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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

9 commentaires »

• # 78: commentaire
• posté par: Fran
• Le: 2 juin 2008 @ 8:12

C’est l’état de transe qui t’as fait raflé une aussi bonne note ?? Ou bien c’était ta moyenne annuelle ?? Je te tire mon chapeau Sam ( même si je ne me doutais pas que tu devais être bien doué ).

• # 80: commentaire
• posté par: Ploum
• Le: 2 juin 2008 @ 16:21

Maintenant que le passé est passé, tu penses vraiment qu’il n’y avait aucun moyen de moyenner pendant 6 mois ??? Tu as sans doute, peut-être, éventuellement, érigé trop haut la vertu de ta n’amoureuse et lorsque le mur s’est écroulé, poussé au cul par un autre, tu l’as pris en pleine poire…

• # 81: commentaire
• posté par: yibus
• Le: 2 juin 2008 @ 16:53

et c’était une dissertation sur la jalousie… Et l’oral sur la première fois ?

• # 83: commentaire
• posté par: Sam
• Le: 2 juin 2008 @ 19:07
@Fran&Yibus : Fran & Yibus : j’étais plutôt doué en français, oui… et l’oral était sur la Chartreuse de Parme. L’écrit, je sais plus. Marrant que ça vous marque autant, ces deux phrases à la fin…
@Ploum : Ben si, évidemment, y aurait eu moyen, y a toujours moyen. J’étais jeune et naïf et timide, que veux-tu…
• # 84: commentaire
• posté par: Pimouss
• Le: 2 juin 2008 @ 21:24

C’est beau. Juste

• # 94: commentaire
• posté par: grinding hamster
• Le: 3 juin 2008 @ 21:51

Lire cette série de posts m’a rappelé un bouquin.. Que je viens de relire, comme ça dans la soirée. Qui m’a fait penser à toi, je sais pas trop comment.
Un livre qui n’est plus tellement de nos âges, enfin je dis peut-être ça parce que j’ai découvert l’auteur à l’âge tendre de 14 ans, ou pas loin. Je pense qu’il se range au rayon jeunesse dans les librairies, même que.
Bref, si tu as envie de tâter ce style, ce sera “Adieu Maxime”, de Brigitte Smadja.

• # 96: commentaire
• posté par: Sam
• Le: 4 juin 2008 @ 0:45
@Pimouss : merci.
@Grinding Hamster : je viens d’en lire un résumé, il y a de ça. Pas mal. Je te raconterai, à l’occasion…
• # 106: commentaire
• posté par: Hysteresis
• Le: 7 juin 2008 @ 15:24

J’ai été sauvé de ma toujours très nette tendance à intellectualiser/esthétiser toute relation amoureuse à l’extrême en lisant Bukowski et Henry Miller à 15 ans (ce qui évidemment est absurde).
C’est le problème des intellos : toute relation à l’action est une compromission avec le réel, et donc un déchirement paralysant. On a tendance à confondre les préliminaires avec les Rougon-Macquart.
Et le pire, c’est que ça ne change jamais vraiment…

• # 107: commentaire
• posté par: Sam
• Le: 7 juin 2008 @ 23:10
@Hysteresis : J’ai aussi tâté du Miller vers les mêmes âges. Faut croire que ça ne m’a pas guéri des canons de l’Amour romanesque…

Transport amoureux numéro 13

C'est beau, le Sud

[Trois fois que je le retente, celui-ci. Soit j'ai épuisé le genre, soit il me reste des séquelles. Il faut dire que c'est le premier un peu sérieux]

Nous étions en 1995, en première. On était dans la même classe, et surtout dans les mêmes cercles.

Dans mon lycée existait une ségrégation socio-spatiale immplicite entre les “baba-cools” et les “normaux”. Un distinguo vestimentaire, certes, mais pas que.

En gros, d’un côté on avait les “de souche”, jogging, baskets, football et boîtes de nuit. Et de l’autre les “fils de hippies venus s’installer là dans les joyeuses années 70″, pétards, concerts, fringues approximatives et marginalisme.

Evidemment, j’étais chez les seconds. Elle aussi.

Et là, on a un problème : j’ai beau me creuser la tête dans tous les sens, j’avoue ne pas avoir souvenance de la rencontre. Ni du premier bisou. Une vague réminiscence de patins d’après-classe, mais pas plus. Ce moment a disparu de ma mémoire. Étrangement.

Toujours est-il qu’à un moment, à la fin de l’automne, on était ensemble. Et comme on était en première, ça devenait soudain du sérieux. Du lourd. Du violent.

