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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Vous avez une paille ? J’ai la poutre

Avoue que tu ne t’y attendais pas, hein ? Deux posts en deux jours, c’est un peu un truc de fou. Je m’épate moi-même. Mais il y a une raison à ça. Tu vas voir.]

poutres_anciennes_FDDes fois, enfin je sais pas pour toi, mais moi ça m’arrive, des fois c’est lundi matin, et je me réveille avant mon réveil. Même pas fatigué. Ou alors pas trop. Et de bonne humeur. En plus, dehors, il fait beau. Alors, je revêts mon beau peignoir en serviette éponge orange tout propre de la lessive d’hier, et je me sers un expresso dans la super machine à expresso de bourgeois que ma maman m’a offert à Noël (oui, je suis bonne à marier, je sais), et je le déguste tranquille, calé dans mon Solsta Olarp, en écoutant les infos d’une oreille distraite, mais attentive, parce que merde, être journaliste, c’est aussi rester un professionnel en toutes circonstances.

C’était lundi matin, lecteur, et j’avais le pêchon. Et presque le sourire.

C’est là où tu mesure l’infinie précarité de l’existence et la fragilité diaphane d’un état mental. Car tu te doutes bien que ça n’allait pas durer, tout ce bonheur Simple et Vrai comme une saucisse Herta grillée au feu de bois dans une clairière forestière à l’automne.

Ben non.

T’as jamais lu Homère ? Jamais pigé le coup du destin cruel qui s’acharne sur le héros qui n’a rien demandé, lui, juste de boire son café tranquille ?

Dring, fit le Palm Treo 650, de bourgeois aussi (la base du métier de journaliste, disait Hubert Beuve-Méry, c’est de savoir péter plus haut que son cul).

Le temps de jeter un oeil sur l’écran pour savoir qui c’était, j’ai fait un bond de facile 8 points sur l’échelle ouverte de la Loose.

Car, et tu l’as déjà deviné, je le vois à tes petits yeux qui brillent, c’était Elle.

L’Ex.

Je te passe la conversation, courte et relativement inepte. Elle veut des sous pour la caution de l’appartement qu’elle a avancée. Sous que je n’avais pas jusqu’ici. Mais je suis désormais riche  : je ne te l’avais pas conté, mais l’Etat français vient de me donner 1.500 euros de prime de mobilité (avec tes impôts à toi, je sais. C’est énervant, hein ?). Merci Thierry, merci Dominique. Je peux donc apurer ma dette, et tenter de passer à autre chose ce qui, tu le sais, n’a pas été très concluant jusqu’ici.

Pour tout te dire, je m’attendais à son coup de fil. J’avais opportunément glissé cette histoire de thune tombée du ciel à une amie commune, en sachant qu’elle lui transmettrait le message. Ca n’a pas loupé.

Mais je ne pensais pas que l’effet “grosse quiche dans ta tête” puisse être encore aussi viril au bout de tous ces mois.

Les dieux (et toi, puisque tu t’en doutais, malin comme tu es) savent que je me trompais.

Je n’ai jamais fait l’expérience, mais j’imagine que se prendre une poutre  sur le sommet du crâne doit avoir à peu près le même effet. Mais attention, hein : pas la poutrelle en pin genre maison Philippe Stark à ossature bois, non. Je parle de la poutre rustique de nos fermes, tu vois. En chataîgner massif, durci par les ans et les incendies.

Après, forcément, t’as les yeux qui piquent un peu.

Tel que tu me vois, j’ai été au taf à pied sans vraiment m’en rendre compte, de station vélib’ (mon ami) en station vélib’ (Delanoë en force). En regardant le ciel, qui restait insolemment bleu, ce connard. Et en adjurant mentalement mes facétieux anges gardiens d’arrêter les frais, sur le ton “les plus courtes sont les meilleures, les gars”.

Parce que six mois, c’est un peu long, même pour une running joke.

J’oubliais : B.O.

Episode 135 |Par Sam | le 7 jan 2008 @ 22:30 | dans Journal d'une rupture
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Encore une de tirée

16_les_trois_graces_moyen[D'année, hein. Ne va pas te faire d'idées. D'autant que comme indiqué précédemment, j'ai lâchement antidaté cette note d'une semaine, le tout uniquement par souci de réorganiser le monde, ce qui dénote, tu n'auras pas manqué de le remarquer, une prétention certaine.]

