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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Entracte

[Un peu de musique pour accompagner, ça faisait longtemps :]

Fumer tue

[...] Le bol d’olives ne contient plus qu’un fond de saumure, les cahuètes ont disparu, les glaçons ont fondu. Je vais te resservir avant la deuxième séance, t’inquiète. Mais on peut aussi faire un petit break avant d’aborder notre seconde soirée diapo et la Chartreuse.

Un break pour faire quoi, te demande-tu ? Et ben pour rien. Pour aérer un peu ta tête et la mienne. Et me laisser de l’espace à remplir de déblatérations sans queue ni tête en forme de mercredi soir d’août dans un paname désespérément désertifié.

C’est un mercredi d’août un peu lisse, un peu terne, ni particulièrement triste ni spécialement gai, un mercredi un peu sans intérêt, un mercredi qui s’oubliera aussitôt terminé. Et je le meuble comme je peux.

Je te l’ai pas faite, mais ce blog a un an, là. Plus ou moins, vu que je n’y écrivais qu’une fois par mois à mes débuts certes pas gais. Alors je pourrais entamer le vieux bilan, mais j’ai finalement pas très envie, pas plus que de refaire une énième fois celui de ces 12 mois de retour au célibat et de ce qu’ils m’ont apporté.

Marre de la casuistique nietzschéenne de bacs à sables, ce qui ne te tue pas gna gna gna, je savais que j’allais pas en mourir et ça m’a pas tué. Ni rendu tellement plus balèze à quoi que ce soit, sinon en séries télé, jeux vidéo et autres moyens simples d’échapper à l’ennui qui pollue trop de mes weekends et de mes soirées.

Pour le reste, j’ai connu des déserts moins ardus à traverser que cette année finalement plutôt irrigué en rencontres diverses et variées. Surtout variées. J’y ai pas découvert le sens de la vie, ni l’amour qui le donnerait, mais j’ai peut-être commencé à comprendre qu’il fallait justement arrêter de chercher et penser à vivre un peu de temps à autres, que ça marchait tout aussi bien. En dernière analyse.

C’est un mercredi d’août dénué d’intérêt et j’ai pas envie de touiller encore dans les cendres des 365 jours qui l’ont précédé. C’est un mercredi d’août sans plus et pour en sortir au plus vite, je rêvasse à ce que seront les 365 suivants, à tout ce que j’essaye de me promettre de faire ou pas, ou plus.

Il paraît que les gens font des listes avec ce genre de choses. Il paraît. Tiens, on va essayer.

Alors, pour le 13 août 2009, papa Noël, je voudrais des avoir  :

  • Avoir enfin écrit ce putain de livre qui est retourné au point mort de chez mort une fois de plus, parce que j’avais dit “avant 30 ans” et qu’on s’en approche à grands pas.
  • Avoir continué l’escalade parce que ça fait du bien à mon petit corps et à ma grosse tête.
  • Avoir retrouvé le goût de lire autre chose que la presse, les blogs, les sites, les essais politiques et tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à une BD, parce que ça devient ridicule, cette phobie du roman.
  • Avoir changé de travail et d’appartement, parce que tout cela commence à doucement ronronner et que j’irai bien voir ailleurs comment sont l’air et les horizons,
  • Avoir enfin appris à conduire les automobiles, parce que j’ai honte
  • Avoir été au cinéma au moins une fois par mois, à un concert au moins une fois dans l’année, à plein d’expos d’art contemporain parce que définitivement, même avec mon dilettantisme un peu foireux va bien falloir que j’admette que j’aime ça
  • Avoir définitivement arrêté les weekends loose à enchaîner les saisons de séries collé au fond du plumard avec la vague ambition d’aller faire des courses avant la fermeture du Monop, parce que ça craint

Et puis des être :

