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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Meet : Mister Nice Guy

 

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[Tu noteras l'effort pour faire passer un texte beaucoup trop long à l'aide d'une composition visuelle de pointe]

Mr Nice Guy est, comme son nom l’indique, un gentil garçon. Honnête et à peu près bien élevé. De temps à autres, il grille un feu en Vélib’, se prend une cuite ou consomme des substances prohibées par la loi, mais à part ça, rien à signaler.

Mister Nice Guy [on va l'appeler MNG, maintenant qu'on le connaît mieux] est un garçon souriant, d’une conversation plutôt agréable. Rigolo, souvent, presque brillant, quand il s’applique. Sous une certaine lumière, il peut même apparaître charmant, voire mignon, à en croire les témoignages. 

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Seulement voilà : MNG a un problème. Un problème avec les filles. Récurrent : il sait pas être un Connard©. 

[Avant de hurler, tu lis le truc après le guillemet géant, en bas de la note]

Déjà, il est plutôt d’un naturel romantique, ce con.  Affectueux, sincère, et même attentif. Voire angoissé. A en devenir un poil lourd. Et transi, avec ça. Infoutu de respecter, par exemple, les soixante-douze heures de délai réglementaire entre première nuit et reprise de contact. Ca l’emmerde. Lui, il aurait juste envie de repiquer au truc dès le lendemain, tu vois ? De câliner jusqu’à plus soif. Un genre de poulpe bisounours.

Bref, quand MNG rencontre une fille qui lui plaît, c’est un peu comme si s’allumait sur sa tête un genre de panneau en néon marqué “cherche âme soeur pour bonheur et félicité mutuelle”, avec des coeurs roses qui clignoteraient autour. Un peu comme si se faisait entendre le tintement diffus de chaînes fantomatiques prêtes à s’enrouler autour des poignets de la belle. Qui, généralement, s’enfuit en courant. 

***

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Pourtant, il essaye d’arrêter, MNG. De toute ses forces, il se réfrène. Il a bien compris, depuis le temps, que ça foutait la trouille, son truc. D’ailleurs, quand on lui fait la même chose, il agit comme tout le monde, il pique un sprint.

Il sait, MNG, qu’il faut se transformer un minimum en Connard© : être un poil distant, limite méprisant, éviter de se dévoiler, éviter de demander, laisser venir, maintenir la tension, garder ses cartes. Prendre le temps. Jouer le jeu. Il a envie de jouer, même. 

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Mais c’est plus fort que lui. Il a beau tenter de faire tout ça, le panneau finit par s’allumer en gros tandis qu’un orchestre de baluche en uniformes de marins tous droits sortis de La croisière s’amuse entonne « My first, my last, my everything ». Et la fille, qui sent comme une énorme porte rose se refermer sur elle dans une écoeurante odeur sucrée, court très très loin et très très vite. 

***

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Le pire, c’est que lorsque d’aventure MNG se dit “bordel, c’est pas possible, j’ai un bug, ou quoi ?” Et va sur les applis de rencontre Fessebouc se déguiser en Connard©, s’essayer à la drague pour la drague, ça marche.

En un rien de temps, il se retrouve à chatter avec une donzelle, mignonne, qui certes, ne l’emballe pas plus que ça, mais qui lui tend des perches grosses comme des travées de voie de chemin de fer pour lui faire comprendre qu’elle serait tout à fait partante pour une nuit coquine et plus si affinités.

La différence entre MNG et le Connard©, c’est que là, MNG part en courant.

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Paniqué à l’idée qu’il se fout de cette fille à l’autre bout du chat et qu’elle pas, culpabilisé à l’idée que ça va finir par faire mal à quelqu’un, il court, il court, MNG.

Et plus il court, plus il fait le Connard©, plus il est distant, plus il laisse ses mails en attente, plus elle lui file après, plus elle est à fond. Jusqu’à ce qu’il finisse, de guerre lasse, par mettre un point final à l’affaire.

***

Morale de l’histoire :

1/ Les plans cul, c’est comme les jeans slim : y a des gens à qui ça va, d’autres qui sont ridicules dedans.

2/ Si Mister Nice Guy savait être un Connard© avec les filles qui lui plaisent, sa vie sentimentale s’en porterait nettement mieux.  

[Séquence culture spécial filles, je viens d'apprendre que : Les patronymes « Conne », « Connard », « Connart » et variantes n'ont aucun rapport étymologique avec le mot « con » : en Europe continentale, ils proviennent du germanique con(hardt) signifiant « brave et dur » (à rapprocher du néerlandais koen, « courageux » et de l'anglais hard, « dur ») Ce qui me donne envie de conclure: "Darwin, enculé"]

Episode 235 |Par Sam | le 6 sept 2008 @ 0:59 | dans Pensées parasites, Transports amoureux
5 commentaires »

Deuxième sexe, wins (Girls 1 - Boys 0)

Jolie Japonaise

[Fais gaffe, c'est long. Et un poil pompier, voire pompeux. Je dois être dans une période néo-stendhalienne, ou crypto-Julien Clair, un truc comme ça]

Hier soir, terrasse d’un resto du Xe. Après mes abus de bières et de barbecues estivaux, j’avais minaudé sur les poissons jusqu’à ce qu’elle me traite à moitié de gonzesse et que je finisse au tartare-salade. Elle, elle attaquait sans vergogne une entrecôte de 180 grammes accompagnée de purée maison.

On causait couplitude. Enfin, surtout la sienne, moi je faisais plutôt dans l’archéologie, les réminiscences. Et puis elle m’a lancé :
- “Les mecs d’aujourd’hui, ils se prennent trop la tête”.