Comment ça va, toi, depuis le temps ? Content d’être en 2008 ? Tu me diras, c’est pas comme si on choisissait, non plus…

Je le vois à ton air surpris, ami lecteur, tu te demande ce que je viens faire au juste, à écrire une note, comme ça, après deux mois d’absence ? Sache que moi aussi. On va dire que même à Paris, on s’emmerde les jours fériés.

Tu as fait tes bonnes résolutions, au moins ? Moi oui. Je te les répéterai pas, évidemment. Mais sache que ça pète. Que ça va loin. Que c’est pas des bonnes résolutions qui s’accroupissent pour pisser, si tu vois ce que je veux dire. C’est du brutal, du puissant. Plutôt des résolutions d’homme, en fait.

Reste à les tenir. Reste à arrêter d’être en deuil amoureux, à la chasser de ta tête. Ce qui n’est pas gagné. Et qui me rappelle une chanson très con de Katie Melua, que j’ai vu en concert avec Elle, en Helvétie, à l’époque où… enfin, à l’époque, quoi (Oui, il m’arrive d’écouter Katie Melua. Je ne t’avais pas dit, ami lecteur, que dans ma tête j’étais une grosse midinette ?).

Bref, ça donne ça :


Piece by piece


is how I’ll let go of you


Kiss by kiss


Will leave my mind one at a time


One at a time



Et en fait, c’est carrément comme ça que ça se passe. Chaque objet de ce putain d’appartement, chaque coin de cette putain de ville, c’est un souvenir avec elle qui remonte à la surface et crève. J’ai l’impression d’être une tranche de citron dans un perrier.

Et en plus, j’ai rien attrapé du tout à ma soirée de réveillon. Il y eusse pourtant vaguement eu moyen, si j’avais fait montre d’un tant soit peu de volonté à la chose. Par exemple, en fin de soirée, vers 4h du mat, trois jeunes filles ont débarqué dans l’appartement où je réveillonnais. Passablement éméchées. Et visiblement très décidées à ne pas commencer l’année toutes seules dans leurs lits. Et ce malgré des physiques
relativement ingrats, bien qu’enveloppés (saucissonnés serait
visuellement plus fidèle) dans des robes noires bien trop petites.

On leur avait trouvé un surnom, d’ailleurs : les trois grasses. Et quand je dis “décidées”, la gent masculine de la soirée en venait à aller aux toilettes par groupe de deux.

Et que crois-tu que j’ai fait, ami lecteur ? Tu pense que, comme mon ami Jean-Marc, j’ai fermé les yeux avant de plonger dans ce qui, faute de mieux depuis bientôt six mois, restait tout de même une occasion de pratiquer le sexe ?

Je ne t’en veux pas, tu ne me connais pas encore très bien.

Bonne année à toi, au fait.

Episode 137 |Par Sam | le 1 jan 2008 @ 21:21 | dans Journal d'une rupture
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Mojo

B.O.

Et ce blog continue sa petite vie un peu poussive, au rythme sénatorial d’un post et demi par mois. C’est mal, je sais.  Même si personne ne vient lire ces trucs un peu pitoyables.

[D'ailleurs, parmi la cinquantaine d'égarés qui sont tout de même arrivés ici, certains (qu'ils se dénoncent) ont bêtement cherché sur Google, qui est votre ami ne l'oubliez jamais, "thesamproject". Et, Dieu est farceur, il y a quelques homonymes, parmi lesquels celui-ci  http://www.thesamproject.org/, une entreprise qui propose "a free tool aimed at helping small and medium sized organisations record and manage their sickness absence" ("un outil gratuit visant à aider les petites et moyennes entreprises à enregistrer et gérer leurs congés maladie"). Je vais m'inscrire...]

Mais je vais me rattraper, du moins essayer. Avec une note, exécutée (c’est le cas de le dire) en direct, ce soir, sous vos yeux ébahis. Et un peu rouges, aussi, faudrait arrêter de passer vos(votre) vie(s) devant un écran.

Vous êtes prêts ? Attention, c’est parti.

Déjà, il faut se méfier des idées reçues. Il ne faut pas croire que, sous prétexte que je ne blogue pas, je n’écris pas pour autant le soir en rentrant du travail qui rend libre. D’une part, écrire est une forme de besoin compulsif chez moi. Et en plus, je n’ai un peu que ça à foutre, mais c’est un autre sujet.

