Carte postale
Hey !
[Le contexte et ma récente germanophilie voudraient que je te salue d'un sympathique "Halo", voire "Guten morgen", mais bon, j'aime bien "hey". C'est simple, sobre et efficace à la fois]
Hey, donc. Ca roule, toi ?
“‘Tain, il est pas mort, lui ?” te demandes-tu. Et bien non, ami, point encore. En revanche, il est toujours en vacances. Et présentement, il t’écrit d’une sympathique bâtisse XVIIIe genre ferme de moyenne montagne, sise au coeur du massif de la Chartreuse, et dans laquelle il enchaîne barbecues, parties de ping-pong, siestes et baignades dans le lac tout proche tout en se soutenant moralement à coups de petits apéritifs salvateurs sur la terrasse. Un vrai calvaire, en sommme.
Et puis quand il pleut, on branche la PlayStation3 sur le rétroprojecteur et on joue à Devil May Cry 4 version écran géant.
Bref, beaucoup de stress pour ton serviteur. Qui en viendrait presque à ne plus passer sur le ternet qu’une fois tous les deux jours pour relever ses mails, c’est te dire à quel point c’est pas facile.
Bon. Ce propos liminaire effectué, il faudrait que je te raconte Berlin, car je sais que tu n’attends que ça, avoue.
Seulement voilà : j’ai pris au moins 200 photos là-bas. Mais je n’ai pas songé à emmener avec moi dans les montagnes le câble qui m’eusse permis de les uploader sur l’ordinateur et de t’en faire profiter.
Avoue que c’est dommage. Et que donc je te raconterai Berlin quand je serai revenu sur Paname et que je pourrai le faire avec des images, c’est à dire à la fin de la semaine qui vient.
En attendant, il faut aussi que je réponde au sympathique questionnaire que cette coquine de Kmille m’a collé dans les pattes. Ca devrait te plaire, puisque ça parle de fesses.
Donc :
Si j’étais un slip, je prierais très fort pour être celui d’une jeune fille et pas d’un vieux dégoûtant.
Si j’étais un sextoy, je serais un plug anal, juste pour pouvoir, à la question “t’es où ?”, enfin répondre sincérement “dans ton cul”.
Si j’étais un fantasme, je me dirais qu’il faut quand même être bien tordu pour avoir ce genre de fantasme.
Si je devais faire l’amour avec un animal, je choisirais une femelle bonobo en me disant qu’au moins eux, ils s’y connaissent.
Si je devais te dire quelque chose à l’oreille pendant qu’on fait l’amour, ce serait beaucoup trop torride pour être écrit ici. Tu insiste, petit(e) coquin(e). Bon d’accord. Garde tes mains sur le clavier, c’est parti : “Die Lebensmittelsicherheit steht in Europa ganz oben auf der Prioritätenliste. Seit dem Jahr 2000 werden die strengen Vorschriften der EU noch weiter verschärft, um sicherzustellen, dass die Lebensmittel der Europäer so sicher wie möglich sind. Das neue Konzept verknüpft alle Herstellungsstufen miteinander: Lebens- und Futtermittel werden vom Erzeuger bis zum Verbraucher sorgfältig verfolgt”. Alors, heureux(se)?.
Si j’étais Clara Morgane mais avec mon cerveau actuel, j’aurais plein de facilités dans mon travail, déjà. Surtout niveau interviews. Et sinon, je m’achèterais plein de miroirs pour partir à l’exploration de mon petit corps, aussi.
Si j’étais une zone érogène, je serais un cou. Oui, je sais, y a plus excitant, mais j’aime bien les bisous dans le cou.
Si j’étais un détail absolument irrésistible… ma, ié souis déjà oune détail absolumentamente irrésistible.
Si j’avais une morale sexuelle… euh, le truc, c’est plutôt que si j’avais moins de morale sexuelle, je choperais beaucoup plus.
Si je me réveillais sans pénis ni vagin, je me renseignerais sur les tarifs pour me refaire poser les pièces, parce que cinquante ans sans seske, c’est long, tout de même. Déjà, un mois…
Bon, sur ce il est temps pour moi de replonger dans mes vacances et d’aller acheter de quoi préparer le barbecue de ce soir. Pff, tout ce stress, je sais pas combien de temps je vais tenir.
