Strange days
Etrange journée, définitivement.
Malgré ma nuit pas blanche, mais pas loin, j’ai explosé mon record de vitesse, ce matin. Avec l’impression que le vélib’ était kité, comme on disait au collège.
Il faisait presque doux. Imperceptiblement moins hivernal.
J’ai rien glandé au boulot, mais avec le sourire et le plus grand sérieux. En sortant, le temps était hollywoodien, entre soleil et pluie. La meringue de Montmartre en devenait presque irréelle, à briller doré sous les rayons pendant que je marchais sous la flotte.
En rentrant, je me suis effondré. J’ai sombré deux heures. J’ai écrit 10.000 signes d’une traite. Qui m’ont allégé de deux tonnes. Je les ai envoyés. J’ai fait la vaisselle. Ecouté Noir Désir à fond, fenêtres ouvertes. Il faisait encore jour à plus de six heures. Une révolution.
Mes signes me sont revenus. Sans surprise. Ni déception. Juste une confirmation de ce que je savais déjà. Et que j’ai entériné en réponse.
Après, j’ai été fumer une clope à la fenêtre en écoutant Cantat chanter “à ton étoile” sur les violons de Tiersen. En regardant les étoiles, justement. Et la nuit. En me saoûlant d’air froid [et d'un verre de Minervois - Château Festiane 2006 pas terrible, mais ça va].
En me disant que c’était pas grave. En me disant pour la milliardième fois que la vie est belle. Même triste.
Elle est surtout courte. Sur mon Netvibes, le compteur continue à défiler. 614 jours avant la trentaine. Et pas moyen de revenir en arrière. Alors autant avancer. Autant savourer chaque seconde qui passe. Chaque moment. Chaque rencontre.
Dans cinquante ans, si je tiens jusque là, je serai presque octogénaire. Et tout ce qui me restera, ce seront les souvenirs. Alors autant s’en constituer une palette. Des bons comme des mauvais.
On gagne, on perd, quelle importance ? L’important c’est de jouer. L’important, c’est d’essayer. L’important, c’est d’apprendre. Et d’avancer.
Episode 43 |Par Sam | le 31 mar 2008 @ 23:32 | dans Quotidiennes
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Ménage de printemps
Tu sais quoi ? Ca va mieux.
A part que j’ai dormi cinq heures, que je suis naze et que je crève de faim parce que j’ai pas mangé hier soir.
Mais sinon, c’est bon. J’ai fini ma crise.
Alors comme je suis pas forcément super fier de toutes les conneries que j’ai écrites ici ce weekend, ben j’en ai viré quelques unes. Les plus gratinées, quoi.
J’avais certainement un peu besoin de raconter ça. Mais j’ai pas forcément envie que ça reste là. Parce que quand je relis certaines notes, je me dis que je suis définitivement un grand malade. Ou au moins que j’ai vraiment tendance à en faire des tonnes. Donc, poubelle. Et on repart.
Sur ce, je te laisse. C’est une nouvelle semaine qui commence, et la France a besoin de moi.
Episode 44 |Par Sam | le 31 mar 2008 @ 6:41 | dans Messages à caractère informatif
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Thérapie musicale
Tiens, tu veux que je te donne un vieux truc scout pour les weekends tout pourris comme celui que je viens de m’enfiler avec du gravier (pardon, c’est parce que j’ai des malheurs) ?
Pour moi, ça marche à tous les coups. Pas super longtemps, mais c’est déjà ça de pris.
Quand, donc, tu es triste et glauque tel le panda du zoo de Vincennes, et que tu sens que ça commence à devenir un peu ridicule, et que tu en as un peu marre, et que tu aimerais bien passer à autre chose, il existe une solution simple et efficace.
Prends ton répertoire de musique (ou tes CD si tu en es encore là), et sélectionne-toi une petite playlist bien glauque des familles. Vas-y franco. Les trucs les plus déprimants que tu possèdes, ceux qui feraient chialer même un gardien de camp de travail Birman. Et envoie la sauce.
