Le jour de la marmotte
Mardi 15 avril, 6h00. Bidibip, fait le portable. Je tente d’ouvrir un oeil, difficilement. Me lève comme un automate. Ordinateur, Firefox, France Info. Sous la douche, j’écoute d’un neurone endormi une voix anonyme égréner ce qui va rythmer ma journée. Je mets dix minutes avant de parvenir à enfiler cette saloperie d’attelle dans ma pompe gauche. Et pars clope au bec, en retard et en boîtant, au travail. Dont je rentre à 17 heures, épuisé. Sieste. Je me réveille au bout de deux heures, l’air hagard. Et passe le reste de la soirée à comater.
Mercredi 16 avril, 6h00. Bidibidip, fait le portable. Je l’attrape et l’éteins, soupire, me lève. Ordinateur, radio, douche, attelle, porte. Je suis encore à la bourre. Je boîte plus vite vers le métro. Retour maison à 16h00, sieste. Vers 19h00, ma soeur passe boire l’apéro. On compare nos tares respectives en les humectant au Pastis et en avalant du saucisson corse. On se couche bien pétés, mais plutôt soulagés. S’épancher, c’est toujours ça.
Jeudi 17 avril, 6h00. Bidibidibip, fait le portable. J’entends ma soeur se réveiller en sursaut. Cinq minutes plus tard, elle est partie, très en retard. Il y a pire que moi, niveau horaires. Douche, radio, attelle, rue, métro, j’enchaîne sans plus y penser. J’arrive chez moi vers 18h00. Pas de sieste, du coup. Je suis un zombie jusqu’à 21 heures, où je capitule et m’endors devant West Wing.
Vendredi 18 avril, 6H00. Bidibidibidip, fait le portable. Je le coupe, me rendors une demi-heure. Je me lève sans savoir pourquoi. Pas de radio, pas de douche. Juste un enfilage rapide de fringues, une main dans les cheveux sales et trop longs avant de fermer la porte et de partir. Je rentre 16h30. Ce coup-ci, pas d’heures supplémentaires, juste une effroyable envie de pioncer. Je sieste donc une heure et me réveille tout aussi fatigué que les autres soirées de cette putain de semaine interminable et vide et grise.
Qui est, donc, finie.
J’y croyais plus.








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