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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

5 commentaires »

• # 115: commentaire
• posté par: kmille
• Le: 11 juin 2008 @ 9:22

Si tout le monde pouvait se rendre compte de ça, la vie serait plus douce. En même temps il y aurait pas de chanson d’amour qui ont marqué des générations, pas de films dramatiques où quand il y en a un qui part l’autre n’existe plus, pas de roman où l’amour te rend capable de tout… Bref en art on se ferait chier mais dans tout le reste ça serait bon… Très beau texte en tout cas…

• # 116: commentaire
• posté par: Fran
• Le: 11 juin 2008 @ 22:18

Ca se lit d’une traite tellement je l’ai trouvé beau ton texte et tellement je m’y suis retrouvée aussi dans ce récit. Cette Quête. Ce Chevalier ( pour mon cas ) des temps modernes ^^
Si ça se trouve tu as déjà les yeux fermés à l’heure qu’il est.
Si cela n’est pas le cas, ferme les yeux, et laisse venir ton imagination. Suis certaine que tu peux sentir la chaleur d’un corps, la douceur d’un baiser posé sur ton visage.
Je te la souhaite douce mon Sam.
Bises !!

• # 117: commentaire
• posté par: Sam
• Le: 12 juin 2008 @ 16:14
@Kmille : j’ai failli faire un para sur le fait qu’aucune chanson au monde ne parlait de la nécessité de se détacher de l’autre, mais comme c’était déjà très long, comme note…
@Fran : l’imagination, c’est bien, mais ça manque un peu de tangibilité, hélas.
• # 120: commentaire
• posté par: yibus
• Le: 13 juin 2008 @ 2:53

ouais, ouais, le théorème de machin-bidule m’est tombé des yeux (c’est hard comme truc), par contre, j’aime bien ton texte. Voilà.

• # 137: commentaire
• posté par: Casa
• Le: 19 juin 2008 @ 2:35

Ou comment s’effectue le passage de l’âge lyrique à l’âge de raison… Laisse tomber les conneries de Freud, elles rabaissent, mais je crois qu’on passe par ces deux états en grandissant et que c’est un fait commun assez partagé. C’est bien d’arriver à cette conclusion : être bien avec soi-même ; ce que tu racontes n’est pas révolutionnaire (et ce n’est pas l’intention), mais ça fait plaisir de te lire écrire ça.

A mon avis, c’est plus culturel que naturel ce bordel.

Théorème d’incomplétude

Pluie d'été en ville

[Attention, c'est long. Et un peu chiant. A se demander pourquoi je le publie. On va dire que ça pose un acte. Et que ça me fait du  bien]

Princesses.

Depuis que je suis petit, je rêve de princesses. Et me rêve en prince, charmant, évidemment. Faudrait jamais laisser un gamin se former à la vie à coups de romans.

A quelque chose comme 12 ans et demi, j’ai voué ma vie à la Queste ultime, la seule qui vaille, la seule que racontaient les livres : celle de la princesse. De ma princesse.

Une princesse idéale, que j’investissais de tout ce qui me manquait d’affection, d’amour, de confiance, de rêves. Une princesse thaumaturge, qui saurait guérir mes plaies, ouvertes ou secrètes.

Une princesse sur laquelle je transais littéralement, le soir, en fumant en cachette à la fenêtre.

J’en ai eu plusieurs, en vrai, des princesses. Elles le devenaient à chaque fois, qu’elles le soient ou non, qu’elles le veuillent ou non.Elles étaient mes Dames, mes Aimées, mes Amours éternels et uniques, je leur donnais mon âme, ma vie, sans hésiter. Et même plutôt deux fois qu’une. Je ne leur laissais pas le choix, de toute façon.

Super cadeau.

Que je finissais toujours par récupérer, plus ou moins abîmé, à chaque fois que les princesses se lassaient, à chaque fois que je m’apercevais que non, mon yin  ne s’emboîtait pas parfaitement avec leur yang, et que cette découverte me laissait sur le carreau de tant d’injustice.

Je pleurais un temps, au vent mauvais cette tragédie : non, il n’était pas possible de se fondre en elles pour y disparaître et trouver enfin cette vie vraie qui m’attendait forcément quelque part, ailleurs.

Après, je remontais sur mon cheval d’orgueil et repartais, les yeux déjà collés au ciel brumeux d’un novembre forcément gris et romantique, dans l’espérance que la prochaine, oh oui, serait la bonne. Serait cette autre avec laquelle enfin, je deviendrais entier.

