Douze jours
[Hey, tu sais quoi ? Je suis pas mort. C'est pas la peine de te faire monter la tension comme ça. Bon, sérieusement, merci, pour tous ces commentaires, ces mails, ces appels, ces fax, sans parler de celui qui m'a envoyé un pigeon voyageur qui chie partout chez moi, c'était pas la peine, hein...]
Je sais, ça fait douze jours que j’ai rien écrit ici. Par manque de temps, d’envie, pas mal. D’inspiration, surtout.
J’aurais pu intituler ce post “j’ai testé pour vous : la vraie vie”, en fait. Parce que depuis douze jours, c’est un peu ce que je fais. Et c’est vachement bien, aussi, la vraie vie.
En douze jours, donc, j’ai vécu un tas de choses, tu n’imagines même pas.
J’ai cuisiné un risotto même pas raté, pour une fois. J’ai découvert le XIVe arrondissement. J’ai interviewé des politiques en vidéo dans des endroits où j’aurais jamais pensé aller un jour. J’ai changé de téléphone. J’ai acheté un jean chez Gap et deux t-shirts sur lafraise.com, histoire d’être un peu hype. J’ai sauté sur une fille qui me plaisait, juste parce que ça me semblait naturel de le faire. J’ai commencé à regarder Twin Peaks, sans trouver le temps de finir. J’ai commencé un bouquin de Romain Gary, sans trouver le temps non plus. J’ai fini Battlestar Galactica, en revanche. J’ai lu des tas de magazines. J’ai pas assez dormi, mais passé des nuits assez merveilleuses dans l’ensemble. J’ai écrit des tas d’articles traitant de droit constitutionnel. J’ai été augmenté. J’ai reçu la visite de ma maman.
Et puis aussi j’ai redécouvert les joies de la conquête, de la rupture, de la reconquête, des élans et des transports (en commun, oui, aussi), des frustrations, des moments uniques et des moments juste bons, des rebuffades, des sentiments, et bien entendu du seske (parents, éloignez vos enfants de l’écran, parce que oh mon Dieu, pour une redécouverte, ce fut une redécouverte… ).
J’ai fait le coach, un peu, le malin, un peu aussi, enchaîné les restos, écrit des textos. Trop. J’ai tenté, sans toujours y parvenir, de freiner mes tendances naturelles au romantisme transi, ambiance “allons au vent mauvais de novembre crever de pleurésie en nous sussurant des serments d’amour sur une barque de bois noir perdue au milieu d’un lac brumeux”. Compris que le trop tuait le bien, souvent.
Et que l’important, c’était quand même essentiellement de s’amuser un peu, sans se sentir obligé de rejouer 37,2 le matin ou la Chartreuse de Parme.
Et c’est plutôt carrément cool, dans l’ensemble.
Et puis, enfin, j’ai découvert que mon idée de bouquin que je trimballe depuis six mois était une bonne idée, et que je savais quoi écrire, comment l’écrire, et avec qui. Et même comment le faire éditer. Et qu’il serait temps de m’y mettre avant que quelqu’un d’autre n’y pense aussi.
Autant te dire que tout cela m’a ôté tout loisir de t’écrire des conneries.








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• posté par: Adversité : 1 - Sam : 0 | [Chiens écrasés]
• Le: 4 septembre 2008 @ 4:07
[...] le plan B. Pas hyper glorieux : une fille possède un double de ces clés, que je lui avais filé du temps, au printemps, où elle venait [...]