J’écris, donc. Des trucs qui se veulent pertinents, et déboucheront peut-être un jour sur un truc en papier avec des pages qui se tournent. Un jour, j’espère, car ce n’est pas gagné. En effet, j’ai légèrement tendance à écrire de la daube. J’ai à peu près les idées (quant à savoir si elles sont bonnnes, c’est une autre histoire), mais lorsqu’il s’agit de les coucher sur le papier [de les faire apparaître sur l'écran, plutôt], elles se transforment inmanquablement en kilooctets de guano pur.

Bref, j’ai perdu mon mojo style. Celui qui faisait mon charme, du temps d’avant où c’était le temps où je bloguais plus souvent. Il faut dire que maintenant, j’écris toute la journée, aussi. On me paye pour, même.

Mais pas encore pour déblatérer en free-lance. Ca viendra, j’espère, mais pour l’instant, il s’agit d’écrire des choses qui ont un sens, et de les écrire de façon claire, courte, synthétique et avec un titre, un chapô, une accroche et une chute (de préférence sexy, coco, parce que là c’est de la merde ton papier). C’est pas que j’aime pas ça, le nalisme. Au contraire, même : j’adore. J’ai l’illusion d’agir sur le monde, je me pose de grandes questions, c’est de la balle. En plus, j’ai une belle carte de presse qui fait classe dans son portefeuille quand on rend la monnaie à la caissière. Et le numéro de portable de François Bayrou, aussi.

Mais ce n’est pas la plénitude des bonzes thibétains non plus. Lorsque d’aventure je ne trouve rien de mieux à faire que rentrer chez moi après une journée de dur labeur devant un écran à travailler plus pour gagner autant (mais coco, tu sais, la presse est en crise, on en appelle à ta bonne volonté, on fait un métier passion), et que je me recolle devant mon ordinateur, pour changer, y a plus grand chose qui sort de ma tête pour passer dans mes petits doigts qui vont finir arthritiques à force de latter des touches toute la journée.

Tout ce que j’arrive à sortir, c’est de la phrase convenue, de l’adjectif tout venant, de la métaphore appelée avec justesse “journalistique”, c’est à dire vue, revue et corrigée cent fois. Bref, un phrasé tiède et douillet comme une bouillotte et un châle sur les genoux, parfait pour ne pas choquer son cadre moyen qui s’accorde une pause-presse au boulot, mais manquant autant d’intérêt qu’un week-end de février dans la Creuse (cherchez pas pourquoi la Creuse, c’est comme ça).

Où est passé le flow lyrique et embrouillé qui faisait mes soirées de con d’emploi jeune, à raconter une vie qui se trouvait nécessairement ailleurs ? Où sont les métaphores filées, les alitérations interminables et littéraires et autres anacoluthes approximatives ?

Dans ton cul, me répond mon moi intérieur, qui a toujours le mot pour rire. Toi, va mourir en enfer, lui rétorque-je. On va pas se laisser bouffer par son moi intérieur, non plus, sinon où va-t-on ?

Remarque, il a pas tout à fait tort, ce con (si, si, je le connais bien, c’est un con). Enfin, pas sur mon cul, mais sur le où va-t-on ? C’est un peu la mère de toutes les questions, en ce moment.

Où va thesamproject ? J’avais choisi ce pseudo (certes pitoyables, je l’admets, mais j’étais jeune) entre autres pour le côté “project”, l’aspect évolutif du truc, tu vois ? Non ? C’est pas grave, je me comprends.

En gros, j’étais alors un processus dynamique, lancé dans la vie avec un certain angle, une force de pénétration (ouais, ça va, hein…) fonction de sa vitesse initiale et des (nombreuses) résistances rencontrées, qui allait déterminer l’endroit où il atterriait. Un genre work in progress, quoi.

Et puis là, ben le project, il va sur ses 28 ans et il a pris un vieux coup de planche en plein dans la bouille.

Tout allait plutôt bien, pourtant :  J’avais la Fille, le Job, la Ville. J’étais prêt à rejouer Scarface : “the world is yours”. Tony Montana version dauphino-ardéchois monté en graine et à la capitale. Avec une fin heureuse en prime.

Raté : à la place, j’ai refait High Fidelity sans Jack Black et avec une salle de rédaction à la place du magasin de disque. Et je lutte pour ne pas tomber dans Clerks.

