Toros (j’ai testé pour vous : la corrida)
L’avantage de cette absence, c’est que j’ai pas mal de trucs à te raconter. Dont mon weekend dans le Sudeu-congue. Où l’on m’a amené voir une corrida, ce que je n’avais jamais fait.
Je te raconterai, ou pas.
Vu ma fréquence du moment, on va partir du principe que pas. Alors, en résumé :c’est plutôt beau, impressionnant, voire fascinant, mais au bout de trois taureaux butés dans l’arène, qui agonisent d’hémorragie interne avec une épée plantée jusqu’à la garde dans l’encolure, s’écroulent avec un dernier spasme des pattes, tu es un peu barbouillé.
Et quand tu arrives au sixième, dont un pauvre gros machin qui s’est traîné pendant cinq bonnes minutes le long de la lice, acharné à ne pas crever malgré le sang qui pissait à gros bouillons de ses plaies, avant de finir par s’écrouler de l’avant pour mourir tout de même, le train arrière encore debout, sous les vivats de la foule, t’as beau savoir qu’ils applaudissaient sa bravoure, t’as quand même carrément la nausée.
Episode 242 |Par Sam | le 24 sept 2008 @ 17:12 | dans J'ai testé pour vous, Photos, Quotidiennes
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Adversité : 1 - Sam : 0 (j’ai testé pour vous : appeler un serrurier)
Ou “la vie est une pute syphilitique, parfois”. Ou encore “la prochaine fois, avant de te faire larguer, pense à récupérer le double des clés”]
De retour après une semaine d’absence pas forcément involontaire, j’avais prévu de te raconter mon super weekend à la plage. Comment ça m’avait fait du bien, revoir l’océan, comment j’avais relativisé sur le sable certains mystères amoureux, comment je m’étais régalé de fruits de mer en fumant des havanes, ce genre de choses.
J’avais même toute une série de photos à te montrer. Et une éventuelle seconde note dans le registre sentiments.
Tout un programme. Que je peaufinais en rentrant du taf, tard, après un reportage sympathique, certes, mais qui m’avait fait sauter le dîner.
Quand soudain,
sortant du Kebab avec un vieux sandwich,
je me mis à chercher mes clés, machinalement.
Sans les trouver.
[Aparté. Je ne paume jamais mes clés, d'habitude. Jamais]
Au bout de trois retournages de poches et de sac frénétiques, de deux coups de fil à la rédac pour vérifier que je ne les avais pas laissé là-bas, je me suis rendu à l’évidence : faut jamais dire jamais. Et j’avais bel et bien paumé mes clés.
Du début de l’engrenage
Restait le plan B. Pas hyper glorieux : une fille possède un double de ces clés, que je lui avais filé du temps, au printemps, où elle venait squatter chez moi pendant la journée, à regarder Jack Bauer sauver le monde. On a jamais trouvé le temps depuis de se rendre les affaires laissées chez l’un ou chez l’autre.
Me voilà donc à rechercher son nom dans les tréfonds du répertoire de mon téléphone, en me sentant un peu merdeux. Et à appuyer sur le bouton vert.
Deux sonneries, puis répondeur.
En même temps, le coup du “j’ai perdu mes clefs”, ça doit figurer au top 10 des excuses de la loose pour revoir ses ex. Ce qui n’était, en l’occurence, pas mon but. Là, je voulais juste rentrer chez moi bouffer ce putain de kebab, écrire cette putain de note et me coucher.
Le coup des deux sonneries m’avait un peu laissé perplexe. Au bout d’une demi-heure sans réponse à mon message, je tente donc le texto, en précisant bien que non, ce n’est pas un plan tordu.
Pas mieux.
Avec le recul de la sagesse et de l’énorme coup de batte que je viens de prendre sur le melon, je me dis qu’elle avait sûrement de bonnes raisons. Mais sur le moment, j’admets l’avoir pourri.
Parce que sur le coup de 11h45, plus tellement le choix : j’étais bon pour le serrurier.
Et pour deux heures de cauchemar.
De l’art de la serrurerie
Ils ont mis une demi-heure à arriver. Deux jeunes mecs tout gentils, l’un, électricien, qui accompagnait son jeune frère Karim, artisan en serrurie qui avait tout appris de leur père, mais s’était vu privé de permis suite à un retour de boîte un peu trop éméché.
Il était à peu près minuit et quart. Pendant que Karim allait chercher une lampe frontale, le frangin a examiné la porte, et m’a dit : “je suis curieux de voir comment il va s’en sortir, parce que votre porte, là, à mon avis ça va être un défi”.
Tu m’étonnes.
Deux heures, ça lui a pris.
