Perfect day
[Je continue dans le "il", tu m'en veux pas ?]
Lorsqu’il ouvrit les yeux, c’était samedi et il faisait beau. Ce qui, dans cette ville et à cette période de l’année, constituait un fait suffisemment exceptionnel pour mériter de figurer en début de note, même si, comme disait l’illustre Hubert Beuve-Méry, “commencer par la météo, coco, c’est bien niveau info-service, mais ça vaut pas un bon fait-divers bien gras”.
Un message gentil l’attendait sur son téléphone.
Il reprit aussitôt ce sourire niais qu’il arborait, collé à sa face de lune, depuis trois jours. Et partit se doucher.
Une bonne nouvelle pouvant parfois en cacher une autre, sa balance Ikea lui annonçait qu’il était passé sous la barre fatidique des 70 kilos, ce qui mettait son indice de masse graisseuse à un petit 17,8% de bon aloi. Six kilos en moins en deux semaines, vivent les carottes. Et les rencontres.
- “Décidément, je suis un gros métrosexuel”, pensa-t-il, se rappelant qu’il était d’ailleurs supposé aller faire le Musclor à la salle de sports du haut de sa rue avec un pote. Qui, pour ne pas changer, avait esquivé lâchement, lui fournissant une bonne excuse pour ne pas y aller.
Quelques courses et autres tâches domestiques plus tard, il s’en alla répondre à ses mails gentils et résilier son abonnement à Meetic. Soixante euros les trois semaines, 36 visites, un mail et deux flash, ça faisait un peu cher la remise en état sentimentale. Il s’en foutait éperdument, en fait.
Tant qu’à y être, il barra d’un trait le “journal d’une rupture” sur sa bannière. Ca, aussi, c’était fait.
Nous étions le samedi 2 février 2008. Ca lui avait tout de même pris six mois.
Mais c’était fait.
Il n’avait plus qu’à attendre la suite de la journée. Qui s’annonçait décisive.
Et à se faire un peu confiance, pour changer.









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