Les anges vagabonds (j'ai testé pour vous : le tourisme)
Je t’ai dit, que j’avais un projet secret de ouf malade ? Tiens-toi bien : cette année, il se pourrait que je parte en voyage. Si.
Genre à l’étranger. Loin et tout.
[La dernière fois que je suis parti à l'étranger, les riants paysages du canton de Vaud exceptés, c'était... oh putain. J'ose même pas l'écrire. C'était en décembre 2004, trois jours à Barcelone.]
A la base, c’est un pari d’ivrognes voilà quelques semaines avec mes deux geeks préférés. Genre “tiens, vous faites quoi cet été ? Rien ? Si on allait à l’autre bout du monde ?”.
On a attrapé nos bières, filé devant le PC, installé Google Earth, et commencé à rêver. Chili ? Alaska ? Israël ? Afrique du Sud ? Vietnam ? Australie ?
Alcool aidant, on était directement dans le road movie sauvage et initiatique. On se voyait déjà [enfin moi, en tous cas, mais je suis incurable], sac au dos, cheminant loin des voies touristiques, dans le pays profond, au moyen de trains, bateaux et animaux de bât divers. Dans des paysages idéaux, évidemment, et surtout en un périple initiatique autant qu’enrichissant fait de rencontres , de découvertes et d’apprentissages qui nous ramèneraient plus forts au pays, tels les Hobbits à la fin du Seigneur des Anneaux.
Après, on a été sur govoyages, et on a moins ri. Et commencé à budgéter l’opération. Et donc à réduire nos prétentions à tout point sur Terre accessible fin juillet-début août à un coût inférieur où égal à 600 euros.
Ce qui te réduit d’entrée la mappemonde.
Pour ce tarif, tu as, genre exotique, l’Inde.
[Merveilleuse Inde de tous les mystères et de toutes les beautés, palais, maharadjas, jungles profondes et plages tropicales, le tout baignant dans une atmosphère de spiritualité profonde et ancestrale....]
Perso, j’y étais. A fond. Je nous voyais déjà, embarqués dans un vieux train à vapeur, de villes en ville, à bouffer des chapàti.
Mais mes geeks sont aventureux. Voire excessifs. Surtout au-delà de la dixième binouze. Et les voilà partis à me dire : “attends, si on va en Inde, autant aller au… Népal”.
[Le Népal, ses paysages de montagnes si immenses que tu ne peux que te sentir intrus et minuscule et plein de respect pour cette massive splendeur, ses temples, ses moulins à prière bouddhistes oscillant au gré du vent qui souffle en permanence sur un décor austère et beau de maisonnettes accrochées aux pentes du plus haut massif du monde...]
Bon, j’admets : à peine on avait évoqué le Népal que j’étais déjà parti.
Le lendemain, à jeun, déjà moins. D’une part parce que mon neurone de journaleux s’était enfin réveillé et me titillait que c’était quand même un peu tendu, géopolitiquement parlant. Et puis surtout parce qu’en voyant mes deux geeks émerger péniblement, je m’inquiétais un peu de la viabilité du plan trek à 5.000 mètres [pardon, les gars].
Du coup, retour à l’Inde, [ses jardins, ses saddhûs, ses crémations en plein air, ce festival permanent d'odeurs et de couleurs...]
Sauf que.
Sauf que fin-juillet début août, seules dates communes possibles, en Inde, c’est la mousson. Et que donc il pleut. Fort. Tout le temps. Enfin, sur le nord du Sous-continent. Au sud, c’est la période chaude. Et donc il fait 45°C. Et 80% d’humidité. Toute la journée.
La partie logistique de l’opération semblant me revenir de fait, j’ai donc commencé à chercher un plan médian. Au sens propre : mi-mousson, mi-canicule. Pondichéry ? Ca l’aurait fait pas mal. Sauf que je n’avais pas compté sur un élément: l’entropie inhérente à toute chose, surtout moi et mes geeks, qui avait commencé son long travail de sape.
Aux dernières nouvelles, il y en a un qui ne peut plus acheter de billet d’ici un bon mois, parce qu’il a trop fait grève et qu’il n’a plus de sous. L’autre est parti, en Sicile, je crois, pour une semaine ou deux. Quant à ton serviteur, il faudrait sérieusement qu’il songe à prendre rendez-vous avec sa charmante banquière. Et à refaire un passeport.
Je viens de regarder : le billet a pris 100 euros en quinze jours. Si on les prend en juin, on sera dans les 700 €. Bref, le coucher de soleil sur le Gange dans la cité sacrée de Bénarès, ça semble compromis.
Mais je suis un homme de ressources. J’ai étudié la philosophie asiatique. Je sais, tel le bambou, me plier au gré du vent mauvais d’un univers hostile pour mieux rebondir et lui niquer sa gueule en poussant un “kiaïiii” vicieux.
Donc, je cherche un itinéraire bis. Là, je suis sur une piste : le bon vieux pass Interrail. Pour 359 euros, tu prends le train gratos dans 30 pays, 10 jours maximum sur 22 au total. Soit de quoi te faire plaisir.
Reste à vendre le truc à mes petits camarades.
Je songe à la côte Dalmate, ses monastères, son histoire déchirée au carrefour des mondes Romain et Orthodoxe, puis des invasions Turques, tout ça.
[Ecrit-il avec Google Earth en fond d'écran, en bavant copieusement]
Ou alors la Mer Noire, carrefour de tous les carrefours. Les côtes de Bulgarie, de Roumanie. Et un détour par Istamboul. Genre.
Et pourquoi pas la mer Baltique ? L’ex-empire Hanséatique du moyen âge, tout ca ?
Mouais.
Faut que je me décide. Vite.
Sinon, nous connaissant, ça va finir à Arcachon, cette affaire.








2 commentaires »
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• posté par: Partir, est-ce revivre un peu, ou pas ? | [Chiens écrasés]
• Le: 20 juin 2008 @ 2:12
[...] 20 jours de vacances à prendre fin juillet-début août. Calés en fonction de mes camarades geeks, dont l’un m’a lâché. Du coup, faut que je trouve assez vite où aller, quoi faire de [...]
• # 203: pingback
• posté par: Congés payés | [Chiens écrasés]
• Le: 18 juillet 2008 @ 18:34
[...] En Chartreuse, même. Avec mes deux geeks d’amûûûr. [Oui, ceux avec qui je devais aller au Népal, au départ. C'est toute l'histoire de nos trips loose, ça. On part pour Katmandou, on se retrouve [...]