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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

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Les héros sont fatigués

[Note que je ne m'excuse même pas pour la rareté proprement fossile de mes notes ces derniers temps. J'étais, je suis, très occupé à faire de vrais trucs dans le vrai monde. Mais sache tout de même que j'ai écrit un truc avant-hier. Tout pourri. Tellement que j'ai laissé tomber. Note aussi que ce soir, en revanche, j'ai des trucs à te dire. D'où le fameux proverbe : "il faut vivre pour bloguer et pas bloguer pour vivre"].

De notre envoyé spécial à [...]

Il est 1h30 du matin. Je viens d’envoyer mon dernier papier de la journée.

Il est 1h30 du matin, et ça fait 18 heures que je suis debout. Et quand je dis debout, je parle au sens propre. J’ai exploré cette ville d’est en ouest, du nord au sud. En métro, pas mal, en bus, un peu. A pied, surtout. En bouffant du bureau de vote, du candidat, du militant, de la salle de presse.

J’ai déchiffré un plan de ville toute la journée, à m’en coller mal à la tronche. J’ai enfilé des rues, des boulevards, des places, des stations de métro. J’ai exploré, j’ai erré, je me suis paumé, j’ai fait et refait les mêmes endroits pour suivre le truc. J’ai mangé deux fois en deux jours, essentiellement du fast-food. J’ai tapé mes papiers le portable sur les genoux, sur les marches d’un escalier et en plein vent [mais en plein soleil aussi, ami Parisien. Et, définitivement, j'aime le Sud]. J’ai acquis en 24 heures une culture encyclopédique de la vie politique de cette ville où j’avais foutu les pieds trois fois auparavant. J’ai paumé le chargeur du PC portable dans la bataille. J’ai filé des infos à la correspondante locale. J’ai galéré deux heures avec des wifi qui marchaient pas et une caméra qui déchargeait sa batterie toute seule.

C’est le charme du ouaibe. Là où les autres bossent en équipe, là où le canard national qui va bien balalance deux envoyés spéciaux en plus de ses correspondants, toi tu es tout seul. Et en plus, les autres journaleux te regardent généralement avec un air sceptique. Limite ils te jetteraient des trucs à la tronche. Heureusement, sur la plupart des gens, le “je suis journaliste, je fais un reportage”, ça impressionne encore un peu.

Bref.

Il est des fois, trop rares hélas, où je suis fier de mon boulot. Et de mes petites bafouilles numériques. Où je me dis que je fais pas seulement le plus vieux métier du monde. Mais aussi l’un des plus beaux. Ou en tous cas des plus intéressants. Hein, coco ? [Demanderait Hubert Beuve-Méry avec un air salace]

Il est des fois, trop rare aussi, où je suis content de moi.

Ce soir, je le suis deux fois, à deux titres différents, dont un que cherche pas, tu peux juste pas savoir ce que c’est.

Je fêterais bien l’événement, mais demain, faut que je me lêve tôt, j’ai un chargeur de PC portable à récupérer une interview à faire.

[Et en plus faut que je te laisse, il me reste 30% de batterie]

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Episode 59 |Par Sam | le 17 mar 2008 @ 2:59 | dans Quotidiennes
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