Personnellement, je m’enquille des choses comme ça, par exemple :
Pour corser la chose, essaye d’imaginer en même temps un truc genre paysage industriel au mois de novembre en Roumanie. Et tu enchaînes. Faut pas perdre le rythme. Tu peux aller vers des trucs dans ce goût là, aussi :
Ca y est ? Tu as mal ? Tu as envie d’aller te coucher en travers de la rue en bas de chez toi ? De t’avaler une bouteille d’eau-de-vie cul sec ? De signer à la Légion Etrangère ? C’est parfait. Il est temps de porter l’estocade. Avec la chanson la plus triste que tu puisse trouver. Genre :
Là, normalement, tu finis par te sentir un peu ridicule, à écouter tes trucs glauques tout seul chez toi. Et tu commences à choper un petit sourire ironique en coin. Et c’est là où il te faut l’électrochoc. Un truc qui met la pêche. Ou au moins le sourire Genre ça :
Si tout va bien, c’est vers ce moment-là que tu comprends que tout ça n’est pas si grave. Que ça passera. Que ça ira mieux. Forcément.
Et surtout que la vie est belle.
[Par ordre d'apparition, donc : Radiohead, Motion Picture Soundtrack / Miossec, Brest / Radiohead, Exit Music - for a film / Beirut, Nantes. Je t'avoue que j'ai plus glauque en magasin, mais YouTube, non]
Episode 45 |Par Sam | le 30 mar 2008 @ 20:50 | dans J'ai testé pour vous
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Ambiance
Temps de merde. Humeur de merde. Ville de merde. Lundi de merde en perspective.
J’ai tenté d’aller marcher quand même. Pas longtemps. Suffisemment pour comprendre que voir défiler des trottoirs mouillés entre mes pompes de Grenoblois ne risquait pas de m’améliorer le moral.
Darth Bisounours n’aura tenu que le temps d’une matinée avant de s’évaporer faute de carburant. La rancœur, je sais pas faire. Ca tient jamais le choc longtemps avant de redevenir ce que c’était à la base : juste de la tristesse. Juste de la déception. Juste du rien. Juste un épais bouillon de bouts de souvenirs divers, de questions oiseuses et d’impulsions contradictoires, qui continuent à mariner dans ma tête. Suffisamment pour m’empêcher de penser sérieusement à autre chose.
Faudrait vraiment que j’arrête de foncer tête baissée dans les murs, un jour. Ou au moins que je songe à mettre un casque avant.
Faudrait que je cesse de te gonfler avec ça, aussi, je sais. Mais c’est pas gagné.
Episode 47 |Par Sam | le 30 mar 2008 @ 19:55 | dans Quotidiennes
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Darth Bisounours
Ca y est.
J’ai compris.
Il en aura fallu, du temps et des tartes, mais j’ai compris.
Et comme toutes les grandes découvertes, celle-ci tient en partie à un heureux hasard.
En l’occurence, hier soir, j’ai avancé l’horloge de mon téléphone, qui me sert de réveil, histoire d’anticiper le changement d’heure. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ce cher téléphone allait anticiper aussi. Et avancer tout seul d’une heure.
Résultat : à 6 plombes du mat, heure d’été, tililit. Moi, dans ces cas-là, je cherche pas à comprendre, j’obéis juste à mon cerveau reptilien. Tililit = se lever, aller douche.
Ce n’est qu’une fois sous l’eau que j’ai eu un doute, en voyant qu’à ma montre, que j’avais aussi avancé la veille, il était 6h20 et non 7h20 comme je le pensais. Comme je suis un bon professionnel, j’ai recoupé mes sources avec France Info et deux sites internet, avant de me rendre à la cruelle évidence : ce con de téléphone venait de me voler une heure de sommeil.
Moins de vingt secondes après cette découverte, j’étais de nouveau sous ma couette. Mais voilà : c’est pas si simple, de se rendormir. J’ai donc mis un moment à retrouver Morphée.