[Je t'avais prévenu: c'est long]

Longtemps, c’était juste du romantisme mal placé. Une sale manie, une de plus. J’avais aussi plein d’autres choses en tête et des années estudiantines à savourer comme il se doit.

Et soudain, il y a eu la bonne, ou supposée telle. Celle qui, enfin, croyait autant que moi à cette fusion impossible. La première qui prenait mes serments au sérieux. Et me les rendait. Et scellait ce pacte d’amour total et éternel auquel je rêvais depuis les tréfonds de mon adolescence la plus boutonneuse.

Au début, c’était tellement énorme que j’en revenais pas.

Et puis le tableau a commencé à s’écailler un poil, rongé par le réel. Mais on s’est armés de courage et on a continué à pousser, à se contorsionner pour arriver à se fondre l’un dans l’autre et qu’enfin, enfin, ça devienne parfait.

On voulait tellement y croire. On attendait ce moment où on vivrait enfin ensemble à plein temps comme la porte vers un univers nouveau, vers un monde d’harmonie et de maturité.

Sauf que ça n’a pas marché. Je te refais pas le film. Ca n’a pas marché parce que ça ne marche jamais. Parce que la fusion totale et entière, toi et moi les yeux dans les yeux pour l’éternité, ça ne peut pas marcher.

J’ai mis près d’un an à le comprendre. A l’accepter. Le bilan et sa perspective : si ça n’a pas fonctionné cette fois, tu peux toujours réessayer, mais ça risque très fort de donner le même résultat.

J’ai réessayé, je suis têtu.

Ca a donné le même résultat. En accéléré.

Sauf que c’était la fois de trop.

J’ai garé le canasson, posé le fanion et l’épée dans un coin, enlevé le haume. J’ai fait une pose dans la Queste. J’ai réfléchi, genre. Limite l’acte impie.

Et je crois que j’ai compris. Un tas de trucs :

  • Qu’il n’y a le temps que pour une épopée, dans une vie : la tienne. Que c’est de celle-là qu’il faut t’occuper en priorité. Parce que c’est elle qui conditionne le reste, tout le reste.
  • Que si vraiment tu veux vivre pour l’Autre, autant directement entrer en religion et laisser libre cours à tes extases mystiques. Parce qu’on ne vit jamais entièrement pour quelqu’un, mais qu’à force de tenter de s’en convaincre, on finit surtout par ne plus vivre du tout.
  • Que l’existence est remplie d’altérités et de contingences sur lesquelles tu n’as aucune prise, de choix qui t’impliquent sans t’appartenir, et qu’il ne sert à rien de tout arrêter en attendant la décision, parce qu’elle ne changera pas d’un iota pour autant.
  • Et donc que mieux vaut essayer d’être bien tout seul, déjà. Parce que c’est plus qu’un début pour tenter de l’être à deux : c’est un pré-requis.

Depuis quelques semaines, j’ai arrêté la Queste. Celle-là, du moins. Je me lance sur d’autres. Les miennes.

Depuis quelques semaines, je profite de ce que j’ai, de ce qu’on m’offre, de ce que je peux prendre. Sans attendre de princesse pour me prendre par la main. En comptant sur moi. Et en essayant de faire en sorte de me faire confiance.

Et tu sais quoi ? C’est pas mal du tout. Je suis bien, J’ai 28 ans, un job qui tue, un projet que aussi, des vacances à planifier, suffisemment de sous pour ne pas trop m’en faire et envie de tas de choses pour moi.

Juste pour moi.

Et ça, c’est un peu la révolution.

Même si on ne se refait pas, pas totalement.

Même si ce soir, par exemple, j’ai une putain d’envie de câlins.

Et même pas de seske.

Juste besoin de tendresse, de bisous et de caresses.

Un besoin lancinant. Heureusement tempéré par la fatigue.

En guise de conclusion, j’ai aussi commencé à intégrer que le manque de sommeil, c’est sympa, mais brièvement. Donc je te fais mes excuses pour la longueur et le propos de cette note aussi bassement autocentrée qu’impudique, mais c’est la fatigue, et te dis bonne nuit. Je te la souhaite reposante et pleine de rêves.

[Ah, et un dernier pour la route : par souci d'apporter un peu de culture à ce déballage, si tu veux enfin savoir toute la magie du théorème d'incomplétude de Gödel et ainsi ne pas avoir totalement l'impression de t'être fait flouer, tu cliques .]

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Episode 197 |Par Sam | le 10 juin 2008 @ 23:02 | dans Journal d'une rupture, Pensées parasites
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