Bricol-boyz, suite
Vends rein, état moyen, pour cause visite dans magasin de bricolage.
Ca y est : les étagères sont posées. Et bien posées. En fait, elles sont tellement bien posées que si l’immeuble s’effondrait, il y resterait un pan de mur avec mes étagères dessus.
Ceci étant, cette petite fantaisie m’aura coûté un mois de salaire de ministre tanzanien. Facile. Du coup, j’envisage de créer un mouvement terroriste dévolu uniquement à la pose de bombes incendiaires dans les M. Bricolage de Paris. Parce que merde, combien de temps va-t-on rester sans réagir ?
Et là, je vais te causer bricolage. Alors accroche-toi bien.
En fait, j’ai voulu poser ce qu’on nomme des tablettes murales. J’ai donc déniché, au M. Bricolage du coin, quelque chose d’approchant. Genre planches en pin, arrondies aux angles. D’à peu près 70 cm sur 15 de profondeur. Prix à l’unité du bidule : pas loin de 25 euros. Bon, je me suis dit, c’est pas grave, ça doit certainement être des planches issues d’un pin millénaire vénéré comme un Dieu par les peuplades primitives de Laponie, acheminé en bateau à voile à travers les fjords, un truc du genre.
J’en ai acheté deux voilà quelques mois. Avant de me rendre compte que ça le faisait pas. J’ai donc, avec l’accord de mon banquier, que j’ai préalablement saoulé à la vodka, investi dans deux de plus.
sauf que… J’avais déjà eu l’occasion de m’en rendre compte avant, c’est une vaste arnaque. Car le prix scandaleux des machins est également justifié par leur système d’accroche “révolutionnaire”. En gros, chaque planche est munie de deux trous placés sur l’une de ses longueurs. Chacun est là pour accueillir un dispositif constitué d’un gros kiki métallique (je n’ai pas vérifié, j’imagine que c’est de l’or massif, comme métal) auquel on a ajouté à l’une des extrêmités une plaquette munie de deux petits trous destinés à y poser des vis.
Le principe est donc le suivant : tu fais quatre trous dans ton mur. De préférence à la bonne hauteur tout ça. Tu mets des chevilles dans les trous. Ensuite, tu accroches tes deux bites en or. Et tu y enfile la planche. Et si tu t’es bien débrouillé, ça rentre comme papa dans maman, dirait mon paternel, qui vient du bâtiment. Et si en plus tu as fait un peu gaffe, c’est même à peu près droit et ça le fait.
Le souci, c’est qu’ensuite, il ne faut pas vouloir poser autre chose qu’une feuille de papier sur la tablette. Sous peine de la voir s’affaisser de cinq bons centimètres. Ce qui est logique, puisqu’elle ne tient que par la partie collée au mur et empalée sur les kikis dorés.
Avisé de la question, j’ai, après une mure réflexion, trouvé une solution: placer ce qu’on nomme une équerre, en l’occurence un morceau de bois de forme coudée, chargé de soutenir la tablette.
Me voilà donc, jeudi soir, au M. Bricolage, à la recherche d’équerres pas trop moches. Oh, rassure-toi : j’en ai trouvé. Mais à un prix que j’hésite à taper tellement il est ridicule : 8 euros le bidule. Là encore, on doit avoir à faire à un assemblage de bois rares, passé par le Vatican pour être béni par sa Sainteté avant d’être acheminée à dos de moines trappistes muets en une procession solennelle jusqu’au M. Bricolage du coin.
Bref, je suis donc passé à la caisse avec mes deux tablettes, mes quatre équerres, et un sous-verre même pas en verre pour accrocher une affiche. Et j’ai frôlé la tachycardie en voyant s’afficher le prix : 120 euros.Je suis rentré chez moi en pleurant toutes les larmes de mon corps.
Avant de m’apercevoir que je n’avais plus de chevilles béton en stock. Et de retourner, ce matin, en acheter. En compagnie d’une équipe de psychiatres du Samu, spécialisés dans le traitement à chaud des chocs traumatiques.
Quelques heures, coups de marteau, galères et autres luxations de poignet à force de coups de tournevis rageurs, parce ma perceuse est une daube avec dix minutes d’autonomie, j’admire mon superbe dispositif. C’est beau. En plus, c’est moi qui l’ai fait tout seul.
Et je me dis qu’en comptant les quatre tablettes, les équerres, les chevilles et les vis, j’aurais aussi pu m’acheter une maison en Ukraine. Ou au moins trois étagères déjà montées.
Monde de merde.








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