Et c’est là, entre sommeil et réveil, que la lumière fut dans mes synapses.
Ca donnait un truc genre “mais bordel, en fait, ça suffit, toutes ces conneries”.
Dans les dix conseils pour se faire dégager que j’ai censurés hier, y en avait un qui s’intitulait “être une serpillère”. C’est exactement ce que j’ai fait, ces derniers temps. La serpillère, le paillasson, ce que tu veux comme métaphore pour le gentil boulet qui attend en gémissant “aimez-moi”, les yeux remplis de larmes, qu’on vienne le prendre par la main. Et qui se roule en boule en glapissant lorsque d’aventure quelqu’un est assez con pour le faire.
Le problème, c’est qu’il y a pas beaucoup de trucs moins glamour qu’une serpillère. Et que quand tu veux à tout prix y ressembler, ben faut pas t’étonner qu’on se serve de toi pour essuyer par terre avant de t’essorer et de te foutre dans un placard où tu pourras souffrir, en silence, évidemment.
Sauf qu’en vrai, je suis pas une serpillère. Ni une putain de victime.
Donc, j’arrête.
J’arrête de me lamenter dans mon placard. J’arrête d’offrir mon coeur tartare sur un plateau d’argent et de m’étonner que ça n’excite personne, cette bidoche saignante. J’arrête d’être “tellement gentil”, “tellement compréhensif”,
“tellement patient” et tellement sans intérêt. J’arrête de tendre la joue aux claques et de venir chouiner après. J’arrête d’attendre un truc qui viendra jamais si je vais pas le chercher tout seul comme un grand.
La vie est trop courte pour continuer à gémir sur le cruel destin qui s’acharne en espérant un
miracle. Y a pas de destin, y a que des choix. Conscients ou pas. Comme
celui d’incarner systématiquement le pauvre con gentil et mignon avec
qui on reste un temps parce qu’il console et que ça repose, avant de le
dégager quand il commence à devenir pénible. Ca me gonfle. Je suis pas
la croix-rouge, ni Bob l’Eponge.
J’ai envie de tester le côté obscur de la Force, un peu.
- “Darth Bisounours ?”
- “Yes, master ?”
- “Rise.”
[T'imagines même pas comme je me sens mieux, là]
Episode 48 |Par Sam | le 30 mar 2008 @ 9:13 | dans Pensées parasites
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Autocensure
Je viens d’écrire un truc long comme le bras et de le publier, avant de le supprimer. Ca se voulait drôle, à la base : comment se faire dégager en dix leçons, la méthode Sam.
Je l’ai relu. Et soudain, j’ai frémi. Tellement c’était même pas caricatural, comme caricature. Tellement c’était ça, en fait. Et tellement c’était beaucoup moins drôle, du coup.
Je ne sais plus qui a dit qu’il y a une limite à l’ironie. Ben je confirme. Et censure, donc.
Voilà quelques semaines, j’avais promis, juré, craché, ptoui ptoui, d’arrêter ce genre de posts. J’ai du mal à me retenir, j’en suis désolé. C’est l’inconvénient : quand quelque chose occupe l’essentiel de tes pensées, il est difficile de trouver un autre sujet.
Mais là, c’était juste trop. La goutte d’eau, tout ça.
Revenons donc à nos bonnes résolutions. Et à nos émissions ordinaires.
Episode 49 |Par Sam | le 29 mar 2008 @ 20:36 | dans Messages à caractère informatif
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La falaise
Panne de réveil. Ca faisait longtemps.
Arrivé à la bourre au boulot, pas lavé, pas coiffé, pas réveillé et pas de bonne humeur, me voilà parti pour une longue journée de veille et de présence. Ou de semblant de présence.
Je ne suis pas vraiment là. Pas vraiment ailleurs non plus. Je flotte un tantinet. Je m’éthérise un poil. Je plane en plein milieu d’une turbulence. J’attends, sans vraiment l’attendre, un truc indéfinissable. Un événement, un rebondissement, un coup de tonnerre, quelque chose. N’importe quoi.