Ca m’a laissé songeur. Au moins une seconde et demie. Avant que je lui dise qu’elle avait raison.

A Berlin, à Paris, la plupart de mes dernières discussions de fin de soirées entre poilus tournaient autour de nos récits de ruptures plus ou moins douloureuses, de nos dépendances affectives, autour de nos envies d’histoires qui brillent un minimum, de montages de familles plus ou moins nombreuses, de nos questionnements existentiels.

[Tu vas me dire que je traîne qu'avec des types aussi atteints que moi ce qui n'est pas totalement faux, mais il y en a aussi des presque normaux dans le tas.]

Du coup, j’ai une théorie :

Comme plein de gens plus intelligents que moi l’ont dit en parodiant grossièrement Malraux, qui n’en demandait pas tant, “le XXIe siècle sera féminin ou ne sera pas”. Et c’est le cas. Il l’est.

Et c’est pour ça que les mecs se prennent la tête : parce qu’ils ont perdu. Parce qu’ils maîtrisent plus. Parce que les patrons du bac à sable, c’est plus eux.

Discute avec elles, écoute-les, lis leurs blogs, leurs forums, leurs bouquins, leurs bédés, et rends-toi à l’évidence, ami mâle: La vingtenaire urbaine de 2008 est bel et bien l’individu alpha, el jefe, der übermensch, the new man in town. Le monde lui appartient.

[C'est long, non ? On va faire un interlude musical à thème, tiens :]

Regarde-les passer, frère à poils, regarde-les occuper la rue de toute leur beauté, arpenter le bitume de toutes leurs jambes, l’air décidé, le regard vers le prochain objectif à conquérir, loin, très loin au-dessus de tes tentatives raz de terre pour l’accrocher. Et ose me dire que la ville, que la vie, leur appartient pas.

Cotoie-les dans ton travail, qu’elles font aussi bien, sinon mieux que toi, le charme en plus, l’audace en mieux, observe-les enchaîner leurs carrières par la face nord, mon pote à bistouquette. Et jure-moi que tu es tranquille quant à la tienne ( de carrière, pas de bistouquette. Encore que…).

Admire-les en furtif, le soir, dude, lorsqu’elles sortent à quelques copines foutre le feu à un bar en trois éclats de rire et deux œillades juste pour dire, juste pour maintenir leur domination symbolique sur l’espace. Mate-les descendre plus d’alcool que tu le pourrais et rester belles et alertes, plus que tu ne le serais. Et réponds-moi les yeux dans les yeux que tu t’éclates autant qu’elles.

Écoute-les causer, compagnon de prostate, lis leur prose délurée, la manière dont elles commentent les performances de leurs amants ou de leurs sextoys comme toi tu causerais football, Quake Arena ou bagnoles, entends-les désacraliser sexe et sentiments à grands sourires carnassiers. Et dis-moi que ça te fous pas quelques complexes aux entournures.

Note, toi qui pisse debout, la vitesse avec laquelle elles se remettent de leurs emmerdes amoureuses, familiales, professionnelles, sens la la rage tranquille avec laquelle elles tracent leur route au milieu de l’entropie, avec laquelle elles construisent leur histoire, brique à brique, avec lesquelles elles tranchent, choisissent, assument. Et fais-moi croire que tu es aussi assuré qu’elles.

Observe-les séduire à pleines dents, sûres de leur charme, mon gars. Vois comme elles jouent, vois comme elles consomment sans complexes du mâle subjugué, auxquelles elles ne voient même plus de raison de s’attacher, y en a plein partout, y a littéralement qu’à se baisser. Et assure-moi que tu les tombes toutes quand tu veux.

Révère-les, fasciné, limite en transe, quand elles se déshabillent pour toi, mec, quand elles s’offrent à toi  pour mieux te subjuguer, quand elles te sautent dessus ou se laissent entraîner. Et, pour ce moment où tu te retrouves en sueur, hors d’haleine, à voir des étoiles dans leurs yeux qui brillent et du bonheur dans leurs cheveux décoiffés, leurs joues rougies, leurs sourires ravis, jures-moi que tu ne serais pas prêt à n’importe quoi .

Réveille-toi un matin avec elles dans un pieu, petit homme, et dis-moi que quand elles partent, ou te poussent gentiment dehors, toi tu n’aurais pas rêvé d’y rester avec elles, sinon toute ta vie, du moins quelques heures de plus.

Mais c’est pas toi qui décide. Du début à la fin, toi tu joues ton rôle. Et ce n’est plus que le second. Si elles ont envie, tu seras peut-être la guest star de leur épopée, quelques saisons et plus si affinités, mais c’est plus toi le héros du film. Et c’est pour ça que les mecs se prennent la tête

Faut se rendre à l’évidence, camarade couillu : on a perdu la guerre. Et on ferait mieux de se rendre et de collaborer. Après tout, c’est quand même plutôt agréable.

Episode 226 |Par Sam | le 22 août 2008 @ 0:27 | dans Pensées parasites, Transports amoureux
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xxx porn (du célibat et de ses effets sur le seske. Ou pas)

Fiat Lux

[Oui, je bosse mon référencement. Et cherche pas le lien image/texte, y en a pas.]

Tiens, et si je te causais fesses, un peu ? Après tout, c’est l’été joli, il fait beau [si, si, il paraîtrait qu'ailleurs qu'à Paris, dans ce no man's land appelé "Province" qui va jusqu'à la mer, il ferait beau] et c’est typiquement un sujet été, non ?

Donc, pour reprendre une maxime qui m’est chère, même si, pour une fois, elle n’est pas d’Hubert, “du cul du cul du cul”.