La Fille s’est cassée, mais il reste le Job et la Ville, me direz-vous. Vous n’avez pas votre pareil pour casser l’ambiance, vous répondrais-je, avant de convenir : Certes.

Certes. Mais sans la fille, à quoi bon le reste ?

C’est con, un Job, du moins planté là, tout seul au milieu de rien. On a beau avoir la chance de faire un métier qu’on aime (un métier passion, coco), ça ne règle pas le problème de la vie.

On a beau réussir à s’occuper une bonne dizaine d’heures par jour, il en reste au moins six où cette chieuse de vie te retombe sur la gueule comme un parpaing de 20, où ton appartement est toujours vide (et dans un bordel innomable, mais ça, ça peut s’arranger), ton lit aussi, et où tu tournes en rond dedans en te demandant ce qui te manque.

C’est con, une ville. Surtout Paris, surtout en novembre. C’est trop grand, il fait moche et froid, le parc de Vélib’ se dégrade lentement (sans rire, ce matin j’ai vu une série de vélos auxquels on avait piqué la chaîne) au rythme des feuilles qui tombent, mortes, comme ça, sans prévenir, les gens font la gueule encore plus que d’habitude (on appelle ça le speen automnal). On se sent vite seul, à Paris. Même avec des amis, même avec des soirées, même avec Internet comme placebo.

Alors on essaye d’écrire des trucs intéressants, histoire de se prouver à soi-même qu’on vaut encore quelque chose, qu’on peut aller au bout de ses rêves, tout au bout de ses rêves, où la raison s’achève (en plus, j’aime même pas Goldman). Mais ça ne donne rien.

Reste à faire ce qu’on fait le mieux : parler de soi. S’écrire pour mieux se fuir.

Et y a pas de doute, ça fait du bien.

Episode 143 |Par Sam | le 5 nov 2007 @ 22:25 | dans Journal d'une rupture
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Déliquescence

Le poster au-dessus du lit vient encore
de se casser la gueule. On l’avait acheté ensemble, il va
finir à la poubelle. Comme nous.

L’appart est crade. Au début,
c’était drôle. Là, ça devient un peu trop,
même pour moi. Tu auras au moins réussi ça :
abaisser drastiquement mon seuil de tolérance au bordel. Vive
la Suisse.

J’ai le bide en vrac. Trop de bières,
trop de junk food, trop de café, trop de clopes. Ca, au moins,
ça n’aura pas changé des masses.

J’ai le mode d’emploi de ma sortie de
crise, un peu plus détaillé chaque jour. Coiffeur,
jogging, voyages. Changement de déco. De boulot. Grands
projets. Peine perdue. Trop tôt.

Je suis en vacances vendredi prochain.
On devait partir tous les deux. Je resterai, tout seul. J’irai zoner
à droite et à gauche en France, voir la famille, des
potes lointains. Laisser passer encore du temps, en espérant
que l’intensité de la douleur diminue assez pour me permettre
enfin de passer à autre chose.

J’ai encore décommandé
une soirée chez des potes. Pas le courage de faire semblant de
ne pas être mal. Afficher une tête normale au boulot me
prend déjà trop d’énergie. J’ai promis de me
rattraper ce week-end. On verra.

Je flotte. Je hante. J’existe à
peine. Je fonctionne par automatismes. J’essaye de me rappeler
comment c’était avant toi, mais ça me paraît si
loin, si différent… Et puis ma vie avant toi, je n’en étais
pas forcément super fan.

Je me demande s’il y en aura une autre.
Je suppose que oui. Je l’espère. Mais pour l’instant, je
n’arrive absolument pas à l’imaginer.

Episode 148 |Par Sam | le 24 août 2007 @ 0:06 | dans Journal d'une rupture
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Penser à autre chose

C’est ta préoccupation
constante, ton idéal, ton graal. Tu en attrapes des maux de
tête, à force de penser à autre chose. A tout
plutôt qu’à elle, à tout plutôt qu’à
vous, ce vous qui n’est plus.

Le matin est violent. Tu te réveilles,
et tu as à moitié oubliée. Tu émerges, et
ça te revient peu à peu. L’absence. Le vide. Et
l’appartement est le même, le lit n’a pas bougé, il y a
des affaires à elle un peu partout. Piqûre de rappel
constante.

