Service minimum (I)
OK. J’arrête de bouder.
Et je te raconte des trucs, puisque j’en ai des nouveaux sous le coude.
Donc, non, je ne suis pas en vacances, ce sera à la fin du mois. En revanche, j’étais bel et bien parti de Paris pour quelques jours.
Des motifs pas professionnels, mais pas loin non plus, m’ont en effet ramené dans la capitale des Alpes, pour trois jours qu’Hubert Beuve-Méry n’eut - pour une fois - pas renié.
Je suis rentré hier, épuisé, mais plutôt remis d’aplomb. J’étais pas retourné dans cette ville depuis deux ans et quelques semaines et en fait, j’en avais besoin. Pour clore le dossier.
Mais ça, je te raconte après.
En parlant de dates anniversaires, depuis quelques minutes, c’en est une aussi. C’était à Grenoble, il y a quatre ans, jour pour jour : le destin farceur venait enfin m’en coller une. En faisant les choses en grand. Tellement grand que j’ai du mal à passer à autre chose.
Pour célébrer ça, je suis retourné grimper, ce soir. Troisième séance, trois bonnes heures à agripper des blocs colorés pour se hisser de mieux en mieux vers le sommet des parois. J’ai plus de doigts, un genou abîmé, mais ça fait toujours autant du bien et en plus, je fais des progrès.
Encore quelques mois à ce rythme et j’aurai retrouvé mon niveau d’antan. Mais déjà, il y a un effet cosmétique certain : je me remets peu à peu à avoir des muscles. Et [mode métrosexuel : ON] du coup, à poil, je suis presque beau. Enfin, je trouve, vu qu’il n’y a pas grand monde pour en profiter [Mode métrosexuel : OFF]. Ce qui, même si c’est un peu voulu, commence à peser, mais je vais pas de nouveau de te gonfler avec ça.
Puisque l’essentiel n’est pas là.
L’essentiel, c’est qu’en ce moment, je me sens grand. [Dans ma tête, hein, il est trop tard pour une poussée de croissance, hélas]. Enfin presque. Je me sens adulte. Enfin presque. Je me sens à ma place. Enfin presque.
Et je sais où je vais. A peu près.
Sur ce, je te raconte Grenoble.









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