Allez, console-toi : je boirai un pastis à ta santé.
Episode 217 |Par Sam | le 2 août 2008 @ 14:14 | dans Messages à caractère informatif, Quotidiennes
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Congés payés
Je t’ai un peu délaissé cette semaine. Des histoires de boulot à répétition, essentiellement. Qui m’ont bien monopolisé la tête, le temps et le foie aussi mais ça c’est parce qu’on a passé la semaine à boire des coups au travail (notre photo), il est beau l’avenir du journalisme, tiens.
[En même temps, Hubert Beuve-Méry avait coutume de dire : "le seul vrai talent d'un journaliste se résume souvent à sa capacité à tenir l'alcool"]
Excuse-moi pour cette absence, donc. Ou pas. Car ce n’est qu’un début, camarade.
En fait, encore une fois, je suis venu te dire que je m’en vais.
Et que tes sanglots longs tu les prends, tu les roule et tu t’en fais un chapeau pour la pluie qui continue à baigner Paris [tout ça c'est la faute à ce gouvernement de Jean-foutres pas foutu de nous pondre autre chose que des étés pourris, qu'est-ce que vous voulez ma bonne dame].
Car ils n’y pourront rien changer. Mais alors, rien : je pars. En vacances.
[Rien que de l'écrire, ça me fait des choses tout partout]
Trois semaines, même.
[Oui, je sais, pays de feignants, tout ça].
A moi l’aventure du voyage, de la route. A moi l’exotisme des paysages lointains, les grands espaces, ces cultures, ces civilisations si authentiques à découvrir…
Non, n’insiste pas. Ne me parle pas des danger qui règnent là-bas, des coupeurs de route, des animaux sauvages, des guerres tribales qu’on rencontre à chaque carrefour passé Juvisy.
Je sais qu’en cherchant à me protéger, tu veux mon bien, ami. Mais je suis décidé. Je pars.
A Berlin. Une semaine.
Qui n’a pas vu Alexanderplatz au soleil couchant n’a rien compris à la beauté du monde, disait le poète.
Puis en montagne les deux qui suivent. En Chartreuse, même. Avec mes deux geeks d’amûûûr.
[Oui, ceux avec qui je devais aller au Népal, au départ. C'est toute l'histoire de nos trips loose, ça. On part pour Katmandou, on se retrouve à Saint-Sulpice des Rivoires, 38 en force. Ca fait partie du charme.]
Qui n’a pas passé une nuit à boire des bières dans un champ de montagne en matant les étoiles et en racontant des conneries qui paraissent profondes sur le moment n’a rien compris à la vie tout court, je dis.
Donc voilà. Je pars.
Je suis parti.
Je ne suis plus là. Un courant d’air. Un souffle furtif.
Attends pas de nouvelles avant une dizaine de jours : évidemment, dans la magnifique ferme alpine qu’on va squatter indûment, entre deux moutons, y a le ternet, sinon mes geeks auraient jamais dit oui.
Donc peut-être que, le cul calé dans une chaise en plastique sur la terrasse devant les montagnes, à boire frais à ta santé, je te raconterai mes aventures teutonnes.
Wünderbar, non ?
Episode 216 |Par Sam | le 18 juil 2008 @ 18:34 | dans Quotidiennes
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Bal tragique quai de Valmy
[Comme un con, j'ai pas pris mon appareil. Donc je te mets une photo qui n'est pas de moi à la place. Pour les crédits, tu cliques]
J’ai fini par y goûter, au bal de pompiers. Traîné hors de chez moi par une amie que je ne vois pas assez souvent, pour aller, à 500 m de là, goûter aux charmes populaires de la guinche organisée par les soldats du feu du Xe arrondissement sur les bords du canal.
Enfin, quand je dis populaire… Il faut savoir, ami provincial qui me lit, que, si Paris est en pleine boboïsation, le Xe arrondissement est un genre de laboratoire du phénomène. L’eldorado, la Jérusalem Terrestre du bobo.
