Gris plombé
[Sérial posteur, un peu. Mais c'est repos, aujourd'hui.]
Mon deux pièces sent bon. La vaisselle est faite, les plaques sont propres, y a plus l’ombre d’une miette par terre. Les bouquins qui traînaient partout sont alignés sur les étagères.
Les cadavres de bouteille sont partis à la poubelle. Celle à verre, avec le trou dans le couvercle, qui te fais honte à chaque fois que tu y balance une cannette, provoquant une déflagration dans toute la cour intérieure.
La salle de bains brille, y a plus un poil pour venir contraster le blanc éclatant de la baignoire. Les fringues, lavées, sont gentiment empilées sur le séchoir. Mon frigo est plein de légumes.
J’ai envoyé la thune que je devais à mon ex. Coupant l’un des derniers liens entre nous, au prix d’un gros trous dans mon compte en banque. Qui devrait normalement en boucher un autre dans ma poitrine. J’ai même prévenu la CAF qu’elle n’habitait plus ici, et qu’ils pouvaient arrêter de me filer des sous pour les donner à d’autres, qui en ont plus besoin que moi.
J’ai commandé le cadeau d’anniversaire de ma soeurette, un Holga 120 GFN.
En attendant que ma deuxième lessive sèche, j’ai été me balader. Alors que j’exècre ce temps gris plombé dans cette ville gris plombée, surtout en janvier, surtout avec ce froid humide et même pas franc, surtout avec cette brume qui ternit la vue du parc de Belleville, en principe la plus belle de Paris.
[...]
Ca y est, me voilà devenu un genre de prototype de célibataire idéal. Me manque plus qu’un pul à col roulé et un labrador pour l’emmener courir aux Buttes-Chaumont.
D’ailleurs, devine ce que je bois, là ? Non, pas un café. Ni une vodka. Ni de la bière. Ni un verre de bordeaux.
Du thé. [oui, je sais, moi aussi ça me défrise].Du earl grey, même.
[Avant que tu demandes, non, je ne suis pas en train d'écouter Vincent Delerm. Ca va bien, maintenant]
En gravant des DVD pour la copine chez qui je vais dîner ce soir, qui a besoin d’occuper ses nuits.
Car oui, je dîne. En société. Entre amis.
Et ça va être sympa, en plus. A tous les coups.
Des fois, je me sens vieux.








Commenter »
#104: comments RSS | trackBack URI