Deux saloperies d’heures à ravager ma serrure dans tous les sens à la perceuse, à éclater mèche sur mèche, à enfoncer des ciseaux à bois dans le chambranle à grands coups de marteau, à coller des lattons dans la lourde pour glisser une feuille plastique entre pêne et mur.
Deux heures. De minuit et quart à deux heures et quart du matin.
Je t’explique pas la gueule qu’ont dû faire les voisins. Heureusement que j’habite chez les pauvres.
Sur la fin, le bobo d’en face a pointé la tête, tout de même. En peignoir de soie noire et crâne rasé de frais. Pour me demander d’un air tout gentil ce qui se passait. J’aime les bobos.
Moi, je faisais des aller-retours dans le couloir, en me bouffant les ongles, à relancer la minuterie toutes les trois minutes en scrutant l’escalier pour guetter l’arrivée des flics.
Parce que j’aurais été peinard dans mon lit et le voisin aurait foutu un bordel pareil pendant aussi longtemps, je suis sûr que j’aurai sérieusement songé à les appeler.
Au début, c’était presque le sketch. Je me disais “bon, ben ça, c’est fait, j’aurais appelé un serrurier une fois dans ma vie”. Au bout d’une heure, je riais déjà bien jaune, tout de même. Et au bout d’une heure trente, j’en étais à me dire qu’il allait pas y arriver et que de toute façon j’allais lui dire d’arrêter parce que ça devenait ridicule de foutre un bordel pareil.
Il a fini ouvrir la porte, le Karim. Bien en sueur, quand même, mais fier de son exploit. De ce que j’ai compris, la vieille serrure posée par le locataire précédent était un modèle fabriqué en Hongrie soviétique pour équiper les entrepôts de plutonium militaire de l’Armée rouge. Un truc comme ça.
Du matérialisme pratique
J’étais tellement soulagé qu’ils aient arrêté de faire trembler les cinq étages de l’immeuble que lorsqu’il a commencé à faire son devis, j’ai pas tiqué sur les premiers 114 euros de perçage de lourde. On m’avait déjà parlé des serruriers, je savais que j’allais raquer cher. Là, il s’était visiblement bien pris la tête, c’était pas de l’arnaque. Limite je lui filais un pouboire.
Après, il a ajouté le prix de la serrure, qu’il vient changer demain matin. Au début, j’ai cru qu’il y avait une virgule que j’avais pas vu.
En sigant le chèque, j’avais l’impression de payer mon loyer de m’être reçu une bûche sur le sommet du crâne. Une très grosse bûche. Et limite envie de rire, tellement c’était absurde de cramer autant de thunes pour une putain de clé de 5 cm de long tombée d’une poche de sac mal refermée.
Là, rétrospectivement, je me dis que j’aurai mieux fait d’aller squatter chez un pote ou même de prendre une piaule à l’hôtel en attendant que la maîtresse de la clé réponde. Ou en espérant retrouver ces clés au boulot demain. Ou en refaisant tout le trajet avec un détecteur de métaux.
[Rétro-rétrospectivement, je pense que si je retrouve ces clés au boulot demain, je vais pleurer pendant quelques semaines]
Il me reste l’espoir que la Matmut, elle assure vraiment. Et qu’elle va rembourser un poil.
Parce que sinon, adieu projets de weekend à Rome et autres achats geeks inutiles.
[Si tu pouvais éviter de te foutre de ma gueule en commentaires, voire me dire que ça arrive à tout le monde, je préférerais. Merci. EDIT : ouais, bon. Vous pouvez aussi vous payer ma tronche, après tout c'est mérité.]
Episode 232 |Par Sam | le 4 sept 2008 @ 3:31 | dans J'ai testé pour vous
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Voir Grenoble et mourir
Je l’appréhendais un peu, ce séjour. Même s’il était calé depuis un moment.
J’avais fait l’autruche, le vieux baroudeur blasé. Alors que je savais que ce serait pas si simple.
Il y a des villes qui te parlent, des villes qui t’interpellent, des villes avec une énergie, une atmosphère particulière.
Il y a des villes que tu détestes presque physiquement, qui ne te filent qu’une seule envie, celle d’en partir le plus rapidement possible.
Et puis il y a des villes qui sont à toi, pour toi. Des villes où tu es chez toi.
Moi, c’est Grenoble.
Depuis tout petit, alors que je n’y habitais pas encore. Et toujours maintenant. Faut dire que j’y ai passé quelque chose comme sept années, essentiellement estudiantines. Et que j’y ai donc vécu tout un tas de premières fois, d’expériences, de triomphes, de revers, de rencontres, de découvertes, de magie, tout ça. Avec des montagnes en décor.
