Mise au point
[Bon, on va quand même écrire un truc, finalement. Je sens que ça finit par t'angoisser, ce silence].
Hey ! Je t’ai manqué ?
J’espère bien, en même temps…
Donc non, je ne suis pas mort. Je n’ai pas non plus quitté ce monde de compétition, de violence et de vices pour me retirer chez les fransiscains. [En même temps, j'aime trop le vice pour ça].
En fait, je n’écris plus dans ce blog, parce qu’il en vient à m’inquiéter quelque peu. J’ai l’impression qu’il possède un genre de vie propre, qui me dépasse. C’est un peu la boîte de Pandore. A peine je l’ouvre, il m’arrive plein de trucs.
Plutôt cools, dans l’ensemble, voire plus que ça. Mais ça fait beaucoup d’un coup. Surtout quand je dois encore te les raconter par la suite. Surtout quand ce que j’écris influe sur les choses en question. Et que je n’ose plus écrire, parce que je me sais non seulement lu, mais aussi par qui.
***
En clair, je fais une overdose d’autofiction. Il m’arrive des choses que j’ai envie de vivre, juste. Sans me sentir le besoin de te les narrer en en faisant des tonnes dans tous les sens.
C’est dangereux, l’écrit. Je le sais, en plus. C’est un peu mon métier, à la base. Mais j’avais quelque peu oublié.
Une discussion, et même un discours, ça se corrige, ça se décline en intonations, en regards, en sourires ou en grimaces. Une phrase, par contre, une fois que je l’ai écrite et posée là, sous tes yeux, elle reste. Livrée toute nue à ton interprétation. Sans que je puisse en contrôler grand-chose. Elle vit sa vie, elle fait son chemin dans ta tête, et tu fais ta petite cuisine avec.
Bref, j’écris, et tu interprètes. Si on ne se connaît pas, ça va. Mais lorsque je commence à devoir réfléchir à ce que
j’écris, et à comment je l’écris, ça perd son côté amusant.
***
J’ai longtemps écrit pour moi tout seul, donc sans vraiment de frein, mais en y mettant un peu de style (même si c’est - toujours pas ça) pour l’amour de l’art. Après, j’ai blogué longtemps dans la même veine, en me foutant un peu des conséquences. Parce qu’elles n’ont jamais été dramatiques, que mon blog n’était lu que de quelques potes.
Puis j’ai arrêté, par manque de temps, mais aussi d’envie. Parce que je vivais trop de choses pour prendre le temps de les consigner quotidiennement dans un carnet de bord.
Depuis quelques mois, j’ai repris. Pour faire le point, pour me faire du bien, pour me retrouver une existence, un peu. Ou lui donner sens. Je te raconte ma vie, en la tournant, évidemment, de manière plaisante. Pour la rendre plus agréable et plus exceptionnelle à tes yeux, mais surtout aux miens. Je me soigne l’égo en me la jouant aventurier du quotidien, sans lever le cul de ma chaise. Ou alors juste assez pour avoir de quoi te faire une note.
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Mais cette semaine, il m’est arrivé un truc qui m’a pas mal ouvert les yeux. Et fermé le robinet à verbiages. Parce que j’ai juste envie de le vivre. Et pas de tenter brillamment de te le résumer en trois paragraphes cynico-romantiques. Ni encore moins de me servir de ce blog, à qui il doit pourtant pas mal, pour le mettre en scène à coups de petites allusions, genre mauvais roman à clés to the happy few. Stendhal, ça m’a toujours gonflé.
Rassure-toi (ou pas, d’ailleurs) : je ne vais pas partir. Mais je vais revenir au but premier de l’exercice : satisfaire ma graphomanie en te racontant n’importe quoi dans l’espoir de t’arracher un sourire.
Mais plus ma vie. Ou plus cette partie-là.
Appelle ça une crise de pudeur tardive, une prise de conscience de la notion de lectorat, une leçon tirée d’expériences récentes, ce que tu voudras.
Personnellement, j’ai mon hypothèse. Mais je ne la partagerai pas avec toi. Désolé.
L’aspect positif de tout ça, c’est que je me suis rendu compte d’un truc : je me limite pas à être ce que j’écris. La meilleure partie est ailleurs, en vrai. Ce qui est quand même plutôt cool, non ?








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