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Tiens, il ne flotte plus. On dirait même qu’un rayon de soleil a décidé de se glisser entre deux épaisses couches de grisaille, comme un genre de clin d’oeil ironique.
Il est 18 heures. Je viens d’enfiler un jean. J’ai pioncé toute la journée, entre deux épisodes de West Wing que j’avais déjà vu.
Mon appartement ressemble à une cache vietcong dans laquelle on aurait fait péter une grenade. Des fringues et de la bouffe partout, un bonheur. J’ai aucune envie de ranger.
Je suis un blaireau blessé dans son terrier crado. C’est méchant, les blaireaux. Surtout blessés. C’est hargneux. Je suis un blaireau méchant. Mais ça rumine pas, les blaireaux. Moi, oui. Je mâche et je remâche. Le goût reste amer, mais ça occupe. Je guette, aussi, un peu. Ca guette, les blaireaux ? Certainement.
Je peux même pas aller party all night, je bosse tôt demain. Alors je contemple le désastre qui me sert de piaule. Les draps pendus sur l’étagère. La bouteille de pif vide à côté du bureau. Derrière la bouteille, il y un genre de cadre sur lequel je punaise des trucs par-dessus les tracts électoraux de Mitterrand et de Gaulle en 1965.
Et accroché au nez de Mitterrand avec une fléchette jaune, il y a un mot. Que j’ai pas envie de décrocher.








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