Je vois des signes, des indices. J’essaye de ne pas leur accorder d’attention. Trop pris de gamelles déjà, à suivre des pistes qui ne menaient qu’à mes propres frustrations. J’ai des nouveaux mantras : La vie, c’est pas un film. Le pays des Bisounours, il n’existe que dans ma tête.
Sauf qu’évidemment, ça tient pas deux secondes.
Parce que le gène du Bisounours, je l’ai là, chevillé au corps, comme disait l’autre. Et qu’il me titille la sinistrose sans discontinuer. Et m’empêche de tomber de la falaise et de m’écraser en bas une bonne fois pour toutes pour mieux me relever ensuite. Du coup, je suis coinçé au bord, à moitié dans le vide, avec ma petite papatte agrippée fermement à trois petits signes ténus et une interrogation.
Posture inconfortable, s’il en est. Mais c’est en partie de ma faute, aussi. Je me freine. Je m’empêche de remonter sur ma vieille carne pour un ultime assaut glorieux, sabre au clair, poitrine ouverte et ventricules en avant sous la mitraille de l’indifférence ennemie. A tort, peut-être.
Trop fier ? Même pas. Trop peu confiant, surtout. Ou trop fataliste. Ou trop couturé de cicatrices pour continuer à en faire collection. Et pas assez téméraire pour aller au bout de l’honnêteté, quitte à confiner au ridicule.
Du coup je me condamne à cette attente un peu vaine. A cette boule dans la gorge, cette arythmie cardiaque et ces réminiscences, ces regrets en volutes, qui montent et affleurent dans ma tête avant de disparaître à chaque fois que je fais un effort pour tenter de dédramatiser et déromantiser [j'invente des mots si je veux] un tantinet tout cela.
Effort vain, évidemment. J’ai beau tenter de me persuader que c’était juste une histoire comme ça, juste cinq semaines sympathiques pour en finir avec ce putain d’hiver parisien interminable, j’y arrive pas. Parce que c’est pas vrai. Suffit de voir mon état (senti)mental. Et j’ai beau tenter de passer à autre chose, j’y arrive pas non plus. Et pourtant, j’essaye.
Ce qui, tu t’en doutes, ne fait rien pour améliorer ma couverture de l’info, ce matin. Coco.
En même temps, y a rien à couvrir. Ca aide.
Episode 50 |Par Sam | le 29 mar 2008 @ 12:13 | dans Quotidiennes
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[...]
Tiens, il ne flotte plus. On dirait même qu’un rayon de soleil a décidé de se glisser entre deux épaisses couches de grisaille, comme un genre de clin d’oeil ironique.
Il est 18 heures. Je viens d’enfiler un jean. J’ai pioncé toute la journée, entre deux épisodes de West Wing que j’avais déjà vu.
Mon appartement ressemble à une cache vietcong dans laquelle on aurait fait péter une grenade. Des fringues et de la bouffe partout, un bonheur. J’ai aucune envie de ranger.
Je suis un blaireau blessé dans son terrier crado. C’est méchant, les blaireaux. Surtout blessés. C’est hargneux. Je suis un blaireau méchant. Mais ça rumine pas, les blaireaux. Moi, oui. Je mâche et je remâche. Le goût reste amer, mais ça occupe. Je guette, aussi, un peu. Ca guette, les blaireaux ? Certainement.
Je peux même pas aller party all night, je bosse tôt demain. Alors je contemple le désastre qui me sert de piaule. Les draps pendus sur l’étagère. La bouteille de pif vide à côté du bureau. Derrière la bouteille, il y un genre de cadre sur lequel je punaise des trucs par-dessus les tracts électoraux de Mitterrand et de Gaulle en 1965.
Et accroché au nez de Mitterrand avec une fléchette jaune, il y a un mot. Que j’ai pas envie de décrocher.