C’est pas pour rien que j’y étais pas retourné depuis que je l’ai quitté il y a deux ans pour les joies de la capitale. Dans le TGV, j’avais des remords, de l’appréhension qui montaient. Comme si je partais revoir une vieille ex.
A peine sorti de la gare, dimanche soir, ça n’a pas loupé : j’ai eu l’impression de rentrer chez moi. En marchant vers le centre-ville, c’était tout juste si je cherchais pas la clé de mon dernier appartement de l’époque.
J’ai quand même fini par lever la tête vers les ombres des montagnes,qu’on devinait partout autour, silencieuses et monumentales. Et, comme un boomerang en fonte massive qui arriverait avec deux ans de vélocité, tout un passif m’est revenu dans la tronche.
Arrivé sur le cours Jean Jaurès, l’émotion devenait presque palpable. Au moins autant que la chaleur moite qui envahit cette putain de cuvette chaque été.
Il n’y aurait pas eu cette voiture pleine de supporters espagnols en pleine célébration de victoire qui a manqué de m’écraser, je suis certain que j’en aurais eu les yeux qui piquaient. Chaque rue, chaque carrefour, chaque bout de trottoir, c’était un souvenir qui me sautait à la gueule comme un diablotin à ressort.
Heureusement, j’ai retrouvé les vieux potes. Les derniers Mohicans de nos années estudiantines à n’être pas encore partis pour d’autres cieux [Pour quelques mois, puisque tous deux se sont débrouillés pour devenir fonctionnaires en même temps et vont s'en aller vers leurs affectations respectives glander avec nos impôts, je ne vous félicite pas, messieurs].
Là non plus, ça n’a pas loupé : cinq minutes et une bière ont suffi pour qu’on se remette à causer comme si on c’était vus la veille. Ce qu’on a fait, jusqu’à point d’heure, dans un coin un peu magique où j’allais parfois, au bord de l’Isère. [Qui, ce soir-là, était saupoudrée de brume, regarde donc en haut à gauche du post la jolie photo que j'ai fait].
On a refait le monde au houblon, cette nuit et les trois qui ont suivi. Et pendant qu’on discutait, moi je me collais de la montagne et du paysage urbain en forme de madeleine plein les mirettes Autant te dire que j’ai pas dormi des masses.
Pour ajouter au côté Fréquenstar de la chose, je me suis également retrouve dans mon ancienne école de journalimsme, mais cette fois en position de héros glorieux, revenu de la capitale auréolé d’une carte de presse et d’un poste plutôt classe. Inversion des rôles, limite conte initiatique.
C’est peut-être là que ça c’est joué. Que la parenthèse s’est refermée. Que j’ai dit au revoir à Grenoble, aux montagnes et à ces années, et rebonjour à Paris, à mon job, à ma vie. Ma vie ici. Ma vie maintenant.
Une bien belle vie, tout bien considéré.Presque celle à laquelle je rêvais alors, au pied des montagnes. Il a fallu que j’y retourne pour m’en rendre compte.
Hier, je suis remonté dans le TGV pour repartir vers Paris [où il flottait, évidemment, et où il faisait facile 15°C de moins], sans regrets. Ni tristesse, ni nostalgie.
Deux ans après, j’avais dit au revoir.
Il était temps.
Episode 206 |Par Sam | le 4 juil 2008 @ 1:46 | dans J'ai testé pour vous, Journal d'une rupture, Photos, Quotidiennes, Transports amoureux
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J’ai testé pour vous : être bien
Coup de chaud dans la poitrine. Sourire qui vient tout seul. Envies, envies, envies.
Amours copains. Nuits sans lendemains, flirts virtuels, jeux de séduction partagés et autres moments volés au temps.
Rencontres d’autant plus belles, discussions d’autant plus sincères qu’elles sont sans enjeux. Sentiments qui filent enfin vers le haut sans se brûler les ailes au soleil d’une perfection inatteignable.
Plaisir, plaisirs, moments de bonheur sans conséquences, sans bilan, sans enjeux autre que ceux de l’instant et de son partage. Lendemains furtifs et fatigués, mais heureux, une fois passée cette vague rémanence de regret de pas plus, vite balayée par le putain de tourbillon de la vie.
A déterrer de vieux projets des cartons et à les pousser au cul, juste parce que j’en ai envie et plus pour qu’ils me sauvent la vie. Et à voir qu’ils sont bons, vraiment bons, et qu’ils n’attendent que d’aboutir. Et à avoir envie de faire en sorte qu’ils aboutissent, cette fois.