Par exemple, au baluche de pinpons du Xe, tu picoles pas de la bière tiède comme ailleurs. Non. Là, les vaillants pompiers de Paris ont installé rien moins qu’un bar à champagne au bord de l’eau [j'ai pas vérifié si le champe était bio commerce équitable©, mais ça m'étonnerait pas]. A cinq euros la putain de coupe
[Pour être juste, la bouteille était à 25€, ce qui n'est pas si cher, et incite à la surconsommation, du coup. A mon avis, c'est juste un stratagème basique ourdi par les soldats du feu pour mieux choper, mais on va en reparler].
Et les conversations de l’assistance tournent plutôt autour de l’avenir de la production documentaire avec la réforme de l’audiovisuel public lancée par notre merveilleux président que de la victoire du jour au Tour de France, par exemple..
Niveau peuple, bof, quoi. En même temps, comme disait Hubert Beuve-Méry, le peuple, c’est vulgaire, ça a pas de conversation et ça sent.
Cela étant, c’était rigolo. Déjà, tu sens que c’est un peu LE soir du pinpon. Il faut dire qu’à Paris, il est militaire de carrière, à la base. Et que donc il rigole pas tous les jours. Mais le 14 juillet, c’est sa fête. Et donc le pinpon se lâche, le pinpon rigole. Et le pinpon emballe comme un gros sale. A fond de chez fond. On est restés un peu plus d’une heure, on en a vu au moins quatre partir au bras d’une jolie Parisienne.
Le fantasme de l’uniforme, ça reste une valeur sure.
Et puis les pinpons nous ont aussi fait un petit spectacle. Déjà, au milieu de l’eau, il y avait une espèce de geyser artificiel qui jaillissait sporadiquement. Et puis sur la berge d’en face, ils ont fait arriver un camion rouge, sirènes hurlantes et muni de l’incontournable grande échelle. Qui s’est déployée alors que trois vrais-faux feux prenaient dans des bidons disposés au bord de l’eau.
Turgescente, limite, l’échelle. Avec un petit pompier qui grimpait dessus comme un spermatozoïde décidé à faire profiter le monde de son capital génétique. Après, une lance à incendie a craché sa purée sur les mini-incendies. Et les fusées des feux d’artifice sont venus colorer la chose de oh la belle rouge et autres projectiles sifflants. Genre 14 juillet, quoi. Ou orgasme, pour reprendre le débat entamé plus bas.
[Je précise que la métaphore sexuelle de l'ensemble m'a été soufflée par l'amie avec qui je me trouvais. Qu'on vienne pas dire que je pense QU'à ça non plus]
On a bu nos coupes, discuté boutique. J’ai vaguement glissé une oeillade ou deux aux autres filles de l’assistance, parce que ça reste agréable.
Et je me suis rentré.
En essayant de ne pas trop penser à mon précédent 14 juillet. Celui où j’avais acheté un collier magnifique à Mlle ex, que je lui avais offert en même temps qu’une lettre d’amûûr transie qui la demandait peu ou prou en fiançailles (chez nous les bobos, on appelle ça un PACS). Et où elle avait dit oui.
Pff. Ca paraît loin, tout ça.
Un autre type, dans une autre vie, qui a aimé une fille de toutes ses forces. Il y a longtemps.
Je te dirais pas que ça me manque pas. Ni que j’y repense pas.
Je te dis pas que ça se reproduira pas, non plus. J’espère bien que si. Mais ce sera plus pareil.
Parce que ce ne sera plus jamais une première fois.
[On arrive à rupture plus un an, là. Alors faut t'attendre à quelques autres remarques de ce genre.]
Episode 215 |Par Sam | le 15 juil 2008 @ 2:00 | dans Journal d'une rupture, Quotidiennes
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Sounds of silence
Une heure vingt du mat.
J’ai un peu abusé de vodka redbull - qui est bien partie pour devenir ma nouvelle drogue - et du coup je peux pas dormir. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde dans la pièce.