  • Etre reparti au moins une fois à l’étranger, parce que ça fait du bien
  • Etre parvenu à élargir le cercle trop ténu de mes sociabilités, pour enfin ne plus me demander ce que je fais ce weekend
  • Etre enfin parvenu à me considérer journaleux pour de vrai, parce qu’il serait temps
  • Etre monté sur la Tour Eiffel, parce que je l’ai jamais fait
  • Etre devenu un peu plus sain, un peu moins alcoolo, un peu moins fumeur, un peu moins insomniaque, un peu moins susceptible, un peu moins misanthrope, parce que je vieillis, après tout
  • Etre retombé amoureux, aussi. Mais ça, depuis le temps, tu avais compris.
Episode 220 |Par Sam | le 13 août 2008 @ 23:55 | dans Quotidiennes
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Soirée diapos, épisode 1 : Berlin

[Tu sais quoi ? Ca fait presque du bien de retrouver Paname, le travail et les marches nocturnes en revenant d'icelui. Et tu sais quoi d'autre ? Une Duvel bien fraîche après la marche, c'est carrément le bonheur aussi]

Me voilà rentré, donc. Et, chose promise, chose due, te voilà bien dans la mouise.

Tu sais, ces soirées auxquelles tu as tout fait pour échapper, mais pas moyen. T’as eu beau te débattre, tenter mille excuses différentes, tu finis quand même un verre de kir tiède à la main, le cul posé délicatement au bord du canapé, en essayant de garder un sourire pas trop fabriqué tandis que ton hôte met en route le projecteur et enquille les premières diapositives et que tu plonge dans les affres de ses souvenirs de vacances ?

Et bien tu vas y avoir droit. Puisque je vais te montrer Berlin.

Tu te sers en cahuètes et en olives, hein, t’hésites pas. C’est parti.

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Je te passe le voyage avec départ au milieu de la nuit, trajet pittoresque jusqu’à Orly avec les paumés des Noctambus, ma soeurette toute excitée de prendre l’avion pour la 2e fois, Easyjet et sa désacralisation absolue du voyage aérien, l’arrivée à l’aérogare minuscule de Shonenfeld, les retrouvailles avec le pote LuK qui arrivait de Lyon, etc. Passons directement au vif du sujet : Berlin.


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A Berlin, il y a de l’espace. Plein. Ca fait six fois la superficie de Paris et ça se sent. Tu passes d’un quartier à un autre sans te rendre compte de la transition, les rues sont larges, la ville est infinissable, il y a des parcs partout et dix fois moins de monde au mètre carré qu’à Paname et c’est presque reposant, tout ces vides.

Même si il faut les arpenter. Ce qu’on a fait, à  bouffer du trottoir en grandes enjambées goulues, et à en réveiller le spectre de ma vieille entorse finalement pas si guérie que ça.


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Berlin, un immeuble

A Berlin, aussi, il y a une architecture à part. T’as l’impression qu’on a piqué des rues dans une vingtaine de villes du monde entier et qu’on a shaké le tout avant de répandre ça au hasard. Ca va du nazi plein ceintre au postmoderne vitré en passant par le soviétoïde 60’s orthodoxe, le tout parfois dans la même rue.

Et le pire c’est que ça devrait pourtant pas, mais que ça en est carrément beau.

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A Berlin, tout est en travaux, tout le temps. La photo, à gauche, c’est à deux pas de PostdamerPlatz, le gros business-center, le quartier des affaires et des centres commerciaux. Tu fais cent mètres et tu tombes sur un buste de Shumann ou Mendelson, je sais plus, paumé au milieu d’un genre de chantier en friche à moitié envahi par les herbes.

En face du Bundesrat, le Sénat allemand, il y a un terrain vague avec trois tags et peut-être un squat. Rien n’est figé, mis sous cloche pour servir d’écomusée à touristes comme à Paris, tout bouge, ou presque. La ville vit sa vie de ville, grandit, change, pousse, pour le meilleur ou le pire. Berlin, c’est une grande bringue dégingandée qui aurait subi une série d’opérations de chirurgie reconstructive après un grave accident de bagnole.

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A Berlin, c’est l’ex-zone est qui concentre le centre historique ou ce qu’il en reste et la plupart des quartiers branchouilles et arty. A Berlin, tout le monde a l’air d’être artiste, y a plus de galeries d’art que de magasins de fringues.

Et puis y a des squatts partout, aussi. Avec des artistes dedans, évidemment.Celui-là, c’est Tacheles, le plus connu, le plus touristique aussi. Mais boire une bière dans un décor destroy en plein milieu du quartier historique, c’est cool quand même.

