Coffee and break
Trois jours de nécessaire débranchage en ligne de mire et il était temps. On va tenter de se calmer un peu. De se détendre. De se poser. De respirer lentement et à fond. De lâcher les épaules. De pousser un gros soupir. De bailler très fort. Et de ronfler.
Je tourne à 5 heures par nuit depuis dix jours et j’arrive plus à dormir. J’avale tellement de litres de caféine que mes draps s’en souviennent et on pourrait alimenter un village moldave avec le voltage que je dégage.
Je suis au taquet de chez au taquet. Caramba. Il est bon, ton café, gringo. Ressers-en moi un litron ou deux, veux-tu ?
Une pile électrique. Un président français lapin Duracel. [quoi, c'était facile ? Si t'es pas content, casse-toi, pauvre con ]
Même pas fatigué. Hyper pro. Au boulot presque à l’heure, à 15-20 minutes près, quoi.
Et là, un roc. Une machine bien huilée. Tu veux un papier, coco ? Je suis là pour ça.
Enfin presque. Il faut que tu saches un truc : le manque de sommeil, ça me rend hargneux. Voire pénible. Demande à ma hiérarchie ce qu’elle en pense.
Du coup, ça donne plutôt “Je vais te l’écrire, ton machin, mais franchement, je trouve ça super nul, comme sujet. Au fait, je t’ai dit que l’idée de l’autre, c’était de la merde et que lui aussi ? Tu adores, toi ? Ca m’étonne pas. Ah, sinon ta cravate est super moche. Allez, à plus, je vais taper ta bouse”.
L’avantage, c’est qu’en tant que journaleux, je jouis du droit total et inaliénable de grogner. C’est dans la Charte de 1918 [Comme disait Hubert Beuve-Méry, "tant qu'un journaliste gueule, c'est qu'il est en bonne santé, coco"].
L’inconvénient, c’est que du coup, le prochain reportage exotique, je suis pas sur qu’il sera pour moi [Comme continuait Hubert Beuve-Méry "c'est pas parce que t'es en bonne santé que j'ai envie de te faire plaisir,coco"].
Je te mets un bonus, tiens. Je suis comme ça, moi, j’ai pas peur, je suis un fou.








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