La journée est variable. Aux
moments d’oubli bienheureux, absorbé dans ton travail,
succèdent les réminiscences, les références,
tout ce qui peut remonter à la surface. Et les bourdes de tes
chers collègues de travail, plus rares maintenant.

La soirée est glauque. Tu
l’occupes en te débrouillant pour ne jamais, jamais, te
retrouver à ne rien faire. Sinon les souvenirs tapis en
embuscade te sautent dessus, et c’est parti pour une heure à
tourner dans ton lit en faisant et en refaisant le scénario de
la rupture, et cherchant cette fameuse option unique, cet
enchaînement miraculeux qui eût fait qu’elle soit restée.
Jeu de con. Tu perds à tout les coups.

Tu as développé tes
recettes antidouleur, tes anesthésiques. Tu t’occupes, tu
écris. Tu bois trop, aussi, évidemment, mais ça
c’est un peu la recette familiale en cas de crise. Tu scotche des
heures et des heures devant des films, des mangas, tout ce qui te
tombe sous la main.

Tu vas désormais au boulot en
vélib, comme un bon bobo. Moins par goût du sport que
parce que ça te vide un peu la tête.

Mais toute cette concentration, tous
ces palliatifs n’y font pas grand’chose.

Reste à espérer que
l’écriture soit plus efficace.

Episode 149 |Par Sam | le 23 août 2007 @ 23:37 | dans Journal d'une rupture
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Echanges

Bon. En fait, écrire glauque, ça
va un moment, je pourrais même dire que ça soulage pas
mal. Mais ça fait pas tout non plus. Au naturel, c’est à
dire quand je ne viens pas de me faire larguer comme une merde, je
suis plutôt quelqu’un de joyeux. Voire drôle, des fois.

Ceci dit, je ne fourmille pas
d’anecdotes tordantes, ces derniers temps. Ou alors si, mais il faut aimer l’humour noir. En même
temps, l’objectif de ce blog étant d’être un dépotoir
à trop pleins de sentiments, pourquoi se priver.

J’ai eu de ses nouvelles aujourd’hui. Elle m’a appelé, alors que j’étais au boulot. Pour des questions d’appartement, de bail, etc. Pour me demander comment j’allais, aussi. Mal, ais-je répondu. Ce qui est l’exacte vérité. Et elle de rétorquer : “je suis désolée de te faire souffir, je ne te méritais vraiment pas”.

Ah bon ? Ben pourquoi tu pars, alors ? Moi, ça m’allait pas mal, pourtant.

A suivi un échange de textos de toute beauté :

- Elle : “Pardonne moi de te faire souffrir, je ne le souhaitais pas… jamais”.
- Moi : “Que veux tu que je te réponde ? Je pensais vraiment avoir trouvé l’amour de ma vie, et as dégommé trois ans d’un claquement de doigts, sans même hésiter. Tu as pensé à toi, c’est tout. Et moi j’ai jamais eu aussi mal de ma vie, ce dont tu devais bien te douter un peu”.
- Elle: “Tu as raison, il n’y a rien à répondre. Excuse moi de t’écrire de telles choses”.

OK. Voilà fait avancer le débat.

Elle vient chercher ses affaires jeudi. Probablement avec son vieux con qui doit fournir la voiture. J’en sais rien, et je m’en fous un peu. Je ne serais pas là, pas la force de supporter encore ça. Le décor qui fout le camp, notre appart qui devient le mien, juste le mien.

Episode 150 |Par Sam | le 23 août 2007 @ 20:06 | dans Journal d'une rupture
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Tentative de définition du vide

Avoir enfin un blog pour m’y épancher m’ouvre trop de perspectives à la fois. J’ai tellement de choses à vomir que je m’y perds.

Le vide, par exemple. Ce vieux compagnon, que je croyais avoir perdu, et que je retrouve en plein milieu de mon ventre, déjà solidement installé. Ce vide permanent, cette sensation de manque, qui te fait tourner en rond en te demandant ce qui ne va pas, avant de te rappeler. Le réveil, entre autres, est traître. Durant quelques secondes, tu crois que tout est normal. Puis le vide arrive, et avec lui cette douleur en forme de prise de conscience : elle t’a quitté.