Il règne un silence que j’aime, ici. Un silence apaisé. J’ai arrêté StarWars episode III, pile au moment du climax. Moi, je le connais déjà. Elle, elle n’a pas tenu. Manque de sommeil, visiblement.
Je la regarde endormie en finissant les verres. Je me lève et je vais mater la nuit rouge orangée à la fenêtre en fumant une de ses blondes.
Silencieusement. Sur la pointe des pieds. Pour ne pas la réveiller. Pour ne pas briser cet instant, ce calme.
Gamin déjà, j’adorais ces fins de soirées, ces débuts de nuit où je restais le seul éveillé au milieu des endormis. Cette extraordinaire paix qui naît de la proximité de corps assoupis, d’esprits ailleurs, dans des rêves qui leur appartiennent.
Ce calme surnaturel. Cette paix armée, cette bulle de quiétude dans un petit monde de bruits.
Éphémère.
Fragile.
Et douce.
Episode 213 |Par Sam | le 13 juil 2008 @ 1:37 | dans Quotidiennes
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Connard (du perfectionnisme romantique comme tare sociale)
[Mode "post bourré" enclenché, désolé pour la suite d'avance, donc. Et pour l'absence de photo, accessoirement]
Mercredi 9 juillet, vers 13 heures, un resto à touristes boulevard Haussmann.
- Elle : “Alors, et les amours”
- Moi : “Ben…”
- Elle : “Allez, balance”
- Moi : “J’ai passé la moitié de la nuit dernière à chatter avec une fille du boulot”
- Elle : “Et ?”
- Moi: “Et y a carrément moyen”
- Elle : “Ben c’est cool, non ?”
- Moi : “…”
- Elle : “C’est quoi, le problème ? Elle est pas intéressante ?”
- Moi : “C’est pas ça, mais…”
- Elle : “Vas-y, tu nous a trouvé quoi, encore ?”
- Moi : “Non,mais elle est sympa, quoi”
- Elle : “Elle est mignonne ?”
- Moi : “Très”
- Elle : “Ben alors ?”
- Moi : “Ben…”
- Elle : “Elle est pas intéressante ?”
- Moi : “Si, elle joue de la musique, elle dessine, tout ça”
- Elle : “Bon, mais c’est quoi alors ?”
- Moi : “…”
- Elle : “Elle a quel âge ?”
- Moi : “Ben déjà y a ça : elle a 22 ans”
- Elle : “Mais c’est pas un problème, ça”
- Moi : “Non, pas en soi”
- Elle : “Bon, ben alors ?”
- Moi : “je sais pas, ça le fait pas”
- Elle : “mais quoi ? T’es quand même pas possible, toi”
- Moi : “…”
- Elle : “Bon, vas-y, crache le truc”
- Moi : “ben… elle fait quatre fautes d’orthographe par phrase, déjà”
- Elle : “‘tain, t’es un cas, toi”
- Moi : “Non, mais ça, à la limite, bon…”
- Elle : “Ben quoi, alors ?”
- Moi : “Je sais pas, ça le fait pas, quoi”
- Elle : “Mais pourquoi ?”
- Moi : “Parce que je sais que ça le fera pas, je le sais d’avance. Elle est à fond, elle veut un truc sérieux et tout”
- Elle : “Mais toi aussi, t’arrête pas de dire que t’en as marre des plans d’une nuit, que tu veux un truc sérieux”
- Moi : “Je sais”
- Elle : “???”
- Moi : “Mais là non”
- Elle : “Pourquoi ?”
- Moi : “…”
Sur le moment, j’ai pas su quoi dire. Maintenant je sais.
Pourquoi ?
Parce que oui, je crève d’envie de câlins, de bisous, parce que le Bisounours en moi se tord et hurle de manque d’amûûûr. Parce que les plans d’un soir, ça va un temps, mais qu’à force, j’ai envie d’un peu plus qu’une nuit de plaisir volé. Et que oui, là ça m’est offert sur un plateau d’argent,ou pas loin. Mais que non, ça va pas le faire.