A passer de très bons moments avec tous ces gens que j’aime et à qui je le dis pas assez. A apprécier de les voir, de les écouter, de prendre du temps avec eux plutôt que de le cramer en riens misanthropes et plus ou moins autodestructeurs.
A tenter d’être un peu bon dans mon métier, parce que je peux l’être, quand je veux. A m’entendre dire que je le suis, ce qui fait toujours plaisir, surtout quand comme moi tu souffres à fond du syndrome de l’imposteur - j’ai rien à faire là et quelqu’un va finir par s’en apercevoir. A avoir envie d’en faire encore plus, du coup.
A courir beaucoup, à faire beaucoup et à découvrir que c’est bon aussi.
A être bien, bien et encore bien d’être enfin égocentrique. A me dire que même bancal, on est entier.
Et surtout, surtout, à m’amuser. Et à apprendre avec surprise que je suis doué pour.
Depuis que je me suis foutu en quarantaine volontaire de transports amoureux, je profite à fond du reste. De tout ce reste que je ne voyais plus, aveuglé par la queste éternelle de la complétude romantique.
Je projette et j’espère et je rêve et je crois et je fais et j’envisage et je planifie.
Sourire plein la gueule.
Et ça dure, en plus.
[Enfin, depuis dimanche, quoi]
Tu sais quoi ?
La vie, en fait, c’est pas grave.
[Et en plus, il paraîtrait que bientôt, c'est l'été]
Episode 198 |Par Sam | le 12 juin 2008 @ 22:00 | dans J'ai testé pour vous
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On dormira quand on sera morts
Je suis tellement fatigué que je le sens même plus. Un genre de transcendance corporelle.
Hier, j’ai donné dans le pince-fesses mondain, ambiance costard, talons, petits fours et cadres dirigeants sur gazon anglais et décors XVIIIe.
Et au milieu des puissants, quatre journaleux décalés, dont ton serviteur, qui enquillaient du champe au litre en regardant vaguement l’équipe de France de football se ridiculiser sur écran géant.
On a bien dû tomber six bouteilles.
Hubert serait fier : les traditions restent, les journalistes boivent. Trop. De coupettes en coupettes, d’anecdotes du chef en discussions sur Wordpress, je suis resté bien trop tard pour mes horaires matinaux de la semaine.
En finissant par rentrer, avec déjà un potentiel sommeil réduit à six petites heures, je suis tombé sur ma soeurette, qui savait pas où dormir, pour changer. Et comme on s’était pas vu depuis genre deux semaines, c’était reparti pour quelques bières et autre discussions qui nous ont emmené au galop vers les deux heures du matin avant que je ne me décide à arrêter les frais.
Autant te dire que quatre heures plus tard, quand le bipbip de l’alarme m’a tirée du coma, j’étais même plus la moitié de moi-même, plutôt le quart, voire moins. J’ai quand même réussi à me traîner à la rédac pour enquiller les papiers. C’est beau, parfois, la dévotion. Surtout à 7 heures du matin.
Et c’était pas fini. Quand j’ai réussi à m’échapper, vers 16h30, c’était pour aller à un rendez-vous presque pro. Et tu sais quoi ? On dirait que certains projets en sommeil reviennent à la vie. Et ça fait plaisir.
Tel que tu me vois, j’en reviens. Plutôt content. Et totalement décalqué de fatigue, aussi, au point que ça en devient presque grisant. J’irais bien m’effondrer, mais je dormirais pas.
D’autant que ça fait trois jours que j’ai un post en tête, genre Psychologies - Nos fiches pratiques, que je procrastine pour diverses raisons, dont quelques bonnes.
Du coup, je vais m’atteler à ça derechef. En attendant que mon petit corps cesse de m’envoyer des pleines giclées d’adrénaline dans le cortex et me laisse dormir.
Episode 196 |Par Sam | le 10 juin 2008 @ 21:02 | dans J'ai testé pour vous, Quotidiennes
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Des images et un long discours
Putain de bon weekend.
Tout compte fait.
Et nonobstant quelques détails. Insignifiants, vus depuis ce dimanche soir.
Déjà, je t’annonce que tu es mal. Parce que désormais, non content de t’infliger mes états d’âme et autres récits hautement picaresques, je vais en sus te faire goûter à mon sens inouï de la plastique picturale.
Car samedi, je l’ai fait. J’ai sauté le pas. Et franchi les portes vitrées de la Fnac Saint-Lazare pour aller y cramer un gros paquet de thunes.
Flouf, ça a fait.
Et me voilà donc l’heureux possesseur d’un Panasonic Lumix DMC-FS3, 185 euros de bonheur pour 118 grammes tout mouillés de technologie de pointe.
