Périphérique extérieur
[Oui, je sais. Tu vas lire cette note, et tu vas me dire que je suis une merde. Et tu auras parfaitement raison.]
On roulait sur le périphérique au son d’Émilie Simon, sans dire grand-chose. Elle conduisait et je regardais défiler les portes, et je regardais les loupiotes dans la nuit qui faisaient des traits lorsque je plissais les yeux.
Elle conduisait, et je me sentais très très con, à me faire raccompagner comme ça jusqu’à chez moi, par cette fille vingt, cent fois trop bien pour moi.
Elle conduisait, et je me sentais très triste, de pas pouvoir lui offrir mieux que cette déclaration de forfait sentimental qui tournait à la forfaiture pure et simple.
On ne disait pas grand-chose. Qu’aurait-on pu dire de plus ? Deux heures auparavant, j’avais fini par les lâcher, ces mots qui me brûlaient le ventre et qui tournaient dans ma tête.
Deux heures auparavant, enlacés devant la télé, j’avais fini par lui expliquer. Par tenter du moins. Et elle avait eu la suprême élégance de comprendre, là où j’eusse mérité rien moins qu’une tarte dans la face.
Indisponibilité amoureuse. Blessures que je croyais cicatrisées et qui saignent encore. Elle n’était pas Elle, et c’était là sa seule faute. J’étais, je suis, un connard, c’est là la moindre des miennes.
L’autre étant d’avoir voulu croire le contraire, de m’être cru prêt à courir là où je ne peux encore que boiter.
Elle l’avait tellement bien pris. Tellement sereinement. J’en étais admiratif, et honteux, aussi. Je le suis toujours. Je vais l’être longtemps, je crois.
Merci pour tout ça, toi. Et désolé encore. Tu mérites bien mieux que moi.








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