Je te sens fébrile, là. Voire impatient. Alors déjà tu vas laisser tes deux mains bien en vue sur ton clavier. Et puis ensuite tu vas te calmer. Parce que je vais pas non plus te faire du récit érotique, hein.

[Lascivement allongée au bord de la piscine, Priscilla sentait une chaleur moite monter de son bas-ventre, sous le mini-bikini, alors qu'elle regardait le torse luisant de sueur de John, le beau jardinier scandinave, qui passait la tondeuse dans le jardin]

Ben non. Sérieux et objectivité, toujours.

En fait, ce long propos liminaire pour te dire qu’en ce moment, je fais un constat : la couplitude est bonne pour le cul [pour le seske, je veux dire. Pour le fessier, hélas, c'est souvent pas terrible, rapport aux petits plats tout ça]. Le célibat, moins [par contre ça fait maigrir].

Je m’explique : célibataire, c’est sympa, tu fais des rencontres d’un soir, tu conquiers (ou pas), tu séduis (ou pas). La nouveauté, la découverte, sont pour toi. Toutes ces femmes [ou ces hommes, ou ces pingouins, tu fais comme tu sens moi je m'en fous] à envoûter, c’est merveilleux.

Certes.

Sauf que c’est pas tous les jours déjà. Enfin pas pour moi, hélas. Mais plutôt tous les mois [et encore... oui, bon ben on fait ce qu'on peut, hein]. Et qu’ensuite, ben c’est souvent pas pour longtemps. Hélas aussi.

Célibataire, tu fais essentiellement dans le premier soir. Merveilleux premier soir. Merveilleux premier bisou, merveilleuses premières caresses, coeur qui bat dans l’escalier, pelotage sur le canapé, etc.

Oui, mais. Mais souvent, lorsque ce moment arrive, il est tard. Parce qu’avant, tu as été boire un verre avec le/la conquête putative. Puis deux verres. Puis encore un ou deux autres pour te donner le courage de te jeter sur l’objet de ton désir. Et que donc non seulement tu es fatigué, mais en plus tu as bu.

Et l’alcool n’est pas ce qu’on fait de mieux en matière d’aphrodisiaque. Surtout chez l’homme, dont le Bambou de Jade a tendance à ne pas demeurer longtemps de Jade. Bref.

Le fait est que le premier soir, faut pas déconner, c’est rarement au top. En plus, tu ne connais quand même pas bien cette personne avec qui tu te retrouves à poil dans un lit, finalement.  Donc tu y vas en douceur. Tu explore, tu cherche à savoir ce qui plaît ou pas, tout ça.

Tenter le Torchon Clermontois ou la Brouette de Melun avec un(e) partenaire dont tu ne sais pas orthographier le nom de famille, c’est réservé à une élite de chopeurs désinhibés. Donc tu en restes la plupart du temps à un bon vieux missionnaire de bon aloi, voire une ou deux variantes, mais sans plus.

Ce qui s’avère souvent un peu décevant, finalement.

A mon avis (humble, évidemment), donc, le bon seske demande de la pratique, de l’assiduité et de la régularité. Avec le/la même partenaire, du coup. Parce qu’il faut pas déconner, tu commences à t’amuser au bout de la 2e nuit et à vraiment rigoler au premier dimanche passé sous la couette. Avant d’atteindre les vrais sommets au bout de quelques semaines ou quelques mois.

Conclusion : le célibat, c’est sympa, mais niveau seske, c’est pas top.

Surtout quand tu fais dans l’abstinence comme ton serviteur en ce moment, mais ça c’est une autre affaire.

Et sur ce, je ne résiste pas, après ce billet qui a normalement dû te laisser tout moite comme Priscilla, à te proposer cette petite balade raffinée qui résume un peu le tout.

Chiensecrases, c’est le blog du bon goût.



Episode 214 |Par Sam | le 14 juil 2008 @ 17:38 | dans Pensées parasites, Transports amoureux
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Madame Irma ne passera pas par moi

Ciel gris

Yo.

[N'en prends pas ombrage : J'aime, de temps à autres, à accueillir les gens d'un "Yo" ridicule.]

On va tenter de varier un poil dans l’ambiance. Pas que ça me déplaise de t’étaler mon bonheur décidément chronique, mais je me dis qu’à force, tu dois avoir envie de me jeter des trucs contondants et/ou salissants dans la tronche.

Et comme je vais plutôt mieux que bien, pour changer, que la vie est très, très belle [même si je cracherais toujours pas sur un câlin], et que tout cela me va parfaitement, je me dis que je pourrais te causer d’autre chose que de mon fondement et de ses circonvolutions, pour changer.

Par exemple, pour en terminer avec cette histoire de madame Irma, voilà ce que Yahoo ! m’a envoyé aujourd’hui. Visiblement, la conjonction exceptionnelle, c’était un genre de carotte. Parce que ce matin, l’Oracle faisait plus penser au sergent instructeur des marines dans Full Metal Jacket :

Il est temps de faire le point. En effet, la période actuelle vous encourage vivement à établir un premier bilan sur la réalité de vos désirs, votre stratégie personnelle et l’orientation que vous souhaitez donner à votre vie. Ces interrogations vous amènent à vous replier un moment sur vous-même et à entamer une véritable remise en question. Alors, au travail, Samuel !

[Je t'ai pas attendu et je t'emmerde, Yahoo !, j'ai envie de répondre]

Et là, du coup, je vais te causer astrologie.

Si.

1. De la difficulté d’être sagittaire ascendant gémeaux. Ou pas.

L’astrologie. Des millions, si ce n’est des milliards, d’adeptes plus ou moins convaincus.

Ceux qui, tous les jours, jettent un oeil vite fait à leur horoscope sur la der du Parisien, sur Yahoo ou ailleurs.