Berlin, PostdamerPlatz, stèle

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A Berlin, y a de l’histoire contemporaine à tous les carrefours, ou presque.

Comme cette stèle érigée à la mémoire de Karl Liebknecht, le compagnon de Rosa Luxemburg, par l’ex-RDA, et laissée là, à deux pas du quartier ultra-moderne de PostdamerPlatz, le long de l’ex-tracé du mur, qu’on ne devine que parce qu’il est indiqué au sol. La coupure architecturale s’est fondue dans la ville, invisible ou presque.

Y a des musées aussi, tout plein partout. Et des expos d’art contemporain bien, comme la rétrospective Wolfgang Tillmans qu’on a vu au Hamburger Banhof un jour de canicule.

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A Berlin, y a de la bonne bière à pas cher du tout, et des soirées à en boire des litres en refaisant le monde et la couplitude couplifante sur la petite terrasse de l’immense et magnifique appart qu’on nous avait prêté, ou dans ce rade vaguement métal de Friedrichain, qu’on avait rallié pour reposer nos jambes après quatre bornes à descendre la très soviétoïde Karl-MarxAllee, avant de faire marrer tout un wagon du U-Bahn nocturne au retour, en faisant les französiche de base.


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compil

A Berlin, y a des statues d’ours qui lèvent les bras, cachés partout dans la ville.Et forcément, à passer nos journées à déambuler en trio dans la ville, on avait rapidement développé nos délires à nous.

En l’occurence, il y eut la nouvelle gare de Berlin, que nous sacrâmes plus grande et plus magnifique de l’univers, et les ours-lol. C’était notre jeu de la semaine, notre safari-photo. L’enjeu était de les traquer impitoyablement pour les prendre tous.

A la fin, on en a déniché une bonne douzaine, ça distrayait mon mal à la jambe quand on enfilait les kilomètres comme des hamsters perles  dans cette ville interminable.

Berlin, U-Bahn

Berlin, un squat

A Berlin, y a aussi des Berlinoises vachement jolies et des Allemands plutôt tranquilles aux terrasses des cafés, des caissières de supermarché compréhensives envers les braves touristes que nous étions, des tas de gars une bière à la main à onze heures du matin par 30°C, des tatouages tout les cent épaules, des anciennes usines reconfigurées en complexe de loisirs avec quatre boîtes et une vingtaine de fast-foods pas chers dans des cabanes plantées entre les bâtiments, un métro sans portillons pour valider ton ticket ni contrôleurs, bref, des gens.

Dont je ne parlais pas la langue, hélas.J’ai vainement essayé d’apprendre à dire autre chose que “Eine beer bitte”, en ayant déjà du mal à prononcer correctement le nom des stra?e et des boulevards. AlexanderPlatz, Unter der Linde, ZoolozischerGarten et notre préférée toute catégorie, Alt-Moabit, au doux nom martien.


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A Berlin, je regardais les petits couples de touristes avec une vieille nostalgie qui pointait le nez. Je devais y venir avec the ex, Allemande de maman, un jour. J’aurai fini par y aller tout seul. Et pourtant j’aurais aimé partager ça.

Mais c’était bien quand même. Que Berlin, ich liebe dich. Et que un jour, oh oui, un jour, j’y retournerai. Accompagné, même, qui sait ?

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Berlin, PrenzlauerAllee

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[Edit : j'espère que t'as une résolution d'écran potable, sinon tout ce post a dû ressembler à un amas épars de texte et de photos. Je m'en excuse, mais, vois-tu, au bout d'une heure à me battre en vain pour faire de la mise en page, j'ai fini par laisser l'entropie l'emporter en me disant que ça faisait concept]

Episode 218 |Par Sam | le 11 août 2008 @ 23:48 | dans Photos
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Carte postale

2008 06 21 - 1553 hike near lac de paladru - L - 32

Hey !

[Le contexte et ma récente germanophilie voudraient que je te salue d'un sympathique "Halo", voire "Guten morgen", mais bon, j'aime bien "hey". C'est simple, sobre et efficace à la fois]

Hey, donc. Ca roule, toi ?