On s’attendait à l’entrée du lycée, tout pareil qu’avant, mais pas pareil non plus. Pas mal d’autres éléments avaient surgi. Déjà, on se parlait et tout. On se racontait les immenses sagas de nos longues vies (quinze ans, à quinze ans, c’est long), on se faisait rire, bref, on communiquait. Et surtout, on avait reculé la frontière et les bisous n’étaient plus le seul truc qu’on pouvait faire avec sa copine.

Elle était interne. Fille de maire d’un bled perdu loin là-haut, sur la montagne. De maire un peu taré. Bien que soixante-huitard de pointe, il refusait mordicus que sa fille chérie passe une seule nuit hors des chastes barrières de l’internat ou du domicile familial.

Autant te dire que ça ne nous a pas simplifié la vie.

Pour compenser, je poursuivais mon exploration de la puissance du texte, à coups de lettres enflammées bi ou tri-hebdomadaires, que je lui remettais solennellement, de préférence au début d’un cours.

Car non, nous n’étions pas non plus assis à côté. On avait réfléchi très sérieusement à la question avant d’en conclure que ce n’était peut-être pas le meilleur moyen d’équilibrer notre couple.

Car, à 15 ans, au-delà de trois mois, tu es déjà dans la couplitude. Et ça te fait grave kiffer.

Un truc dont je me rappelle, en revanche, c’est le “je t’aime” que j’ai fini par lui coasser piteusement à l’oreille, un vendredi soir, au moment où elle montait dans son car et repartait vers son papa.

Première fois que je prononçais ces mots sacrés. Petit con overdosé de romans, j’attribuais à ces huit signes un pouvoir kabbalistique. Les lâcher me paraissait à la limite de l’acte religieux.

Elle a répondu “je t’aime aussi”.

C’était bon. Dans tous les sens du terme.

Soudain, j’aimais. L’intensité du propos de mes missives s’en est trouvé tout dopé. D’autant que j’atteignais une sorte de climax total en matière de glauque domestique, qui m’incitait encore plus à m’accrocher à cette histoire comme une moule à un gisant.

Je l’ai littéralement agonie de serments, descriptions et autres baromètres de ma torride passion. En prose, mais tout de même. Et elle n’y était pas indifférente, pour le moins.

Mais il nous restait à transformer l’essai. Ce qui eusse pu s’avérer simple, si elle avait pu sortir les weekends. Mais l’oukaze paternel régnait.

De fait, on était bloqués dans l’amour courtois. Que je ne concevais que comme intense, noble, au-dessus des contingences matérielles et raffiné. En clair, pas moyen d’aller batifoler dans les toilettes des filles, c’eut été trahir London, Cavanna, Anhouilh, Djian, Tolkien, Duras, Herbert et tous ces auteurs dont je révérais l’esthétique.

Un soir, elle a pu négocier une permission de minuit pour une soirée. Alcool aidant, on s’est un tantinet pelotés. Voire un peu plus. Avant qu’Über-papa ne vienne la ramener au donjon. J’en ai conservé une érection durant 48 bonnes heures.

Et, au bout de six mois, soit une éternité, notre union restait chaste, hélas.

Et, même semi-people du bled à force de faire le con sur la radio locale, j’étais trop timide pour taxer quelques heures l’appartement d’un pote et profiter d’un cours annulé.

Ce qui, tu t’en doutes, a fini par déboucher sur un drame.

En l’occurence, je suis parti quinze jours. Faire - grâce à ma grand-mère prof d’anglais, que je ne remercierai jamais assez, de ça et d’un tas d’autres choses - un voyage dans la pure tradition de l’initiatique. Chez les indiens navajos, au fin fond du Nouveau-Mexique. Je pourrais t’en parler des chapitres entiers, tellement ce fut énorme. Ce sera pour un autre post.

Toujours est-il que même là-bas, elle demeurait ma Beatrix. Toujours est-il qu’un certain soir, alors qu’on contemplait les étoiles qui se levaient au-dessus de Monument Valley dans un silence absolu, je lui ai dédié cet instant de total émerveillement.

Sauf que.

Sauf que mes lettres ont mis quinze jours à lui parvenir.

Sauf que pendant ce temps, dans son bled, il y a eu une fête. Et qu’un mec lui a mis le grappin dessus. Avec des arguments plus charnels et immédiats que mes moiteurs toutes réthoriques.

Ce qu’elle m’a avoué le jour de mon retour.

Première rupture [ami psychologue, fais-toi plaisir]. Premiers chagrins.

J’ai passé le bac français en transe. Malheureux comme les pierres, enragé comme un diable de Tazmanie constipé.

[Pour la petite histoire et mon égo, j'ai eu 16,5 de moyenne]

Et j’ai trouvé une autre fille sur qui fixer mes transports.

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Episode 187 |Par Sam | le 2 juin 2008 @ 3:12 | dans Transports amoureux
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