Et puis des qui se font faire des thèmes astraux détaillés comme un document fiscal, qui testent leur compatibilité avec leur chef en astrologie tibétaine, s’essaient aux runes nordiques offertes avec le Elle de juillet-août ou se rassurent plus ou moins en allant voir des voyantes. Des que je côtoie ou ai côtoyé pas mal, que ce soit dans un cadre familial ou amoureux.

Autant te dire que j’en ai un peu bouffé, du Vénus dans la maison de la Vierge qui fait que tu dors mal et autres déclinaisons du thème astral de la Chèvre de Terre que l’année du Cochon, ça va le faire.

Je peux ainsi te dire que je suis sagittaire, deuxième décan, ascendant gémeaux. Ce qui est plutôt pas top. En Chine, je suis chèvre (ou bouc, d’ailleurs) de terre, si je ne m’abuse. En Viking je sais plus.

En gros, d’après tout ça, j’ai plein des personnalités différentes qu’il faut que j’accorde, mais en même temps je suis têtu, je suis timide mais j’aime être au centre de l’attention, j’aime les voyages mais je suis très attaché à mon lieu de vie, je suis plutôt porté sur le seske tout en étant à la fois fidèle et séducteur, j’aime mes proches mais je suis un solitaire, je suis pas doué avec le fric mais je sais mener une carrière et parvenir au succès et je te passe les Tarots, parce que ça va faire trop de paradoxes.

Bref, je suis un peu tout ce que tu veux. Tout ce que je veux, en fait.

2. Du sens de la vie

J’ai fait, entre autres, des études de communication. Dans lesquelles on m’a beaucoup causé d’analogie. Et là, on est en plein de dedans.

L’analogie, c’est cette capacité des hommes à rapprocher une chose d’une autre. A trouver des ressemblances. Ca nous permet de raisonner et donc d’inventer des choses formidables comme l’iPhone2.

Mais quand on l’associe à la croyance, on obtient des choses plutôt rigolotes.

Parce que l’inconvénient, c’est que si tu veux qu’une chose ressemble à une autre, il y a toujours moyen.

Ajoute à ça un peu de psychologie. Genre que de manière générale, notre angoisse à tous, au bout du compte, est de savoir qui on est. On avance dans la vie en aveugle, sans pouvoir prévoir rien du tout sinon qu’à la fin, on meurt. Et c’est pas rassurant. Quand en plus, il faut travailler à se connaître, à changer certaines choses en soi, ça en devient carrément anxiogène.

Du coup, le fait d’avoir un Oracle capable de t’énoncer tes points forts et faibles, ce que tu peux tenter et ce qui ne marchera pas, c’est un soulagement. Tout le monde est forcément preneur de déterminisme. De choses fermes, solides.

Tu obtiens que tout le monde se retrouve dans un horoscope. Ou y a puisé, un jour ou l’autre, une vérité quelconque. Parce qu’on en a tellement envie. Parce que ce serait tellement plus simple comme ça.

Il n’y a rien de plus difficile au monde que d’être sincérement athée, je pense. J’admire ceux que je rencontre, parce que ça demande un courage singulier, de se dire qu’on est juste des tas de cellules évoluant par une sorte d’anomalie statistique sur un bout de caillou flottant dans l’espace, sur lequel un miracle totalement improbable a fait qu’il est possible d’y développer cette activité qu’on nomme la vie. Vie brève et vaine, puisque ces organismes se débattent un bref instant pour survivre et  se reproduire histoire de perpétuer l’espèce, avant de disparaître dans le néant. Le tout en pure perte, puisqu’à terme, au hasard d’un soleil qui meurt ou d’une comète mal placée, il n’y aura plus rien. Et qu’en fin de compte ce n’aura été qu’une brève anomalie.

Personnellement, je n’en ai pas la force. Alors je fais dans le syncrétisme paresseux, les univers de science-fiction et la geekitude. En évitant de penser à ça. Et en tentant de me dire qu’on verra bien.

3. De l’influence de Vénus dans la maison des Gémeaux

Mais il y plein d’autres solutions pour éviter l’implacable logique de la science et du  rationalisme. On peut se dire qu’un être supérieur veille à nos destinées. Ou pas. Ou croire qu’on se réincarne inlassablement et qu’on doit s’améliorer d’une vie sur l’autre.Et puis on peut aussi croire que la position des étoiles le jour où on est né influencera notre destin.

Ou même, mieux, mélanger tout ça. Ce que font quelques personnes parmi mes proches. Avec une conviction qui force le respect. Et interroge.

En un sens, ils n’ont pas tort : te dire que tu ne gères rien, que c’est pas toi qui conduis, que tu n’as pas à faire de choix, juste à te laisser porter, c’est reposant. Lire dans le journal le matin ce qui devrait t’arriver dans la journée aussi.

Tellement rassurant que tu vas naturellement trouver des ressemblances entre ton caractère et ce qu’on te décrit du sagittaire ascendant gémeaux. Et qu’au terme de la journée, tu vas te dire que ton horoscope n’avait pas tort.

4. Du scepticisme et de l’impact des sciences humaines sur sa constitution.

Sauf que.

Sauf que non.

Enfin, c’est ce que moi je crois. Après, tu fais ce que tu veux.

Personnellement, je suis convaincu que ton destin, c’est à toi de le faire, mètre après mètre, seconde après seconde.

Que certes, tu balades des déterminismes. Mais qu’ils sont sociaux, familiaux, comportementaux, qu’ils résultent de ton histoire, de ton passé, de celui de ta famille, de tes racines, de ton niveau de vie, de ton environnement.