S’endormir est dur aussi. Les yeux fermés, tu passes et tu repasses les évènements, et essayant de retrouver l’instant décisif, celui où elle a basculé. Celui où tu l’as perdue. Et tu regrettes, putain, qu’est-ce que tu peux regretter. Cette fois, chez tes parents, où tu aurais pu l’emmener dans les champs voir les étoiles et lui faire une déclaration passionnée. Ces week-ends où tu faisais la bouse, à ne pas vouloir te bouger, alors qu’elle tournait en rond. Ces fois où elle était loin, là-bas, dans son pays, et où tu n’as pas été la voir quand tu le pouvais, par flemme, par besoin de solitude, parce que ça t’arrangeait.

Et tu aditionne tes erreurs. Et tu lui en veux, aussi. De ne pas t’avoir averti, ou pas assez. D’avoir trahi ta confiance, en allant boire un verre avec Mr Connard, 45 piges aux fraises. De s’être laissé retourner le cerveau par un businessman en pleine crise de la quarantaine. Et surtout, surtout, tu lui en veux d’être si perfectionniste que ça en devient ridicule. Tu lui en veux de jouer les Antigone, à estimer que ce moment de doute un soir d’été est suffisant pour lâcher tout ce que vous avez essayé de construire ensemble durant trois ans.

Tu lui en veux de choisir une nouvelle aventure plutôt que vos trois ans d’histoire. Tu lui en veux parce que tu sais qu’elle va se planter. Parce que tu le sens. Parce que tu la connais par coeur. Et que tu ne peux pas l’empêcher de faire cette erreur, dont elle est consciente, mais dans laquelle elle a besoin de se vautrer.

Généralement c’est à ce moment-là, du fond de ce lit qui fut le votre, dans le noir, que tu réalise, une fois de plus, que tu l’aime encore. Et que si elle sonnait à ta porte en te disant qu’elle a fait une connerie et qu’elle t’aime toujours, tu craquerais. Sans hésiter une seconde.

Et là, vient le coup de batte : tu la connais assez pour savoir qu’elle ne reviendra plus.

Après, fatalement, tu dors mal.

Episode 151 |Par Sam | le 22 août 2007 @ 2:39 | dans Journal d'une rupture
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Carnet de bord, J+17

Voilà maintenant 17  jours qu’elle est partie. Et j’ai
l’impression de ne le réaliser que maintenant. De là où
je suis, je peux apercevoir du coin de l’oeil son placard à
moitié vide. Elle est passée dans la journée
prendre quelques affaires. Il en reste plein. Il reste cet appart
qu’on a choisi ensemble, qui reste plein de nous. J’aurais peut-être
dû déménager. Mais je vis à Paris. Et me
retrouver dans un studio minable, que je vais payer quelques dizaines
d’euros de moins qu’ici, me déprimerait d’autant plus.

Je reste, donc. Pour ce que j’y fais. J’y dors, surtout. J’y
mange, un peu. J’y bois, trop de bières, mais entre quelques
canettes qui au moins rendent créatif et un antidépresseur
qui abrutit, j’ai fait mon choix depuis longtemps. J’y joue à
des jeux vidéo qui vident la tête mais me gonflent vite.
J’y regarde tout ce qui passe et qui peut m’envoyer ailleurs quelques
instants. La semaine dernière, je me suis avalé une
soixantaine d’épisodes de OnePiece, l’anime tirée du manga d’Eichiro Oda. Cette semaine, je me fais un trip Kaamelott.

Je prends aussi un malin plaisir à fumer dans la chambre,
ce qu’elle n’aimait pas, et à ne pas faire le ménage ou
la vaisselle, ce qu’elle ne supportait pas non plus. On a les
compensations qu’on peut.

La journée, je travaille. Avec des horaires mouvants. Cette
semaine, c’est 14h-22h. Et finalement, notre Überpresident Sarko
a raison au moins sur ce point (enfin surtout Henri Guaino, qui lui a
écrit ses discours de campagne) : le travail structure.

Disons que quand ta vie privée ressemble à du
Dostoïevski sous valium, ton boulot te permet au moins de penser
à autre chose durant un tiers de la journée, ce qui est
déjà ça. Ma dernière rupture, je l’ai
vécu au chômage. Avec rien d’autre à penser que
cette fille qui était partie (oui, je suis un récidiviste.
Et oui, la répétition du phénomène m’ a
déjà posé question, merci).

Mais la dernière en date, je n’avais pas habité un
an avec. Et notre histoire n’avait pas duré trois ans, non
plus.