Episode 51 |Par Sam | le 28 mar 2008 @ 19:44 | dans Quotidiennes
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Le petit chat est mort
Le petit chat est mort. Finalement, la probabilité aura été plus forte que lui.
Le wagon s’est détaché au sommet de la montagne russe. Et j’ai plus la foi ni le souffle pour courir le rattraper une fois encore.
C’est le problème des sens uniques, des jeux à somme nulle. A un moment, tu as tout donné, balancé toutes tes cartes. A un moment, tu ne peux rien sortir de plus. Pas si l’autre ne joue plus. Les miracles, ça marche une fois. Deux, c’est classe. Cinq, c’était juste pas possible.
Alors tu récupères le coeur que tu avais posé sur la table, tu lui enlève les échardes qu’il a ramassé au passage, tu le remets dans ta poitrine, tu payes l’addition et tu vas marcher dans Paris. La tête vide. Triste, évidemment, aussi. Triste à crever. Mais demain, ça ira mieux.
Déçu, surtout. Pas le bon moment, pas le bon endroit. Pas le temps. Pas la place. Pas l’envie. Pas les bonnes excuses, à mon avis. Mais mon avis ne comptait plus tellement.
Reste une sale amertume. Comme une impression tenace d’être passé à côté de quelque chose d’important. De quelque chose qui aurait pu être beau, juste. Si j’avais su le faire exister.
Same player, shoot again.
Episode 52 |Par Sam | le 27 mar 2008 @ 22:45 | dans Quotidiennes
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Presque le printemps
Tu sais quoi ? Il paraît que c’est le printemps. Du coup, je suis rentré à pied, ce soir. Et c’est vrai qu’il faisait presque doux, et c’est vrai que les nuages teintés en rose fluo par le coucher de soleil et la pollution à l’ozone avaient un petit je-ne-sais-quoi [en français dans le texte] de guilleret. Voire taquin.
Ou alors c’est moi, remarque. Les hormones, tout ça. Et puis, disons-le, je m’ennuie un peu, aussi. Du coup je me fais des blagues à moi-même.
Je joue. Au jeune actif solitaire parisien qui fait les courses portable collé à l’oreille. J’adore voir la tête des gens quand je demande à mon pote Djay, le syndicaliste creusois hardcore-gamer, si son reroll chaman heal va bientôt atteindre le niveau 70 [tu ne comprends rien ? Rassure-toi : c'est normal. On pourrait même dire que c'est un signe de bonne santé].
Je m’amuse d’un rien. Ce petit couple gay, dans le Lidl, tous deux en costume et manteau, chaussures classe et serviette en cuir, en train de se demander s’il reste du beure, alors que juste à côté d’eux, un clodo compare avec minutie les degrés d’alcool de chaque sous-marque de bière. En leur honneur à tous les trois, j’ai acheté un paquet de douze rouleaux de PQ bleu. Oui, bleu, parfaitement. Et ça m’a fait sourire.
Tout comme le coup de fil angoissé d’une consoeur en reportage loin là-bas, qui avait réussi à faire pivoter de 90 degrés l’écran du PC portable et ne parvenait plus à le remettre en place.
Rentré chez moi, j’ai composé une ode muette à l’entropie. J’éprouve un plaisir pervers à regarder les choses se dégrader lentement. La corbeille à linge qui se remplit, le frigo qui se vide. La vaisselle qui s’empile. Ca a un côté réjouissant, je trouve.
Petites joies. Comme celle de voir des projets avancer à des trains de tortue, mais avancer tout de même. Voir les pièces se mettre en place lentement. Savourer la perspective de tout ce boulot à faire, de tous ces chapitres à écrire, ces interviews à mener. Ces idées à avoir.
C’est l’histoire du cadeau. Tant qu’il est enveloppé dans du joli papier, tant que tu n’as pas défait le ruban, que tu ne sais pas ce que c’est, on reste dans le merveilleux du spéculatif.
Et là, j’écoute Cat Power, un peu fatigué mais pas trop, en tapant cette note sans prétention. Et tout est tranquille. Juste tranquille.