Meet : Mister Nice Guy
[Tu noteras l'effort pour faire passer un texte beaucoup trop long à l'aide d'une composition visuelle de pointe]
Mr Nice Guy est, comme son nom l’indique, un gentil garçon. Honnête et à peu près bien élevé. De temps à autres, il grille un feu en Vélib’, se prend une cuite ou consomme des substances prohibées par la loi, mais à part ça, rien à signaler.
Mister Nice Guy [on va l'appeler MNG, maintenant qu'on le connaît mieux] est un garçon souriant, d’une conversation plutôt agréable. Rigolo, souvent, presque brillant, quand il s’applique. Sous une certaine lumière, il peut même apparaître charmant, voire mignon, à en croire les témoignages.

Seulement voilà : MNG a un problème. Un problème avec les filles. Récurrent : il sait pas être un Connard©.
[Avant de hurler, tu lis le truc après le guillemet géant, en bas de la note]
Déjà, il est plutôt d’un naturel romantique, ce con. Affectueux, sincère, et même attentif. Voire angoissé. A en devenir un poil lourd. Et transi, avec ça. Infoutu de respecter, par exemple, les soixante-douze heures de délai réglementaire entre première nuit et reprise de contact. Ca l’emmerde. Lui, il aurait juste envie de repiquer au truc dès le lendemain, tu vois ? De câliner jusqu’à plus soif. Un genre de poulpe bisounours.
Bref, quand MNG rencontre une fille qui lui plaît, c’est un peu comme si s’allumait sur sa tête un genre de panneau en néon marqué “cherche âme soeur pour bonheur et félicité mutuelle”, avec des coeurs roses qui clignoteraient autour. Un peu comme si se faisait entendre le tintement diffus de chaînes fantomatiques prêtes à s’enrouler autour des poignets de la belle. Qui, généralement, s’enfuit en courant.
***

Pourtant, il essaye d’arrêter, MNG. De toute ses forces, il se réfrène. Il a bien compris, depuis le temps, que ça foutait la trouille, son truc. D’ailleurs, quand on lui fait la même chose, il agit comme tout le monde, il pique un sprint.
Il sait, MNG, qu’il faut se transformer un minimum en Connard© : être un poil distant, limite méprisant, éviter de se dévoiler, éviter de demander, laisser venir, maintenir la tension, garder ses cartes. Prendre le temps. Jouer le jeu. Il a envie de jouer, même.

Mais c’est plus fort que lui. Il a beau tenter de faire tout ça, le panneau finit par s’allumer en gros tandis qu’un orchestre de baluche en uniformes de marins tous droits sortis de La croisière s’amuse entonne « My first, my last, my everything ». Et la fille, qui sent comme une énorme porte rose se refermer sur elle dans une écoeurante odeur sucrée, court très très loin et très très vite.
***

Le pire, c’est que lorsque d’aventure MNG se dit “bordel, c’est pas possible, j’ai un bug, ou quoi ?” Et va sur les applis de rencontre Fessebouc se déguiser en Connard©, s’essayer à la drague pour la drague, ça marche.
En un rien de temps, il se retrouve à chatter avec une donzelle, mignonne, qui certes, ne l’emballe pas plus que ça, mais qui lui tend des perches grosses comme des travées de voie de chemin de fer pour lui faire comprendre qu’elle serait tout à fait partante pour une nuit coquine et plus si affinités.
La différence entre MNG et le Connard©, c’est que là, MNG part en courant.

Paniqué à l’idée qu’il se fout de cette fille à l’autre bout du chat et qu’elle pas, culpabilisé à l’idée que ça va finir par faire mal à quelqu’un, il court, il court, MNG.
Et plus il court, plus il fait le Connard©, plus il est distant, plus il laisse ses mails en attente, plus elle lui file après, plus elle est à fond. Jusqu’à ce qu’il finisse, de guerre lasse, par mettre un point final à l’affaire.
***
Morale de l’histoire :
1/ Les plans cul, c’est comme les jeans slim : y a des gens à qui ça va, d’autres qui sont ridicules dedans.
2/ Si Mister Nice Guy savait être un Connard© avec les filles qui lui plaisent, sa vie sentimentale s’en porterait nettement mieux.
[Séquence culture spécial filles, je viens d'apprendre là que : Les patronymes « Conne », « Connard », « Connart » et variantes n'ont aucun rapport étymologique avec le mot « con » : en Europe continentale, ils proviennent du germanique con(hardt) signifiant « brave et dur » (à rapprocher du néerlandais koen, « courageux » et de l'anglais hard, « dur ») Ce qui me donne envie de conclure: "Darwin, enculé"]









5 commentaires »
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• # 274: commentaire
• posté par: Trèsrougecarmin
• Le: 6 septembre 2008 @ 10:00
Coool !
H.
PS: J adore l’épisode des chaines!
• # 275: commentaire
• posté par: grinding hamster
• Le: 7 septembre 2008 @ 18:28
Bon.
Pfiou.
Conseil, comme t’aimes pas trop-trop les romans, les essais, ça te réussira peut-être mieux : si tu en trouves le temps, lis “l’art d’aimer” d’Erich Fromm. Teuplé.
Le titre est cucul à souhait mais pas le contenu.
Et c’est pas non plus une connerie de bouquin de développement personnel.
Et j’aimerais avoir ton avis là-dessus. Critique, s’entend, héhé.
• # 276: commentaire
• posté par: lola
• Le: 7 septembre 2008 @ 21:23
Hum… Dis,si ça peut te rassurer, tu sais qu’il existe Miss Nice Girl ? Moi j’essaie vainement de devenir une garce!!
Mais pourquoi MNGirl s’ennuie t’elle avec un MNG? C’est ça que j’aimerais comprendre. Ce serait tellement plus simple. Les cons avec les cons quoi. Ben non,la MNGirl aime le connard.
Pfff
• # 282: commentaire
• posté par: Ploum
• Le: 8 septembre 2008 @ 15:56
M’enfin, quel diabolique manipulateur ce Sammy ! Faut pas l’écouter mes’moiselles, il ment comme il respire. En fait cet homme mène une existence triple (pour ce que j’en sais) :
1. il est naleux dans un canard quotidien national français qui pète, et il connait chacune des secrétaires par leur nom, il sait aussi chacune de leur spécialité - dont la brouette tonkinoise n’est pas la dernière.
2. il mène des nuits débauchées à base de beuveries illimitées, qui le mènent au bout du monde (qui est tout refait par ses soins et ceux de ses camarades alcooliques), pour finir harassé mais vaillant dans le local à poubelles du coin avec Pamela, Samantha, ou n’importe quoA…
3. Pour pousser le vice jusqu’au bout de ses limites, il se fait enfin passer pour un éternel romantique transi sur son blog, ce qui pousse de nombreuses petites filles (parfois prépubères) à tomber dans le piège (parce qu’il écrit drôlement bien et que c’est un malin) et à constater que, non, décidément, MNG c’est juste un leurre.
Moralité : il ne faut jamais se fier aux apparences…
• # 286: commentaire
• posté par: M.
• Le: 10 septembre 2008 @ 13:28
le choix des images illustrant/accompagnant/ponctuant l’article est excellent, la mise en page aussi, donnant à cet article un fond encore plus drôle et nous montre que l’auteur a un grand sens de la dérision ! On a presque envie de voir des plans séquences de ces peluches avec une voix off qui lit le texte. Enfin là je m’égare… en tous les cas bravo et merci pour ce bon moment de lecture !