Pile ce que je voulais : simplissime d’usage, une fort belle optique, des capacités étonnantes en basses lumières, bref, du bonheur.
A en réveiller mon âme de gamin de dix ans, qui ne dort de toute façon que d’un oeil. J’ai joué avec toute la soirée d’hier au lieu d’aller me coucher.
Du coup, ce matin, j’ai fait dans la vieille panne de réveil. Un truc très étrange : en émergeant, j’étais à moitié certain que je ne travaillais pas et pourtant je sentais bien que quelque chose ne tournait pas rond. Puisque déjà, je m’étais spontanément réveillé à huit heures, ce qui ne m’arrive qu’en cas de panne de réveil.
J’ai mis cinq bonnes minutes à reprendre mes esprits pour aboutir à cet Eureka fulgurant : “putain de bordel de merde, je suis supposé bosser depuis 5 minutes maintenant”.
Angoisse.
Suivie d’un passage en mode meep-meep.
Meep-meep douche, meep-meep calbute, pantalon, t-shirt et chaussures. Et meep-meep vers le boulot.
D’où je ne suis sorti que pour mieux plonger vers de familiaux et non moins sympathiques apéritifs doménicaux.
Dont je reviens à l’instant, non sans avoir au passage créé le beau avec des pixels et des décors crépusculaires.
[Cette note n'était, tu l'auras compris qu'un prétexte pour coller un maximum d'images dedans.]
Episode 181 |Par Sam | le 1 juin 2008 @ 23:34 | dans J'ai testé pour vous
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Les anges vagabonds (j'ai testé pour vous : le tourisme)
Je t’ai dit, que j’avais un projet secret de ouf malade ? Tiens-toi bien : cette année, il se pourrait que je parte en voyage. Si.
Genre à l’étranger. Loin et tout.
[La dernière fois que je suis parti à l'étranger, les riants paysages du canton de Vaud exceptés, c'était... oh putain. J'ose même pas l'écrire. C'était en décembre 2004, trois jours à Barcelone.]
A la base, c’est un pari d’ivrognes voilà quelques semaines avec mes deux geeks préférés. Genre “tiens, vous faites quoi cet été ? Rien ? Si on allait à l’autre bout du monde ?”.
On a attrapé nos bières, filé devant le PC, installé Google Earth, et commencé à rêver. Chili ? Alaska ? Israël ? Afrique du Sud ? Vietnam ? Australie ?
Alcool aidant, on était directement dans le road movie sauvage et initiatique. On se voyait déjà [enfin moi, en tous cas, mais je suis incurable], sac au dos, cheminant loin des voies touristiques, dans le pays profond, au moyen de trains, bateaux et animaux de bât divers. Dans des paysages idéaux, évidemment, et surtout en un périple initiatique autant qu’enrichissant fait de rencontres , de découvertes et d’apprentissages qui nous ramèneraient plus forts au pays, tels les Hobbits à la fin du Seigneur des Anneaux.
Après, on a été sur govoyages, et on a moins ri. Et commencé à budgéter l’opération. Et donc à réduire nos prétentions à tout point sur Terre accessible fin juillet-début août à un coût inférieur où égal à 600 euros.
Ce qui te réduit d’entrée la mappemonde.
Pour ce tarif, tu as, genre exotique, l’Inde.
[Merveilleuse Inde de tous les mystères et de toutes les beautés, palais, maharadjas, jungles profondes et plages tropicales, le tout baignant dans une atmosphère de spiritualité profonde et ancestrale....]
Perso, j’y étais. A fond. Je nous voyais déjà, embarqués dans un vieux train à vapeur, de villes en ville, à bouffer des chapàti.
Mais mes geeks sont aventureux. Voire excessifs. Surtout au-delà de la dixième binouze. Et les voilà partis à me dire : “attends, si on va en Inde, autant aller au… Népal”.
[Le Népal, ses paysages de montagnes si immenses que tu ne peux que te sentir intrus et minuscule et plein de respect pour cette massive splendeur, ses temples, ses moulins à prière bouddhistes oscillant au gré du vent qui souffle en permanence sur un décor austère et beau de maisonnettes accrochées aux pentes du plus haut massif du monde...]
Bon, j’admets : à peine on avait évoqué le Népal que j’étais déjà parti.
Le lendemain, à jeun, déjà moins. D’une part parce que mon neurone de journaleux s’était enfin réveillé et me titillait que c’était quand même un peu tendu, géopolitiquement parlant. Et puis surtout parce qu’en voyant mes deux geeks émerger péniblement, je m’inquiétais un peu de la viabilité du plan trek à 5.000 mètres [pardon, les gars].