Qu’il y a des hasards troublants, des répétitions significatives. Mais qu’elles sont dues à tout ce dont tu t’imprègnes dans ta vie : comportements parentaux, traumatismes divers et variés, historique familiaux et poids de non-dits qui se trimballent comme des virus de génération en génération.

Qu’un mec atteint d’une leucémie est capable de s’en sortir par pur miracle, mais qu’il le devra entièrement à l’action de son esprit sur son corps, à sa volonté de guérir. Même si elle lui vient de la foi.

Que tu vas inévitablement répéter un certain nombre d’erreurs, que tu vas finir par ressembler à ton père/ta mère alors que tu ne voulais pas, mais que ce sont juste des preuves que tu es prisonnier de ces routines dont tu as hérité.

Que le but de tout ça, c’est de t’en libérer suffisamment pour qu’elles ne t’empêchent pas de faire ce que tu veux. Pas ce pourquoi tu es né, ce que tu veux. Et si possible de ne pas recoller ce vieux sac à dos bourré de traumatismes que tu as hérité de ta famille sur les épaules de tes enfants, que je te souhaite nombreux et beaux.

5. D’une tentative de conclusion

Et que, donc, le fait que Vénus entre en maison du Poisson va changer que dalle à ton quotidien. Sauf si toi tu décides de le changer. Peut-être parce qu’avoir lu dans un journal que tu allais vers des bouleversements va t’amener à aller les chercher, mais peut-être aussi juste parce que tu en as eu l’envie et la volonté.

Qu’au bout du compte, il n’y a que toi et le monde. Et que t’auras pas assez d’une vie pour tout explorer.

Ce qui ne m’empêche toujours pas de causer aux étoiles pour leur demander des trucs. Mais  ça, c’est juste pour le fun.

[Parce que, comme disait Hubert Beuve-Méry, "sans sources capables de pallier au manque de profondeur de ton papier, coco, le journalisme n'est qu'une sale manie", sache tout de même, ami, que la science a plus ou moins prouvé empiriquement que l'astrologie, ça ne marchait pas. Encore que l'étude ait ensuite fait l'objet de controverses.]

Episode 201 |Par Sam | le 15 juin 2008 @ 22:21 | dans Pensées parasites
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Théorème d’incomplétude

Pluie d'été en ville

[Attention, c'est long. Et un peu chiant. A se demander pourquoi je le publie. On va dire que ça pose un acte. Et que ça me fait du  bien]

Princesses.

Depuis que je suis petit, je rêve de princesses. Et me rêve en prince, charmant, évidemment. Faudrait jamais laisser un gamin se former à la vie à coups de romans.

A quelque chose comme 12 ans et demi, j’ai voué ma vie à la Queste ultime, la seule qui vaille, la seule que racontaient les livres : celle de la princesse. De ma princesse.

Une princesse idéale, que j’investissais de tout ce qui me manquait d’affection, d’amour, de confiance, de rêves. Une princesse thaumaturge, qui saurait guérir mes plaies, ouvertes ou secrètes.

Une princesse sur laquelle je transais littéralement, le soir, en fumant en cachette à la fenêtre.

J’en ai eu plusieurs, en vrai, des princesses. Elles le devenaient à chaque fois, qu’elles le soient ou non, qu’elles le veuillent ou non.Elles étaient mes Dames, mes Aimées, mes Amours éternels et uniques, je leur donnais mon âme, ma vie, sans hésiter. Et même plutôt deux fois qu’une. Je ne leur laissais pas le choix, de toute façon.

Super cadeau.

Que je finissais toujours par récupérer, plus ou moins abîmé, à chaque fois que les princesses se lassaient, à chaque fois que je m’apercevais que non, mon yin  ne s’emboîtait pas parfaitement avec leur yang, et que cette découverte me laissait sur le carreau de tant d’injustice.

Je pleurais un temps, au vent mauvais cette tragédie : non, il n’était pas possible de se fondre en elles pour y disparaître et trouver enfin cette vie vraie qui m’attendait forcément quelque part, ailleurs.

Après, je remontais sur mon cheval d’orgueil et repartais, les yeux déjà collés au ciel brumeux d’un novembre forcément gris et romantique, dans l’espérance que la prochaine, oh oui, serait la bonne. Serait cette autre avec laquelle enfin, je deviendrais entier.

[Je t'avais prévenu: c'est long]

Longtemps, c’était juste du romantisme mal placé. Une sale manie, une de plus. J’avais aussi plein d’autres choses en tête et des années estudiantines à savourer comme il se doit.

Et soudain, il y a eu la bonne, ou supposée telle. Celle qui, enfin, croyait autant que moi à cette fusion impossible. La première qui prenait mes serments au sérieux. Et me les rendait. Et scellait ce pacte d’amour total et éternel auquel je rêvais depuis les tréfonds de mon adolescence la plus boutonneuse.

Au début, c’était tellement énorme que j’en revenais pas.

Et puis le tableau a commencé à s’écailler un poil, rongé par le réel. Mais on s’est armés de courage et on a continué à pousser, à se contorsionner pour arriver à se fondre l’un dans l’autre et qu’enfin, enfin, ça devienne parfait.

On voulait tellement y croire. On attendait ce moment où on vivrait enfin ensemble à plein temps comme la porte vers un univers nouveau, vers un monde d’harmonie et de maturité.

Sauf que ça n’a pas marché. Je te refais pas le film. Ca n’a pas marché parce que ça ne marche jamais. Parce que la fusion totale et entière, toi et moi les yeux dans les yeux pour l’éternité, ça ne peut pas marcher.

J’ai mis près d’un an à le comprendre. A l’accepter. Le bilan et sa perspective : si ça n’a pas fonctionné cette fois, tu peux toujours réessayer, mais ça risque très fort de donner le même résultat.