Appelle ça la sagesse de l’âge, du fatalisme, une illumination kantienne ou de la connerie prétentieuse, mais je le sais. Je suis même capable de te faire le déroulé de l’histoire en entier, du début à la fin :
Ca va être de la balle, au début. On attaquera par le climax du premier baiser, des premiers câlins. Sentiments qui vont déborder de partout à force de manque et volonté subséquente que - putain de merde - ça marche. Découvertes. Points communs qu’on trouvera bien, à force de les chercher à la loupe.
[Note pour l'ego (NPLE) : Je suis assez fort à ça. Parce que j'aime faire plaisir, qu'une adolescence bien tordue m'a laissé une putain d'empathie rémanente et efficace et que, donc, j'aime l'autre. Toi, par exemple, je t'aime, à priori. Ca te fait une belle jambe, je sais, mais j'y peux rien.]
Ca durera juste le temps que l’enthousiasme retombe. Et, l’expérience aidant, ça ne va pas prendre un an mais quelques semaines. Avant que je me rende compte qu’il n’y a rien à conquérir qui ne le soit déjà, rien à inventer ensemble.
Et puis, passée la première phase, passé le temps de la découverte, du seske joyeux et débridé, des balades, des restos tout ça, la réalité va revenir dans le script. Et creuser son fossé. La différence d’envies, d’intérêts, de passions, de génération, d’attentes, va lézarder la belle construction sentimentale.
Ce sera la phase deux.
La lézarde deviendra brèche, puis faille. Et puis arrivera le moment où je vais faire ma vieille crise de lucidité, et me dire soudain “putain, je fais quoi, là ?”. Où je vais me sentir mal. Vraiment,méchamment mal.
On entrera dans la troisième phase, celle de l’euthanasie.
J’aurai qu’un but : tenter d’en finir, de préférence sans douleur. Avec une fille qui sera sans doute relativement enthousiaste et qui ne va, donc, pas comprendre. Et donc ramasser.
Et je vais délayer par peur de lui faire trop de mal, parce que j’aime pas faire mal, vraiment pas. Et du coup ça va être alambiqué. Voire tortueux. Voire un peu lâche, disons-le, nom d’une couille [spéciale dédicace]. Et triste. Et glauque. Et long.
Et que, donc, non.C’est pas ça que je veux. Pas d’une comédie dramatique prévisible comme un mauvais téléfilm.
Je veux être surpris, remué, interloqué, impressionné, épaté, envieux. J’ai envie de conquérir, d’improviser. Et pas de réciter une mauvaise partition apprise par coeur. Ni encore moins me dire que c’est mieux que rien, que c’est déjà ça.
Antigone de bac à sable, tu as carrément raison.
Voire connard, un peu.
[Fin du mode "post bourré. Désolé.]
Episode 211 |Par Sam | le 11 juil 2008 @ 2:02 | dans Quotidiennes, Transports amoureux
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Nuit d’été en ville
[Je l'ai pas déjà fait, celui-là ? Je sais plus]
Au vu des tonnes de commentaires que tu m’as laissé sur mes super sélections musicales, deux quatre choses me viennent à l’esprit :
1/ J’ai des goûts de merde en matière de musique. Et comme tu es bien élevé(e), tu n’oses pas me le dire.
2/ Tu es en vacances loin, très loin, dans un lieu où le mot “Internet” signifie “ta mère sent mauvais de la bouche” et où le fait de le prononcer est synonyme de mort violente.
3/ Ma musique, tu t’en fous. Moi je m’escrime à te dénicher des trucs qui feraient chialer comme un veau l’inspecteur des impôts le plus vermoulu de Bercy, mais toi, non. Tout ce que tu veux, c’est que je te raconte mes malheurs pour t’en réjouir, salaud (salope ? Rhoo).
4/ En fait, tu es tellement ému que tes mains qui tremblent au rythme spasmodique de tes sanglots ne peuvent plus taper quoi que ce soit au clavier d’autre que fglfo,nreîv,e^ri,vr$.
On va dire que c’est la 4/.
On va dire aussi [tu l'auras compris] que c’est encore un de ces posts que je commence comme ça sans savoir bien où ça va aller, ni même si ça va aller quelque part. Ca en prend pas des masses le chemin pour l’instant.