Du coup, retour à l’Inde, [ses jardins, ses saddhûs, ses crémations en plein air, ce festival permanent d'odeurs et de couleurs...]
Sauf que.
Sauf que fin-juillet début août, seules dates communes possibles, en Inde, c’est la mousson. Et que donc il pleut. Fort. Tout le temps. Enfin, sur le nord du Sous-continent. Au sud, c’est la période chaude. Et donc il fait 45°C. Et 80% d’humidité. Toute la journée.
La partie logistique de l’opération semblant me revenir de fait, j’ai donc commencé à chercher un plan médian. Au sens propre : mi-mousson, mi-canicule. Pondichéry ? Ca l’aurait fait pas mal. Sauf que je n’avais pas compté sur un élément: l’entropie inhérente à toute chose, surtout moi et mes geeks, qui avait commencé son long travail de sape.
Aux dernières nouvelles, il y en a un qui ne peut plus acheter de billet d’ici un bon mois, parce qu’il a trop fait grève et qu’il n’a plus de sous. L’autre est parti, en Sicile, je crois, pour une semaine ou deux. Quant à ton serviteur, il faudrait sérieusement qu’il songe à prendre rendez-vous avec sa charmante banquière. Et à refaire un passeport.
Je viens de regarder : le billet a pris 100 euros en quinze jours. Si on les prend en juin, on sera dans les 700 €. Bref, le coucher de soleil sur le Gange dans la cité sacrée de Bénarès, ça semble compromis.
Mais je suis un homme de ressources. J’ai étudié la philosophie asiatique. Je sais, tel le bambou, me plier au gré du vent mauvais d’un univers hostile pour mieux rebondir et lui niquer sa gueule en poussant un “kiaïiii” vicieux.
Donc, je cherche un itinéraire bis. Là, je suis sur une piste : le bon vieux pass Interrail. Pour 359 euros, tu prends le train gratos dans 30 pays, 10 jours maximum sur 22 au total. Soit de quoi te faire plaisir.
Reste à vendre le truc à mes petits camarades.
Je songe à la côte Dalmate, ses monastères, son histoire déchirée au carrefour des mondes Romain et Orthodoxe, puis des invasions Turques, tout ça.
[Ecrit-il avec Google Earth en fond d'écran, en bavant copieusement]
Ou alors la Mer Noire, carrefour de tous les carrefours. Les côtes de Bulgarie, de Roumanie. Et un détour par Istamboul. Genre.
Et pourquoi pas la mer Baltique ? L’ex-empire Hanséatique du moyen âge, tout ca ?
Mouais.
Faut que je me décide. Vite.
Sinon, nous connaissant, ça va finir à Arcachon, cette affaire.
Episode 8 |Par Sam | le 15 mai 2008 @ 1:43 | dans J'ai testé pour vous
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Bricol-boyz, suite
Vends rein, état moyen, pour cause visite dans magasin de bricolage.
Ca y est : les étagères sont posées. Et bien posées. En fait, elles sont tellement bien posées que si l’immeuble s’effondrait, il y resterait un pan de mur avec mes étagères dessus.
Ceci étant, cette petite fantaisie m’aura coûté un mois de salaire de ministre tanzanien. Facile. Du coup, j’envisage de créer un mouvement terroriste dévolu uniquement à la pose de bombes incendiaires dans les M. Bricolage de Paris. Parce que merde, combien de temps va-t-on rester sans réagir ?
Et là, je vais te causer bricolage. Alors accroche-toi bien.
En fait, j’ai voulu poser ce qu’on nomme des tablettes murales. J’ai donc déniché, au M. Bricolage du coin, quelque chose d’approchant. Genre planches en pin, arrondies aux angles. D’à peu près 70 cm sur 15 de profondeur. Prix à l’unité du bidule : pas loin de 25 euros. Bon, je me suis dit, c’est pas grave, ça doit certainement être des planches issues d’un pin millénaire vénéré comme un Dieu par les peuplades primitives de Laponie, acheminé en bateau à voile à travers les fjords, un truc du genre.
J’en ai acheté deux voilà quelques mois. Avant de me rendre compte que ça le faisait pas. J’ai donc, avec l’accord de mon banquier, que j’ai préalablement saoulé à la vodka, investi dans deux de plus.
sauf que… J’avais déjà eu l’occasion de m’en rendre compte avant, c’est une vaste arnaque. Car le prix scandaleux des machins est également justifié par leur système d’accroche “révolutionnaire”. En gros, chaque planche est munie de deux trous placés sur l’une de ses longueurs. Chacun est là pour accueillir un dispositif constitué d’un gros kiki métallique (je n’ai pas vérifié, j’imagine que c’est de l’or massif, comme métal) auquel on a ajouté à l’une des extrêmités une plaquette munie de deux petits trous destinés à y poser des vis.
