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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Voir Grenoble et mourir

Grenoble, l'Isère by night

Je l’appréhendais un peu, ce séjour. Même s’il était calé depuis un moment.

J’avais fait l’autruche, le vieux baroudeur blasé. Alors que je savais que ce serait pas si simple.

Il y a des villes qui te parlent, des villes qui t’interpellent, des villes avec une énergie, une atmosphère particulière.

Il y a des villes que tu détestes presque physiquement, qui ne te filent qu’une seule envie, celle d’en partir le plus rapidement possible.

Et puis il y a des villes qui sont à toi, pour toi. Des villes où tu es chez toi.

Moi, c’est Grenoble.

Depuis tout petit, alors que je n’y habitais pas encore. Et toujours maintenant. Faut dire que j’y ai passé quelque chose comme sept années, essentiellement estudiantines. Et que j’y ai donc vécu tout un tas de premières fois, d’expériences, de triomphes, de revers, de rencontres, de découvertes, de magie, tout ça. Avec des montagnes en décor.

C’est pas pour rien que j’y étais pas retourné depuis que je l’ai quitté il y a deux ans pour les joies de la capitale. Dans le TGV, j’avais des remords, de l’appréhension qui montaient. Comme si je partais revoir une vieille ex.

A peine sorti de la gare, dimanche soir, ça n’a pas loupé : j’ai eu l’impression de rentrer chez moi. En marchant vers le centre-ville, c’était tout juste si je cherchais pas la clé de mon dernier appartement de l’époque.

J’ai quand même fini par lever la tête vers les ombres des montagnes,qu’on devinait partout autour, silencieuses et monumentales. Et, comme un boomerang en fonte massive qui arriverait avec deux ans de vélocité, tout un passif m’est revenu dans la tronche.

Arrivé sur le cours Jean Jaurès, l’émotion devenait presque palpable. Au moins autant que la chaleur moite qui envahit cette putain de cuvette chaque été.

Il n’y aurait pas eu cette voiture pleine de supporters espagnols en pleine célébration de victoire qui a manqué de m’écraser, je suis certain que j’en aurais eu les yeux qui piquaient. Chaque rue, chaque carrefour, chaque bout de trottoir, c’était un souvenir qui me sautait à la gueule comme un diablotin à ressort.

Heureusement, j’ai retrouvé les vieux potes. Les derniers Mohicans de nos années estudiantines à n’être pas encore partis pour d’autres cieux [Pour quelques mois, puisque tous deux se sont débrouillés pour devenir fonctionnaires en même temps et vont s'en aller vers leurs affectations respectives glander avec nos impôts, je ne vous félicite pas, messieurs].

Là non plus, ça n’a pas loupé : cinq minutes et une bière ont suffi pour qu’on se remette à causer comme si on c’était vus la veille. Ce qu’on a fait, jusqu’à point d’heure, dans un coin un peu magique où j’allais parfois, au bord de l’Isère. [Qui, ce soir-là, était saupoudrée de brume, regarde donc en haut à gauche du post la jolie photo que j'ai fait].

On a refait le monde au houblon, cette nuit et les trois qui ont suivi. Et pendant qu’on discutait, moi je me collais de la montagne et du paysage urbain en forme de madeleine plein les mirettes  Autant te dire que j’ai pas dormi des masses.

Pour ajouter au côté Fréquenstar de la chose, je me suis également retrouve dans mon ancienne école de journalimsme, mais cette fois en position de héros glorieux, revenu de la capitale auréolé d’une carte de presse et d’un poste plutôt classe. Inversion des rôles, limite conte initiatique.

C’est peut-être là que ça c’est joué. Que la parenthèse s’est refermée. Que j’ai dit au revoir à Grenoble, aux montagnes et à ces années, et rebonjour à Paris, à mon job, à ma vie. Ma vie ici. Ma vie maintenant.

Une bien belle vie, tout bien considéré.Presque celle à laquelle je rêvais alors, au pied des montagnes. Il a fallu que j’y retourne pour m’en rendre compte.

Hier, je suis remonté dans le TGV pour repartir vers Paris [où il flottait, évidemment, et où il faisait facile 15°C de moins], sans regrets. Ni tristesse, ni nostalgie.

Deux ans après, j’avais dit au revoir.

Il était temps.

Episode 206 |Par Sam | le 4 juil 2008 @ 1:46 | dans J'ai testé pour vous, Journal d'une rupture, Photos, Quotidiennes, Transports amoureux
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Service minimum (I)

Montmartre en flou

OK.  J’arrête de bouder.

Et je te raconte des trucs, puisque j’en ai des nouveaux sous le coude.

Donc, non, je ne suis pas en vacances, ce sera à la fin du mois. En revanche, j’étais bel et bien parti de Paris pour quelques jours.

Des motifs pas professionnels, mais pas loin non plus, m’ont en effet ramené dans la capitale des Alpes, pour trois jours qu’Hubert Beuve-Méry n’eut - pour une fois - pas renié.

Je suis rentré hier, épuisé, mais plutôt remis d’aplomb. J’étais pas retourné dans cette ville depuis deux ans et quelques semaines et en fait, j’en avais besoin. Pour clore le dossier.

Mais ça, je te raconte après.

En parlant de dates anniversaires, depuis quelques minutes, c’en est une aussi. C’était à Grenoble, il y a quatre ans, jour pour jour : le destin farceur venait enfin m’en coller une. En faisant les choses en grand. Tellement grand que j’ai du mal à passer à autre chose.

Pour célébrer ça, je suis retourné grimper, ce soir. Troisième séance, trois bonnes heures à agripper des blocs colorés pour se hisser de mieux en mieux vers le sommet des parois. J’ai plus de doigts, un genou abîmé, mais ça fait toujours autant du bien et en plus, je fais des progrès.

Encore quelques mois à ce rythme et j’aurai retrouvé mon niveau d’antan.  Mais déjà, il y a un effet cosmétique certain : je me remets peu à peu à avoir des muscles. Et [mode métrosexuel : ON] du coup, à poil, je suis presque beau. Enfin, je trouve, vu qu’il n’y a pas grand monde pour en profiter [Mode métrosexuel : OFF]. Ce qui, même si c’est un peu voulu, commence à peser, mais je vais pas de nouveau de te gonfler avec ça.

Puisque l’essentiel n’est pas là.

L’essentiel, c’est qu’en ce moment, je me sens grand. [Dans ma tête, hein, il est trop tard pour une poussée de croissance, hélas]. Enfin presque. Je me sens adulte. Enfin presque. Je me sens à ma place. Enfin presque.

Et je sais où je vais. A peu près.

Sur ce, je te raconte Grenoble.

Episode 205 |Par Sam | le 4 juil 2008 @ 0:07 | dans Messages à caractère informatif
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