J’ai réessayé, je suis têtu.

Ca a donné le même résultat. En accéléré.

Sauf que c’était la fois de trop.

J’ai garé le canasson, posé le fanion et l’épée dans un coin, enlevé le haume. J’ai fait une pose dans la Queste. J’ai réfléchi, genre. Limite l’acte impie.

Et je crois que j’ai compris. Un tas de trucs :

  • Qu’il n’y a le temps que pour une épopée, dans une vie : la tienne. Que c’est de celle-là qu’il faut t’occuper en priorité. Parce que c’est elle qui conditionne le reste, tout le reste.
  • Que si vraiment tu veux vivre pour l’Autre, autant directement entrer en religion et laisser libre cours à tes extases mystiques. Parce qu’on ne vit jamais entièrement pour quelqu’un, mais qu’à force de tenter de s’en convaincre, on finit surtout par ne plus vivre du tout.
  • Que l’existence est remplie d’altérités et de contingences sur lesquelles tu n’as aucune prise, de choix qui t’impliquent sans t’appartenir, et qu’il ne sert à rien de tout arrêter en attendant la décision, parce qu’elle ne changera pas d’un iota pour autant.
  • Et donc que mieux vaut essayer d’être bien tout seul, déjà. Parce que c’est plus qu’un début pour tenter de l’être à deux : c’est un pré-requis.

Depuis quelques semaines, j’ai arrêté la Queste. Celle-là, du moins. Je me lance sur d’autres. Les miennes.

Depuis quelques semaines, je profite de ce que j’ai, de ce qu’on m’offre, de ce que je peux prendre. Sans attendre de princesse pour me prendre par la main. En comptant sur moi. Et en essayant de faire en sorte de me faire confiance.

Et tu sais quoi ? C’est pas mal du tout. Je suis bien, J’ai 28 ans, un job qui tue, un projet que aussi, des vacances à planifier, suffisemment de sous pour ne pas trop m’en faire et envie de tas de choses pour moi.

Juste pour moi.

Et ça, c’est un peu la révolution.

Même si on ne se refait pas, pas totalement.

Même si ce soir, par exemple, j’ai une putain d’envie de câlins.

Et même pas de seske.

Juste besoin de tendresse, de bisous et de caresses.

Un besoin lancinant. Heureusement tempéré par la fatigue.

En guise de conclusion, j’ai aussi commencé à intégrer que le manque de sommeil, c’est sympa, mais brièvement. Donc je te fais mes excuses pour la longueur et le propos de cette note aussi bassement autocentrée qu’impudique, mais c’est la fatigue, et te dis bonne nuit. Je te la souhaite reposante et pleine de rêves.

[Ah, et un dernier pour la route : par souci d'apporter un peu de culture à ce déballage, si tu veux enfin savoir toute la magie du théorème d'incomplétude de Gödel et ainsi ne pas avoir totalement l'impression de t'être fait flouer, tu cliques .]

Episode 197 |Par Sam | le 10 juin 2008 @ 23:02 | dans Journal d'une rupture, Pensées parasites
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Fabrique à souvenirs

Deux jours que je tourne et retourne dans ma tête une certaine note, sans me résoudre à l’écrire. Au final, je vais m’abstenir. Et garder pour moi certaine soirée parisienne. La garder précieusement, bien au chaud, comme un moment d’éphémère perfection printanière, que j’aurais mieux fait de laisser s’épanouir au lieu de le gâcher en voulant trop tout de suite.

Restera le souvenir, le petit sourire qu’il me colle au coin des lèvres alors que j’y repense en écrivant. Et cette image, tartignolle à souhait, je te l’accorde, mais on a tous besoin de cartes postales.

Une carte postale

Episode 195 |Par Sam | le 7 juin 2008 @ 23:00 | dans Pensées parasites, Photos
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Calcaire

Encore des mousquetons et des dégaines

Déjà, il y l’odeur. Celle de la terre du bas du rocher et des buis qui poussent contre, sèche, poussiéreuse, minérale. Celle, surtout, du caillou. Unique, métallique, âpre, indéfinissable, surtout lorsqu’elle se mêle au fragrances de sueur et de magnésie dans tes mains.

Après, il y a les sons. Ceux du métal de la quincaillerie que tu trimballes autour de la taille, les descendeurs, dégaines et autres mousquetons qui s’entrechoquent en tintant. Et puis les sifflements et autres chuchotis sourds de la corde qui glisse. Et les craquements du baudrier quand il est en tension.

Il y l’avant. Le café, le trajet en bagnole, la fraîcheur de la matinée. La marche vers la caillasse le long de sentiers approximatifs et escarpés. Le poids du sac à dos rempli de barda que tu trimballes. La légère douleur quand tu serres les chaussons trop petits sur tes pieds

Il y a les préparatifs. La corde que tu vérifies. Le baudrier que tu enfiles, en équilibrant les dégaines de chaque côté. Le noeud de huit que tu fais pour t’accrocher. La magnésie que tu puises dans le petit sac accroché lui aussi à ta taille pour t’en coller dans les mains.

Et puis tu te retrouves face au ce monument de caillasse et de verticalité. Tu regardes en haut, tu inspires un coup, tu attrapes la première prise. Et c’est parti.

Après, il y a les sensations. La joie enfantine de grimper sur un truc. Les tiraillements dans les doigts, dans le dos, quand tu fais ton premier mouvement et que tu t’arraches du sol. Les muscles qui se tendent et se relâchent quand tu as trouvé un appui. Tes doigts qui se raidissent sur la prise. Tes pieds qui glissent jusqu’à trouver le bon endroit où s’insérer. La pesanteur qui te pousse dessus lorsque tu te retrouves de travers, agrippé à une main, l’autre cherchant en aveugle à décrocher une dégaine de ton baudrier pour la coller sur le premier spit. Les phases où tu avances tout seul et celles où tu ne sais plus par où passer.