J’aborde cette phase bloguesque où, à chaque fois que j’ai une idée de note, c’est pour m’apercevoir que je l’ai déjà écrite avant d’une manière quasiment identique.
['tain, je réécoute le concert à emporter d'Arcade Fire, là, et ça me fait des choses. A mon avis, tu es insensible comme un Googlebot, pis c'est tout]
Par exemple, présentement.. Ben j’avais un début de commencement d’idée. Et puis j’ai été accaparé par les mails, chats, plurks, twits et autres prurits de la vie virtuelle qu’ont les jeunes de nos jours, pauvre France. Du coup, elle est partie.
Ah oui, ça me revient. J’étais barré sur un truc genre “décidément, en ce moment, même mes grognes ne tiennent pas la route”. Parce que figure-toi que c’est le cas. Que j’ai le spleen précaire. La déprime à mi-temps, quoi.
A chaque fois que je me dis “‘tain, il se passe rien, c’est pourri”, ben il se met à se passer des trucs.
Des petits trucs. Des trucs infinitésimaux. Mais des trucs tout de même.
Je me contente de peu, c’est l’avantage.
Episode 210 |Par Sam | le 9 juil 2008 @ 1:53 | dans Quotidiennes
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Mon oeil
Et même les deux, tiens :
Y a des soirs, comme ça, d’énervement un peu injustifié, mais d’énervement tout de même. Des soirs qui foirent, des soirs où je sors trop tard du boulot, où j’ai pas envie de rentrer chez moi, mais où j’y finis quand même, un peu sans le vouloir. Devant le PC, évidemment.
Des soirs où pourtant j’ai qu’une envie, c’est de poser des trucs, de faire des choses, de sortir un peu de ce quotidien qu’on emprunte comme un chariot fou dans la mine d’Indiana Jones et le Temple Maudit et qui nous conduit à toute blinde vers la fin, là-bas, tout au bout. Trop vite.
Et où ça veut pas.
Des soirs où je trouve rien de mieux à faire pour tempérer ma frustration que d’aller acheter quelques bières chez le rebeu du bas de la rue pour les savourer à pleines gorgées, en tirant frénétiquement sur des sucettes à cancer entre deux séances de martelage de clavier rageur.
Un peu futile, je sais bien. Mais que veux-tu ? J’ai rien trouvé de mieux.
Des soirs où je me dis que j’aurais mieux fait de suivre cette fille qui me regardait en sortant de l’épicerie, qu’en retrant du taf j’aurais mieux fait de prendre le premier carrefour qui se présentait pour aller paumer mon vélib’ quelque part dans Paname à la recherche de quelque chose d’un peu plus intéressant, d’un peu plus enrichissant, d’un peu plus fun qu’un samedi soir à la con avachi sur ma chaise devant mon écran à brailler même pas fort Perfect Day de Lou Reed sans y croire une seconde parce que c’était pas le cas.
[Ca, coco, c'est ce qu'Hubert, toujours aussi raffiné, appelait "une phrase longue comme ma bite"]
Tu sais quoi ? Heureusement que j’ai une âme de midinette. Un coup de ça :
, une demi-cannette, et ça repart.
Pff. J’ai vraiment besoin de loin, moi.
[Bon, ben j'exclus pas de repasser pour une deuxième couche dans la nuit, du coup]
Episode 207 |Par Sam | le 6 juil 2008 @ 0:34 | dans Quotidiennes, musique
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Voir Grenoble et mourir
Je l’appréhendais un peu, ce séjour. Même s’il était calé depuis un moment.
J’avais fait l’autruche, le vieux baroudeur blasé. Alors que je savais que ce serait pas si simple.
Il y a des villes qui te parlent, des villes qui t’interpellent, des villes avec une énergie, une atmosphère particulière.
Il y a des villes que tu détestes presque physiquement, qui ne te filent qu’une seule envie, celle d’en partir le plus rapidement possible.
Et puis il y a des villes qui sont à toi, pour toi. Des villes où tu es chez toi.
Moi, c’est Grenoble.
