Matérialisme dialectique
Bon. Là, il est temps d’agir.
J’ai plus de sucre, plus de liquide vaisselle, plus de dentifrice, plus de gel douche. Par contre, j’ai de quoi remplir un conteneur avec les cadavres de bouteilles diverses et variées qui squattent ma cuisine. Sans parler des fringues qui sèchent partout, qu’on croirait l’arrière-salle d’un pressing. Ni des journaux et magazines qui s’accumulent en petits tas à droite et à gauche.
J’ai aussi une bonne demi-journée de paperasses qui m’attend. Et il faut que je me décide à aller m’acheter quelques chemises et une paire de pompes, sinon la sécurité va finir par m’empêcher de rentrer dans l’immeuble où je bosse.
Quoi d’autre ? Ah oui, il faudrait aussi que j’aille me faire couper les cheveux, parce que le look Beatles 1962, ça va un moment, mais pas plus.
Et puis que je passe tout l’appart au kärcher, aussi. Ou alors je fous directement le feu, je gagnerai certainement du temps.
Bref, le weekend s’annonce grandiose.
Ceci dit, je suis hyper fier de moi : ce matin, j’ai recousu un bouton. Tout seul comme un grand. C’est pas la classe, ça ?
Le célibat est une aventure humaine au quotidien, moi je dis.








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