Le principe est donc le suivant : tu fais quatre trous dans ton mur. De préférence à la bonne hauteur tout ça. Tu mets des chevilles dans les trous. Ensuite, tu accroches tes deux bites en or. Et tu y enfile la planche. Et si tu t’es bien débrouillé, ça rentre comme papa dans maman, dirait mon paternel, qui vient du bâtiment. Et si en plus tu as fait un peu gaffe, c’est même à peu près droit et ça le fait.
Le souci, c’est qu’ensuite, il ne faut pas vouloir poser autre chose qu’une feuille de papier sur la tablette. Sous peine de la voir s’affaisser de cinq bons centimètres. Ce qui est logique, puisqu’elle ne tient que par la partie collée au mur et empalée sur les kikis dorés.
Avisé de la question, j’ai, après une mure réflexion, trouvé une solution: placer ce qu’on nomme une équerre, en l’occurence un morceau de bois de forme coudée, chargé de soutenir la tablette.
Me voilà donc, jeudi soir, au M. Bricolage, à la recherche d’équerres pas trop moches. Oh, rassure-toi : j’en ai trouvé. Mais à un prix que j’hésite à taper tellement il est ridicule : 8 euros le bidule. Là encore, on doit avoir à faire à un assemblage de bois rares, passé par le Vatican pour être béni par sa Sainteté avant d’être acheminée à dos de moines trappistes muets en une procession solennelle jusqu’au M. Bricolage du coin.
Bref, je suis donc passé à la caisse avec mes deux tablettes, mes quatre équerres, et un sous-verre même pas en verre pour accrocher une affiche. Et j’ai frôlé la tachycardie en voyant s’afficher le prix : 120 euros.Je suis rentré chez moi en pleurant toutes les larmes de mon corps.
Avant de m’apercevoir que je n’avais plus de chevilles béton en stock. Et de retourner, ce matin, en acheter. En compagnie d’une équipe de psychiatres du Samu, spécialisés dans le traitement à chaud des chocs traumatiques.
Quelques heures, coups de marteau, galères et autres luxations de poignet à force de coups de tournevis rageurs, parce ma perceuse est une daube avec dix minutes d’autonomie, j’admire mon superbe dispositif. C’est beau. En plus, c’est moi qui l’ai fait tout seul.
Et je me dis qu’en comptant les quatre tablettes, les équerres, les chevilles et les vis, j’aurais aussi pu m’acheter une maison en Ukraine. Ou au moins trois étagères déjà montées.
Monde de merde.
Episode 31 |Par Sam | le 12 avr 2008 @ 16:21 | dans J'ai testé pour vous
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Thérapie musicale
Tiens, tu veux que je te donne un vieux truc scout pour les weekends tout pourris comme celui que je viens de m’enfiler avec du gravier (pardon, c’est parce que j’ai des malheurs) ?
Pour moi, ça marche à tous les coups. Pas super longtemps, mais c’est déjà ça de pris.
Quand, donc, tu es triste et glauque tel le panda du zoo de Vincennes, et que tu sens que ça commence à devenir un peu ridicule, et que tu en as un peu marre, et que tu aimerais bien passer à autre chose, il existe une solution simple et efficace.
Prends ton répertoire de musique (ou tes CD si tu en es encore là), et sélectionne-toi une petite playlist bien glauque des familles. Vas-y franco. Les trucs les plus déprimants que tu possèdes, ceux qui feraient chialer même un gardien de camp de travail Birman. Et envoie la sauce.
Personnellement, je m’enquille des choses comme ça, par exemple :
Pour corser la chose, essaye d’imaginer en même temps un truc genre paysage industriel au mois de novembre en Roumanie. Et tu enchaînes. Faut pas perdre le rythme. Tu peux aller vers des trucs dans ce goût là, aussi :
Ca y est ? Tu as mal ? Tu as envie d’aller te coucher en travers de la rue en bas de chez toi ? De t’avaler une bouteille d’eau-de-vie cul sec ? De signer à la Légion Etrangère ? C’est parfait. Il est temps de porter l’estocade. Avec la chanson la plus triste que tu puisse trouver. Genre :
Là, normalement, tu finis par te sentir un peu ridicule, à écouter tes trucs glauques tout seul chez toi. Et tu commences à choper un petit sourire ironique en coin. Et c’est là où il te faut l’électrochoc. Un truc qui met la pêche. Ou au moins le sourire Genre ça :
Si tout va bien, c’est vers ce moment-là que tu comprends que tout ça n’est pas si grave. Que ça passera. Que ça ira mieux. Forcément.