Pour être absolument honnête, c’est la première
fois que j’expérimente une telle douleur. Une telle absence,
un tel manque. C’est… Disons, surprenant d’intensité.

Episode 152 |Par Sam | le 22 août 2007 @ 1:47 | dans Journal d'une rupture
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Début

Bon, ben voilà. Ce blog ressemble à quelque chose, on va pouvoir commencer.

Je m’appelle Sam. J’ai 27 ans. Je vis à Paris, j’ai un boulot relativement passionnant. Qui consiste principalement à écrire des trucs sur Internet. Ce qui tombe bien, j’aime bien écrire. Durant des années, ça m’a même maintenu en vie.

J’ai eu un blog, jadis. Arrêté, faute de temps, et d’inspiration. J’avais trouvé ce qu’il me fallait, atteint le stade ou l’écriture n’était plus une nécessité. Bref, j’étais tombé amoureux.

C’était il y a trois ans. Bloguer m’avait aidé à la rencontrer, aidé à changer de branche, de ville, de statut. De vie.

Et j’étais heureux.

Mais voilà. En plein milieu de cet été pourri, j’ai pu vérifier l’adage qui veut que l’amour dure, justement, trois ans.

Elle est partie. Pour un vieux beau de 45 piges, plus riche que moi, et en plein dans des questionnements qui, justement, la passionnent.

Comme ça, un peu par lassitude, un peu par fuite. Un peu à cause de moi, surement. Bref, toujours est-il que je me retrouve là, dans ce qui fut notre appart, avec encore la moitié de ses affaires, et un trou béant à la place du coeur.

Et une douleur d’une intensité que je n’imaginais pas.

Du coup, après quinze jours de déprime et l’expérimentation de diverses formes de déchéance, je fais ce que j’ai toujours fait quand j’étais mal. Je l’écris.

Parce qu’il n’y a que ça qui me soulage. Parce que c’est plus constructif que d’enchaîner cuite sur cuite. Et parce que je compte bien survivre à cette petite mort.

Et tant qu’à écrire, autant être lu. D’où ce blog. Qui évoluera, je l’espère, vers d’autres sujets, et vers quelque chose de plus joyeux. Mais qui, pour l’instant, est essentiellement le journal d’une rupture.

Episode 153 |Par Sam | le 22 août 2007 @ 1:33 | dans Journal d'une rupture
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Drop zone, J+7

[Edit janvier 2008 : j'ai exhumé ces (celui-ci et les trois précédents) posts écrits à l'époque sur un projet de blog mort-né. Plus pour l'histoire que pour leur exceptionnelle qualité. Mais comme ça, vous avez le début. ]

Jamais faire de promesses de posts lorsqu’on est en train de se faire larguer.

Nous voici donc à J+7. Et c’est mort et bien mort. Ni les larmes, ni les tentatives de raisonnement n’y auront fait grand chose… Elle part. Pour un autre, par divergences de valeurs spirituelles, pour nulle part, par fuite, aussi un peu.

Le résultat est le même, au final.

Trois ans effacés d’un magistral coup de panique, au coeur d’un été pourri. Et moi qui n’avais rien vu venir. Ni personne, d’ailleurs, pour ce que j’en sais. Elle, si, paraît-il.

Et me voilà dans ce qui fut notre appart, avec encore toutes ses affaires et un trou béant à la place du coeur. Une rupture, ça fait toujours mal. Surtout lorsqu’on est le largué de l’affaire, ce qui est en général mon cas.

Mais se faire larguer à sa propre surprise et celle de tout son entourage, après trois ans, dont un à habiter ensemble, ce qui semblait plutôt bien se passer compte tenu d’impondérables professionnels plutôt lourds d’un côté comme de l’autre, j’avais jamais testé.

Et je le conseille à personne.

Comment s’appelle ce film avec Jack Black et John Cusack, déjà ? High Fidelity. Il faudrait que je le revoie, il me semble que c’est un peu la même histoire.

Sauf que je ne tiens pas de magasin de musique.

Ce qui me fais penser que je n’ai pas fait de page de présentation, et accessoirement  que ce layout est à chier.

Et qu’une bonne session bidouille me fera plus de bien qu’un post de lamento.

Donc c’est parti.

Episode 154 |Par Sam | le 9 août 2007 @ 9:08 | dans Journal d'une rupture
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