Sieste
[Tu veux de la météo ? Je te fais de la météo]
[C'était un genre de private joke, hein]
A force de vivre dans cette ville où il pleut tout le temps, j’ai fini par m’adapter. Et trouver esthétique certains ciels de traîne nordistes gris déchiqueté sur bleu azur, forcément. Surtout lorsque tu y rajoute une lumière un peu oblique qui parvient à se glisser entre deux nuages. Et si d’aventure elle vient éclairer quelques façade un peu lépreuses, comme celles sur lesquelles donnent mes fenêtres, tu obtiens un peu de poésie à pas cher.
C’était l’intro.
Je t’ai dit que je ne supportais pas de me lever tôt ? [Tu me diras que tu t'en fous, remarque. Mais enfin voilà. Maintenant, au moins, tu sais]. Voilà deux ans que ça m’arrive une semaine sur trois, et je ne m’y fais pas.
Le boulot expédié, je rentre comme un zombie traîner ma fatigue dans mon deux pièces. Et m’écroule sur mon pieu pour une heure de sieste méritée réparatrice une sieste, quoi.
Je m’allonge, j’essaye de faire abstraction du marteau-piqueur qui marteaupique [oui, toujours, mais un peu plus loin], du voisin du dessus qui bouge ses meubles, des pas dans l’escalier, des bagnoles, de sirènes… Enfin de Paris, quoi.
Et je dérive jusqu’à ce que la sonnerie de mon Palm de jeune cadre dynamique me tire des rêves absurdes dans lesquels j’avais fini par basculer et que je ne te raconterai pas, parce que c’est trop débile.
Souvent, je me réveille avec l’impression qu’on m’a ensablé les neurones et tapé dessus avec un mandrin pendant mon sommeil.
[D'ailleurs, t'as qu'à lire ce que j'écris après une sieste pour être convaincu que ça me rend pas le neurone agile]
Mais ça me permet de grapiller quelques heures de soirée supplémentaires. Les meilleures de la journée, souvent.








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