Et surtout que la vie est belle.
[Par ordre d'apparition, donc : Radiohead, Motion Picture Soundtrack / Miossec, Brest / Radiohead, Exit Music - for a film / Beirut, Nantes. Je t'avoue que j'ai plus glauque en magasin, mais YouTube, non]
Episode 45 |Par Sam | le 30 mar 2008 @ 20:50 | dans J'ai testé pour vous
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J'ai testé pour vous : la 3G
[Oui, j'antidate. Mais en vrai, j'avais écrit ce truc samedi]
Tiens, je vais t’en raconter une bien bonne. D’anecdote.
[Commence pas, hein...]
Comme tu le sais, je suis un type riche humainement à qui il arrive toujours un tas de choses formidables et drôles, dont le récit fait passer Ally Mc Beal pour un documentaire sur les maisons de retraite dans la Creuse. Cette fois, par exemple, je vais te parler de mon téléphone.
[Concentre-toi, tu devrais entendre du Barry White]
Puisque tu suis le récit de ma trépidante existence jusqu’en ses lignes les plus pathétiques d’insignifiance, tu es au courant de ce récent bouleversement : j’ai abandonné mon vieux Palm Treo 650 fort pratique, mais dont le poids et la taille, à part permettre de s’en servir comme arme improvisée dans un combat de rue, étaient plutôt handicapants.
A la place, j’ai opté (enfin, en même temps on me l’a filé, béni soit ce métier) pour un HTC S710 (les liens, c’est pour faire monter mes stats) plus petit et avec un vrai clavier caché dedans. Classe, genre.
Surtout, le HTC fait un truc que le Palm faisait pas (en vrai si, mais j’ai jamais compris comment) : tu peux recevoir tes mails dessus. Et entrer enfin dans le IIIe millénaire à peu de frais. Enfin, à peu de frais… je vais y revenir.
Bref, j’ai donc gagné deux kilos cinq environ en moins dans ma poche gauche de pantalon. De quoi être fier. Et s’éviter des ennuis au niveau des lombaires.
Surtout, j’avais (car ça n’a pas duré, on y vient) mes mails partout. Et tout le temps. Qui tombaient en rafale. Sur mes deux comptes persos. Le pro j’ai pas le droit, je suis pas chef. Qui tombaient et qui tombaient. En rafale.
En fait, au bout de trois jours, je devenais dingue. A vérifier toutes les cinq minutes que j’avais rien reçu. A me relever lorsque, dans un demi-sommeil brumeux, je voyais à travers mes paupières baissées, la douce lueur du téléphone illuminer l’obscurité de ma piaule, pour vérifier que ce n’était pas un truc capital qu’on venait de m’envoyer.
Généralement, c’était Facebook qui me disait qu’un type que je ne connaissais même pas avait décidé de me défier au quiz des comédies musicales les plus tartes de l’année 2001. Ou un spam.
Bref, je devenais cardiaque. Fébrile. Je ne dormais plus. Je mangeais à peine. Ma sueur, qui coulait abondamment de mon front moite, prenait une odeur aigre. L’enfer, quoi.
En plus, recevoir du mail, c’est sympa, mais ça te suçe une batterie de téléphone plus efficacement qu’une péripatéticienne diplômée sur un boulevard parisien pardon. Ca suce, quoi. Du coup, il me fallait recharger constamment le téléphone, pour ne pas risquer de rater un mail capital genre newsletter de lafraise.com.
Ca a duré pas loin d’un mois, ces imbécillités. Jusqu’à ce qu’arrive la facture. Tu vois, l’enclume ACME qui s’abat sur les personnages de Tex Avezy ? Et ben pareil.
Parce que ce que j’avais pas compris, c’est que c’est pas offert dans le forfait, ce truc. Et que chaque mail reçu est facturé. Oh, certes, pas grand chose : 0,05 centime, un truc du genre. Oui, mais à raison d’une bonne dizaine par jour, sur deux comptes mails, ben moi j’ai reçu un truc de huit pages, où chaque mail était soigneusement comptabilisé. Avec à la fin un joli total de 120 euros et des brouettes.
Autant te dire que j’ai illico coupé la réception de mails. Depuis, j’ai retrouvé mon teint frais et rose, je dors mieux, je sue moins. Et comme je passe tout de même ma vie devant un PC connecté à Internet, ben j’ai toujours mes mails.
Quelqu’un sait où on peut acheter un Be-Bop ?