“‘Tain, il est pas mort, lui ?” te demandes-tu. Et bien non, ami, point encore. En revanche, il est toujours en vacances. Et présentement, il t’écrit d’une sympathique bâtisse XVIIIe genre ferme de moyenne montagne, sise au coeur du massif de la Chartreuse, et dans laquelle il enchaîne barbecues, parties de ping-pong, siestes et baignades dans le lac tout proche tout en se soutenant moralement à coups de petits apéritifs salvateurs sur la terrasse. Un vrai calvaire, en sommme.

Et puis quand il pleut, on branche la PlayStation3 sur le rétroprojecteur et on joue à Devil May Cry 4 version écran géant.

Bref, beaucoup de stress pour ton serviteur. Qui en viendrait presque à ne plus passer sur le ternet qu’une fois tous les deux jours pour relever ses mails, c’est te dire à quel point c’est pas facile.

Bon. Ce propos liminaire effectué, il faudrait que je te raconte Berlin, car je sais que tu n’attends que ça, avoue.

Seulement voilà : j’ai pris au moins 200 photos là-bas. Mais je n’ai pas songé à emmener avec moi dans les montagnes le câble qui m’eusse permis de les uploader sur l’ordinateur et de t’en faire profiter.

Avoue que c’est dommage. Et que donc je te raconterai Berlin quand je serai revenu sur Paname et que je pourrai le faire avec des images, c’est à dire à la fin de la semaine qui vient.

En attendant, il faut aussi que je réponde au sympathique questionnaire que cette coquine de Kmille m’a collé dans les pattes. Ca devrait te plaire, puisque ça parle de fesses.

Donc :

Si j’étais un slip, je prierais très fort pour être celui d’une jeune fille et pas d’un vieux dégoûtant.

Si j’étais un sextoy, je serais un plug anal, juste pour pouvoir, à la question “t’es où ?”, enfin répondre sincérement “dans ton cul”.

Si j’étais un fantasme, je me dirais qu’il faut quand même être bien tordu pour avoir ce genre de fantasme.

Si je devais faire l’amour avec un animal, je choisirais une femelle bonobo en me disant qu’au moins eux, ils s’y connaissent.

Si je devais te dire quelque chose à l’oreille pendant qu’on fait l’amour, ce serait beaucoup trop torride pour être écrit ici. Tu insiste, petit(e) coquin(e). Bon d’accord. Garde tes mains sur le clavier, c’est parti : “Die Lebensmittelsicherheit steht in Europa ganz oben auf der Prioritätenliste. Seit dem Jahr 2000 werden die strengen Vorschriften der EU noch weiter verschärft, um sicherzustellen, dass die Lebensmittel der Europäer so sicher wie möglich sind. Das neue Konzept verknüpft alle Herstellungsstufen miteinander: Lebens- und Futtermittel werden vom Erzeuger bis zum Verbraucher sorgfältig verfolgt”. Alors, heureux(se)?.

Si j’étais Clara Morgane mais avec mon cerveau actuel, j’aurais plein de facilités dans mon travail, déjà. Surtout niveau interviews. Et sinon, je m’achèterais plein de miroirs pour partir à l’exploration de mon petit corps, aussi.

Si j’étais une zone érogène, je serais un cou. Oui, je sais, y a plus excitant, mais j’aime bien les bisous dans le cou.

Si j’étais un détail absolument irrésistible
… ma, ié souis déjà oune détail absolumentamente irrésistible.

Si j’avais une morale sexuelle… euh, le truc, c’est plutôt que si j’avais moins de morale sexuelle, je choperais beaucoup plus.

Si je me réveillais sans pénis ni vagin, je me renseignerais sur les tarifs pour me refaire poser les pièces, parce que cinquante ans sans seske, c’est long, tout de même. Déjà, un mois…

Bon, sur ce il est temps pour moi de replonger dans mes vacances et d’aller acheter de quoi préparer le barbecue de ce soir. Pff, tout ce stress, je sais pas combien de temps je vais tenir.

Allez, console-toi : je boirai un pastis à ta santé.

Episode 217 |Par Sam | le 2 août 2008 @ 14:14 | dans Messages à caractère informatif, Quotidiennes
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