J'ai testé pour vous : les petites joies simples de la vie de bureau
[Rentrer chez soi, une fois tous les trois jours, c'est pas mal. J'ai l'impression de redécouvrir mon F1. Qui du coup reste propre, c'est l'avantage - entre autres. Après, il était temps de revenir. Ce matin, j'ai dû aller m'acheter des sapes dans un Monop' local, j'avais plus rien de propre]
Paraît qu’il faut que j’arrête de te demander si ça va, toi. Dont acte. Moi, ça va bien, merci. Je pourrais paraphraser l’autre et te dire que mes nuits sont plus belles que tes jours, mais ce serait vaniteux (et puis je sais pas ce que tu fais de tes journées, après tout).
Mes journées, par contre… De fait, manque de sommeil et gueule de bois n’aident pas. Mais parfois, j’exècre violemment la vie de bureau. Que j’y lâcherais bien des troupeaux de buffles, genre. Ou des litres d’essence et une alumette.
Comme tu le sais [si tu le sais pas relis depuis le début, ça fera monter mes stats quelque peu anémiées par une fréquence de post légérement en recul, tu es bien exigeant], je bosse essentiellement dans un espace clos, qu’on appelle souvent à tort “open space”. Le “open” étant essentiellement incarné ici par deux fenêtres donnant sur un fond de cour moisie.
Dans cet open space, opportunément aménagé à partir d’un genre de grand couloir de passage entre deux bâtiments, cohabitent, de très tôt le matin à très tard le soir, un certain nombre de gens. De plus en plus, puisqu’on est dans un secteur en plein développement, comme nous l’expliquait le big boss pas plus tard qu’hier au détour d’une coupe de champe. En tous cas trop pour ne pas se sentir quelque peu opressé.
D’autant que sociologiquement, fonctionnellement et financièrement, ces quelques mètres carrés de moquette bleu-gris sur bureaux en agglo motif pin des landes abritent un biotope plus varié que celui d’une jungle moyenne. On a pêle-mêle du journaleux, du geek infographiste ou informaticien, du marketeux, de la secrétaire, du spécialiste de sport et de la greluche de mag féminin. Qui, évidemment, passent la moitié de leur temps à se pourrir entre eux
Le tout solidement structuré par une sympathique bande de jeunes cadres dynamiques à costard et blackberrys qui circulent, s’interpellent, font des blagues, reçoivent des clients et parlent fort. Et passent également leur temps à se maudire et à jouer leur kriegspiel corporate.
Ajoute à ça une clim déréglée qui produit une température d’environ 30°C, un mois de mars relativement rythmé, municipales obligent, une fatigue générale, et tu obtiens un climat général assez tendu à la base.
Surtout lorsque tu relève le tout avec l’entropie inhérente à toute vie de bureau ordinaire. A base d’ordinateurs qui rament, de piles que tu en as besoin et y en a pas, de cassettes que pareil et de télécommandes disparues mystérieusement (on soupçonne les Farc).
Et que tu épices d’un soupçon de joies propres au web, soucis de navigateur, de codecs audio ou vidéo, de compatibilité entre tels et tels périphérique, de service informatique gentil mais déficient, de plantages de logiciels inopportuns et autres bugs.
Là, déjà, la sauce prend pas mal.
Après, tu peux rajouter d’autres ingrédients. Genre susceptibilités diverses et variées, charmes propres au journalisme en période électorale, collusion de plannings et stress.
Agite un peu le tout, et normalement, ça part en vrille tout seul.








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