Depuis tout petit, alors que je n’y habitais pas encore. Et toujours maintenant. Faut dire que j’y ai passé quelque chose comme sept années, essentiellement estudiantines. Et que j’y ai donc vécu tout un tas de premières fois, d’expériences, de triomphes, de revers, de rencontres, de découvertes, de magie, tout ça. Avec des montagnes en décor.
C’est pas pour rien que j’y étais pas retourné depuis que je l’ai quitté il y a deux ans pour les joies de la capitale. Dans le TGV, j’avais des remords, de l’appréhension qui montaient. Comme si je partais revoir une vieille ex.
A peine sorti de la gare, dimanche soir, ça n’a pas loupé : j’ai eu l’impression de rentrer chez moi. En marchant vers le centre-ville, c’était tout juste si je cherchais pas la clé de mon dernier appartement de l’époque.
J’ai quand même fini par lever la tête vers les ombres des montagnes,qu’on devinait partout autour, silencieuses et monumentales. Et, comme un boomerang en fonte massive qui arriverait avec deux ans de vélocité, tout un passif m’est revenu dans la tronche.
Arrivé sur le cours Jean Jaurès, l’émotion devenait presque palpable. Au moins autant que la chaleur moite qui envahit cette putain de cuvette chaque été.
Il n’y aurait pas eu cette voiture pleine de supporters espagnols en pleine célébration de victoire qui a manqué de m’écraser, je suis certain que j’en aurais eu les yeux qui piquaient. Chaque rue, chaque carrefour, chaque bout de trottoir, c’était un souvenir qui me sautait à la gueule comme un diablotin à ressort.
Heureusement, j’ai retrouvé les vieux potes. Les derniers Mohicans de nos années estudiantines à n’être pas encore partis pour d’autres cieux [Pour quelques mois, puisque tous deux se sont débrouillés pour devenir fonctionnaires en même temps et vont s'en aller vers leurs affectations respectives glander avec nos impôts, je ne vous félicite pas, messieurs].
Là non plus, ça n’a pas loupé : cinq minutes et une bière ont suffi pour qu’on se remette à causer comme si on c’était vus la veille. Ce qu’on a fait, jusqu’à point d’heure, dans un coin un peu magique où j’allais parfois, au bord de l’Isère. [Qui, ce soir-là, était saupoudrée de brume, regarde donc en haut à gauche du post la jolie photo que j'ai fait].
On a refait le monde au houblon, cette nuit et les trois qui ont suivi. Et pendant qu’on discutait, moi je me collais de la montagne et du paysage urbain en forme de madeleine plein les mirettes Autant te dire que j’ai pas dormi des masses.
Pour ajouter au côté Fréquenstar de la chose, je me suis également retrouve dans mon ancienne école de journalimsme, mais cette fois en position de héros glorieux, revenu de la capitale auréolé d’une carte de presse et d’un poste plutôt classe. Inversion des rôles, limite conte initiatique.
C’est peut-être là que ça c’est joué. Que la parenthèse s’est refermée. Que j’ai dit au revoir à Grenoble, aux montagnes et à ces années, et rebonjour à Paris, à mon job, à ma vie. Ma vie ici. Ma vie maintenant.
Une bien belle vie, tout bien considéré.Presque celle à laquelle je rêvais alors, au pied des montagnes. Il a fallu que j’y retourne pour m’en rendre compte.
Hier, je suis remonté dans le TGV pour repartir vers Paris [où il flottait, évidemment, et où il faisait facile 15°C de moins], sans regrets. Ni tristesse, ni nostalgie.
Deux ans après, j’avais dit au revoir.
Il était temps.
Episode 206 |Par Sam | le 4 juil 2008 @ 1:46 | dans J'ai testé pour vous, Journal d'une rupture, Photos, Quotidiennes, Transports amoureux
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Partir, est-ce revivre un peu, ou pas ?
Et la vie est (toujours) belle.
Comme cette soirée parisienne dont je rentre trop tard.
Projets qui avancent grave, work in progress, enthousiasmes un poil trop alcoolisés, à base de potes, de terrasses et de bières, mais tant pis ou même tant mieux.
