, je suis un grand corps malade]
Fatigué. Crevé, déboîté, désquamé d’épuisement, je poste tout de même histoire de dire, histoire de voir. Ce que ça donne. Au terme d’une longue journée.
Putains d’aurores aux yeux chiasseux, de réveils spasmodiques à bondir dix centimètres au-dessus du matelas, arraché à des rêves angoissants d’escalade sans corde par la sonnerie fasciste du téléphone. Six putain d’heures du matin, trop tôt, beaucoup trop tôt.
Le matin, j’aime pas ça, je trouve que c’est de la saloperie. Mais je fais un métier-passion, coco. Du coup, j’ai pas le choix, j’en tâte une semaine sur trois. Et je te l’affirme : le matin joli, c’est de la propagande. L’avenir qui appartient à ceux qui se lèvent tôt aussi.
Le matin, chez moi, c’est le pays joyeux des zombies placides, qui allument l’ordinateur en sortant du pieu pour se ruer vers une clope qu’ils rouleront en faisant chauffer la machine à espresso (de bourgeois), avant de retourner vers le PC pour envoyer la radio, les mails et les blogsBD. Que le mort-vivant consommera pêle-mêle en savourant son café-clope, le petit-déjeuner des champions.
Généralement, il est aux alentours de 6h20 quand le zombie passe dans la salle de bains pour un courageux combo chiottes-douche-brossage de dents-habillage qui, bien exécuté, lui prend environ dix minutes. Ce qui lui en laisse cinq à sept de plus pour re-comater devant l’écran avant de devoir partir en quête d’un vélib’.
Heureusement que j’aime mon boulot. C’est ce que je me dis généralement ces semaines matinales, en pédalant dans l’aube froide, musique aux oreilles, vers ma mission sacrée. Les Français doivent savoir que Laure Manaudou nage comme une Birkenstok, bordel. Et c’est à moi de leur dire.
Après, quand je rentre m’écrouler sur ton lit vers 17 heures pour une vieille sieste même pas crapuleuse, j’essaye deux secondes de kiffer le fait d’appartenir <strike>à cette France qui se lève tôt</strike> à la communauté des riants matinaux, parce que ça console. Mais ça marche pas.
Et les apéros qui suivent, quand il y en a, finissent par s’en ressentir. A base de baillements et de rentrage pas trop tard quand même, parce que bon. Là, il est presque une heure du matin et j’ai l’impression qu’un autocar polonais m’a roulé dessus durant plusieurs heures en klaxonnant tout du long.
Du coup, j’en viendrais limite à préférer la soirée, que je vais pratiquer tous les jours d’ici lundi [donc tout le weekend] : tu commences à 14 heures, tu bouffes McDo, Chinois, Jap, pizza ou ce que tu trouves devant ton poste au bureau en avalant de la dépêche et, les bons soirs, tu es chez toi vers 22h30 et tu as toute la nuit pour glander sur le Ternet, bouquiner ou avaler du film et de la série jusqu’à l’overdose, qui survient généralement aux alentours de 4-5 heures du mat’.
Certes, tu n’as plus de vie sociale. Certes tu en viens à te lever à 13 heures et à filer direct au taf en mangeant un vague sandwich sur ton vélib’, quand tu ne choisis pas de carrément sauter le déjeuner pour pratiquer ton art dans la pureté du jeûne monastique.
Mais au moins, tu as toute la nuit. Et surtout, surtout, tu ne vois plus le matin. Et ça, c’est bon.
[Non, mais une semaine sur trois, j'attaque à 11h et je me casse vers 20, quand même]