Et les pointes d’adrénaline quand tu ne trouve pas et que tes avant-bras fatiguent, quand tu ne tiens que sur deux appuis pas terribles et qu’il te faut mousquetonner tout de même, quand tu dois te jeter d’un mètre, pousser sur tes pieds et aller attraper la fissure tout là-haut, quand ton cerveau se remet en marche et te dit que là, tu pourrais te faire très mal, parce que si tu tombes, le temps que la corde te stoppe, tu vas dévaler cinq bons mètres et que tu commence à paniquer un poil et à te demander pourquoi tu fais ce truc aussi peu naturel.

Et puis les victoires, quand tu finis par comprendre comment passer. Et puis le triomphe quand tu arrives en haut, que tu touche la chaîne de rappel et que tu regarde celui qui t’assure en bas, tout en bas. Ce moment de plénitude quand tu es campé sur le rocher, jambes tendues, tenu par la sangle que tu as posé le temps de faire la manipulation pour assurer ton rappel.

Et, enfin, le fun de la descente. Quant tu laisses aller tes bras et que tu joues à te repousser de la paroi à l’aide de tes jambes, pour planer un instant dans le vide au bout de ta corde.

Et puis tu arrives en bas. Tu retires ton descendeur que le frottement a rendu brûlant, tu sors à moitié tes pieds endoloris de tes chaussons trop petits et tu regardes en haut en te disant que tu en viens. Et c’est juste la plus belle sensation qu’un sport puisse offrir.

[En ce moment, j'ai envie de refaire de l'escalade.]

Episode 194 |Par Sam | le 5 juin 2008 @ 1:19 | dans Pensées parasites
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Aliquid Stat Pro Aliquo

Des poubelles et un vieux

[Une chose qui tient pour une autre chose, soit la définition du signe, du moins avant qu'elle soit défoncée par Peirce et autres dieux sacrés de la sémiologie, faudrait voir à pas oublier que j'ai appris un tas de conneries à la fac]

Excuse, hein. Faut que ça sorte. Que je me défoule. Que j’épanche ma graphomanie. J’étais parti pour te faire du récit de soirée, mais là, j’ai juste besoin d’agiter mes mains sur le clavier sans trop chercher où elles vont, où je vais, avec mes phrases approximatives et mes idées sorties de nulle part.

Aliquid stat pro aliquo. J’adore la replacer dans les conversations, celle là. Ca me console de n’avoir jamais fait de latin. Une chose qui tient pour une autre chose. Le signe et ce qu’on met derrière. Les signes et leur interprétation, qui pourraient bien caractériser le statut d’humain, au bout du compte. J’interprète, donc je suis.

Tu connais peut-être ces journées magiques où tout te sourit, où tout se teinte d’une luminescence, d’un merveilleux proprement cinématographiques. Tu sais, ces journées presque trop intenses pour être vraies,  où tu fais des rencontres incroyables au coin de ta rue, où tu assistes à des scènes tout droit sorties d’un film, où la magie est partout, où tout est beau. Ou presque. Et où même ce qui ne l’est pas reste nimbé d’une exceptionnalité certaine et remarquable. Où tu regarde le ciel en faisant des clins d’oeil au destin farçeur qui a décidé de t’offrir ces petits moments qui font que la vie reste l’amour de ta vie.

Ca me fait ça, depuis quelques jours.

Et ce qui est fun, c’est que je l’attribue à un démiurge bienveillant, à une force extérieure et immanente, qui se serait enfin décidée à se pencher sur mon cas. Alors que non. Queudalle. Nib de nib.

Alors que c’est juste de moi que ça procède. Alors que c’est juste - merci à elle, qui se reconnaitra - que je vois les choses un peu différemment. Sous un autre angle. Un meilleur angle.

Que ces choses qui tiennent pour d’autres choses, ces signes, je les interprète autrement. Ce sont les mêmes, pourtant. Il suffirait que je sois un poil plus fatigué, un poil plus triste, et les mêmes réalités deviendraient glauques. Et je ne verrais pas les signes pareil. Et ils ne m’indiqueraient pas la même chose.  Et je me laisserais gentiment bouffer par le gris en attendant qu’un énième coup de flipper me renvoie vers un autre bumper, pour faire dans la métaphore de bistrot. Same player, shoot again. Multiball.

Ce qui a de fortes chances de finir par arriver, au demeurant.

Toujours est-il qu’en attendant, je profite. Je me gave. J’emmagasine pour les jours difficiles à venir. Je me constitue un capital petits bonheurs en attendant la crise. Qui finira par arriver. Ou pas.

Episode 189 |Par Sam | le 4 juin 2008 @ 0:50 | dans Pensées parasites
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Couplitude

Bienôt 4 heures et pas moyen de dormir.

J’a tripatouillé tout ce qui pouvait se tripatouiller sur ce site, avant de m’accorder une pause gastronomique vers deux heures du matin [je ne travaille pas demain, rassure-toi]. A base de tortellini et de vin rouge. Depuis, j’ai tenté de m’oublier sur fond de vieux épisodes de West Wing que j’ai déjà vu. Sans succès, d’où mon retour ici.

Ecroulé en étoile de mer sur mon pieu devant les aventures de Jed Bartlet, Josh Lyman et leurs potes, je m’interrogeais mollement sur cette vision so Hollywood de la cellule familiale comme noyau nécessaire de la plénitude existentielle.