C’est la fête à ma pomme en ce moment. Que j’en reviens pas. Que ce soit si simple, que ça s’enchaîne si bien, que ça avance si vite.
En même temps, ça reste pour l’essentiel du domaine du pari.
Je tente, j’essaye, je teste, j’ose. Je fais dans le prospectif, dans l’initiative. Et il est tout à fait envisageable qu’on en revienne aux vieilles notes dépressives d’ici pas longtemps. C’est ce que je me dis pour me blinder d’avance, en tous cas.
[Et puis j'ai l'impression que mes tristesses suscitent plus de commentaires de ta part que mes dégoisages de bien-être. Pas de souci, hein, tu fais bien comme tu veux.]
Moi, je m’éclate. Au point d’en avoir envie de lâcher mes béquilles. Psychiques, s’entend : clopes, alcool, ce genre de choses pas bien saines et pas bien nettes dont j’épice un peu trop mon quotidien depuis un peu trop longtemps.
J’ai 20 jours de vacances à prendre fin juillet-début août. Calés en fonction de mes camarades geeks, dont l’un m’a lâché. Du coup, faut que je trouve assez vite où aller, quoi faire de ces trois semaines. Et ce soir, j’en suis à me dire que pourquoi pas 20 jour tout seul, all by myself comme disait l’autre, dans un train vers l’Est ou ailleurs.
Vieux fantasme que je balade depuis un moment, ça : partir tout seul nulle part, dans un coin perdu sans clopes ni bières ni web ni potes ni autres expédients pour me tenir la main. Et prendre le temps de me faire face dans la fameuse vraie vie vraie.
Le pire, c’est que ça ne me poserait sans doute aucun problème. Même si j’ai jamais essayé. Et que justement, ce serait peut-être à faire.
[Et tu te dis peut-être que l'image en haut à gauche de ce post ressemble furieusement aux visuels de Ségolène Royal ou de la dernière pub Evian, mais je m'en fous, c'est moi qui l'ai fait.]
Episode 203 |Par Sam | le 20 juin 2008 @ 1:36 | dans Quotidiennes
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La rédemption est un long chemin parsemé de caillous pointus
Comme disait le poète, “tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’a un fil”. Celui du bonheur est ténu comme un micro-string brésilien [ca se sent un peu, que je suis en manque affectif, non?].
C’est pas si simple, de rester collé à cette sérénité nouvelle. Pas facile, devant certaines pressions, de ne pas céder à la facilité, de ne pas reprendre la pose du lapinou paralysé dans les phares du Hummer.
La sérénité est un sport d’endurance, moi je dis. Faut durer et endurer, expliquait le Général à propos de tout autre chose, à savoir la fonction de premier ministre, mais c’est pas grave, arriver à caser du De Gaulle sur ce blog, je t’avoue que ça me fait kiffer.
Mais bon, quand les deus ex machinas s’enchaînent comme des nouilles sur le collier de la fête à ta mère, tu finis par devenir un tantinet fébrile. Impatient d’avoir la suite.
L’impatience, c’est pénible. T’as ce truc dans la tête et tu as beau faire, il est là, tout le temps. Et toi t’attends et tu ne t’occupe à rien d’autre. Alors que ce n’est qu’un jeu [là j'allais te faire "dans lequel tu mets trop de je", mais il faut savoir poser une limite aux clichés stylistiques].
Jusqu’à ce qu’une fois de plus, la petite musique monte dans ta tête. Et te rappelle que d’attendre, ça peut être bon, aussi. Ca peut être mieux, même.
Jusqu’à ce que le sac de noeuds dans ton ventre se défasse d’un coup, comme les rubans des magiciens pour enfants. Jusqu’à ce que tu lâche prise. Parce que rien n’est grave et surtout pas ça. Que ça, c’est que du bonheur. Que c’est que du bonus. Et que tu as beau dire, en fait tu t’amuses beaucoup.
Alors le truc revient en force t’étirer les commissures et t’aggrandir les yeux. Et, à nouveau, c’est la fête du sloup dans ta tête. Et ça, c’est cool.








