Bruit
[Pas d'intro à crochets aujourd'hui. C'est comme ça. Et pas d'image non plus : je trouve pas la bonne machine de chantier. Si tu as le nom exact, n'hésite pas.]
C’est marrant, l’existence.
Prends le mec qui bourrine un trottoir à grands coups de marteau-piqueur dans une rue voisine de mes fenêtres depuis ce matin huit heures et demie, par exemple.
Il le fait pas par plaisir, comme j’aimerais à le croire, ce qui me donnerait un argument pour lui tabasser la tronche. Il fait son boulot. Consciencieusement, en plus. Alors que c’est pas franchement le plus beau des métiers du monde [Forcément : le plus beau, c'est maman, dit le proverbe, et le plus vieux, c'est le mien].
En essayant vainement de pioncer toute la matinée, j’ai eu le temps de me poser plein de questions sur ce mec.
Qui est-il ? En défonçant l’asphalte avec son gros engin, tu crois qu’il pense au fait que grâce à lui, j’ai dormi cinq heures à peine, gaspillant ainsi le seul jour de repos d’une semaine qui n’est pas finie, ton serviteur étant (encore) de permanence tout le weekend ?
A ton avis, il est conscient du nombre de gens du quartier dans mon cas qui ont, à un moment ou à un autre de la matinée, eu l’envie fugace d’aller lui déboîter la tête avec son machin vibrant pour qu’il s’arrête ?
Vers 10 heures, au moment où j’abandonnais l’idée de grapiller quelques heures de sommeil, j’en ai conclu : Bah non. Il s’en fout. Lui, il marteaupique et c’est marre. Sinon, tu pense, la culpabilité l’empêcherait de dormir. Et avec le métier qu’il fait, c’est vite dangereux d’être fatigué.
C’est bien fait, quand même.
Du coup, je peux même pas lui en vouloir, alors que grâce à son action pneumatique à répétition, je suis un zombie qui vient juste de parvenir à se lever de son canapé où, idéaliste comme tu me connais, je me suis acharné durant environ deux heures à accomplir une sieste, placebo bien amer à une grasse mat’ prématurément décédée au doux son de sa machine, dieu que cette phrase est longue, il est plus que temps d’y mettre un point.
Tentative qui fut, tu l’avais deviné, totalement infructueuse.
D’où ce billet relativement inepte, mais qui représente pour le moment le fleuron d’une créativité littéraire déjà pas brillante au départ, et encore amoindrie par la perte d’environ 50% de mes facultés intellectuelles, et voilà que je m’embarque encore dans un truc interminable.
En fait, j’avais prévu de te parler de l’autre site de rencontres que j’ai testé pour toi cette semaine, avant de croiser la belle brune d’hier et de devenir la star éphémère de la blogosphère [Versac avait raison : ça ne dure qu'un jour. Tel Cendrillon, me voilà redevenu citrouille. Heureusement que tu es là, toi. Et toi aussi, d'ailleurs. Et puis toi de même. Faut que j'arrête de dire merci tout le temps moi, ça ressemble à chez ma grand-mère, ce bloug].
Bref, ca s’appelle pointscommuns.com, et c’est bien rigolo aussi, dans le genre.
T’as vu comment je te tease, un peu ?
Donc note ce soir. Ou demain. Ou dans cinq ans, quand je sortirais de taule. Ca dépendra à quelle heure le marteau-piqueur arrêtera de marteau-piquer. Et dans quelles conditions. Parce qu’il n’est pas exclu que j’aille lui faire manger de l’asphalte d’ici pas longtemps, au mélomane.
[Edit : le temps d'écrire ce billet et ça y est, il me semble qu'il a fini. Et je crois n'avoir jamais autant apprécié le silence. Du coup j'arrête de frapper sur mon clavier, et j'écoute. Et c'est beau].








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