En l’occurence [attention, fan de West Wing qui serait tombé dans le coma de 2004 à avant-hier et n'aurait par conséquent pas vu la saison VI, je risque de te dévoiler des spoilers], plusieurs épisodes te montrent Matt Santos, le jeune et sémillant candidat démocrate au remplacement de Bartlet, dans une sorte de satori mystique face à sa femme et ses enfants. Le tout sur fond de balade country, le plus souvent.

Entre monsieur et madame Santos, c’est au-delà de l’entente cordiale. La série te fait sentir que tu navigue là dans l’Amour Vrai. Que tu es dans Tristan et Yseult, Héloïse et Abélard, Rox et Rouky. La moitié d’un épisode est d’ailleurs consacré au fait que le bon Santos ait cassé un lit d’hôtel en batifolant virilement avec sa chère et trendre. Une autre scène poignante te montre Matt qui rentre d’une journée de campagne harassante, dont le poids s’efface tout soudain lorsque, retirant d’un geste las sa cravate, il remarque son épouse et leur fils dormant dans le lit conjugual, ce qui le remplit littéralement d’amûûûr et l’incite à prendre la bonne décision, évidemment.

Bref, c’est un peu the couple. Que, si la production cruelle décidait d’en tuer un des deux, elle ne pourrait faire autrement que de montrer l’autre prostré sur sa tombe, hurlant à la mort durant cinq bonnes années. Ce qui est un classique hollywoodien, je te l’accorde.

Tu en connais, dans la vraie vie, des gens comme ça, toi ? Des couples si parfaits qu’il suffit que monsieur esquisse un levage de sourcil pour que madame saisisse instantanément qu’il a l’air de penser tel truc, mais qu’en fait, il a un doute, ou alors qu’il voudrait un autre sucre avec son expresso ?

Des couples de la muerte, j’en ai plein mon arbre familial. Du 60 ans de mariage, de la rencontre à 10 ans et demi qui a débouché sur quatre gosses et trente ans de vie commune, tant que tu veux. A quelques exceptions près, ça fonctionne avec beaucoup de concessions, pas mal d’engueulades et une farouche volonté de monter un truc durable. Ce qui n’exclut pas un amour palpable, d’ailleurs, au contraire. Mais généralement, il est plus le résultat d’années d’épreuves partagées que d’alchimie romantique.

C’est un peu le piège d’Hollywood. Te faire croire à tout prix à un monde merveilleux où il existerait quelque part ton alter-égo absolu, le partenaire ultime et surpuissant par lequel tu trouverais enfin tout ce qui te manque, le couvercle à ton pot, la pièce manquante qui fera qu’enfin, oh oui, enfin, tu seras entier, vrai, délivré de tes faiblesses, de tes doutes et de tes errances.

Statistiquement, ça doit exister. Une fois sur un million. Mais honnêtement, tu en connnais, toi, des unions pareilles ? Tu penses que c’est un bon échantillon représentatif de la couplitude en occident ?

[Je suis aigri si je veux et je t'emmerde]

Moi, comme je suis un peu naïf et totalement intoxiqué à la série américaine, j’y ai longtemps cru mordicus. Avant de m’apercevoir que c’était comme de jouer à l’Euromillions : rien ne t’empêche d’essayer régulièrement.Mais mieux vaut garder à l’esprit qu’il y a peu de chances que ça fonctionne.

Et qu’en dernier recours, il est plus efficace de bien t’entendre avec toi-même, parce que ça t’aidera quand tu devras te partager avec quelqu’un.

Même si c’est un foutu long chemin à faire tout seul.

Episode 171 |Par Sam | le 26 mai 2008 @ 4:44 | dans Pensées parasites
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Célibattu

Snif. Snif. Tu sens pas ?

Tu sens pas que ça mouque un peu le rance, ici ? Le renfermé ? Le poussiéreux, le pas très propre ? Le vieux célibataire aigri à l’haleine bilieuse ?

Moi, si.

C’est pour ça que je nous évite à tous les deux de nouveaux soliloques sur le pauvre Sam qu’il a des malheurs, que les filles elles sont méchantes avec lui, que c’est pas facile, tout ça.

C’est pas l’envie qui m’en manque, tu noteras. Mais on va essayer de faire dans le constructif, pour changer.

Allez, je te sens déçu, alors je te résume vite fait : Sam en avoir marre faire victime. Alors Sam réfléchir dans sa tête. Et Sam se dire : faut arrêter de postuler que tu attends que la femme de ta vie te tombe dans les bras au coin de la rue pour t’extirper les doigts du fondement et faire quelque chose de ton existence, sinon on va jamais y arriver.

Réflexion profonde, s’il en est [abstiens-toi d'allusions rectales, je te prie].

["Allusions rectales", ça va encore me faire des requêtes google étrange, je sens].

Aussitôt concrétisée par un vieux ménage des familles. Ca renifle un peu moins le célibattu, du coup, dans mon F1. Et ça commence à cailler sec, à force de fenêtres ouvertes, aussi [fais-moi penser à dauber un peu sur ce putain de climat parisien et à ses amplitudes thermiques de 10°C en moins dans ta face, à l'occasion, veux-tu bien ?].

Une amie m’a écrit ça, tout à l’heure : “c’est fou parce qu’avec les claques que t’as pris, ca t’a pas calmé du romantisme”. [Je lui rappelle d'ailleurs qu'elle a aussi promis de me "filer des tuyaux pour décomplexer les relations", ce qui peut se ramener à "allons draguer dans les bars ce weekend", et que je suis pour]

Ouais.

C’est fou.

[J'adore quand je réussis à faire un tiers de didascalies dans une note]

Episode 6 |Par Sam | le 20 mai 2008 @ 21:25 | dans Pensées parasites
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